Récemment, quelqu’un m’a demandé: “Vous allez faire un petit 7e ou vous avez fini?”

(bon, déjà, je ne fais pas de “petit” enfant, hein… surtout avec un mari mesurant plus de deux mètres… même si je sais qu’on me parle de petit en terme affectueux…).

Mais ce mot: fini… La fin. La fin de la maternité… Pendant longtemps, impossible de répondre.

Mais maintenant, cette question, je ne la redoute plus. “Non, c’est fini. On va s’arrêter à 6 enfants.” Quel chemin pour arriver à le prononcer, à le comprendre, à l’accepter et à le réaliser. C’est un cheminement propre à chaque femme, chaque couple.

Alors, j’ai cherché à en savoir plus. Je me demande si c’est plus difficile lorsqu’on a connu beaucoup de grossesses ou non. J’ai posé la question à beaucoup de mamans de familles nombreuses. J’ai récolté énormément de réponses, preuve que le sujet est vaste… (Je profite d’ailleurs pour remercier toutes ces mamans pour leur sincérité et leur humour!)

Eh oui… Lorsqu’on décide d’avoir un enfant (a priori, le dernier), des doutes, autres que l’aspect financier, logistique ou physique, surviennent, même après avoir discuté de manière sereine en couple.

Est-ce vraiment la dernière fois que j’appréhende cette attente du retard?
Est-ce vraiment la dernière fois que je fais un test positif?
Est-ce vraiment la dernière fois que je vois mon ventre s’arrondir et sentir les coups de pieds?
Est-ce vraiment ma dernière grossesse?
Est-ce vraiment la dernière fois que je vais donner la vie?
Est-ce vraiment ma dernière rencontre avec une (ou plus) petite vie qu’on aura portée?
Est-ce vraiment le dernier enfant que je vais créer, voir grandir et accompagner dans la vie?

Est-ce vraiment LE dernier?

@familles-nombreuses.ch
Le dernier?

Lorsque ce dernier-né est là, qu’on le caresse, qu’on le nourrit, qu’on le regarde dormir… Alors, toujours, se pose toujours la question : “Vais-je revivre une fois tout ceci, ou est-ce FINI?”

La maternité, et sa fin, est quelque chose qui relève de son propre vécu, de ses représentations, de sa propre enfance, de ses attentes et de beaucoup de sentiments et ressentis, très personnels. Parce que, ne plus avoir d’enfants, cela signifie que cela ne reviendra plus. Que cette expérience est derrière. Elle renvoie au temps qui passe, à la fin de la maturité, au début de la vieillesse… Nous sommes toutes confrontées, en tant que maman, a la fin de la maternité, voulue ou subie. C’est un deuil à faire, rempli de beaucoup d’émotions aussi. Faire le deuil d’avoir un nouvel enfant, c’est faire le deuil de toute cette expérience féminine, très intime… Et puis, ce moment est très personnel. Chaque maman (et chaque papa) a ses raisons, son ressenti et ce moment peut être la conséquence de différents éléments.

Suite à des drames familiaux, plusieurs mamans m’ont confié qu’il était devenu impossible de penser à un autre enfant. Une séparation, par la force des choses, peut amener aussi prématurément (ou non) à la fin de maternité. Enfin, parfois, la nature se charge seule de mettre un frein à la maternité.

Parfois, le papa a imposé sa décision. Quelques-unes m’ont confié que c’était plus facile lorsque c’était le papa qui choisissait, car finalement, les mamans n’avaient pas à prendre LA décision…

D’autres mamans ont connu des grossesses compliquées ou des accouchements traumatisants. La fatigue, la charge mentale, la dépression post-partum, tous ces aspects (souvent tabou) de la maternité ont contribué à la fin de la maternité chez plusieurs mamans. Le burn-out maternel existe, et il devient essentiel de penser à soi, de prendre du temps pour soi, de travailler à nouveau,… Envisager un nouvel enfant n’est alors plus possible. Lorsque l’on atteint ses propres limites physiques ou mentales, il est vital de les respecter, pour son propre bien-être mais aussi pour celui de toute sa famille.

De nombreuses mamans ont parlé aussi du ressenti de plénitude, de se sentir complète. L’exemple de la chaise vide autour de la table a été évoquée plusieurs fois (chez moi aussi, d’ailleurs!). J’en rigole avec mon mari en disant : “Heureusement que nous n’avons pas une table plus grande ;-)” ! Une fois les places remplies, le désir d’enfant s’est éteint gentiment, pour ne plus réapparaître. Certaines mamans ont SU. Tout de suite, dès leur test de grossesse, après avoir accouché. C’était le dernier, elles ne sont jamais revenues sur leur décision. D’ailleurs, elles ne ressentent plus aucune nostalgie, aucun manque ni aucune envie lorsqu’elles voient d’autres ventres ronds, sont heureuses de profiter de petits bébés mais encore plus de les rendre après quelques heures … Ce sont aussi elles qui vont paniquer si elles ont du retard… 😉

Des considérations plus “matérielles” sont aussi évoquées. En effet, lorsque le dernier bébé arrive avec un autre, par exemple ;-), voire lorsqu’il arrive alors qu’il n’était pas spécialement attendu… L’âge est un élément important: soit l’âge élevé, soit la limite fixée par la maman elle-même, de manière tout à fait arbitraire… L’écart entre les enfants peut également être déterminant pour certains couples. Certaines m’ont dit que lorsqu’elles contemplaient leur compte en banque, l’état de leur salon ou du panier de linge sale, l’envie d’enfant disparaissait comme par magie 😉

Quand l’idée de repasser par l’étape des couches, des compotes, quand l’envie de “redevenir” plus une femme qu’une maman, quand l’envie de profiter des plus grands ou de son couple est plus forte que l’envie d’avoir un autre enfant, quand finalement, la maternité est plutôt envisagée du côté négatif (le corps qui change beaucoup et qu’il faut se réapproprier) alors, le désir d’enfant se tarit et disparaît. De même, lorsqu’elles réalisent qu’elles auront toujours envie d’être enceinte, d’accoucher, de profiter des premiers mois très fusionnels, d’allaiter… mais qu’elles ne veulent pas d’un enfant, juste d’un bébé… La raison prend le dessus, et le deuil peut se faire. Le fait d’avoir des enfants plus grands, avec toute l’énergie et le suivi que certains demandent, calment les ardeurs de beaucoup de mamans aussi.

Enfin, pour d’autres, l’acceptation et le deuil sont intervenus après plusieurs années, parfois après avoir attendu que le dernier ait franchi certaines étapes, comme la propreté, l’entrée à l’école ou le fait de voir que l’on peut faire plein de choses sympa sans un bébé! Un grand voyage, un changement de vie, une entreprise, bref… la maternité est souvent remplacée par un projet personnel.

Et puis… il y a celles qui n’ont pas connu ce moment… ou pas encore…

Personnellement, le choix des mots a été important. Quand on me demandait si c’était le dernier, je répondais que c’était le plus jeune.
Mais là, je peux le dire, punk6 est bel et bien mon dernier enfant <3, mon p’tit dernier!

Et vous, avez-vous … “fini”?

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