Ami de la solitude et sorties nocturnes, bonsoir !

« Bon ras le bol, je traverse cette saloperie de rivière ! Je remonte là où j’ai vu la pierre sur le côté et je saute ! »

Le Père est en rase forêt, dans une jungle plus ou moins dense, le long d’une bucolique rivière vaudiste qui, de jour et dans de bonnes conditions serait splendide… De la rive sur laquelle il évolue, il distingue aisément le chemin sur lequel il devrait être, de l’autre côté du courant…

Il est 2h du matin, Le Père a dépassé les 25km et 950m de montée (oui, lecteur attentif : et de descente ! Heureux de constater que, malgré l’évolution des statistiques, mon lectorat fourni et fervent reste composé de l’élite des maths et de la logique ! Ca fait chaud au cœur !), il a aussi dépassé depuis moult temps le stade du « bouge ton petit derrière potelé et va te coucher, immense souillasse ! » depuis presque 3h… Il était en avance sur le chrono avant d’entamer la descente, mais, après 3 erreurs de navigation et ses errements le long de cette satanée rivière, il commence à perdre son humour et beaucoup beaucoup beaucoup de temps !

Mais reprenons au début de cette semaine délicieuse !

Madame est autorisée à aller marcher avec son paternel dans l’Aubrac… Le Père est trop bon ? Je sais, je sais, mais c’est naturel, il n’y peut rien !!! Donc Madame doit partir, mardi soir, pour rejoindre son paternel dans l’Aubrac pour faire travailler les petites pattes arrières et se changer les idées… Oui, lecteur attentif, on peut se demander de quoi elle a besoin de se changer les idées !? Les punks et ses loisirs s’emploient à lui éviter la monotonie… Il faut vraiment que Le Père lui trouve de quoi s’occuper…

Le Père va donc se retrouver de mardi soir à dimanche soir seul, avec 6 punks, solitaire, dans un océan de solitude, abandonné de tous, sans personne… Délaissé face à l’adversité dans un désert vide et sans fin… Enfin presque !

Pour pallier un futur manque d’entraînement crasse à venir, aux envies de meurtres légitimes et autres drôleries à venir, ainsi que pour toucher à la zénitude du bonze gras, il décide tout naturellement d’aller courir lundi soir. D’humeur joueuse, il emprunte un chemin tracé par son acolyte, magicien des cartes et logiciels de guidage, qu’il a chargé sur sa montre et son téléphone : 270m de dénivelé pour 14,7km, rien de spectaculaire malgré une belle montée et un passage dans une jungle qui rend la progression en mode course impossible…

Il parvient, quasiment sans se perdre, sans mouiller ses chaussures ou traverser un torrent, sans avoir à se battre contre autre chose que des ronces, à rentrer à bon port et  sans encombre. Il se couche trop tard, comme il se doit : entretenir un manque de sommeil crasse et une mauvaise humeur endémique demande une constance et pas mal de travail en définitive… Ce n’est pas donné à tout le monde d’être une saleté de râleur négatif 24h sur 24 !

Au retour du job, mardi à 19h du mat, Madame est quasiment prête, elle finit de rassembler ses affaires et s’en va. Le Père hésite à appeler la ligne main tendue, dès qu’il se retrouve seul, ou à localiser le camp de manouches le plus proche pour y abandonner les punks… De toute façon, ils commencent à être trop grands ! Non, jeune futur père, pas les manouches, les punks ! Tu pourrais essayer de te concentrer s’il te plaît, sinon on va devoir passer au blâme !!! Le Père se ressaisit… Être un adulte plus ou moins responsable est vraiment une plaie et n’a rien d’une sinécure… A se demander comment font les autres !!!

Les punks sont couchés dans la pagaille et le charivari les plus entropiques. Chacun est plus ou moins dans son lit, avec pas plus d’une heure de retard par rapport à l’heure officielle, Le Père n’est pas mécontent.

Après avoir mangé et s’être diverti par quelques paiements et autres emails en retard, il décide de faire une session Huawei… Il sort délicatement de ses 2 sacs plastique un bout de métal tordu, encadré de 2 vitres cassées qu’il pose sur un journal… Moins de 45 minutes plus tard, c’est par un juron que se termine le remontage de son téléphone mobile détruit : il ne lui reste plus de dos pour ce modèle… Il passe commande chez les Chinois et termine son remontage par une couche de scotch large, afin d’isoler quelque peut l’accu et les parties sensibles de l’arrière de l’appareil.

Couché à plus de 5h du matin, Le Père a donc naturellement les dents et les cheveux qui poussent lorsqu’il finit par sortir la tête de son derrière à la 28ème intervention de no 5 qui lui fait remarquer qu’il fait jour depuis longtemps…

Petit déjeuner, les 2 grands garçons préparent leurs affaires pour aller passer quelques jours chez Mamie et Daddy et… Il est déjà beaucoup trop tard pour partir et suivre le plan, surtout qu’il n’y a aucune espèce de début de pique-nique prêt à cet effet… Le plan B est donc adopté : départ après le repas de midi. Le Père pond un repas de midi rapide et débute l’impossible, infinie, insupportable, démentielle préparation de tout le monde, avec embarquement dans le MPPT2…

Il ne faut rien oublier, les vestes, les chaussures, les sacs de 2 & 3, de quoi boire, le bib de n° 6, la poussette, de quoi changer n° 6, un pantalon pour n° 5 qui va invariablement s’uriner dessus s’il en a la possibilité et, dans la mesure du possible, au pire moment ! Sms au parrain de la princesse pour lui dire que cette dernière serait livrée le matin suivant finalement.

Swiss Vapeur Parc offre, en partenariat avec le site de Madame, un mois à tarif préférentiel sur présentation de la carte familles-nombreuses.ch… C’est la folie et, malgré la haine du Père des milieux clos, bourrés de monde et blindés d’enfants qui ne sont même pas les siens, Le Père est content de voir l’enthousiasme des punks. La princesse manage n° 6, n° 2 va de son côté et effectue la chasse aux œufs en un temps record, 3, 4 et 5 font des balades dans tous les trains qui se présentent à eux.

Quand il retrouve tout le monde, Le Père leur suggère de s’associer pour trouver tous les œufs (6) leur donnant droit à la récompense de la chasse aux œufs. N° 2 les guide et en 10 minutes, c’est plié. Le Goûter se solde par un compoticide rapide, accompagné de force gâteaux au chocolat… N° 6 est brun jusqu’aux cheveux, mais rassasié. Ils repartent tous en courant. Comme nous sommes arrivés tard, Le Père et les punks font la fermeture, terminant le dernier tour de train encore en fonction avant de daigner quitter le parc.

Rendez-vous est fixé avec les parents du Père sur un parking proche de l’autoroute, à Vevey. Echange de salutations, remise des punks 2 et 3, bises et remise des cartes d’identité… Le paternel parti, Le Père récupère les punks qui se sont éparpillés sur le parking pour jeter des cailloux, regarder passer le train, regarder les « oituues » qui passent derrière le grillage, manger des cailloux, … Au moment de partir du parking, un reflet attire son œil aiguisé. Il regarde de plus près… Et envoie n° 1 récupérer l’une des cartes d’identité tombée de la poche de son paternel étourdi… on l’a échappée belle : Madame venait de les renouveler avec CHF 60.- de photos et 10 ans d’espérance de vie en moins, en raison de l’attaque nerveuse et des hurlements pour y parvenir, elle aurait pu tuer si on avait déjà perdu le précieux sésame !

Retour tardif au bercail, Le Père songe tout naturellement à donner aux punks des morceaux de pizza congelée découpés rapidement sur un carton mais malheureusement, il n’y a nulle pizza dans le congélo… Le repas passé, les punks sont couchés dans le désordre croissant, puis le calme tombe. La Princesse fait son sac pour le lendemain et va se coucher sans faire d’histoire. Le Père est sur le canapé, dévasté. Il se sustente (non, lecteur peu cultivé, il n’y a rien de dégueulasse là-dedans…), s’amuse avec quelques factures à l’échéance largement dépassée, remonte un téléphone et végète devant la lueur blafarde d’une fantastique fiction américaine moisie dont il raffole.

Le lendemain, il n’a pas assez dormi, abandonne sa fille avec les 3 plus jeunes le temps d’aller faire quelques courses. A son retour, la maison étant miraculeusement toujours là (et debout !), on prend le sac de La Princesse et tout le monde part pour le Valais où elle va être remise à son parrain.

Causerie entre adultes consentants, jeux des punks dans le jardin, en quelques secondes les chaussures et chaussettes ont disparu et des punks dévalent en roulant le gazon… Le niveau sonore étant tolérable, Le Père tolère et profite un peu de pouvoir discuter tranquillement.

Naturellement, les 3 plus jeunes n’ayant pas mangé à midi, étant en route, Le Père décide de repartir rapidement. On embarque tout le monde plus ou moins de gré dans le MPPT2 et le départ est donné… Le Père, dans la précipitation du départ, a omis d’appuyer sur la portière droite du Bus qui, naturellement (saloperie de bus de m…) ne ferme plus toute seule. Il s’arrête donc sur une place de parc en bord de route pour fermer comme il faut… N° 6, qui est taquin, profite de cet arrêt pour se détacher… Le Père jure, fait le tour du Bus, ouvre la portière gauche, rattache junior en maugréant tel le moujik alcoolique quand il a une journée fiantesque, et referme la portière…

En fait non… Elle reste à moitié ouverte (oui, lecteur pessimiste : moitié fermée)… Le Père laisse échapper un chapelet d’épithètes colorés et variés et tire la porte pour la fermer, comme il l’a fait 10’000 fois (tu constateras une nouvelle fois, lecteur sympathique et polythéiste, que Le Père ne fait pas de remarque sur la consanguinité des producteurs de Bus et autres bétaillères à famille, ou ne se permet nul rapprochement choquant et déplacé entre les producteurs de moteurs électriques japonais et des équidés peu avantagés par mère nature et c’est tant mieux ! Il doit concéder que l’idée lui a néanmoins traversé l’esprit…), mais la susmentionnée résiste !?

Après 2 tentatives, la curiosité l’emporte sur l’énervement et il cherche d’où peut venir le problème. En voyant la portière depuis derrière, Le Père réalise rapidement qu’il y a quelque chose de pourri au royaume de Danemark… Enfin en Valais !

Nous allons brièvement censurer ses propos, afin que Facebook ou nos trop nombreux followers ne nous coupent pas ou ne fassent disparaître cette fantastique chronique mémorable… Il faut juste réaliser, lecteur avide et fidèle, qu’il peut arriver au Père de s’emporter, voire de jurer vertement… C’est un de ces cas, indubitablement !

L’assistance est appelée, Le Père n’étant pas d’humeur à pousser l’indignité à rouler sur l’autoroute avec une portière qui ne ferme plus… D’aucuns penseront naïvement que c’est par considération pour les punks ou sens de la responsabilité, d’autres plus médisants attribueront cette prévenance à la peur du pandore, voire du signalement au SPJ… Le Père préfère traiter toute cette médisance crasse par le mépris et ignore les impudents.

Bref, après près de 2h, ayant mis la main à la pâte pour aider le dépanneur à remettre en place la portière, qui s’est avérée sortie de son rail, comme elle doit être malgré son poids (à la portière, pas au dépanneur, futur jeune père !), Le Père repart enfin.

Courte pause dans une station-service pour éviter une inondation des punks 4 et 5 qui risque s’endormir dès l’entrée sur l’autoroute. Le Père en profite pour acheter de quoi les faire goûter, le dîner étant définitivement abandonné.

Retour à la maison, les punks jouent pendant que Le Père cuisine. Vrai repas, rigolade entre hommes, enfin… entre garçons et homme, et fin de journée sympa. Le Père appelle ses parents pour voir si n° 2 et 3 ont survécu à ses parents pendant 1 jour et une nuit… Ils semblent plutôt contents, ont bien joué et fait mille choses… Le père en déduit tout naturellement qu’ils sont malheureux comme des pierres mais ont été payés par Mamie et Daddy pour dire que tout va bien et qu’ils veulent rester jusqu’à lundi…

Le lendemain va passer tout seul : passage chez les parents du Père pour fêter Pâques. La sœur du Père sera présente avec son fils, ça se passera peut-être bien, il faut rester positif ! Malgré les bouchons qui rallongent le trajet de près d’1/2 heure, on arrive dans la banlieue fribourgeoise… Ca se passe finalement moins mal qu’attendu et les punks 2 et 3 ont l’air contents de rester encore quelques jours, appâtés par la perspective réjouissante d’aller tremper dans une piscine thermale à Charmey… On repart en ayant trop mangé et franchement abusé de chocolat pour certains punks, mais sans blessés ou pertes notables.

Le retour est chargé mais s’effectue dans le calme. Gérer les 3 plus jeunes n’est pas le plus simple, les grands étant plus indépendants, mais n’en avoir que 3 est un réel soulagement !

Après récupération de La Princesse, le samedi passe assez vite. Il faut commencer à essayer de ranger la maison pour qu’elle ressemble à autre chose qu’un terrain vague après squattage pendant un mois par des zadistes énervés à cheveux gras…

Le samedi est aussi consacré aux jeux et au rangement, avec préparation de crêpes et changement de pneus du MPPT2 pour agrémenter un dimanche qui eût pu sembler fadasse à plus d’un…

Madame rentre, fait les crêpes, Le Père étant encore en train de changer les roues du Bus. Quand les punks (moins n° 2 et 3 toujours chez les parents du Père) sont finalement couchés, sauf la première, Le Père se change et part courir dans la pampa, avec son acolyte et fidèle ami des nuits froides et humides !

Va dormir, lecteur fidèle, le weekend arrive et Le Père va bientôt revenir pour la suite de cette chronique impétueuse et joviale !

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