Ami de la glisse et des grands espaces blancs, bonsoir !

Comme il n’est pas du genre à apprendre de ses erreurs… Ou à apprendre tout court, Le Père a prévu une semaine de ski avec les 4 plus grands punks…

Aaaahhhh… L’appel de la montagne, les étendues blanches, vierges et l’air pur des cimes ! Skier sur des pans de montagne… Là où la main de l’homme n’a jamais mis les pieds… enfin les skis…

Afin de ménager ses nerfs et dans l’espoir, ridicule et vain, d’atteindre 46 ans sans avoir recours à un triple pontage ou faire 3 AVC, Le Père a demandé à ses parents de ne pas être présents pour cette semaine…

En effet, et malgré ce que le caractère bonhomme et sympathique du Père pourrait laisser croire, la cohabitation avec ses parents n’est pas dénuée de frictions et petits tracas excessivement irritants…

Madame a prévu de passer 2 jours pour soutenir Le Père dans sa lutte. No 4 est inscrit à un cours et tout le monde se réjouit du bon temps à venir…

Enfin…

Après avoir payé plus de EUR 1’000 en forfaits… Ca c’est juste pour pouvoir remonter les pentes sans efforts, ça ne comprend ni champagne, ni jacuzzi accompagné de Russes attentives !? Donc après les forfaits, avoir réservé des skis pour 4, puis 3, lorsque nous avons acquis du matos d’occasion pour la princesse qui, en raison d’une journée de ski avant les vacances avait un besoin urgent (et vu les tarifs d’usuriers des locataires de matériel en France, acheter est plus économique, dès la première année !), laissé à nouveau EUR 130 sur la table, à quoi s’ajoute le cours de no 4 : plus de EUR 200… Le Père est pris d’un affreux doute et a un œil secoué de tics nerveux…

En fin de semaine de ski l’année passée, no 2 skiait plus vite que no 1, qui elle aussi skiait mieux que no 3. No 4 avait acquis son Ourson, après une semaine à s’ennuyer comme un rat parisien dans une petite ville proprette de Suisse-allemande, donc ne skiait pas encore…

Le Père prévoyant la semaine seule, appelle le magasin de matériel pour leurs demander s’il peut réserver un casier, armoire puante et infestée de microbes et bacilles divers et variés que l’on paie avec bonheur, malgré le tarif de mac usurier mafieux roumain, car cela évite de porter les skis et surtout de supporter les punks en chaussures de ski qui couinent, râlent et agonisent jusqu’au logement local… Le vendeur rigole dédaigneusement, tel le jet-setteur devant un gilet jaune en pantacourt :

  • Mais monsieur, les casiers sont tous loués depuis novembre au moins !!!

Avec le début des vacances qui approche à grand pas, Le Père réalise que, du fait de la différence de niveau des punks, la stratégie la plus simple et surtout la seule lui permettant des espoirs de survie à 3 jours, consiste à les mettre tous en cours…

La mort dans l’âme, il inscrit donc aussi : no 3 pour un cours 2ème étoile (il a fini la semaine de 2019 avec la première étoile), no 2 pour la 3ème étoile (le seul à avoir eu 2 étoiles l’année précédente, malgré que sa grande sœur en soit très proche, ce qui avait causé un drame de dimension galactique, naturellement !) et au moment d’inscrire la Princesse, Le Père réalise qu’elle ne passe plus dans les catégories d’âge pour les cours normaux et va être dans un cours adulte !

Délesté de EUR 600 de plus, Le Père est déjà fatigué par ces vacances… Enfin, des vacances… Sans Madame, sans no 5 et 6, tout seul avec 4 punks dans un appartement dans lequel il ne tient pas partout debout et où ils ne doivent rien abîmer, rien déranger, rien salir, sans faire de bruit… Le tout sans pouvoir trop courir, sauf à les laisser seuls un moment, la notion de vacances ou de fun ou simplement de ne pas avoir envie de mourir à chaque instant s’éloigne à grands pas !

A une semaine des vacances, le vendredi soir en rentrant, Le Père trouve la maison attablée. No 5 vient de refaire les toilettes en vomissant partout, la soirée s’annonce prometteuse… Et dire qu’il pensait pouvoir aller courir !

Peu de temps après son arrivée, no 5 remet ça… Naturellement sans parvenir à atteindre les toilettes, histoire de relever un peu l’ambiance et l’humeur des frères et sœur qui auraient pu être calmes.

Il pleure et n’est pas bien, il a faim, mais là on ne veut plus trop qu’il mange. Il est chaud et fatigué mais n’a bien entendu pas prévu de dormir. Le Père lui fait aimablement remarquer que, dans son état et compte-tenu de ce qu’il vient d’apporter comme contribution au carrelage du rez de chaussé, il préférerait qu’il tienne à la main un récipient propre à recevoir sa prochaine dédicace, monte dans sa chambre et arrête de nous péter les rustines, diantre-fichtre-flûte à la fin, quand on ne parvient pas à garder quoi que ce soit dans son estomac, on veille à ne pas continuer à le remplir et on se fait oublier !

No 6 n’a pas l’air au mieux non plus, mais résiste à ce stade. Au moment où Le Père veut aller le coucher, il commence à couiner et se plaindre… Le Père le pousse vers les toilettes où il vomit, quasiment sans en mettre à côté, belle performance dûment saluée par son paternel reconnaissant ! Que la fraternité entre jeunes peut être parfois émouvante au sein d’une famille nombreuse !

Il reste chaud et grognon, Le Père le couche rapidement et poursuit la séquence habituelle : no 4, puis no 3 après avoir lu, avec chacun, une histoire, pendant que Madame gère no 5 et le couche.

Mardi avant les vacances, la solide toux commencée par Le Père depuis quelques jours – raison pour laquelle il a un peu souffert lors de sa sortie de dimanche avec son binôme – s’installe tel le squatter à cheveux gras dans une zad et il est plus ou moins hors service pendant quelques jours. Avec tout ce qu’il a à faire et l’agenda de la dernière semaine de boulot avant les vacances, c’est vraiment ce qu’il lui manquait !

A moins de 3 jours des vacances, Le Père craque… Sa mère l’appelle et propose, une nouvelle fois, de l’aider les premiers jours, du vendredi soir au dimanche avant de le laisser avec Madame… Et… il accepte bêtement !!!

Probable mélange de sénilité précoce, d’hallucinations entraînées par la maladie et influence de la fièvre, je ne sais pas ce qui lui a pris !

Après avoir préparé tout ce qu’il pouvait, fini les 18’743 choses à faire en urgence, Le Père part avec les 4 plus grands punks, vendredi après 16h.

La route se passe presque sans histoire : 30-45 minutes perdues dans les bouchons de l’aéroport à la douane (faut pas suivre les frontaliers dans leur transhumance, ça se paie…) et entre le péage et le contournement d’Annecy. Arrivée en début de soirée à Bourg-St-Maurice, bourgade savoyarde qui a la chance, l’honneur, que dis-je l’honneur, l’immense privilège, de l’avoir vu naître !

Tout le monde s’installe dans les chambres prévues… Je n’ai pas dit que cela se faisait dans le calme et la bonne humeur : les punks râlent, se plaignent de ne pas avoir le lit souhaité, la chambre, le frère voulu ou des frères tout court…

Le Père réexplique que la démocratie est un idéal auquel ils pourront peut-être goûter après leur majorité, lorsqu’ils quitteront le douillet cocon familial, mais qu’en attendant la décision revenait au Père et à lui seul, sans recours ni discussion possible ! Ils pourront se venger lorsqu’ils auront eux-mêmes des enfants (que Dieu nous garde !) s’ils élisent d’en avoir et trouvent un ou une volontaire partageant cet idéal…

Afin d’user un peu le punk, il est décidé que, plus tôt que d’attendre à contempler le touriste saturer et embouchonner la route nationale, une balade, sur la base du volontariat obligatoire, serait organisée.

Pendant que Le Père, accompagné du Père² (le père du Père… suis un peu, lecteur étourdi, nous perdons du temps !!!) et de no 2, 3 et 4, part à l’assaut de la chapelle St-Michel qui, comme tout le monde le sait, surplombe Bourg-St-Maurice de plus de 500m. La princesse est désignée volontaire pour accompagner mamie dans une balade d’1h30 mais à plat, plus en ligne avec ses prérogatives royales.

Après moult râles et plaintes avant de partir, les garçons courent à la montée et doivent être rappelés à l’ordre, à intervalle régulier, pour qu’ils attendent le Père² !

Ne sois pas insultant, jeune lecteur fidèle mais impertinent ! Non, Le Père ne peine pas à suivre ses rejetons, fussent-ils jeunes et fût-il malade… Il préfère se tenir à distance pour moins les entendre et soutenir son père qui, lui, n’a pas sa forme de trailer fou !

Pause goûter au sommet, on admire la vue, il ne fait pas trop froid, surtout pour un mois d’août… Ah on est en février ?! Le temps passe si vite…

On croise un ami de la famille, sans ses enfants, lui (petit joueur !), qui fait un aller-retour à bon rythme… Le Père regrette sa toux et les punks, il aurait apprécié de le fumer en passant, avec la grâce et la délicatesse du phacochère en surpoids, pressé et souffrant d’un cruel manque d’éducation, godasses sales au vent !

Être avec ses parents comporte 2 réels avantages (il ne peut pas y avoir que des inconvénients, non plus, sinon il n’aurait pas accepté cette promiscuité !) :

  1. Le Père peut larver jusqu’à après 8h presque tous les matins et n’a pas besoin de se lever pour faire du maintien de l’ordre ou hurler sur les garçons trop matinaux… Ses parents y pourvoient et ont un effet apaisant sur les punks… La peur ou, plus probablement, la nouveauté : ils ne les voient pas assez souvent pour se lâcher vraiment !

 

  1. Mamie est incapable de s’assoir ou de se poser pour larver ou lire un livre et doit tout le temps cuisiner, laver, rabaisser les punks, leurs faire remarquer qu’ils sont benêts, empotés, les occuper par des taches diverses ou jeux divers, pour leur plus grand bonheur.

Arrive le matin du premier cours de ski… Le Père veut imprimer le bon de réservation pour le matériel des punks… Recherche dans ses emails… Tant de modernité est insupportable, je le conçois lecteur attentif et vintage, mais Le Père évolue et se fond dans le monde du futur avec l’aisance du violeur dans le monde du cinéma hollywoodien ! Donc il ressort le dernier email du magasin de sport, l’imprime…

Hein ?! Le bon de retrait affiche une date à la semaine suivante ?! Beuh ?!

Re recherche, même résultat… Le Père essaie de se connecter à son compte… mais le code ne semble pas fonctionner ou n’est pas le bon… Le Père réalise qu’il s’est logué depuis son travail et n’a pas forcément le mot de passe dans le cache de son ordinateur… Il essaie plusieurs mots de passe et demande au site de le lui réenvoyer…

Le site lui répond qu’il n’y a aucun compte à son adresse email… Tentative de trouver un numéro de téléphone sur le site… Le numéro n’est naturellement pas disponible le dimanche. Le père² appelle directement le magasin et commence à essayer d’expliquer à un vendeur de matériel de ski le problème, alors que celui-ci est sous l’eau et à un magasin plein de touristes affamés de pistes qui viennent de débarquer tous en même temps…

Le Père se résout donc à passer au plan C, enfin D ou E d’ailleurs : on va chez le loueur de l’autre côté de la rue… Il n’a plus de matos, forcément, c’est la pleine saison !

Départ pour le centre commercial à l’autre bout de la bourgade pour aller dans un autre magasin. Tentative d’explication, plusieurs vendeurs connaissent le père², ça facilite et du matériel est trouvé. Le vendeur ne nous le facture pas et nous demande de regarder le lendemain avec la centrale auprès de laquelle Le Père avait réservé.

Le père², Le Père passablement chaud et les punks se dirigent vers le funiculaire pour monter à la station de ski… Ils se rendent au bureau de l’école de ski. Le Père récupère les bons pour chaque enfant… C’est déjà tout payé d’avance, mais il faut faire la queue pour retirer un bon par punk. Ça aurait été dommage de tout pouvoir faire en ligne, compte-tenu de la valeur ajoutée de ce passage à la caisse !!! On remarque bien que l’on est dans les pays émergents et qu’ils ne sont pas encore totalement au fait de la magie de l’informatique… A moins qu’il ne s’agisse de la croyance tenace du peuple gaulois en la bureaucratie…

Tout semble prêt et on se rend à l’autre bout de la station, à l’endroit d’où partent les cours de ski… Enfin, pour no 1 et 4, pour 2 et 3, c’est au centre du village… Le Père, afin de ménager les susceptibilités de chacun, renonce à commenter une nouvelle fois l’organisation (ou son absence ?!) française… Le Père laisse le père² emmener no 2 et 3 et s’occupe de no 4, la princesse est assez grande pour se débrouiller et l’adolescence lui fait préférer l’indépendance et l’absence de son paternel…

Une fois les jeunes partis, 2h30 de ski avec son paternel… Si l’on évite quelques sujets, comme la dyslexie et les aménagements scolaires y relatifs (mais vous aller faire comment quand elle sera grande ? Elle fera comment dans le monde du travail ? En fait il faut des aménagements pour chaque élève ? Non, ce n’est pas comme des lunettes : avec des lunettes, ils font le même examen/test que les autres, elle c’est moins long ou un peu plus facile…), l’éducation, les punks, … On passe un moment pas trop désagréable.

Ok, il n’y a pas assez de neige, mais il ne fait pas mauvais et c’est déjà ça.

On récupère no 4, no 1 arrive, puis no 3. Le Père avait chargé le père² d’attendre no 2 à l’arrivée de son cours (oui, lecteur perspicace, il y a 2 endroits pour débuter les cours, mais si les cours de no1 et 4 s’achèvent là où ils ont débuté, ceux de no 2 et 3 finissent au même endroit que no 1 et 4, mais de l’autre côté du télésiège, pour éviter qu’on puisse les récupérer facilement et en une fois… Ce serait dommage !

Comme no2 n’arrive toujours pas, Le Père et toute la clique retourne sur la place d’où est parti le cours, pour le cas où il y aurait eu incompréhension ou bavure… Rien. Le Père envoie son paternel et les punks retrouvés en direction du funiculaire pour un rapatriement et part organiser la recherche de no2, s’apprêtant à faire appel aux Navy Seals ou à la Légion Etrangère, avant de prévenir Madame de la malencontreuse perte…

Au 2ème aller-retour entre les différents points de chute, Le Père voit arriver no2… Le cours à simplement duré un peu plus longtemps que prévu… Plus de 20 minutes, quand-même !

Le Père redescend avec junior et ils rejoignent les autres pour un repas familial. Madame est arrivée avec les 2 punks manquant, Le Père revit ! Ses parents partent dormir 2 jours chez des amis, ce qui permet une pause salutaire.

Le père² aide tout de même à emmener les punks à leur cours. Avant les cours, on monte un peu plus tôt pour faire quelques pistes, souvent en séparant l’équipe : les 3 plus grands avec un parent et le dernier avec l’autre, chacun son rythme. Après les cours, on fait souvent une ou 2 pistes pour profiter et rejoindre le funiculaire.

Le lundi Le Père appelle la centrale pour vérifier ce qu’il en est de ses locations… En fait sa location était bien au magasin visé, mais la personne jointe n’avait même pas cherché… La facture est tracée et le matériel pris en compte dans l’autre magasin.

Madame monte faire de la luge et rencontrer une tante avec mamie. Le temps passe très vite et elle doit déjà repartir.

Et la semaine se poursuit… Entre critique, remontrances et pas mal de bruit de la part des punks, surexcités par la neige et le ski… Mais l’ambiance reste assez bonne.

La semaine comporte un jour vraiment mauvais, Le Père accompagne les punks tout seul et se réfugie dans un bistrot pour concocter une chronique passionnante.

Les cours s’étendent du samedi au vendredi… Arrive déjà le dernier jour et les remises d’étoiles… No4 revient, le visage fermé… Le Père lui demande s’il a eu son étoile et il fait non de la tête… Avant de sourire de toutes ses dents et de montrer son étoile !

Arrivent no3 et 2, 2 étoiles et 3 étoiles respectivement ! La princesse revient, radieuse… Elle n’a pas le badge, mais un papier fait par le moniteur disant qu’elle a largement le niveau ! La semaine est un franc succès, on en oublierait presque le prix, les tensions, le stress, l’énervement, …

Le Samedi, les touristes repartent, les locations se terminent, moins de monde sur les pistes… On propose à un cousin de le rejoindre sur les pistes, mais cela échoue… Le père² et Le Père partent dans la matinée avec tout le monde. No4 se débrouille plutôt bien. On skie et on mange à midi sur des rochers au soleil… On décide, malgré no4, de tenter la montée au sommet du domaine : les 3’226m de l’Aiguille Rouge !

Le Père a des craintes : pistes noires ou rouges sur toute la pente, très longue descente… Mais les punks maîtrisent et s’en sortent tous comme des chefs, no4 inclus ! Grande fierté du Père et félicitations du grand-père, fier et épaté à la fois !

Les sacs sont déjà plus ou moins prêts. Le Père fait un dernier passage au centre commercial local et charge la voiture après un dernier repas familial pris sur la terrasse, au soleil.

Le retour se fait sans histoire… Enfin, sans plus d’histoires que d’habitude : ça se chamaille, bouge, se pousse, se dispute, mais reste viable.

Le Père apprécie de revoir Madame… et de moins voir ses parents, bien qu’il les adorât, une distance minimale est parfois souhaitable.

Repose-toi, lecteur tendre et fidèle, la semaine n’est pas encore finie…