Ami des jeunes et du repos, bonsoir !

Je t’ai manqué ? Je sais, je sais… Calme-toi, ça va aller…

Le Père est à bord d’un airbus A330 de Brussel Airlines, à 11’882m d’altitude, rentrant d’un nouveau voyage à Abidjan, régulièrement secoué par de sympathiques, mais légères, turbulences. La majeure partie de l’avion est endormie… Mais pas Le Père !!!

Le vol est blindé de monde, Le Père a le mauvais goût de ne pas voyager en classe premium ou business, en raison de sa pauvreté crasse, et l’espace qui lui est accordé paraîtrait, pour un pygmée pré-pubère ou un cul de jatte, d’une exiguïté intolérable…

Il ne lui est pas possible d’étendre les jambes, sauf à empiéter massivement sur l’allée, au risque de moult piétinement par ses covoyageurs peu attentifs et bourrus… Pour agrémenter, si besoin était, cette torture chère payée, Le Père rapporte une solide tourista force 4-5 (sur une échelle allant jusqu’à 3) et quelques maux de tête…

Cela fait plus de 3h qu’il est en vol, il reste près de 2h30 jusqu’à Bruxelles… qui ne sera qu’une étape ! A ce stade, Le Père en est réduit à espérer un crash ou une explosion de l’appareil pour abréger ses souffrances et lit pour prendre son mal en douleur…

Pour se distraire de ces funestes pensées, il repense à la semaine écoulée, seul avec les punks…

Le Père ayant malheureusement survécu à sa course (nous y reviendrons probablement assez vite, demeure patient futur jeune père et néanmoins trailer fou, tout vient à point pour qui range sa chambre, comme disait Descartes), vient la partie moins drôle de ses vacances… Ou plus drôle… Ca dépend du point de vue…

Madame, en fine négociatrice et défenseuse d’une certaine égalité des droits, a exercé une infâme pression sur Le Père pour obtenir, elle aussi, du temps loin des punks… Le Père a évité la mesquinerie de lui faire remarquer que c’est elle qui voulait des punks et que lui se serait amplement contenté d’un teckel empaillé (moins compliqué à entretenir que le modèle vif, désolé pour les amis des animaux, d’autant plus que le teckel ne se mange pas, donc ne présente aucun intérêt vivant…), un nouveau bonsaï ou une bagnole de sport… Il sait que les femmes sont inconséquentes, mais qu’elles n’ont pas forcément beaucoup d’humour quand on le leur rappelle !

A peine rentré et plus ou moins remis de ses cloques et courbatures diverses et variées (Le Père doit vraiment être devenu un surhomme, toute modestie ravalée, car il n’a pas autant souffert après cette course que ce à quoi il s’attendait !), vendredi donc, il réalise que le weekend arrive et qu’il faut se préparer au départ de Madame… Fallait pas survivre à ton trail !

Le weekend est assez simple, comme toujours : Le Père part avec no 2 et 3 dans la voiture de Mamie et Daddy qu’il doit rapporter dans la fribourgeoise campagne. Ses parents n’étant pas là, ça ne prend pas trop de temps. Les punks et lui repartent en courant prendre un bus, dans lequel ils font naturellement les crétins pour faire regretter au Père de les avoir emmenés, puis le train depuis Fribourg. Comble du bonheur des punks : Le Père achète de quoi les faire manger dans le train au Burger King de la gare avant le départ !

Menaces et perte d’années de vie ponctuent ce retour, qui est long, laissant amplement le temps de se remémorer sa vie avant les punks… mais tout le monde arrive saint et sauf à la maison, malgré des pensées sombres et des envies d’infanticides.

Le Père repart seul cette fois, ses nerfs ayant déjà largement assez subit pour la journée, voir pour l’année, faire des courses.

Le dimanche voit no2 partir pour Nyon pour faire une démonstration de handball avec son équipe à la journée des sports… Le Père doit aller le rechercher à 16h30; il décide, je ne sais pas ce qui lui a pris – la fatigue sans doute… ou l’épuisement moral… – d’y aller en vélo, avec no3 et 4 qui pédalent, no 5 et 6 dans la charrette (donc près de 50kg en plus à tirer) et le vélo de no 2 attaché à ladite remorque, et qui dépasse de chaque côté de la remorque, tel le derrière d’une Kardashian…

Petit rappel rapide : Le Père a fini la plus grosse course qu’il n’ait jamais couru moins de 3 jours avant…

Le temps d’équiper tout le monde, d’attacher la remorque à son vélo, le vélo de no2 à la charrette et les punks à leurs sièges, en essayant de ne hurler sur personne et de ne rien oublier, il est déjà extrêmement à la bourre quand il quitte la maison…

Lecteur ami et néanmoins jovial, il est trop tard pour se mentir… J’aimerais te dire que le trajet a été rapide et que les deux qui pédalaient se sont démenés pour que l’on ne soit pas trop en retard, que personne n’a geint, râlé, protesté, dit qu’il allait mourir, qu’il en avait marre, que c’était long, …

Enfin, on fait comme on peut, on perd du temps à motiver ceux qui traînent, on perd du temps à s’arrêter pour donner à boire à ceux qui pédalent, puis à ceux qui ne pédalent pas, puis on menace tout le monde et on avance un peu, merde à la fin !

Les deux qui ne pédalent pas ne sont pas calmes pour autant : no 6, qui n’est pas le dernier des casse-pieds, taquine régulièrement son grand frère, lorsqu’il ne lui prend pas l’envie de lui mettre un grand coup, parfois avec sa gourde en alu ! C’est bruyant et secoue un peu l’arrière du vélo du Père, mais il n’a pas le temps de s’arrêter pour insulter tout le monde…

Lorsqu’on arrive au centre sportif à l’autre bout de Nyon, après la perte de 5 années d’espérance de vie pour Le Père, le passage le long des voies de chemin de fer où le vélo attaché bloque à quasiment tous les poteaux de la clôture bordant le chemin, il n’y a plus grand monde, et no 2 n’est nulle part ! Il semblerait qu’il ait fini depuis plus d’une heure et a pris ce prétexte pour ne pas attendre Le Père et commencer à rentrer à pieds !

Le Père, après une longue série de jurons imagés et joviaux, se résigne à appeler Madame pour l’informer qu’il a bêtement égaré no 2…

Elle le retrouve alors qu’elle rejoint Le Père au centre sportif en MPPT2… Malgré les efforts pour venir le chercher, no 2 ne fait pas montre de reconnaissance et veut rentrer en Bus avec Madame… No 5 et 6 sont débarqués et installés dans le BUS pour rapatriement rapide et plus silencieux, Le Père commençant à être agité de tics nerveux, il est convenu que les autres rentrent, de gré, ou plutôt de force, en pédalant. Madame ne fait aucun commentaire, compte-tenu de l’état nerveux du Père. Il rappelle une nouvelle fois à sa nombreuse descendance que la démocratie commencera lorsqu’ils auront quitté le bercail, et qu’ils auront le loisir de se venger sur leur propre progéniture, s’ils devaient décider d’en avoir une…

Après une distribution de goûter, on repart par le même chemin. No 2 boude un moment et finit par avancer avec no 3, Le Père reste près de no 4 que son vélo plus petit et sa fatigue ralentissent. Après quelques arrêts, quelques hurlements et 2 averses, tout le monde est à la maison.

Madame finit sa valise, finalise le mode d’emploi (agenda quotidien avec les choses les plus importantes) et dit au revoir au Père… A partir de lundi soir, Le Père est seul avec les punks !

Lundi soir ? Oui, Le Père a encore une obligation professionnelle qui l’envoie à Berne et ne rentre qu’après un passage chez le médecin suivi de ses 2 vaccins et d’un nouveau round de courses…

Repas avec Belle-maman et son ami, qui ont passé la journée à faire ressembler le rez-de-chaussée, explosé comme à son habitude, à une maison, laissant une cuisine propre et rangée, des punks presque calmes et à table.

Lorsqu’ils partent, Le Père ressent le désespoir du spationaute qui voit partir la navette spatiale et se sait seul pour 11 mois dans l’espace intersidéral, loin de tout mais pourtant si proche…

Pas le temps de pleurer : il faut coucher tout le monde et préparer le lendemain !

Entre ses obligations, les préparatifs, nettoyages et rangements divers, Le Père se couche à une heure assez proche de son heure de lever pour lui faire faire la grimace… Il est allé re remplir 2 fois le bib de no 6, l’a changé, a recouché no 5, fermé les portes de tout le monde après avoir recouvert et remis sur leur lit les punks.

Le mardi est un jour calme : tout le monde est à l’école, même no 6 durant la matinée… Ca paraît simple et Le Père s’apprête, comme Madame, à ne rien faire de la matinée… Mais à la place, il prépare un peu à manger, passe à la déchetterie et se distrait avec les jouets de Madame : lave-linge et cuisine… Le Père peine à comprendre ce qui peut amuser autant Madame dans ces tâches peu distrayantes, mais force est de constater qu’il y a bien des gens qui collectionnent les têtes d’animaux empaillés, les rognures d’ongles ou les enfants, donc il peut y en avoir qui soient passionnées par de l’électro-ménager de qualité…

Le Père va récupérer no 6… Étonnamment, ce dernier est content de le voir… Il faut dire que la séparation avait été difficile et bruyante, malgré tous les mauvais traitements du Père, no 6 doit y être tout de même un peu attaché, finalement !

On passe récupérer les 3 autres punks à l’école… Le Père jure pour la seconde fois (et étonnamment pas la dernière de la semaine, lecteur fidèle et constant, force est de le constater) de la semaine du fait de l’impossibilité de se garer en raison du manque de place, de l’immense SUV qui est tellement mal garé qu’il bouffe 2 places, du gars qui note les plaques qui se garent sans droit sur les places visiteurs de son immeuble… C’est donc en retard qu’il va chercher les 3 punks, no 6 dans un bras… En même temps, il les avait amenés un peu tard, autant leur laisser le temps de finir comme il faut ce qu’ils font !

Une fois de plus, j’adorerais te dire que la semaine s’est passée en douceur, sans heurts ou bruits, dans un vouvoiement généralisé et un respect profond… Eheheheheeheeeeee ! Bon, sérieusement…

La semaine se passe. Bien ? Je n’irais pas jusque-là, nous nous connaissons depuis trop longtemps, lecteur fidèle et néanmoins amical, pour nous enduire d’erreur ! Honnêtement, ça aurait pu être pire… Ils ont tous mangé plusieurs fois par jour, ont été à leurs activités, leurs cours (je n’ai pas dit qu’ils y ont été à l’heure, j’ai dit qu’ils y ont été…), je n’ai quasiment oublié personne…

Ok, juste une fois… Le Père sort du Bus, tout le monde monte en courant et en se poussant… Sauf no 6, qui reste dans le Bus.

  • No 6, vient il faut vite aller manger
  • NAAAN !!!!
  • Viens, je n’ai pas le temps !
  • Pa eni, ouuuu ééééé poiture !
  • Viens, prends ta voiture et monte, je dois faire à manger !
  • Non
  • Ok, je te laisse dans le Bus, tu montes quand tu en as marre.

Le Père le laisse avec la porte ouverte dans le Bus. Au pire, il sait ouvrir la porte, il nous a déjà fait le coup du refus d’autorité (je ne sais pas d’où il tient un tel caractère… probablement du côté de Madame !).

A peine en haut des escaliers, Le Père doit gérer : no 3 et 4 qui se choppent, faire éteindre la télé et préparer no 2 à manger, seul à ne pas avoir encore eu le temps du fait de l’entrainement de handball. Il est distrait par la princesse qui veut qu’il aide pour ses devoir, doit faire du maintien de l’ordre et de la paix, envoie tous ceux qui ne mangent pas et ont fini leurs devoir jouer en haut…

Les maths sont rapidement terminées et il est l’heure de commencer les manœuvres de coucher. Le Père appelle no 6, qui ne répond pas… Stress passe à niveau 3 sur 10. Le Père appelle les autres punks qui jouent dans les étages et demande où est no 6… On lui répond en rigolant qu’il n’est pas là… Il monte vérifier… Stress passe à 6… puis 17 quand il réalise qu’il n’est pas là, et pas dans l’étage du bas…

Et là, il a un moment de solitude profonde et descend en courant… Le garage s’est éteint, le Bus est sombre. Il ouvre la porte. No 6 est là, il a pleuré. Le Père est déprimé… Là, il est vraiment devenu Le Père indigne !!??!

Il prépare junior à aller dormir, je le chatouille, il rigole. Le coucher se passe comme d’habitude, il ne semble pas en vouloir au Père pour son abandon dans le MPPT2… Nous faisons un gros câlin, comme lui seul sait les faire, je le couche et fais encore semblant de lui piquer son biberon pour qu’il dise :

  • Non, à mouaaaaa, ai fouaaaaaa !
  • Non, moi j’ai soif ! J’ai pas mangé, je vais boire ton biberon !

Junior pouffe et pousse Le Père qui le chatouille encore un peu…

Il rigole et arrache le biberon au Père… Qui doit déjà le laisser pour aller coucher no 5 et 4 qui sont en train de faire les fous en retournant, malgré les indications inverses du Père, la salle de jeux.

Après insistance, 5 et 4 rejoignent Le Père sur le lit paternel pour une histoire… Enfin, on feuillette une encyclopédie sur les animaux et causant des différentes bestioles, des serpents, araignées, caméléons et autres baleines… Ils vont se coucher et Le Père passe un peu de temps avec no 3 qui a fini de se préparer pendant qu’il couchait 5 et 4… Les 2 grands lisent en bas. La maison commence à se calmer…

Quand Madame finit par rentrer, le vendredi en fin d’après-midi, tout le monde a survécu aux mauvais traitements paternels et nul ne semble se plaindre (ils ont soit la mémoire courte, soit ne sont pas rancuniers… à moins que Madame soit pire que Le Père !?). La maison est partiellement explosée, mais la salle de jeux à peu près rangée… Le punks n’ont pas été lavés depuis quelques jours, mais ils sont encore entiers et c’est ce qui compte !

Le Père passe le samedi en famille et commence sa valise moins tard que d’habitude… Non, pas pour fuir les punks, futur jeune père ingrat et réprobateur, juste pour éviter de se coucher à 2h du matin… Le dimanche, il part très tôt pour prendre son train. Les punks et Madame sont encore dans les bras de Morphée et ils ont bien raison !

Après un vol long et inconfortable, rendu tolérable par un avion quasiment vide, Le Père est à Abidjan. Le retour est plus chargé, avec un vol complet ce qui laisse nettement moins de place pour être un peu moins mal ou étendre ses jambes, qui part en fin de journée. A l’arrivée, après une heure de pause à Ouagadougou (sans sortir de l’avion) et un changement de vol à Bruxelles, aux aurores, quasiment sans avoir dormi, Le Père est décalqué…

Passage à la maison. Le temps de se doucher et de faire une brève sieste, il se prépare et repart prendre un train pour Zürich pour assister à une présentation dans le cadre de son travail !

Il n’a pas dormi dans un lit depuis plus de 27 heures quand il rentre enfin chez lui… Le train lui a permis de compléter son heure de sieste par plus ou moins 2 heures d’appoint… Le lendemain matin, pour aller au bureau, il est comme neuf… ou presque !

Repose-toi, lecteur fidèle, les vacances sont bientôt finies et les punks vont reprendre le chemin de l’école incessamment, tu vas enfin pouvoir rattraper des heures de sommeil au bureau… ou pas !