Ami des bouquetins et des frontales, bonsoir !

Le trailer qui part dans la montagne vêtu d’un simple short et d’un tee-shirt, buvant à la source ou dans une simple flaque d’urine de vache en mâchouillant un brin d’herbe et 2 pousses de pin comme seul ravito a vécu…

Enfin, il reste bien 2-3 die hard fondamentalistes béats qui courent en sandales, parfois nus, et vivent d’amour et d’eau fraîche, mais force est de constater que les temps changent, les gens s’équipent (souvent trop) et le matos a grandement évolué. On en n’est pas encore à l’humanoïde à la robocop (désolé, futur jeune père, tu n’étais pas né et ne mérites pas que je prenne le temps de te décrire ce chef d’œuvre du cinéma américain des années… d’il n’y a pas si longtemps !), mais il est maintenant assez répandu de courir avec des chaussures dignes de ce nom, des habits techniques, des bâtons pliables et en composite, …

Quasiment plus aucun trailer ne vit sans la présence omnipotente de sa montre qui le localise, enregistre ses maigres – plus rarement impressionnantes – performances (ça peut toujours arriver, même aux meilleurs !) et, dans de rares cas, l’aide à se repérer ou retrouver qui son chemin, qui son domicile, qui son véhicule… Bref, la connectitude est partout, répandant ses affres et travers… 

Il est d’ailleurs symptomatique de constater l’ampleur qu’à pris cette connectivité nouvelle quand on lit sur des forums de coureurs :

« Je suis tombé sur un cadavre l’autre jour en courant, que dois-je faire ? »

La réponse la plus commune proposée avec moult smiley par maints coureurs ubercools :

« Arrête son chrono !!! »

Oui, fidèle lecteur au goût et à la culture encyclopédique, le coureur n’a pas toujours un goût parfait… Ca se constate aisément par les couleurs et naufrages de ses tenues de course bigarrées !

Le Père, qui a très vite compris que, contrairement à la Bernache Nonnette, l’orientation nocturne en milieu forestier, montagneux et hostile (qui plus est en courant) n’était clairement pas son fort, s’appuie assez souvent sur les miracles de la technologie… Il est donc équipé, comme tout un chacun, d’une montre GPS ainsi que d’un téléphone portable (comble de la modernité : le téléphone n’a même pas de fil… Normal il n’est pas en train de charger ?!? Va brûler, futur jeune père ! T’es même trop jeune pour comprendre les blagues ?!) sur lequel est installé l’application Suissemobile avec abonnement pour bénéficier des cartes…

L’application est presque bien faite, ce qui est assez rare pour être signalé, mais comporte 2-3 petites imperfections excessivement irritantes :

1.   La carte ne tourne pas avec toi et il faut constamment jongler du cerveau pour savoir où il est le culcul et où elle est la têtête, enfin où est la gauche ou la droite… (ceci a été corrigé dans une récente mise à jour, mais cela m’a assez pourri la life pour le mentionner)

2.   Dès que tu penches ton téléphone d’un pouillème de nanodegré, ton affichage bascule en mode « paysage » et tu dois recharger ton parcours, une fois l’écran revenu en position normale, et rappuyer sur le bouton pour qu’il te localise (tu sors une carte… il doit bien rester 2 personnes qui n’emploient pas la géolocalisation, pourquoi il ne redémarre pas tout de suite en te localisant et si tu n’as pas besoin de cette fonction, tu la coupes !?)

3.   Et, là c’est inhérent au téléphone, pas au logiciel : CA VOUS GONFLERAIT DE FAIRE DES PUCES GPS QUI ONT UNE VRAIE RECEPTION, INSTANTANNEE, PARTOUT, MEME LORSQUE 3 FEUILLES D’ARBRE CACHENT LE CIEL ?!?! On est en 2019, on s’apprête à envoyer des gens sur la Lune, puis sur Mars, et on n’est pas foutu de se faire localiser de manière fiable et instantanée sur Terre, merde à la fin !!!

Bref, Le Père part seul – il est grand (très), vacciné (il me semble) et lorsqu’il est dehors, il n’y a pas grand-chose de plus dangereux que lui ! – dans la nuit noire et profonde, à la rencontre de la montagne et, pourquoi pas, de la nature !

Bon, cette fois il s’est contenté de charger par G*rmin le tracé effectué plus tôt dans la journée par son binôme, une petite boucle sur des chemins qu’il connaît normalement déjà… Pas besoin de son téléphone cette fois ! Garé devant chez son collègue, il croise celui-ci et cause 5 minutes. La météo est annoncée sans pluie, il fait un peu moins chaud, juste 12-15km et un peu de dénivelé histoire d’être fin prêt pour l’X-Alpine la semaine suivante…

Le Père a la motivation de Doc Gyneco quand il a trop fumé et végète sur son canapé assorti à son caleçon jaune urine de Kodiak, mais il est 22h15, il est déjà changé et sur place, autant courir !

Le Père part tranquille, à une semaine d’une course, tu évites de faire le kéké et d’arriver sur la ligne de départ en boitant pour montrer que tu es un Dieu des montagnes… Ca monte et il ne se perd pas trop (pour une fois !). Il jette régulièrement des coups d’œil au ciel qui s’est couvert de nuages et menace… Mais se redit que de toute façon il ne devrait pas pleuvoir, d’après les sites de météo !

Dans la nuit, Le Père distingue assez bien les éclairs… Mais ils sont à l’intérieur des nuages et assez loin : pas de coup de tonnerre ! Il presse le pas et commence à se faire dans sa tête le parcours pour repérer les endroits critiques d’un point de vue foudre…

Quand il sort de la forêt à St-Cergue, le ciel gronde… Il se hâte de monter la piste qu’il voulait prendre (la vache ce que ça monte, il avait oublié ! Et l’herbe lui arrive au milieu du dos, s’il survit à l’orage, il sera normalement dépecé par les tiques et autres saloperies rampantes…) et poursuit dans les bois vers le point le plus haut. De là, il passe par le plateau sur lequel des gens campent d’habitude… Il est presque 23h, l’orage est proche et le passage du plateau par Le Père, 2.01m nous le rappelons si besoin, se fait assez vite en mode : nonnonnonnonnonononononononononon !

La foudre décide de ne pas le transformer en bacon mêlé de plastique fondu et il poursuit sa descente, rassuré… Il se met à pleuvoir légèrement, ce qui rafraîchit et n’est pas si mal, et ça commence à bien taper au niveau des éclairs… Le Père avait oublié le passage le long de la forêt, sur une crête peu protégée… Petit moment de stress et d’accélération avant de se retrouver sous les arbres et assez bas…

Le Père ne se perd pas sur la partie basse !!!!! Ok, sa montre lui indique à l’avance chaque tournant, mais il ne se perd pas !!!! Il finit donc sous la pluie pour le dernier kilomètre, mais sain et sauf ! C’est la 2ème fois consécutive qu’il va courir et se retrouve sous un orage… Il ne faudrait pas que cela devienne une habitude !?!

Heureusement, il y a l’X-Alpine… Or au fur et à mesure que la semaine avance, la météo ne s’annonce pas terrible : pluie et orage au menu… Le Père pense que la météo se venge pour des années de mauditude et songe à aller faire exploser le bâtiment de Météo Suisse pendant la nuit, en guise de représailles et frustration !

La semaine commence donc avec une nuit à moins d’une heure de sommeil… Après sa sortie orageuse et tardive, suivie de paiements et autres gaietés, Le Père met longtemps à se coucher. Les journées n’ayant que 24h, le temps est pris ailleurs… Il dormira quand il sera mort !

Le reste de la semaine est à l’avenant : carence sommeillique et veille entrecoupée de visites à no 5 et 6. C’est donc frais (comme un époisses laissé dans une voiture 6 jours en plein soleil), jovial (comme le pangolin qui part en cuisine dans un resto chinois) et en pleine forme (tel le dépressif consommateur de cannabis sous tranquillisants) que Le Père prépare son matos et se met en route pour Le Châble, bourgade proche de Verbier.

Après avoir retrouvé son binôme de course, ils vont récupérer leurs dossards et reviennent à l’hôtel. Il fait chaud et beau, la météo pour le lendemain n’est pas terrible, pour rester dans l’euphémisme béat. Briefing d’avant-course, il est prévu de manger avec des facebookistes qui participent à l’X-Alpine… En sortant du briefing, les bouchons et l’heure nous font renoncer à monter à Verbier pour manger. Nous restons au Châble pour un dîner rapide et retournons à notre hôtel pour finir les préparatifs… Nous nous apercevons que le bistro du village se trouve sous notre fenêtre !

Douche et coucher très tôt… à 21h30 Le Père n’arrive pas trop à envisager de dormir ! Il dort finalement un peu et se réveille à 23h… La terrasse du bistro est toujours bruyante. Il redormira un peu, mais la nuit n’est pas la meilleure, comme chaque veille de course !

A 1h et des poussières, Le Père déjeune. Une fois prêts, nous montons à Verbier, trouvons une place pour poser nos véhicules, finissons de nous équiper et nous rendons au départ. Nous déposons les sacs suiveurs… Contrairement à son appellation, le sac suiveur n’est pas sur un sherpa qui te suit tout au long de ta course, futur jeune père idéaliste et innocent, malheureusement il ne te suit pas mais te précède et t’attend à la base de vie, soit au 80ème km dans le cas de l’X-Alpine…

Dernier passage au stand et Le Père et ses petits camarades du départ à 3h sont dans le sas à attendre le décompte. Un peu d’appréhension est palpable et un peu normal : le parcours de 111km et +8400m de dénivelé est réputé difficile, encore corsé par de nombreuses barrières horaires, souvent pas super larges !

Le départ se fait dans le calme, à la lumière des frontales. La première montée est rapidement là, courte mais occasionnant déjà quelques attentes… Qui se prolongent dans la descente qui suit… Passage pas très large et peu de possibilités de doubler. Nous arrivons à 4h38 au premier ravitaillement de Sembrancher… qui normalement n’ouvre qu’à 4h40 ! Le ravitaillement est heureusement ouvert, petites tartines de tresse et bonne ambiance, nous repartons rapidement pour la première vraie montée : Catogne, avec près de +1’900m de montée.

J’aimerais te dire, lecteur fidèle et conquis, que Le Père a trottiné, tel le jeune chamois primesautier, jusqu’en haut, sans transpirer et avec le sourire, mais nous avons passé le stade du mensonge… Donc il en bave sa race, comme beaucoup de monde, souffrance un peu allégée par le fait que l’heure est encore peu avancée et qu’il ne fait donc pas encore beaucoup trop chaud. Les crampes commencent au 2/3 de la montée. Il prend du magnésium, mais cela n’agit pas tout de suite comme d’habitude et la durée de l’accalmie est extrêmement réduite !

Au sommet, qu’il atteint enfin, il accompagne son binôme arrivé avant lui, quittant quelques instant le parcours de la course pour profiter de la vue… Et quelle vue !

Avoir une bonne descente est un don… Je ne parle pas d’alcool, futur jeune père, et si avant d’avoir des enfants, tu as déjà besoin de t’alcooliser régulièrement, ça ne présage rien de bon pour ton avenir de père et ton foie !!! Là, don ou pas, la descente est difficile : de la caillasse qui pardonne peu et coupe ou écorche tout ce qui passe. Pour égayer cette partie pas forcément évidente, nous commençons à nous faire dépasser par les premiers, partis 2h après nous… Ca ne doit pas les amuser de devoir dépasser tout le monde, d’autant plus à un endroit où il vaut mieux éviter des tomber, mais c’est un choix de la direction de course…

Le Père met en pratique le célèbre dicton japonais : qui va pipeau, va mollo ! La course est encore longue, il se ménage mais avance quand même à un rythme soutenu, laissant passer les élites au fur et à mesure. Au ravitaillement de Champex, Le Père possède toujours une avance confortable sur le planning… Il perd du temps au ravitaillement et repart pour la montée de la cabane d’Orny… Là ça commence à piquer sévèrement !

Le temps est splendide, donc il fait chaud et Le Père en bave un peu… C’est du langage trail pour dire qu’il est déchiqueté et se sent comme le fond de la couche de junior par une chaude après-midi de gastro ! Comme l’eau lui manque, il remplit un bidon ou 2 dans des cours d’eau, toujours mieux de risquer la courante que de devoir s’arrêter en raison des crampes à la suite de sa déshydratation…

Le binôme distance Le Père et poursuit vers le ravitaillement de la cabane d’Orny. C’est long et Le Père perd du temps. Juste avant d’arriver à la cabane, on croise ceux qui redescendent… Le Père croise son binôme qui lui dit aller au prochain ravito pour abandonner… Le Père est un peu sous le choc, il n’a pas l’air d’aller si mal et est en avance sur lui !

Après une petite pause pour porter secours à un coureur en détresse, Le Père arrive enfin à la cabane d’Orny. Il prend le temps de manger des choses qui lui font envie et retrouve un peu de vie. Il a rejoint un coureur qu’il connaît qui ne fait pas trop le malin non plus et parle aussi d’abandon au ravito suivant… Il repart 10 minutes après ce coureur et espère un peu le rattraper dans la descente… Malheureusement, assez vite, sa cheville le pique…

Celle du côté de sa récente entorse… Il essaie de songer à quel moment il aurait pu se la retordre mais ne voit pas… Il décide donc d’ôter son atèle de ce côté. Sa malléole lui fait mal et a adopté la forme de l’armature en plastique de l’atèle ! Il décide de tenter de descendre sans son atèle, si la cheville semble tenir, il ne la remettra pas… Et ça se passe plutôt bien. La douleur disparaît et la descente continue.

Il arrive à un endroit où un gars est a côté de robinets… Personne, juste un pelé et des robinets. Le Père doute :

      c’est Saleinaz ?

      non, Saleinaz c’est plus bas, là c’est le haut !

Le Père en déduit bêtement que le vrai ravitaillement est un peu plus bas… Mais il n’y en a naturellement pas d’autre avant la Fouly… Le Père arrive à nouveau à court d’eau. Il fait chaud, petit passage presque plat. Peu de monde, la course s’est déjà allongée et il y a déjà eu pas mal d’abandons…

Arrivé enfin à La Fouly, Le Père se désaltère, remplit 2 bidons pensant, encore une fois de manière erronée, qu’il y a un point d’eau aux Ars Dessus… Il repart avec son collègue qui l’avait distancé sur la descente d’Orny et un Français avec lequel il a passé un peu de temps durant les derniers kilomètres avant le ravito. Son binôme a définitivement abandonné, comme plus de 150 personnes déjà.

Brève discussion, photo et l’on repart à 3. Passage plat, Le Père s’accroche au Français qui accélère, ne prêtant pas garde au fait que son collègue reste en arrière. Lorsqu’il se retourne, celui-ci est déjà loin… On double un groupe de Français qui marchent ensemble et rattrape un jeune, seul. Il s’accroche.

Il n’y a pas de ravito aux Ars, ça fait mal au moral… Mais on continue direction Col de la Porte. Ca monte, on en bave et on perd du temps. Le jeune est distancé, on passe le col et on descend vers le col du grand St-Bernard… pour lequel il faut remonter quelques centaines de mètres… Le compagnon de course du Père, fort mal en point dans la montée, a retrouvé des couleurs et entame la descente un peu mieux. Le Père se fait distancer, va jusqu’à commettre l’irréparable, l’indicible, l’erreur de débutant : il s’assoit entre 2 ravitos !

Passent quelques bouquetins, Le Père est repris par le groupe de Français. Il décide de poursuivre sa montée au col, de toute façon c’est du trail, si tu abandonnes, il faut quand même monter !

Arrivé au Grand St-Bernard bien plus tard que prévu, il a encore du temps par rapport à la barrière horaire… Il boit, mange un peu et décide de descendre à Bourg St-Pierre pour y abandonner probablement. Il repart à 21h15, 30 minutes avant la barrière. La nuit tombe, la pluie commence, on est dans de la caillasse qui s’assombrit de minute en minute…

Ah oui, quand je parlais de descente jusqu’à Bourg St-Pierre… La descente commence par 294m de dénivelé positif, avant de descendre de 1’234m. Le Père entame la montée à un bon rythme, il est seul, mais le moral va. Ca monte et rapidement il est moins bien, avec toujours des crampes, mais poursuit. Passage du col et la descente commence… Et qu’elle est longue cette descente !

Le Père est rattrapé par un Allemand vivant près de chez lui qu’il n’a jamais vu… Ils courent, causent et trottinent sur une bonne partie de la descente… au 2/3 Le Père a un gigantesque coup de pompe… Il est épuisé, peine à se tenir debout, titube et a des nausées… Il profite de l’obscurité et du rocher pour faire un arrêt au stand… Son bide a du mal à tenir et il est pris d’affreux doute… L’Allemand est loin. Il marche, ne trouve plus l’énergie de courir, se bat contre mouches et papillons de nuit qui pullulent…

Il arrive en piteux état à Bourg St-Pierre, il est bientôt 1h du matin. Son Allemand est déjà là depuis longtemps et vient le voir. Le Père récupère son sac suiveur, mange une assiette de pâtes et réfléchit à la suite… Se changer ? Repartir ? Changer de chaussures ? Il perd un peu de temps et finit par laisser partir son Allemand qui quitte le ravito 10 minutes avant la barrière horaire…

Le Père abandonne et écrit à Madame… Il s’habille un peu et va attendre dans le bus qui rapatrie tous ceux qui abandonnent ici. A sa grande surprise, Madame lui répond, réveillée par un des punks. Elle lui dit qu’elle songeait à venir attendre à l’arrivée avec les punks !!!!

Le Père est effondré. S’il avait su, il aurait probablement essayé de poursuivre… Il se demande s’il était vraiment si mal que ça, s’il n’aurait pas pu finir… Il abandonne de nuit, qui plus est, alors que c’est son domaine, la nuit… Ok, il a des cloques, mais c’est tenable et il a déjà fait 90km avec des cloques… Il est malade du bide, mais on n’a pas besoin du bide pour courir !? Il est épuisé… Et alors ?!? La nouvelle fait mal et l’abandon n’en est que plus amer…

Le Père est de retour à Verbier, il récupère ses affaires laissées au départ et commence à chercher sa voiture. Il est près de 3h du matin, il a dormi un peu dans le bus, à la tête au fin fond du … enfin tu imagines, lecteur créatif ! Il se traîne à son véhicule, charge ses affaires, ajoute une couche pour ne pas avoir froid, et s’accorde 3h de sommeil.

Au réveil, ça ne va pas beaucoup mieux, avec des maux de tête en sus… Il range un peu son tas d’affaires, se met pieds nus et démarre… La route est longue jusque chez lui et il lui faudra probablement faire quelques pauses en route pour déplier ses petites pattes arrières ou se rafraîchir l’esprit…

Repose-toi, lecteur fidèle, les vacances ont commencé et il faut occuper les punks tout l’été !