Amis des vacances et des voyages, bonsoir !

Les vacances de Pâques étant là, nous avions choisi d’aller passer quelques jours en Savoie natale pour que les punks puissent s’ébattre dans les montagnes, courir après des marmottes, jouer dans les avalanches et autres activités montagnardes traditionnelles.

Comme nous avons un – modeste – logement sur place, rien de plus facile : on prend une valise, on charge les punks dans les MPPT et hop ! nous voilà parti pour quelques jours en Savoie… Ou presque !

Nous partons donc confiants, lundi en fin de matinée… Confiants mais avec un léger doute : numéro 2 frôle dangereusement les 39 degrés, semble au plus mal et ne mange plus… Mais pas de réticences, c’est les vacances !

Nous partons, dans la joie et la bonne humeur, en fin de matinée… Oui, faire rentrer 5 punks – dont un malade qui couine – dans un bus pour 2 interminables heures de trajet, sans menace ni armement particulier, représente déjà un défi pour tout un chacun… Mais avant de charger les morveux, de sortir la poubelle, d’arroser les lapins, nourrir les plantes et mettre l’alarme, avant tout ça, il y a une petite étape…

Comme tout bon Père qui se respecte, je laisse Madame faire les bagages des punks… ça fait partie de ses – trop ? – nombreux loisirs et je ne peux décemment pas l’en priver ! Je ne suis pas un monstre, tout de même… Il y a des limites à la cruauté ! Et Madame aime bien pouvoir se plaindre ou prétendre qu’elle fait tout… Ca me permet aussi tout naturellement de lui reprocher tout oubli !

Nous partons pour 4 jours, mais avons l’équivalent en matériel d’un régiment de l’armée américaine qui s’installe pour 2 ans en Irak, sans les frigos mais avec les trottinettes (quoi que, je verrais bien un général américain sur une trottinette couleur camouflage… classe !) en plus ainsi que les doudous de chacun et des veilleuses.

Passé la demi-heure Tetris, le coffre du Multiple Purpose Punk Transporter est plein à moitié (il faut bien qu’il y ait quand même un très très léger avantage, pour contrebalancer l’interminable liste des inconvénients à avoir un Bus (C’est moche, lourd, pas sportif, trop haut, pas assez puissant, cher, ne permet plus de draguer, pas rapide, encombrant, laid, inesthétique, affreux, bruyant, mal fini, pas beau, il n’y a pas les bonnes options, ils n’ont pas prévu de haut de gamme, en plus c’est un VW… je tiens une liste complète de mes doléances à l’égard du Bus pour ceux qui ont le temps de lire…) : poussette et trottinettes plus bagages pour 7 = moitié plein et sans forcer !

Donc nous partons, nous partons et finalement nous partons ! Oui, je ne sais pas vous, mais pour nous c’est toujours avec 2-3 réouvertures de maison pour un truc oublié, un sac, un doudou, un enfant qui traîne ou autres petites omissions sans importance…

GPS calé, nous prenons la route de l’autoroute ! La nuit ayant été longue, enfin courte, le Père passe, comble de l’inconscience et preuve d’une confiance infinie, aveugle ou simplement poussé par une fatigue excessive, le volant à Madame. Les punks, comme à chaque fois, quel que soit le conducteur, disent en cœur : « attention c’est maman qui conduit ! » au grand plaisir de Madame.

Je m’endors trop vite pour avoir le temps d’avoir peur pour ma vie ou d’être malade…

Voyage sans histoire, sans vomi ce qui est agréable tout de même, ponctué de cris, hurlements, insultes et ronflements punkesques. Nous arrivons contre toute attente à bon port, les Dieux de la route nous ayant épargné ou Madame ayant eu de la chance… je vous laisse seul juge !

Pour éviter un soulèvement populaire, nous passons au Magasin de Frites local pour nourrir ceux qui piaillent à l’arrière depuis un moment…. Fin fonds de la Savoie, là où la main de l’homme a tout juste mis les pieds, Mc Do est naturellement présent, déguisé en chalet couleur local. De fast food, il faut garder… bouffe ! Fast, bon ben vu ce qu’il a fallu attendre entre notre commande et la livraison, c’est carrément de la publicité mensongère, pour ce qui est de la food… Mouais… Seul point positif à être dans un pays du tiers-monde : le prix ! 50% de ce que nous payons vers chez nous, le cours de la patate a dû s’effondrer entre notre départ de Suisse et notre arrivée dans les montagnes, à moins que ce soit le fruit de toutes ces luttes et manifestations : à force de vouloir un salaire minimum, quasiment tout le monde y est !

Nous débarquons 30 mètres cubes de bagages, poussette, nourriture et autre et installons tout le monde dans le modeste logis qui sera le nôtre en terre presque inconnue. Quand je dis « nous », c’est le nous royal : je débarque les bagages pendant que Madame gère le repas des fauves… Pendant que le Père fait des allers-retours entre le garage, la place de parc et l’appartement donc (presque sans jurer contre ces saletés de portes qui ne tiennent pas ouvertes et le voisin qui se gare sur la place pour les handicapés devant l’immeuble – je me vois brièvement mais assez nettement lui refaire la scène d’”Intouchable” avec Omar Sy et le blondinet qu’il appelle Patrick Juvet…), les punks se bâfrent ou larvent sur le canapé en gémissant… Pour la défense de numéro 2 qui larve, il a bientôt 40 C, toujours, et est à l’article de la mort.

Départ avec numéro 3 et 4 pour quelques courses urgentes : pain pour le matin, un peu de lait, du beurre et surtout des éclairs et religieuses au chocolat pour le goûter ! Comme à chaque sortie, nous tombons sur quelqu’un de la famille, à croire que nous avons privatisé le village, enfin la ville, que dis-je la métropole ! Comme tout le monde, je reçois 14 WhatsApp de Madame pour ajouter des ingrédients à ma liste de courses. Nous complétons notre balade par un passage en pharmacie pour soulager numéro 2 avec un sirop bio à base de racines de radis, de sauge, de thym ou autres ingrédients qui font rêver comme l’urine de loutre et rentrons.

L’appart est spacieux, bien situé, assez grand, pas mal organisé, assez complet, mais…. C’est la France ! Rien ne tient aussi bien qu’en Suisse, les finitions sont bonnes pour la France, très moyennes pour la Suisse… Il y a 4 chambres, ce qui implique de dormir 2 par 2 quasiment. Pour éviter de tout salir, nous couchons 1, 4 et 5 ensemble et 2 et 3 dans une autre chambre…

Le projet est de dormir, nous, à l’étage inférieur, séparé des punks par 2 portes, isolés, au calme… Eheheheheheh !

Numéro 5, plutôt habitué à coucher seul et dans son lit, se met tout de suite debout pour rigoler et fait le clown en hurlant pour faire rire sa sœur et son frère… Ils apprécient moyennement, décidés – semble-t-il – pour une fois à dormir.

Heureusement, il en faut plus pour décourager numéro 5 qui continue à rigoler, piailler et faire le singe, de plus belle ! Après maintes interventions paternelles et maternelles, l’effronté finit par succomber au manque de sommeil… Le calme règne, un bref moment, sur la montagne endormie…

Je pourrais te raconter, lecteur candide et crédule, que la nuit s’est bien passée, que nous avons dormi 10h et que ma fille est venue nous chuchoter « le petit déjeuner est prêt ! » à 11h… Mais nous savons toi et moi que ce n’est pas Noël et que ce genre de chose n’arrive jamais ! A la limite dans les livres, dans les films ou chez des amis, mais jamais chez toi et surtout jamais chez nous !

Déroulé de la nuit : numéro 5 pleure toute les 20-35 minutes, vue qu’il débute un rhume… Ca incommode numéro 1 et 4. Madame décide de prendre numéro 5 avec elle et de dormir dans le bureau, pendant que Le Père dort dans la chambre parentale (l’idée étant de changer plus tard ou le lendemain !), tranquille. L’épaisseur des murs m’a permis de ne pas dormir avant numéro 5 (ça aurait été bête de ne pas en profiter !) qui finit par se calmer après 2h du mat. Bonne phase de sieste jusqu’à l’arrivée de numéro 2, à 5h du mat…

Numéro 2 est toujours assez chaud, ne tient pas en place, veut aller en haut (à cause des ronflements du Père ?), veut aller aux toilettes, veut boire… Après avoir bu, il se plaint du ventre… Je lui dis d’aller aux toilettes pour vomir, il me dit que tout va bien… et vomi devant puis dans le lavabo des toilettes… En même temps, à 6h30 – 7h du mat, je n’avais pas d’autre chose à faire que de nettoyer du vomi dans le noir sans faire trop de bruit… Alors oui, j’ai peut-être encore juré, mais merde à la fin, je voudrais dormir et qu’on me foute la paix !

Junior ne va pas mieux, mais s’endort, cette fois. Nous profitons encore de quelques heures avant d’être réveillé par 1, 3 et 4 qui, eux, ont assez bien dormi et ont la dalle ! Pour améliorer une situation déjà désespérée : numéro 3 a de la fièvre au matin, nous en sommes à 60% de punks malades, le seuil d’épidémie est atteint, rien ne va plus !

Petit déjeuner TDC (Tête Dans le C…), nous réfléchissons rapidement et nous disons que nous avons déjà pas mal tenu pour ce séjour. Décision est prise de lever le camp dans la journée ! Nous n’avons pas de quoi faire descendre la fièvre de numéro 2 qui a toujours le ventre vide (Algifor pas idéal) et pensons que les malades seront plus gérables à la maison…

Rapides appels aux tantes et oncles, histoire d’éviter de vexer qui que ce soit, et nous rechargeons le Bus et reprenons la route inverse. Une nouvelle fois, je regrette de ne pas dormir ou avoir filé un somnifère à numéro 4 : pendant les deux heures de trajets, il pose des questions, appelle sa mère, son père, insiste, montre tous les camions, trains ou autres véhicules, nous répète que le camion bleu il est très beau et qu’il va trop l’acheter quand il sera grand… Note pour le prochain Bus : prendre une version avec une vitre insonorisée qui se relève !

Retour à la civilisation ! Je n’ai pas tué ou bâillonné numéro 4 (mais j’ai beaucoup hésité, surtout une fois que Madame dormait et que les autres étaient calmes ou endormis), mais il aurait mérité ! Le lendemain, numéro 2 va un peu mieux, mais ma fille est catastrophée : elle est malade aussi ! Numéro 4 recommence à tousser (ça fait longtemps que nous ne sommes pas allés aux urgences !) et fait une poussée de fièvre par solidarité. Ayant un voyage la semaine suivante, je prie pour ne pas tomber malade au passage…

Heureusement, numéro 1 et 3 ne sont malades qu’une journée et n’ont pas de poussée de fièvre excessive. Numéro 4 se remet assez vite après prise de corticoïdes, numéro 2 a bien morflé mais s’en sort après une semaine et se remet plutôt bien. Numéro 5 a le nez qui coule toute l’année, mais traîne son rhume encore plusieurs jours.

Lundi nous remettons les 3 grands à l’école, numéro 4 n’est pas encore assez retapé pour retourner à la petite école… Je pars mardi et rentre samedi en fin de journée.

Le Père est un roc, nous l’avons déjà constaté, mais le soir du retour, en début de nuit, une douleur gorgesque me fait penser qu’il y a quelque chose de pourri au royaume de Danemark… Je prends ma température et là, c’est le drame ! Au moins 38°C, mal à la gorge, à la tête, au bide, tremblements, la totale ! Je dors en pointillé avec une jolie phase d’éveil de 3h30 à 7h… Je viens de survivre à 4 vols avec Royal Air Maroc, j’ai survécu à quelques jours en Afrique, tout ça pour mourir dans mon lit, quelle perte pour l’humanité et quelle ironie…

Madame est toute attentionnée et compatissante : elle rigole et s’occupe du petit-déjeuner des fauves sans mon aide très précieuse… Je suis trop mal pour être vexé, mais elle paiera pour son insolence !

Un passage chez le médecin mercredi…

Bon je peux y aller franchement, j’ai peu de lecteurs et probablement aucun qui n’ai fait des études (surtout pas de médecine !)… J’appelle mon docteur, qui ne bosse pas certains après-midi et n’est pas dispo ou surbooké. La secrétaire me propose de voir un des autres docteurs du cabinet. Je me dis que ça vaut probablement mieux que la mort certaine qui m’attend… Le médecin me dit que je n’ai pas la malaria (je rentre d’Afrique, hormis cela je n’ai aucun symptôme, fort heureusement), ce n’est pas une angine à streptocoques… Il me conseille un produit pour fluidifier mon écoulement nasal, ce que je prends depuis 3 jours, un sirop contre la toux pour la nuit, ce que je prends déjà depuis 3 jours, et un spray pour le pif… que j’ai aussi !

Faut reconnaître que, compte-tenu du rapport prix – efficacité de ce genre de consultation, j’essaierais l’hypnose ou le loto, ce serait aussi efficace mais plus distrayant, au moins ! Autre point, cette satisfaction à me dire ce que je n’ai pas, c’est assez typique… je vois bien mon garagiste me dire, lors du prochain service : vous n’avez pas crevé un pneu ! Ok, cool, mais j’ai quoi ?!?! Je me demande si je ne vais pas suggérer à ce docteur de se faire rembourser ses études : soit il n’a pas écouté, soit il s’est fait enfler et ils ne lui ont rien appris… J’aurais tendance à dire que c’est juste une profession qui fait semblant de savoir mais qui n’a aucune idée… mais je ne connais pas tous les médecins, ce serait un peu facile !

5 jours plus tard, j’ai étonnamment survécu… mais de justesse ! L’actualité mondiale a donc dû se contenter de quelques séismes et de la mort de Prince, au lieu du deuil national que ma disparition aurait entraîné… N’aie crainte, lecteur adoré, je vais survivre et reviendrai bientôt, encore plus en forme !

Dormez bien et profitez de votre weekend, vous avez l’air fatigué !