Amis de la chaleur et des vacances, bonsoir !

Dans la moiteur morgique, se sentant un peu comme le Haribo qui colle au fond du paquet à cause de la cuite ambiante, mais en moins ragoutant, Le Père sue sur sa chaise, tiédit par un pauvre ventilo qui souffle tel le cacochyme asthmatique en fin de vie. Malgré une classe naturelle, Le Père n’en mène pas large et n’est plus la gravure de mode hypstique habituelle !

Oui, futur jeune père, Le Père sue aussi… Comme il se nourrit et va aux toilettes ! La vie est dure, mais c’est la vie et, malheureusement, même les super héros ont des besoins physiologiques… Je sais, ça fait mal, un peu comme quand tu as fini par réaliser que le père Noël n’existait pas ou que les animaux ne parlent pas, contrairement à ce que ce vieux sénile de Disney a essayé de te faire croire pendant des années…

De la même manière qu’il sue, il a besoin de prendre des vacances… Parfois plus que d’autre… Mais à la place, il va prendre des vacances avec les punks !!!!!

Ok, tu me diras : les vacances, c’est comme le sommeil, c’est pour les faibles ! Ce à quoi j’aurais tendance à répondre, en toute amitié et zénitude, va brûler charogne !!!

Or, et bien qu’ayant tenté de repousser au maximum l’inévitable, Le Père prend une semaine de vacances… Madame se réjouit de ne plus subir seule la bonne humeur et les frasques des punks. Le Père se réjouit autant que s’il allait à son premier examen proctologique, dispensé par une nageuse est-allemande de 109 kilos à mains rugueuses (je n’ai rien contre les nageuses ou les Allemandes de l’Est, mais probablement pas pour ce genre d’examen, si l’on doit rentrer dans les détails romantiques…).

C’est donc dans la joie et la bonne humeur générale que le MPPT 2 est préparé au départ : Madame a fouetté tout le monde pour que chacun ait le minimum dans sa valise, que nul doudou ne soit abandonné et que quasiment tous les punks aient embarqué… Il y a un plan B pour nourrir la ratoune (la lapine de la princesse), malgré la suggestion paternelle de la préparer avec assez de sauce à la moutarde pour passer le goût, Mademoiselle veut la garder, pour le reste, on ne part que 4 jours et, sans les punks, la maison va pouvoir souffler un peu !

Le départ se fait dans les temps avec numéro 2 qui boude parce qu’il n’a pu avoir la place souhaitée, numéro 3 qui boude pour une raison ou une autre, numéro 5 qui fait l’andouille et numéro 6 qui hurle d’impatience. Madame et Le Père feignent l’indifférence avec un aplomb qui pourrait leur valoir un oscar s’ils avaient choisi l’oisiveté d’être acteurs au lieu d’être bêtement parents…

Une fois sur l’autoroute, l’ambiance retombe après à peine 12 menaces et insultes du Père… Forcément, numéro 3, qui ne fait malheureusement plus la tête, commence à demander :

« On mange quand ? »

« C’est encore loin ? »

« On est bientôt arrivé ? »

« J’ai faim ! On peut manger ? »

Puis commence à se plaindre qu’il s’ennuie et qu’il ne sait pas quoi faire…

Le Père regrette une nouvelle fois de vivre dans la pauvreté et de ne pas avoir eu les moyens de faire installer une séparation en plexiglas insonorisée entre l’arrière du Bus et sa délicieuse personne… Il réalise aussi que ses bouchons d’oreille – qui ont déjà sauvé maintes fois la vie de l’un ou l’autre des punks – sont dans la poche de son sac à dos, dans le coffre, sous 789 kilos de bagages et de morceaux de poussette… Là, à cet instant précis, il commence à avoir fortement envie de mourir, et l’on n’est pas encore à Morges !

Madame, à côté de ses loisirs d’élever les punks, de son site internet et de nombreuses activités, s’avère être redoutable pour dénicher des pépites en terme de logement de vacances et autres organisations diverses et variées… Le Père songe d’ailleurs à vendre ses services d’organisation de vacances et d’événements pour rentabiliser son temps libre et lui éviter de tomber dans l’oisiveté crasse de beaucoup de mères de famille !

Elle a pu trouver une fort jolie maisonnette, en plein milieu de la pampa alsacienne, à proximité de diverses attractions permettant de divertir les punks, au milieu de nulle part… Pardon pour la répétition : au milieu de nulle part et en Alsace, c’est pléonastique !

Les kilomètres s’enchaînent et la famille finit par parvenir entière, ce qui est un exploit et signe d’un sang-froid immense du Père, au zoo de Bâle. Les punks sont impatients, il fait très chaud, ils ont faim, une place de parc est trouvée, la poussette est montée et on parvient à l’entrée… Le budget est presque correct, bien que cela fasse mal, et, si on paie à la caisse, même le parking pourrait ne pas être totalement du racket organisé.

Une place à l’ombre est trouvée pour que les punks se nourrissent… C’est toujours mieux pour la sécurité des animaux car numéro 3 pourrait manger une autruche ou un hippopotame tout cru, juste farci au thon ou aux marrons,  si on le perd de vue et qu’il a mangé il y a plus d’une heure…

Je ne sais pas comment tu imagines ta future vie, futur père, ni si tu te projettes déjà en train de visiter un lieu avec ta progéniture en devenir… Autant tout de suite doucher les quelques espoirs futiles que tu pouvais avoir, moins dure sera la chute ! Tu imagines donc tes punks en shorts blancs et chemises vichy qui finissent, sans râler, leurs sandwiches, ils sont propres et immaculés comme s’ils venaient de s’habiller, les habits encore lisses, la raie de côté, se vouvoyant en se tenant la main à vos côtés, sans heurts ni cris, juste de petits pouffements de rire juvénile…

Ok, ça ne va vraiment pas être facile pour toi dans les années à venir… On va te mettre en situation : numéro 4 et 5 ont mis leurs sandales, et tu es déjà fier que numéro 5 ait 2 chaussures identiques, de même marque et couleur, car c’est plutôt rare. Numéro 3, bien qu’ayant 2 sandwiches et pas de possibilité de se salir, arbore déjà une tache qui te fait te demander s’il n’a pas torché un des éléphants (souffrant probablement beaucoup du dépaysement et peinant à contenir ses humeurs gastriques – il faut rappeler à nos lecteurs les plus fins et les plus érudits que, malheureusement, l’éléphant ne regardant pas la télé toute la journée en bavant n’a donc pas le privilège de manger devant une pub pour un produit laxatif ou le dernier anti tourista en dose pour mammouth laineux !) avec son tee-shirt. Numéro 2 veut assassiner sa grande sœur, pour une provocation ou toute autre raison joviale et numéro 6, que tu as, par mégarde et faiblesse, laissé trotter, puisqu’il hurlait telle la hyène putride pour te le réclamer, est en train d’essayer de se barrer discrètement, étonnamment rapide compte-tenu de la petite taille de ses pattes arrière trop dodues !

En tant que Père chevronné, tu réalises alors que nous sommes dans un zoo, rien ne peut leur arriver et tu les laisses filer, ramassant juste numéro 6 (c’est le dernier, on y tient encore un petit peu, surtout qu’il fait des câlins maintenant…), la poussette et les restes de victuailles… Tu as mangé en vitesse, le long gueuleton paisible appartenant à la même légende que la sieste, la grasse matinée et le Père Noël !

On récupère rapidement 2 autres punks. Ils veulent tout voir, lancer des cailloux, courir, visiter les bâtiments, voir tous les animaux et ne pensent pas trop à attendre les plus jeunes et les parents qui poussent le poids d’un âne mort, tout en essayant de tenir la main de numéro 5. Le Père ne va pas prendre une nouvelle fois la peine de maudire les fabricants de poussettes jusqu’à la huitième génération pour la piètre qualité de leurs produits, le poids excessif et injustifiable de la majorité des articles de cette industrie, ils savent déjà la haine sourde qu’il leur voue !

Le tour du zoo est fait, une nouvelle pause, canicule / glace, est faite et les gourdes sont remplies plusieurs fois. Bien que régulièrement à l’ombre, il fait chaud et les punks sont rouges et transpirants, bien loin de ton idéal de propreté. Les habits ressemblent à la tenue d’un légionnaire qui aurait traversé la forêt amazonienne en pleine saison des pluies avant de se taper un désert et un assaut musclé. Tu te prends encore, malgré ta longue expérience, à être surpris qu’ils puissent se salir autant par temps sec et dans un lieu pareil, mais c’est là, le reflet d’un réel talent naturel, plus qu’une critique envers ton éducation !

Retour au Multiple Purpose Punk Transporter 2, on recharge tout le monde en vérifiant qu’aucun punk ne cache un iguane ou un gavial dans une poche, on redémonte la poussette et on rejoue à tetris pour remplir le coffre qui menace de nous emporter dans une gigantesque avalanche de poussette, valises et autres sacs au contenu incertain, et on repart.

Le punk n’est pas du matin, n’aime pas attendre, n’est pas du soir non plus, n’aime pas ne rien faire, est dangereux quand il est fatigué et insupportable quand plusieurs critères sont réunis… Nous parvenons tout de même à parcourir les kilomètres restants sans que Le Père n’ait à faire une pause sur une aire d’autoroute pour enterrer un punk, prématurément décédé à la suite d’une énième crise ou hurlement intempestif qui aurait forcé Le Père à le liquider froidement, ce qui est un exploit, et arrivons trop tôt à destination.

Forcément, futur jeune père plein d’illusions et pétri d’idéaux, avec les punks dans le Bus, tu roules forcément comme un chauffard suicidaire sous Crack ! Tu en as tellement marre du bruit et des bagarres que tu rêves du calme de la prison ou, nous devons ici bien le reconnaître, de la délivrance de la mort ! La police ne te fait plus peur depuis longtemps : tu ne dors plus assez depuis plus de 10 ans, que peut te faire la police de pire !? Tu as depuis longtemps dépassé le stade où si un t-rex te hurle dessus, sa gueule pleine de dents qui piquent à 10 cm de ta nuque, tu te retournes et lui dis : écoute coco, t’as plutôt l’air sympa et inoffensif, t’as peut-être un problème dentaire qui te titille, mais j’ai 6 punks affamés qui me tannent depuis des mois, un pétolet dans ton genre ne me fait pas plus peur qu’une attaque de drosophiles albinos, donc afin d’éviter que je ne t’étrille et te fasse sécher dans ma cave, passe ton chemin, j’ai assez d’animaux de compagnie et de bidoche pour m’occuper alors… sois chou et va mourir ailleurs avant que je ne devienne mauvais !

La chaleur ne s’est étonnamment pas arrêtée à la frontière : le thermomètre affiche plus de 34°C à 17 heure. Nous trouvons la maison, la personne chargée de nous remettre les clés et faisons un rapide tour : splendide avec une cour intérieure ombragée et une table abritée, les punks sont satisfaits (ça veut juste dire qu’ils râlent un peu moins et cherchent une raison pour se foutre dessus en attendant d’être vraiment de mauvaise humeur…). Le Père profite de l’accalmie pour aller faire des courses avec numéro 3.

Qui dit remplir le coffre dit d’abord le vider ! C’est d’une logique implacable, merci de le noter lecteur fidèle ! Le Père ouvre délicatement la partie arrière du MPPT 2 et survit à l’avalanche de bagages… Il va devoir continuer à supporter sa paternité et les punks encore quelques jours, ce qui est la triste vie de tout père, il faut t’y résoudre ! Il décharge l’équivalent d’un porte-container et se dit que, pour 3 jours sur place, ce serait pas mal de prévoir plus léger la prochaine fois… Enfin tant que c’est lui qui porte les bagages !

Pour faire des courses, il faut d’abord trouver le centre commercial et Leclerc est bien caché ! Le Père et numéro 3 entament donc une course contre la montre pour faire en une demi-heure des courses qui auraient pris plus d’une heure normalement, le tout sans rien omettre… Junior est stressé, il se voit déjà enfermé dans le centre commercial, mourant de faim en attendant le lendemain…

Retour au bercail temporaire pour réaliser que la seule pizzeria qui daigne prendre des commandes pendant les vacances se situe… A 20m du centre commercial que Le Père vient de quitter ! Sans envies de meurtre, ou presque, il repart donc, avec la princesse cette fois, pour aller chercher les pizzas commandées…

10 minutes de Bus plus tard, Le Père passe au drive-in de Domino Pizza, paie et contourne le bâtiment… Après plus de 10 minutes d’attente, la dame demande au Père d’aller se garer plus loin pour patienter… Après plus de 20 minutes, et 2 passages de plus en plus pressants du Père qui commence à s’impatienter (dans fast food, il y a food, mais surtout fast, merde à la fin !?) et imagine que les punks restés à la maison de location doivent déjà avoir entamé les meubles ou le chat du voisin, les pizzas arrivent ! Les crétins ont simplement mal pris la commande et dû refaire 4 des 6 pizzas (tu noteras le fantastique taux de réussite : ils ont fait 1/3 des pizzas juste… c’est commandé par téléphone, pas de pizzas spéciales, que des trucs de leur liste et ils se plantent à 66,66% ! Je songe à les inscrire au Guiness book)… Le Père repart à 320 km/h, malgré la présence d’un seul punk à bord, les pizzaiolo l’ont énervé !

Malgré ta grande connaissance du monde punkesque et animal, je dois malheureusement censurer la scène qui suit l’arrivée du Père et des pizzas pour protéger les âmes les plus sensibles… C’est un pizzage… Rares sont les tranches qui en réchappent et ce n’est pas beau à voir ! Tu penses naïvement que cette scène est la partie la plus difficile de ton futur role de père ? Ehehehehheeeeeeeeeee ! Tu es mignon !

Les punks ont mangé, tu peux maintenant les approcher sans risquer de morsure… Il faut maintenant coucher les numéros 6 à 4 en ordre décroissant… Madame rince numéro 6 pour qu’il ait une couleur humaine et non plus celle de sa pizza qu’on lui aurait frotté sur la tête et le torse, Le Père le change et le couche, dans le lit de voyage amené à cet effet…

A ce stade, et bien qu’extrêmement idéaliste et jovial, tu sais que faire dormir un enfant dans :

1.   Un lit qui n’est pas le sien

2.   De voyage qui plus est

3.   Dans une maison qui n’est pas la sienne

4.   Dans une chambre qu’il ne connaît pas…

même si ton punk était l’enfant idéal… Et là, je ne veux pas te mentir ou te paraître grossier, futur jeune père béat, mais si Le Père n’y est pas parvenu après 6 tentatives, penses-tu vraiment qu’avec ton manque de pratique et en étant très nettement pas de la classe et de la trempe du Père, tu vas avoir un enfant idéal ou parfait, toi ? Je n’aime pas faire pleurer les gens hormis les punks, mais là force m’est de te prévenir, ça part mal et ce n’est qu’un euphémisme !!!

Numéro 6 est à peine posé dans son lit qu’il se lève et hurle… Oui, il est crevé, devrait dormir depuis plus de 2 heures, mais il a des ressources !

Le Père décide de faire le papapoule (non, lecteur distrait, cela ne veut pas dire qu’il va couver junior !? Reste concentré, sinon ça va être vraiment long…) et va se mettre à côté de son lit pour le bercer, le rassurer, lui parler, le calmer, lui chanter l’équivalent de 18 ans de berceuses jusqu’à ce qu’il se calme… Je n’ai pas dit qu’il dormait, juste qu’il ne se levait plus en hurlant lorsque Le Père sort de la chambre… Après un temps, les gazouillis et bruits cessent et il dort. Ne reste plus qu’à coucher les 5 autres ! Et là il faut aussi gérer la répartition des chambrées, qui ne plaît forcément pas à tout le monde, et les punks qui ne veulent pas aller se coucher, malgré qu’il soit 22h…

Le Père peut finalement manger un minimum et profiter du peu de fraîcheur que l’heure tardive offre… La nuit est courte, les punks restent relativement matinaux, quelle que soit l’heure de coucher.

Petit déjeuner et préparation du pique-nique, embarquement de tout le monde dans le Bus et départ pour un parc qui a participé à la réintroduction des cigognes, loutres et autres ragondins… Le Père songe à se perdre ou s’ouvrir les veines avec un trombone, mais cela impliquerait de supporter les punks en espace clos plus longtemps, de les laisser descendre et de s’enfuir en Bus, mais Madame connaît suffisamment de tueurs malgaches pour rendre toutes velléités de fuite illusoires. C’est donc à contre cœur qu’il accompagne les punks !

A suivre !!!

Reposez-vous, les punks ne reprennent pas l’école avant toute une semaine !!!