Une large portion du mouvement féministe espérait Le Père mort et enterré (ce qui en dit long sur ces prétendues pacifistes qui s’opposent à la violence et aux armes…), force nous est de constater qu’il n’en est rien… Il avait d’ailleurs préparé une annuelle bafouillette à l’occasion de la journée de la femme, mais je vous en ferai grâce… Vraiment ? Vous voulez vraiment que je vous montre ça ?! Bon, c’est bien parce que vous le demandez avec insistance…

Amis des journées et des femmes, bonsoir !

Autant Le Père adorerait bêler comme un chanteur à nuque longue : fââââââmmm, je vous aimmmmm !, autant il ne voudrait pas décevoir ces milliers de féministes qui ne vivent que par la haine tenace qu’elles nourrissent à l’égard de sa modeste personne ou déclencher un déluge…

Aujourd’hui c’est la journée de la femme ! Pour être sûr que Madame profite bien de sa journée, Le Père est en déplacement à Lucerne et se rend directement à Zürich, sans passer par la case maison… En même temps, Madame n’est pas super logique (c’est une femme !) : elle ne veut pas qu’il fête les femmes, mais juste elle… quel égoïsme !

Sauf que le 8 ce n’est pas l’anniversaire de Madame… Faudrait voir pour ne pas abuser des bonnes choses non plus : 2 fêtes le même mois… Pour un jour où l’on prétend vouloir rétablir l’égalité, c’est un peu gonflé je trouve !?

Il y a 2 semaines, c’était les vacances de février… Enfin pour les punks, pour le parent, moyen… Faut reconnaître que, des fois, on est mieux au bureau !

Le Père avait proposé, dans un moment d’égarement, de partir seul avec les 4 grands… Oui, je ne sais pas ce qui m’a pris… Le truc con, on ne fait pas attention, ils ne sont pas à la maison, le calme règne et tu vois des gens skier et tu te dis que la seule manière de remettre tes lattes, c’est que les punks apprennent rapidos à se débrouiller pour que tu puisses retourner t’ébattre dans la poudreuse et faire l’amour à la montagne !

Madame ne skie pas, non par incapacité, mais par religion ! Elle trouve que la montagne, c’est beau, et qu’il faut la préserver… Tout comme moi : je trouve que la nature est belle, mais trop de nature me stresse et un pylône de télésiège ajoute un charme moderne et coquet à ces étendues désertes, bêtement vertes et inutiles sans ça… Trop de bouquetins tuent le chamois, comme on dit en Savoie !

Donc si je veux que les punks apprennent et qu’ils ne soient pas la risée de la famille, il faut que Le Père donne de sa personne… Ben oui, pour le savoyard moyen (c’est pareil en Valais, si tu cherches une référence locale, lecteur sédentaire et peu international), apprendre à skier après 3 ans révèle soit un handicap léger : tu es né sans jambes ou paralysé et tes parents ont des scrupules à te coller sur des planches avant de te lâcher du haut des pistes, si jeune et en si mauvais état, soit un problème mental : allergie au blanc (la couleur, pas le vin, lecteur valaisan, reste concentré !), ta famille a été emportée par une avalanche et tu ne peux plus voir la neige, même en photo, sans pousser un cri et prendre ton pouce en te roulant en position fœtale, skiphobie ou plaisirophobie (plus rare, mais il y a toujours les adeptes de daesh ou les adeptes du sado-masochisme – que je salue au passage !- pour faire mentir la règle selon laquelle tout le monde aime se faire plaisir !).

Il faut dire, qu’une fois encore, les gens qui dessinent le matos de ski se sont lâchés presque autant que ceux qui choisissent les couleurs des godasses de sport… En parlant de godasses… Rien ne vous choque ? A l’exception des boots de snowboard qui te font passer pour un vieux faisant du jeunisme et pas foncièrement plus sexy, mais juste plus pratique… il faut dire que le domaine n’a pas fait d’effort depuis longtemps !?

Tu ne vois pas ce que je veux dire ? Elon Musk a foutu une Tesla sur orbite cette année, tu peux parler à ton téléphone et il te donne l’info que tu cherchais pas vraiment presque aussi vite que si tu la cherchais toi-même sur le web, les deux Corées se reparlent et on n’arrive toujours pas à faire des chaussures de ski avec lesquelles tu puisses marcher sans ressembler à Robocop (désolé, jeune futur père, tu ne sais pas qui est Robocop ?! Tu n’étais pas né à cette époque bénie ? Va brûler à feu vif !), avec la sensation de marcher avec un punk suspendu à chaque mollet, mais en moins confortable ? J’ai envie de dire : mais que font les scientifiques et les designers, merde à la fin ! Le Père est génial, mais il ne peut pas toujours tout inventer et tout faire tout seul quoi !

Au lieu de bosser sur des trucs inutiles dont personne n’a rien à carrer comme la détection des premières ondes gravitationnelles, la possible présence d’eau, et donc de vie, sur une exoplanète ou des maladies rares qui sauveront à peine 500 personnes par an, ne serait-il pas temps de s’intéresser aux vrais problèmes de notre société et de chercher une solution aux maux de pieds de générations de skieurs, qui malgré cela s’obstinent !?

Donc nous partons pour la Savoie… Pour que tout soit simple, numéro 4 passait le weekend à la montagne (pas la mienne, celle juste à côté de la Suisse, en Valais) avec sa marraine. Il fallait donc : aller à la montagne, manger avec la marraine susmentionnée et sa famille, récupérer numéro 4, rentrer à la maison, déposer délicatement Madame et numéro 5 et 6, finir (faire serait plus exact techniquement… Même si le projet et le contenu de ma valise me semblaient assez aboutis d’un point de vue théorie, il fallait passer rapidement à la pratique pour ne pas partir trop tard…) ma valise et charger le tout pour faire les 2h30 de route nous séparant de la Savoie… si possible sans oublier un punk ou, pire, un ski…

Ok, lecteur cultivé et sérieux, je vais la refaire une fois de plus pour un de mes lecteurs béats et pas des plus subtiles : Savoie ou quoi !?

Ahhhh, la Savoie ! Ces montagnes enneigées, ses pistes de ski, ses trails (plutôt l’été, en fait), ses barres d’immeubles dans les stations de ski… Je pars le cœur léger pour 6 jours de pur bonheur : s’occuper des 4 grands, en essayant d’éviter qu’ils ne se foutent dessus tout le temps ou que cela ne fasse trop de bruit, gérer le matériel de ski, les habiller avant et les déshabiller après, en veillant à ce qu’ils perdent le moins de matos possible, payer les cours de ski, les remontées, le goûter ou le chocolat chaud s’il fait froid, gérer les nuits et tout le reste seul… Tout en supportant mes parents ! Même la pire des émission de téléréalité n’a pas prévu un scénario aussi cruel…

Cela peut te surprendre, lecteur fort sympathique mais très idéaliste parfois, mais les parents du Père ne sont pas forcément toujours faciles à vivre… C’est soit ça, soit envisager l’inenvisageable : Le Père pourrait avoir son petit caractère… Si, si ! Mais ça ne doit pas venir de lui… Spécialement en présence des punks qui sont : peu débrouillards, pas assez indépendants, trop bruyants, pas assez propres, pas assez rapides, mangent trop, ou pas ce qu’il faut, ou trop… Un esprit taquin dirait qu’ils ont un peu oublié ce que c’était d’avoir des enfants de cet âge-là ou qu’ils vieillissent… A moins que Le Père ait oublié ce que fut sa jeunesse, idéalisant benoîtement ce moment sébumesque de complexes et bonne humeur…

Bref, ce n’est pas avec un enthousiasme délirant qu’il dirige le MPPT2 vers sa Savoie natale, mais avec une légère appréhension, tel le Japonais malingre et chétif qui voit arriver dans une rue étroite son bookmaker, auquel il doit 500 boules depuis trop longtemps, entouré de 4 Yakuzas forts épais et tatoués de partout.

Programme de la semaine : 1 heure de ski par jour pour numéros 2, 3 et 4, avec une monitrice connue du Père² (oui, le père du Père !) et numéro 1 skie avec Le Père et/ou le Père²… C’est le programme…

Bon, jeune futur père tu es encore fort naïf, innocent de la réalité des choses et de la vie, la vraie, Le Père dans son infinie mansuétude va t’éclairer et, je le crains, déciller quelque peu tes petits yeux collés par la jeunesse et la bonne volonté…

Quand tu parles de programme, avec 4 enfants ou plus, c’est comme quand tu vas au salon de la caisse et vois un prototype de voiture sur le stand Peugeot… Elle est superbe, ressemble à une Ferrari, avec un lion à la place du cheval ridicule (tout le monde sait qu’elle avance depuis des années avec un moteur et qu’il n’y a plus de chevaux – l’animal – dans une Ferrari !), a plein de gadgets et d’écrans et forcément tu la commandes, non sans avoir pour cela péter ton goret porcelénique et hypothéqué numéros 2 et 3… Bref tu te retrouves avec une Twingo, couleur épinard vomi par numéro 6 ou couche de numéro 4 la fois où il avait bouffé trop de framboises et de fraises à l’autocueillette, dont la seule semblance de coolitude qui demeure est le nom… Plus de pneus taille basse, le design a été retravaillé comme un meuble Stark gâché par Ikea, tu te voyais en supercar, tu as juste une caisse et tes yeux pour pleurer !

Premier jour : Parents de bonne humeur, sont donc stressés et commencent à dire aux punks qu’ils doivent se débrouiller tous seuls et sont empotés. On part chercher le matos de ski pour les 4… La reine mère paie pour la location de matériel, ce qui tombe bien : on vient de claquer en 10 minutes l’équivalent du PIB du Ghana !

Le Père, extrêmement brillant et prévoyant (mais surtout modeste, alors n’abuse pas de flagornerie intempestive, jeune lecteur !) a commandé des forfaits journaliers pour numéro 1, 2 et lui… Comme c’était il y a quelques mois, il essaie d’oublier que, là aussi, ça a coûté un bras… Mais comme il ne reviendra pas toutes les 5 minutes, autant employer ces forfaits ! Il faut donc acheter ce qu’il faut pour numéro 3 et 4… Et s’acquitter de l’émolûment du cours de ski…

A ce stade, Le Père a perdu 10 ans d’espérance de vie en raison des punks qui râlent car le matériel de ski est trop lourd, qu’il fait chaud, que la neige glisse, que c’est trop loin, que personne ne les aide à porter, qu’ils ont faim, non soif, non sont fatigués, n’ont plus envie de porter… Le budget atteint le PIB de l’Afrique de l’Est, il a fallu près de 4 heures entre le lever et l’arrivée et le cours ne commence pas avant une heure encore… Tu cherches des yeux un coin de neige vierge où les enterrer, de préférence avec tes parents, discrètement, avant d’aller skier ta race comme un gros égoïste que tu es, ne nous leurrons pas !

@calvin and hobbes, Watterson

Les grands-parents décident d’offrir une gaufre aux punks pour les faire patienter. Bien éduqués, à mon goût, les punks se laissent acheter vilement !

Nous abandonnons lâchement les 3 plus jeunes à la monitrice de ski et Le Père prend le télésiège avec sa fille pour la première fois… La piste est une petite piste bleue, sur laquelle évoluent des futurs skieurs à différents stades d’apprentissage ou de désespoir… Numéro 1 se lance et, à peu près au 2ème tournant, commence à crier, râler, pleurer, se fâcher, dire qu’elle en a marre et qu’elle ne veut plus jamais skier de sa vie, que c’est trop dur, qu’elle passe le pire jour de sa vie, qu’elle a peur…

Plus d’une heure vingt pour descendre cette piste… En bas Le Père, qui songe à l’abandonner en disparaissant dans un schuss rageur depuis plus d’une heure, est épuisé… Mais la princesse décide de remonter ! Le Père est au fond du désespoir de la décrépitude, espère la mort par astéroïde ou toute autre méthode, mais vite.

La deuxième descente se passe un peu moins mal… et ne prend que 20 minutes. A la troisième, en 5 minutes, Le Père pense, dans un élan de naïveté touchante, que Mademoiselle est prête pour un peu plus de défis : il l’emmène sur une piste bleue un peu plus longue…

Et là, c’est le drame ! Reprise des râleries et autres protestations dès le 2ème tournant… La piste ne fait que commencer, la journée va encore être très longue !

Par souci d’épargner tes nerfs et de ne pas totalement te dégoûter d’envisager, un jour lointain, une paternité probable, je vais abréger l’interminable récit de cette descente… Il faut juste que tu saches, futur père innocent, qu’une piste que Le Père flambe en probablement moins de 8 minutes a pris plus de 2 longues et douloureuses heures…

De retour à l’appartement, la princesse remercie les grands-parents pour l’invitation et demande si elle pourra revenir l’année d’après !? Le Père, conscient qu’il se trouve au 4ème étage, hésite à se jeter tout de suite par la fenêtre…

La semaine se poursuit ainsi : numéro 4 qui a le moins pratiqué est retiré du cours que la princesse réintègre pour progresser sans que Le Père finisse la semaine en ayant pris plus de 2 siècles de vieillissement précoce… La reine mère s’occupe de numéro 4, malgré les craintes du Père, et les Père avec le Père² apportent les punks au cours, en passant par le casier à côté des pistes pour les équiper. Ces casiers sont une bénédiction et je profite de cette tribune pour remercier infiniment Franck Ducasier pour cette délicate touche de pensée créatrice : contrairement aux fabricants de chaussures de ski, lui il pense !

La courte semaine se finit rapidement. J’ai pu skier quelques heures avec le Père² pendant les cours des punks. Le dernier jour je fais quelques pistes avec eux pour qu’ils puissent me faire voir à quel point ils ont fait des progrès. Je suis extrêmement fier d’eux, même s’il va falloir encore quelques cours pour qu’on puisse les confondre avec des Savoyards du même âge…

Nous dormons et rentrons le lendemain, Le Père ne laisse derrière lui nul cadavre, ce qui n’est pas une mince performance, les punks sont contents (donc ils recommencent à râler et se battre comme avant, c’est un signe) et ont passé une assez bonne semaine. Nous avons vu 10-15% de la famille du Père (donc quasiment 10-15% des résidents à l’année du village) et les punks ont profité des grands-parents et de se faire enguirlander autrement que par les parents…

Le Père va tenter de ne pas être absent trop longtemps… Il s’en est passé des choses depuis février !

Reposez-vous, la semaine est loin d’être finie !!!

La même sur le blog du Père…