Amis du ravitaillement et des manchons, bonsoir !

Le Père est remis de son passage zermattesque et retrouve le travail le cœur léger, surtout avec 3 étages à gravir, sans ascenseur, après une course, avec la cheville qui pique un peu à la montée, comme à la descente d’ailleurs… Bien qu’un surhomme, il hésite à monter travailler… Puis à descendre manger, ce qui n’est pas totalement nécessaire finalement quand on y pense, et finit par aller bosser quand même en jurant intérieurement sur l’immeuble, l’inventeur de l’escalier, et contre feu Frank Etage, inventeur des habitations sur plusieurs niveaux, et enfin par principe, merde à la fin, il râle s’il veut ! Il commence à se remettre de la gastro, la vie est belle !

Les punks sont en vacances, ce qui veut dire que lorsqu’il rentre, Madame semble fatiguée (pourquoi ?! Elle ne travaille même pas ?! Le Père est un fin psychologue, il évite soigneusement de poser la question… un coup de rouleau à pâte en marbre est si vite parti…) et les punks sont excités et / ou font la gueule… Le Père les apaise…

Ok, il gueule ou les menace, c’est selon, jusqu’à ce que l’entropie ait atteint un niveau presque acceptable. Le calme revient brièvement sur la maison. Avant la tempête de la phase de coucher…

          Nouméro cinquooooooo, on va faire do-dooooooooo !                

          Non, gnoooooooooooooon !    

Et de rajouter en partant en courant :

          Coucher PAS !!!!

Histoire de clore le débat… Décidément, cette arrogance et désobéissance ne peut être que du côté maternel !

La famille ne fonctionne heureusement pas, comme déjà expliqué aux punks, en démocratie… Et numéro 5, du haut de ses 2,5 ans n’étant pas le plus épais, le plus rapide ou le mieux équipé pour résister aux 100kg de muscles et de délicatesse du Père (attention aux remarques sur le poids ou la taille, futur père insouciant, une fracture est si vite arrivée !)… Il finit dans les bras du Père, tête en bas et les yeux fermés en signe de protestation ultime, pendant que les autres punks lui font un bisou pour la nuit…

          Bisous PAS !!!!

Il commence à se calmer sur la table à langer et s’endort assez vite une fois que : le doudou a été localisé (après avoir monté et descendu 2 fois tous les escaliers de la maison, nouvelle raison de haïr : les étages, les escaliers, les punks qui ne rangent rien, les doudous qui se cachent et la pauvreté qui nous empêche d’avoir un ascenseur), le biberon d’eau a été apporté et mis au bon endroit dans le lit, la veilleuse musicale est en marche et la veilleuse lumineuse est branchée…

Tu as déjà perdu depuis fort longtemps, futur jeune père : 1-2 pieds en marchant de nuit sur des jouets, l’odorat en changeant la couche de junior qui annonce fièrement : Caca ! (25 minutes après largage de la bombe et 8 minutes après débordement dans le short avec léger coulage le long de la jambe, sinon ça manque de drôlerie…), une oreille quand tu as chatouillé junior qui a plus de puissance et d’aigus qu’une meuleuse d’angle sur un rail de chemin de fer neuf, ta patience à force d’être dérangé 17 fois par numéro 4 qui te demande quand tu vas venir t’occuper de lui et numéro 3 qui veut que tu ailles te promener avec lui pendant que tu t’occupes de numéro 5 ou 6…

Donc c’est une soirée tranquille : tu es sur le canapé à essayer de regarder le journal (oui, en replay, tu as des enfants, futur père, arrête de ne penser qu’à toi, c’est fini cette vie d’insouciance et de normalité béate…), tu aimerais te détendre, mais n’ose pas : il peut toujours y avoir 3, 4 ou 5 qui se relève, pleure ou dit qu’il n’arrive pas à dormir… Tu aimerais manger, mais aussi que ce soit tranquille quand tu manges, peut-être même manger un plat chaud pour une fois !?, donc tu n’oses pas commencer trop vite… Si tu avais des velléités de faire du sport, tu es en train de te changer et te réjouis d’aller courir à la frontale, après 21h45, seul comme un gars qui n’a pas d’amis, les autres sports étant compliqués car fermés à cette heure-là… Mais, seul c’est bien parfois, sans le risque que quelqu’un sorte de sa chambre pour te dire qu’il n’arrive pas à dormir, a fait un cauchemar alors qu’il est couché depuis 7 minutes ou autres plaisanteries !

Pour une fois ce lundi finit bien, Le Père se couche vers 2h du mat, normal, petit bib à numéro 6 qui vient de commencer à se réveiller et que tu ne veux pas ignorer au risque d’y retourner dans une heure, alors que tu commençais à trouver le sommeil…

Mardi, alors que Le Père enlève ses chaussures après la journée de travail, il note que sa cheville gauche est enflée !?

Ben non !? Enfin… Ouaip, j’ai eu mal 4-5 fois et le matin ça pique… mais ça n’en fait pas une entorse pour autant, si !? En plus en y repensant, l’entorse de la veille de l’ultra marathon ne semblait pas si violente que ça… Mais d’un autre côté… Ca pique depuis régulièrement… Mais une entorse c’est sur la bas de la cheville… Là c’est gonflé un peu partout et ça pique sur le dessus…

Le Père décide sagement de reporter toute analyse médicale à la fin de la semaine, histoire d’avoir un peu plus de 2 semaines de recul, et d’aller courir une fois les punks couchés…

Sortie course frontale, léger footing, rien de méchant, même pas 10km. Ben ça picote un peu quand même ! Ca doit être les restes de la course de samedi dernier…

Le Père affiche une constance, pour ce qui est de l’entraînement en tous cas, à toute épreuve ! Il ne s’entraîne jamais assez, ne fait pas assez de dénivelé, ne fait jamais attention à son alimentation et surtout ne fait presque pas de fractionné, ne suivant naturellement pas son programme d’entraînement ! Oui, c’est pour des raisons religieuses, principalement, si cela ne tenait qu’à lui, il serait studieux et appliqué comme à son habitude…

Donc entre Zermatt et l’Ultra de l’Eiger, il a décidé de mettre toutes les chances de son côté et de monter une fois à la Dôle, sympathique colline des environs culminant à peu près à 1’677,2m… Normalement, il se gare en bas de la colline, dans la forêt, monte 8,5km et plus de 1’000 de dénivelé et redescend.

Mais pas la première semaine… Entre la cheville et les punks, le boulot et Madame qui ne va pas très bien (voir chronique 88), Le Père dispose amplement d’assez d’excuses pour faire le minimum… Quasiment pas de course la première semaine, donc Le Père est chaud patate quand arrive le weekend ! Il prévient Madame alors qu’elle joue sur son portable, sans prêter attention à la télé ou au Père : demain je me lève et vais faire une bosse, je te tiens au courant !

Madame ayant peu d’humour sur certains sujets (comme toutes les femmes !), j’évite de trop développer et prépare mes affaires une fois qu’elle est couchée. Voulant changer de parcours et de bosse, je me dis qu’en partant tôt, je dois pouvoir aller faire les Rochers de Naye (au-dessus de Montreux pour les moins fans de géographie helvétique) au départ de Montreux…

Comme tout coureur qui se respecte, j’ai tout préparé : mes affaires, un peu à boire et ce que je mange en courant. J’ai repéré le parcours (20 secondes sur internet en regardant un vague plan), je sais où me garer (près de la gare enfin à peu près) et par où passer… Ou presque ! Je me gare dans le parking de la gare, m’équipe rapidement, et sors sous la gare dans la rue… Mon GPS peine à trouver ses satellites (qui ne bougent pourtant pas des masses : c’est vers le haut ! Malgré cela, ma montre prend toujours trop de temps à mon goût pour les trouver…) et je commence à courir, sans trop savoir par où il faut rejoindre la vallée que je cherche…

Je tourne, monte, longe la voie ferrée, retourne et remonte et finis par entrer dans une vallée qui serait sympathique s’il n’avait pas plu récemment, rendant certains passage un peu glissants… La vallée est assez encaissée et avec les arbres, on ne voit pas trop, vu l’heure assez matinale. La luminosité augmente rapidement.

Ca monte et ça monte. J’arrive à un endroit d’où d’autres gens partent. Jusqu’ici je n’ai pas croisé foule, il faut dire qu’il n’est pas encore 8h… A un endroit, un panneau indique les Rochers de Naye soit à gauche en 2h, soit à droite en 2h30. Le Père tourne, il n’est pas là pour prendre les routes de touristes ou beurrer les toasts, et ca monte assez raide dans les champs.

Je dérange un troupeau de chèvres, qui ne me prêtent pas plus d’attention que ça et poursuis mon ascension… Un peu plus loin, 3 ânes sont sur le chemin. Non, ils barrent le chemin… Probablement des locaux qui veulent racketter le traileur moyen… C’est un sentier pas large, bordé d’orties, Le Père les aborde convivial et poli :

          Oh, saloperie !? Tu peux te pousser avec ta grosse, je suis un peu à la bourre et j’ai pas envie de te mettre minable devant tes potes !?

Bon, Le Père magnanime passe à côté du chemin en insultant les équidés têtus qui ont de la chance qu’il n’a pas le temps de tester ses bâtons carbone et leur résolution ! Note pour plus tard, s’acheter un canapé en peau d’âne, même si ça ne ressemble à rien, juste par vengeance !

Le chemin quitte le flan paturesque et ça monte un peu plus sec pendant un moment. Au sommet du raidillon, une cabane à la droite du Père (ça me dit quelque chose la droite du Père…) bouche la vue. Après la cabane, il y a un banc. Rien d’autre. Un banc et la vue de Genève au Valais, de toute la région, sous un ciel chargé mais que le soleil perce par endroit… Rien que pour ça, futur père, tu devrais te mettre au trail !!!

Le Père n’étant pas là pour repasser les serviettes et étant toujours habité par la crainte du rouleau à pâte en ébène de Madame, il se remet rapidement en route pour le sommet. Au moment de repartir de ce promontoire, il voit passer deux coureurs dont l’un en chaussures minimaliste monte très très vite. Le Père a toujours le temps de détester quelqu’un, quel que soit son état ou la distance au sommet…

Arrivée au sommet, dans la brume, le vent et une légère pluie. Il fait un peu frais (normal, on est à 2’042m, tout de même) mais on devine que la vue doit être terrible… Le Père se prend à penser que ce serait chouette d’amener les punks… avant de se ressaisir et de réaliser les heures de râles et plaintes et chamailleries qu’il faudrait endurer pour arriver jusque-là !

Passage aux toilettes du restaurant du sommet, Le Père repart avec son coupe-vent et commence une descente en bombardant, sans attendre la réponse de son sms à Madame : bonne nouvelle, je suis au sommet, mauvaise nouvelle, des Rochers de Naye… Te redis quand je suis à la voiture !

La descente pique au niveau du pied mais est très sympa… Sauf quand on s’approche de Montreux et qu’il y a des rues super pentues (grosse friction et douleur à la papatte) avec parfois des escaliers. Mais ça descend et très vite (petite mise au point nécessaire pour les plus naïfs : ça va très vite pour Le Père ! Oui, si tu regardes avec des exemples de Jornet ou autres OCNIS – Objets Courants Non Identifiés, c’est un peu comme regarder un paresseux – l’animal, jeune lecteur, ne sois pas insultant ! – faire une course avec un jaguar… On a l’impression que l’un des deux court au ralenti…).

La rentrée dans Montreux est bien : le soleil s’est pointé, séchant les routes, Le Père tombe tout de suite sur la gare, sans faire le détour de quelques heures plus tôt : il fallait juste monter avec l’ascenseur au lieu de descendre (oui, ben c’est mal indiqué, merde à la fin… Et oui, je n’avais pas trop regardé non plus, re merde à la fin !).

Sms à Madame et départ pour retrouver les punks avec la satisfaction du dénivelé accompli et de quelques kilomètres dans les jambes sans trop de douleurs hormis le pied…

La semaine suivante est semblable à la première : excès de nourriture en tout genre, sucré ou gras sans distinction, pas assez d’entrainement, très peu de sommeil (trop de sommeil tue le sommeil, mais pas assez de sommeil tue aussi…) et me voilà fin prêt pour le départ, vendredi, pour Grindelwald !

Pour bien remettre les choses en perspective, petit rappel des chiffres et des faits !

Le Père ayant été blessé, il a demandé aux gentils organisateurs de le passer dans la course pour enfants, au lieu de faire la course complète… Donc il y a à ma droite : l’Ultra de l’Eiger, 51km, passage à 2’681m, vue splendide et parcours un peu technique. Face à lui, mesdames et messieurs, à ma gauche donc : Le Père… 25’000m de dénivelé de moins que l’année dernière, 300km de pas assez, 2 séances de fractionné cette année (au lieu de 2 par semaine), 102kg, toujours 2.01m et un pied qui pique un peu…

Pour récupérer le dossard, il faut montrer son sac, avec les objets obligatoires… Oui, je comprends la raison qui leur fait exiger un certain matériel, mais la météo annonce grand beau, je ne pars pas sur le grand, le plus froid que nous allons avoir sera entre 12-15 degrés au-dessus de 0, malgré ça, le germanique (obtus et peu amène) me fait retourner à l’hôtel pour que je puisse lui montrer mon pantalon…

Fin connaisseur de la culture suisse allemande, Le Père renonce – malgré une puissante envie ! – à lui mettre son bâton, son sac et sa main sur la tronche… Récupération du dossard, installation à l’hôtel et préparation du sac pour le lendemain. Le Père mange et se couche trop tard, toujours difficile de dormir la veille d’une course !

Le départ arrive, nous montons et Le Père souffre mais n’est pas si mal que ça… Les kilomètres s’enchaînent et les rencontres. Je passe plus de la moitié de la course avec des Canadiens !? Arrive la plus grande montée, pour atteindre le faulhorn, point culminant et ravitaillement d’où la vue imprenable est un bon moment… Le Père en bave grave, se fait doubler par tout le monde, dont une tortue et un pangolin malade. Manque de dénivelé ? D’entraînement ? De sommeil ? Mauvaise alimentation ? Probablement un peu de tout ça mais ça ne l’aide pas sur le moment !

Heureusement, après la nuit le jour, après la montée, ça descend ! Bon, les premiers sont déjà arrivés depuis longtemps, Le Père bombarde et redouble beaucoup de ceux qui l’avaient lâchement dépassé durant un moment de faiblesse dans la montée.

Le petit souci est que la descente… descend ! Donc le poids du corps appuie beaucoup plus sur l’avant de la chaussure, spécialement les lacets, spécialement là où Le Père est un tantinet blessé… Le Père, comme tout stratège raisonnable et responsable, se dit : rien à foutre, je fonce, on verra après si c’est une entorse !

Ca pique, mais les sensations ne sont pas trop mauvaises… jusqu’au bas de la pente… à quelques kilomètres de l’arrivée, après le dernier ravito, il ne reste plus beaucoup de kilomètres. C’est juste du plat montant ou descendant avec une grande montée qui pique à quelques mètres de l’arrivée ! Le Père serre les dents et jure tout naturellement, se promettant de ne plus courir, s’il était fait pour ça il aurait fini depuis longtemps, merde encore une fois !

En parlant de temps… Il regarde sa montre et se lance dans de savants calculs… S’il se bouge son gros derrière et ce qui va avec, il devrait pouvoir franchir l’arrivée avant les 10h de course… Bon, on serre les dents encore un peu et on avance. Dernière montée, entrée dans Grindelwald sous les acclamations du public (ambiance de folie dans la rue principale !) et course avec accélération à la fin !

Contrairement à toi, futur jeune père, Le Père n’a pas spécialement pour fantasme de se faire fouetter le derrière au martinet à clous, attaché sur une planche à clous elle aussi, par Hilge (allemande à moustache, 1.90m, 108kg, capable de briser 2 vertèbres entre ses mains de camionneuse)… Après avoir repris son souffle à défaut de ses esprits, il décide d’ôter ses chaussures pour rentrer à l’hôtel en chaussettes… Compte tenu de la démarche de certains (et ce ne sont pas forcément ceux qui ont couru les 101km…), personne n’y prête trop attention !

Nouvelle nuit de plus de huit heures de sommeil ! Ok, ça ne se fait jamais en une fois, mais c’est quand même incroyable ! Dire qu’il y a des gens qui dorment autant chaque nuit ! Ils ne doivent vraiment pas apprécier ça autant que Le Père !

Le retour est plus calme. Le Père a compris que l’entorse n° 19 n’en est pas une, et sait qu’il doit aller voir une saleté de vétérinaire pour savoir la suite à donner à cette douleur… Surtout pour savoir s’il va pouvoir aller à l’Ultraks et continuer à donner des coups de pied au c.. des punks !

La permanence de Nyon reçoit Le Père sans égard, ni fleurs, ni fanfare, le 31 juillet… Il a appelé et y va pour faire une radio, vu que la permanence est ouverte ce jour où il a congé… Il rencontre le doc qui… lui fait prendre rendez-vous pour une radio !?!?!?! Note pour plus tard, aller dissimuler un orignal décédé dans un placard pour les incommoder avec l’odeur !

Quelques jours plus tard, après avoir attendu 34 minutes le trouduc de radiologue, il pratique une échographie, probablement pour facturer plus et ruiner ma caisse maladie… Avant de dire en regardant l’écran l’air penseur : oui, c’est pas une entorse… Vous voyez, c’est là que le tendon a arraché l’os ! On va faire une radio pour confirmer…

Le Père ne se met pas à le frapper en hurlant : je vous ai appelé il y a une semaine en vous demandant une radio pour confirmer et vous m’avez fait perdre une semaine pour rien et payé une blinde !? Le tout agrémenté de moultes quolibets et insultes graphiques et crades !

Je dis à Roberto (sais pas son prénom !?) :

          Donc il ne faut plus courir ?!

          Non, tu pouvez courir, ma s’est pas faut faire entorse sourtou !

          Ok, donc pas d’entorse, mais sinon je peux courir ?

          Si, enfin oui !

Donc il n’y a rien à faire, j’ai juste payé très cher pour qu’on me confirme ce que je pensais ! J’exagère, ils m’ont confirmé qu’il n’y avait pas de déplacement, donc de complication… Et après presque un mois, ça s’est déjà calcifié un peu, donc heureusement sinon il aurait fallu casser l’os pour le remettre en place !

Les pages filent telles les baskets du Père dans la pampa vaudoise à la nuit tombée… Je vais déjà devoir te laisser, lecteur avide et impatient, mais ne t’éloigne pas trop du Père en pensées : lui n’est jamais très loin et il reviendra bientôt avec de nouvelles aventures !

Reposez-vous, le weekend est bientôt là et il ne va pas faire très beau : les punks vont être enfermés à l’intérieur !