Amis des boutons et des virus, bonsoir !

Le Père et 5 punks sont à table… Numéro 1 et 2 se cherchent, numéro 4 renifle bruyamment, numéro 3 ricane grassement aux pitreries de numéro 5, qui parvient à mettre environ 3% de son riz dans sa bouche, réservant le reste pour : ses cheveux, son pull, son pantalon, sa chaise, son doudou, sous la table et un peu partout dans le salon ainsi que quelques grains dans la couche, comme il se doit… J’ai dit que nous étions à table, pas que Le Père mangeait !

Quand tu as 4 punks et plus, ton repas consiste à servir tout le monde, couper dans les assiettes des plus petits, faire les gros yeux à numéro 1, 2, 3 et 4 qui gloussent et ricanent en essayant de trouver un nouveau sujet justifiant de se mettre gaiement sur la tronche parmi, re-servir les premiers, sauf numéro 1 qui traîne et cause au lieu de manger, éponger l’eau du verre renversé par numéro 5, menacer numéro 3, l’envoyer sur l’escalier réfléchir, hurler, aller chercher la suite du menu, rappeler à l’ordre numéro 2, rasseoir 28 fois numéro 5, verser une larme en voyant numéro 5 tremper avec amour ses frites de la veille (avec reste de Ketchup et mayonnaise séchés, c’est meilleur !) dans son eau gazeuse, bramer au deuxième verre renversé… Enfin, si par hasard tu avais des velléités de manger, malgré le spectacle désolant de l’échec cuisant de tes faiblardes tentatives d’éducation, le temps et le comportement des punks t’en empêchent !

Les vacances sont finies, numéro 4 recommence à tousser, se prépare probablement pour une nouvelle crise pour égayer la platitude de nos nuits sans histoire, l’école a heureusement repris… La bosse de numéro 5 diminue un peu de taille, son bleu sous l’œil s’estompe, comme les boutons qui finissent de sécher sur lui et son aîné… Tu veux vraiment parler de vacances, futur père innocent et jovial ?!

Les punks ont donc fini la semaine ante vacanciem (oui, ce n’est pas du latin, lecteur cultivé et pédant, mais néologismer sur une langue morte me semblait sympa et ça fait culturé de latiner de temps à autre… De plus, comme dit le grand philosophe Ribéri : c’est moi que j’lis qu’est-ce que j’écris et j’uis assez d’accord avec qu’est-ce que c’est ke je dis !) sur les rotules (pas les leurs, lecteur dévoué et attentionné, ça ne m’aurait pas atteint autant, non, les miennes !) : pénibles, fatigués, tendus, bruyants. Nous sommes contents que junior ait échappé aux détresses respiratoires et impatients d’en caser 1-2 chez les grands-parents… Je sais c’est fourbe, mais ils n’avaient qu’à pas faire de mômes, merde à la fin, faut assumer !

Donc le “grands-parents tour” commence, par 1 ou 2 ils partent chez l’un ou l’autre et font plein de choses ! Dès le début des vacances, numéro 5 commence à se couvrir de bouton… Nous nous réjouissons qu’il chope enfin la varicelle : il pourra la filer à numéro 4 qui ne l’a pas encore faite et est déjà sain, dénué de toute maladie ou infection, depuis au moins 48h !

A ce stade, je tiens à faire une petite clarification fort utile… Le Père a déjà fait la varicelle, ainsi que Madame et numéros 1, 2 et 3… La varicelle existe depuis des années, des dizaines d’années, que dis-je, des siècles… je crois qu’elle figure même sur la paroi d’une grotte sur un homo quelque chose, sale, vêtu de peau et couvert de boutons rouges. Or, si cette maladie est si connue, depuis si longtemps, et touche autant de monde… Pourquoi on ne peut rien faire de simple et efficace pour que cela se passe bien, sans avoir à badigeonner junior de la tête au pied avec un produit à la con !?!?

Le Père passe dans une pharmacie pour acheter une mousse (remplaçante du célèbre badigeon !) et des gouttes qui ne servent pas à grand-chose, mais laisse faussement penser à junior qu’il aura moins mal ou qu’on fait autre chose qu’attendre que la varicelle passe… Je me fais la réflexion que mon amour immodéré pour la médecine et ma confiance aveugle en ses effets et capacités datent probablement de cette période de ma jeunesse… Non, saleté d’humoriste troglodyte au goût douteux, je n’étais pas en noir et blanc à l’époque et mes boutons avaient la couleur que la main que je vais te coller sur la tronche si tu persévères dans l’irrévérence !

Après avoir dépensé, assez inutilement force m’est de le constater, l’équivalent du PIB annuel d’un petit pays africain, il faut passer à la seconde étape… L’application !

Théorie : (voix de dinde, un peu accélérée, ou doublage pourrave d’une alémanique blonde à l’accent teuton peu attrayant) disposer une petite quantité de produit dans vos mains et appliquez sur les boutons en tamponnant, mais sans frotter ; éviter les bains, préférez les douches ; éviter de sécher en frottant, tamponnez avec le linge ; privilégiez l’eau pas trop chaude ; répétez l’application 3 fois par jour…

J’enlève la couche de no 5, qui a le bon goût de ne pas m’uriner dessus, et commence à sortir le médoc… No 5 est occupé à se tirer sur la bestiole et ne fait pas trop attention à moi, allongé sur la table à langer. Le Père commence laborieusement à couvrir chaque bouton de mousse… A la fin du premier côté, la mousse est plus ou moins en train de couler sur junior, qui se désintéresse de sa bestiole pour commencer à râler, s’agiter, mettre de la mousse sur la table… Le Père a déjà de la mousse sur son polo, pantalon et sur la joue…

Là, 3 possibilités :

  1. Tu attends que ça sèche, no5 a froid, hurle et tombe malade, mais d’une autre maladie, c’est la daube et tu repars pour une semaine de plus ! (A moins que ce ne soit comme les tranches de pizza qui s’annulent quand tu les superposes : deux maladies s’annulent sur le principe du moins par moins ça fait plus ?!)
  2. Tu le retournes sans attendre, ça ne l’amuse plus, il se débat et tu finis avec autant de mousse sur les habits que dans une soirée mousse de ta jeunesse au Macumba, sans les pétasses à franges, la musique vintage et le concours de tee-shirt mouillé (si, je sais que beaucoup de mes lecteurs y sont allés… J’ai des photos, attention !).
  3. Equipé et prévoyant, comme tout père de familles nombreuses, tu as un crochet au plafond de ta salle de bain et suspens junior par un pied ou un bras et l’asperges de mousse, avant de le laisser sécher 10’. Tu as au préalable poussé le chauffage de la salle de bain : nous ne sommes pas des bêtes tout de même ! Note pour le père bricoleur qui serait, et c’est tout naturel, séduit par cette approche pragmatique et innovante : prévoir une bonne isolation phonique pour la pièce et des boules quiès pour la durée de l’intervention…

A ce stade, tu l’as bien compris, futur jeune père naïf et confiant en la médecine : c’est chaque homme dans sa nuit, après Le Père, le déluge et la panosse, après l’apéro le printemps et Dieu pour tous ! En gros : ni la science, ni la pharmacopée, ni ta famille, ni encore moins ta belle-famille ne t’aideront !

En résumé : dix jours durant lesquels numéro 5, puis numéro 4, se transforment en amanite tue-mouches : rouge à points blancs (grâce au badigeon), couinant passablement (ça gratte et, comme ils n’obéissent pas au Père et grattent, ça pique…). Les nuits sont sympas aussi, tu en arrives à te dire qu’il vaut mieux lire à côté de la porte de junior plutôt que de redescendre et monter 29 fois… Quoi que, à forte dose, ça peut t’entraîner un peu pour le dénivelé plus tard !?

A la fin des vacances, c’est la double délivrance ! Numéro 4 et 5 sont quasiment guéris et les 4 grands vont reprendre l’école… Plus qu’un qui n’a pas fait la varicelle !

A ce stade, mes rares lectrices (que je salue malgré tout !) sont soulagées, pensent que je suis rentré – enfin ! – dans le droit chemin, le politiquement correct et que j’ai acheté un tee-shirt En Marche dédicacé par Macron… Eheheheheheh !

Ok, j’ai été occupé, mais je n’ai pas oublié !!! Non, jeune père, tu n’as pas pu ne pas remarquer !? Pas un mot sur le 8 mars !!!!

Pour faire plaisir à Madame et pour améliorer ma cote de popularité auprès des féministes de tous bords (pour éviter de vexer mes lectrices allemandes ou celles qui se laissent aller, j’ai déjà fait un effort et éviter la mention : de tous poils, tu vois, lectrice critique, je fais de gros efforts !) … Je vais vous parler de la journée de la femme !

Un petit peu d’histoire : il existe 459 journées répertoriées… Ca c’est juste pour celles qui pensaient que ça faisait d’elles des personnes spéciales. On peut se poser la question, d’ailleurs, si sur une année qui comporte, bon an mal an, 365 jours, il est vraiment malin d’avoir 459 journées différentes, mais là n’est pas le débat ! Ne t’égare pas, futur père matheux, oisif et frivole !

Y a de tout, hein, pas que des maladies, je ne vais pas dire du mal… Morceaux choisis : 13 janvier, journée mondiale sans pantalon, 19 janvier journée du pop corn, 2 février journée des Zones humides (no comment), la journée des Lépreux, de l’Europe (vous voyez que c’est aussi une maladie !!!), du lupus, du vitiligo (!?), des fonctionnaires, de la fin du spécisme… Bon j’arrête, on va croire que je me moque…

Non, c’est bien d’avoir sa journée… Ca me fait penser au premier mai, fête du travail où on ne bosse pas ! Pour fêter ça, Le Père laisse Madame tranquille faire la fête toute seule à la maison avec les punks… En même temps, si je m’occupe de tout (comme d’habitude), à chaque fête, on voit bien que ce n’est pas tenable avec 459 fêtes par an ! En plus elle a déjà son anniversaire en mars et Noël une fois par an, faut pas qu’elle ait trop de temps libre, elle risque s’ennuyer !

Petite remarque drôle : cette journée est dédiée à l’égalité homme-femme… Il y a une journée de l’homme (pas fêtée) et une journée des droits de l’homme (là ce n’est pas l’homme, le mâle, mais l’être humain donc ça ne compte pas !)… Donc un droit que les femmes ont en plus des hommes… Faudrait que je débatte avec une féministe, pour le plaisir du débat à la présidentielle française : finissant en insulte ou pugilat !

Dormez, la semaine est encore longue et la chaleur pèse !