Amis de la quiétude et de la musique classique, bonsoir !

Le Père est un globetrotter aguerri que rien n’effraie… A peine rentré de Monaco, en dépit du décalage horaire éprouvant entre Nice et Genève et des conditions affreuses du trajet, il repart pour la Côte d’Ivoire. Ni la chaleur, ni les moustiques ne le freinent, c’est un roc, un cap, que dis-je c’est une péninsule ! De retour de ce périple africain (avec 4h de retard, grâce à la nullité crasse de Royal Air Maroc), et un passage chez belle-maman pour fêter des anniversaires, le voilà reparti, au péril de sa vie, sur les routes helvétiques !

Enfin sur les rails… ou plutôt, dans le train où il complète ses 3 heures de sommeil, en bavant contre la vitre dans un tonnerre de ronflement, avec une bulle dans le nez… La classe ne se perd pas, quel que soit l’âge; numéro 6, champion européen de l’émission fort bruyante de méthane, serait fier de son paternel !

D’aucuns prétendent que Le Père essaie ainsi de fuir ses obligations familiales, mais que nenni ! Le Père est un pragmatique, tel l’homme des montagnes qu’il est… Lorsque, dans un très proche futur, les ventes de son livre « les Chroniques du Père Indigne, En route pour la gloire, Tome 1 » lui permettront de s’extirper d’une pauvreté crasse, peut-être cessera-t-il de parcourir le globe, allant même jusqu’en Suisse allemande, au péril de sa vie (et malgré une langue particulièrement inhospitalière) …

Mais revenons là où je t’avais laissé, lecteur fidèle et malheureusement un tantinet délaissé – je te prie de m’en excuser platement !

Il va sans dire que Le Père a géré comme un chef ou une super nanny british (en moins moche, sans les oreilles décollées et les dents en vrac…) formée chez les commandos… La maison, au retour de Madame, n’est que paix, quiétude, chuchotements et musique classique… Tout est rangé et il se dégage de notre logis harmonieux une douce odeur de propre…

Ou presque…

Plus de chaussettes accrochées aux murs, ni de sous-vêtements de punks en état de décomposition avancée dans les escaliers… Mais un tas de linge sale qui pourrait tenir un atelier de Philippins clandestins pendant 2 ans. Plus ou moins encore des choses à manger dans le frigo et surtout dans les réserves (les punks en sont à 3-4 jours de pâtes matin, midi et soir !)… La cuisine est propre et rangée, on se croirait dans une maison normale… Enfin, une maison avec 1-2 enfants et une femme de ménage, vision idyllique !

Bref, Madame rentre de la mat avec numéro 6 et la vie poursuit son long fleuve tranquille…

Ehehehehehe !!!! Je rigole bien entendu…

Numéro 5 a fini par accepter de rester dans son lit (sans être attaché ou enfermé à clé, Madame étant sentimentale et moins pragmatique que Le Père)… Mais prend un malin plaisir à réveiller sa grande sœur, sa mère et – bien pire ! – Le Père tôt le matin. Le Père gère sans cris et sans heurt la routine des premiers jours sans envies de meurtre, même quand numéro 4 ou 5 débarque à 5h du mat… Non, ce n’est pas louable, c’est juste qu’il est trop fatigué pour attraper une arme ou viser ! Il jure néanmoins de se rattraper au moment de l’adolescence…

Madame profite du retour à la normale et de la maigre excuse de l’allaitement pour se laisser aller à l’oisiveté la plus vile, contraignant Le Père, seule personne réellement responsable du foyer, à terminer ses journées par du rangement, de la vaisselle et un lave-vaisselle… Et donc à se coucher tard, très tard, très, très, très tard !

Il va sans dire que courir, quand on n’a pas dormi plus de 8h sur les 2 ou 3 dernières nuits (non, pas 8h par nuit, lecteur jovial et innocent, 8h pour 2 ou 3 nuits) n’est pas la première chose qui te vient à l’esprit, surtout s’il faut recoucher numéro 5 jusqu’à 21h-21h30… D’ailleurs la dernière nuit à plus de 8h du Père remonte à l’année 2016 et il n’est pas sûr de la date… Donc Le Père se consacre à se bâfrer et se faire pousser le bide à la place de courir, par dépit ou pour le moins pour compenser et noie ses frustrations dans le coca zéro…

Parfois, il trouve tout de même le courage et l’énergie pour bouger son gros c… enfin son postérieur gracile et musclé, mais les kilomètres ne viennent pas, ou très difficilement.

Un soir de pluie, soir tout pourri comme on les déteste, ce soir-là, il parcourt une des boucles habituelles de la région… Ce n’est pas très long, pas spécialement pentu, mais il est fatigué, a ressorti ses vieilles chaussures… il va doucement… partant dans la nuit (à 21h45) froide, la pluie et le vent… la sortie de rêve quoi !?

A 6km du logis familial, il ressent une douleur dans le mollet gauche… Bon, Le Père a 6 punks à gérer, a couru 3 Ultraks, il mange 4 navy seals au petit déjeuner et écrase des terroristes entre ses pectoraux, il décide de ne pas se laisser distraire par une simple douleurette à 2 boules…

Il marche 500m, après avoir essayé de poursuivre, se disant qu’ainsi il n’aggravera pas ce qu’il peut avoir, léger ou non, au mollet. C’est marrant cette capacité qu’on a à rationaliser ou justifier l’inactivité ou l’oisiveté quand on est seul et qu’on a pas envie…

Le retour à pied, à plus de 22h, sous une pluie toujours assez soutenue, est long… Je croise les employés des CFF qui travaillent de nuit et doivent se demander quel est le con qui sort par un temps pareil se balader à la frontale en tenue de sport ridicule… Je ne peux leur en tenir rigueur !

Une fois à la maison, je constate que la douleur est bien là, surtout quand le mollet a pris le temps de refroidir (pendant 5km de marche…). Mon physio va pouvoir encore changer de voiture ou se faire les dents en or dont il rêve depuis tout jeune, ça sent le truc pourri !

Heureusement, bien qu’ayant 6 enfants, il y a des spécialités et des drôleries qui sont récurrentes… Ainsi, un soir, vers minuit, nous entendons numéro 4 tousser… Sa toux nous alerte tout de suite, surtout qu’il se met à pleurer et que nous connaissons le phénomène ! Nous montons en courant, enfin Madame court, Le Père boitille dignement, le mettre dans notre salle de bain et faisons couler l’eau pour ajouter de l’humidité… Junior respire très mal, a les narines qui papillonnent et la cage thoracique qui se creuse : ça pue la détresse respiratoire !

Algifor et eau finissent par le calmer un peu… Nous le re-couchons, mais je ne suis pas à l’aise : corticoïde prêt et résigné à partir à l’hôpital si ça ne passe pas rapidos, je monte l’écouter dormir tous les quarts d’heure… Je finis par aller me coucher à 3h. Il dort et ne tousse plus et le souffle semble plus aisé. Fausse alerte !

Numéro 5 s’est rapproché de son papa avec l’arrivée de numéro 6… Ce n’est pas très perceptible, mais tout de même. Il profite aussi des absences paternelles et de l’allaitement pour se lancer dans une large palette de conneries diverses et variées, illustrant si besoin la créativité familiale et l’esprit taquin… Pas facile de trouver sa place dans une si grande fratrie ! Les nerfs de Madame souffrent, il multiplie les bosses et bobos, apprentissage traditionnel.

Il attrape un rhume et là, c’est le drame : diarrhées nasales, puis toux pendant la nuit, fatigue et autres drôleries. Un remède de grand-mère, auquel Le Père n’aurait jamais cru (le remède, lecteur distrait, pas la grand-mère !!!! Reste concentré que diable !) nous sauve la vie : oignon coupé en morceau dans la chambre, les nuits se passent sans trop de heurts… Numéro 4 ne tousse plus, lui, c’est donc une surprise quand, après que Madame est lâchement allée se coucher, je l’entends à nouveau en crise respiratoire et toux…

Le Père est aguerri, mais devient assez rapidement inquiet quand les deux premières étapes ne changent pas son état… On passe aux corticoïdes et Le Père se prépare psychologiquement à devoir partir pour l’hôpital de Nyon, qu’il n’a pas revu depuis assez longtemps, il faut reconnaître ! Il passe faire un sitrep (situation report) à Madame qui essaie de grommeler quelque chose du fond du lit… Elle sait que s’il doit partir elle devra prendre le relais…

Une nouvelle fois, junior finit par se calmer et dort… Le Père doit le surveiller une partie de la nuit et se couche à point d’heure. Il est donc passablement surpris quand numéro 4 débarque dans son lit à 6h… Il se rendort, Le Père pas vraiment… Les autres partent à l’école et numéro 4 veut y aller aussi. Le Père le laisse partir, ce n’est pas tous les jours qu’un punk est motivé à aller à l’école. Le pédiatre nous annonce que c’était une erreur, la crise pouvant revenir ! Puisque numéro 4 a congé l’après-midi et le lendemain, il va avoir le temps de se remettre.

La semaine touchant à sa fin, les punks sont crevés, mais heureusement, les vacances approchent… Des grands-parents s’étant manifestés pour prendre quelques punks quelques jours, les journées de la madame seront un peu plus simples !

Dormez, la semaine est encore longue et le récit des vacances va suivre… ou pas !