Amis de la nuit et des moufles, bonsoir !

Après une brève prise médicamenteuse, le Père se remet presque aussi vite que les punks de sa semaine de diète/régime accéléré, illustrant si besoin était la célèbre maxime glaronnaise « anima sana in corpore sano » : une âme tordue dans un corps de fouine malingre et chétif mais résistant comme un sabot de mouflon valaisan…

Oui, le Glaronnais adore le latin, c’est de notoriété publique, autant que le politicien aime être réélu et l’étudiant tessinois les soirées, bourré comme une huître, qui finissent dans le vomi… Sauf que le Glaronnais a d’autres raisons d’être que la locution et le bon mot, contrairement au politicien ou à l’étudiant, c’est la raison pour laquelle on en parle si peu !

Tu es donc le plus heureux des fans, petit veinard, tu vas encore pouvoir lire les affres de la vie du Père Indigne quelque temps ! Youpi ! Attention tout de même de ne pas trop déborder d’enthousiasme ou te répandre en effusion et autres manifestations sentimentales déplacées : restons dignes que diable, Le Père est une star, mais doté d’une modestie de compétition !

Après Morat-Fribourg et les vacances, l’école est revenue nous débarrasser des punks une partie de la journée… Madame a repris un remplacement, à Nyon, et c’est donc souvent le Père qui gère – avec brio, est-il besoin de le préciser ! – les punks pour certains repas… En même temps, Madame est là tous les soirs et certains matins, ils ont donc 1-2 vrais repas chaque jour…

Je rigole, ils ont même été des fois à l’heure à l’école !

Un week-end, pour contenter tout le monde, le Père part avec 1, 2, 3 et 4 rejoindre ses parents en Valais (enfin… presque) aux bains de Lavey… Je suis prêt pour une période tendue, surtout que j’ai dit à la Reine Mère que je préférais éviter le repas de midi, n’ayant pas la patience, en raison de mes enfants trop nombreux et mal élevés couplés à mon père qui ne supporte rien… Mon père me fait une remarque, mais presque en forme d’aveu, nous rentrons dans la piscine sans accrochage ou tacle majeur.

L’eau est très chaude, les punks sont aux anges, il faut les surveiller et essayer de ménager ma mère qui n’est pas au mieux depuis sa seconde opération du dos. Ca trempe et profite des virus et autres mycoses locales. Nous avons équipé les 2 plus jeunes de brassards, histoire de ne pas avoir besoin d’aller les chercher au fond du bassin et pour gagner du temps : on les retrouve plus facilement en surface et les brassards sont de couleur pétante !

Nous douchons quelques punks et rhabillons tout le monde. Gaufres – budget de deux pays du Sahel – bisous aux grands-parents, presque sans avoir à menacer les punks, et nous repartons.

Plusieurs punks profitent lâchement du trajet de retour pour dormir… Tu pourrais trouver ça mignon, si tu n’avais pas d’enfant, mais ton expérience ou tes gènes te font tout de suite comprendre que ça va masser sa race à un moment ou à un autre !

Enfant qui dort en voiture, enfant qui ne dort pas le soir, comme disent les moines Bonzes (les petits chauves en poncho orange qui font du karaté chez les Chinois…).

Lorsque numéro 3 demande à aller se coucher, le lendemain soir, suivi par numéro 4, Le Père réalise tout de suite qu’il y a couille sous roche ! Ok, ils ont mal dormi et le premier jour de classe fait mal, mais je n’y crois pas, ça cache quelque chose ! Lendemain matin, numéro 3 part à l’école, rien à signaler…

Retour de l’école, numéro 3 est bouillant, amorphe, allongé sur le canapé… Bon, je ne vais pas te mentir, sympathique futur père de famille nombreuse, à ce stade, tu sais déjà comment ça va finir : 2 à 5 malades, des conditions sanitaires critiques, dignes d’un home pour personnes âgées en période de grippe ou de canicule, probablement les adultes qui morflent 3 fois plus… Le Père se réjouit !

Numéro 3 pleure car il ne peut pas manger et parle peu du fait des douleurs dans la bouche… Il fait peine à voir et je le couche vite.

Madame est de sortie, mardi soir ! Oui, Le Père est d’une bonté et d’un progressisme à faire rougir les gauchistes français ! Donc Madame est dehors, Le Père envisage de se vautrer sur le canapé, regardant un film d’auteur (L’arme Fatale 3 ou Inglourious Basterds) avec une bière et des chips, en se grattant les parties basses…

Enfin ça, ce sera quand il aura : fini la pâte pour le pain de demain matin (et cuit le susmentionné pain), vidé et rerempli le lave-vaisselle, rangé une pile de daube qui décore l’îlot le faisant ressembler à une miniature d’un bidonville après bombardement, fait les paiements pour le mois (en cours ou passé, ne soit pas si guindé et formel, futur père !) et recouché et/ou insulté copieusement les punks qui ne dorment toujours pas, merde à la fin !

Rien qu’à l’énoncé, ça sent la soirée bien moisie, comme une croûte d’époisses abandonnée depuis 6 mois au soleil ! Et effectivement…

Numéro 5 pleure. Je monte naïvement pour voir… Il est bouillant… Et se vomit dessus… Pas de gastro, mais quand junior pleure ou renifle, il aime te faire participer à son bonheur en pleurant et vomissant. Tu ne peux pas comprendre, jeune lecteur égoïste, toi tu gardes tes sensations et émotions pour toi… Lui partage, c’est mieux, c’est convivial !

Message à Madame et je commence les exercices escaliers… Monter et descendre 12 fois par demi-heure, en essayant de continuer à faire tout ce que je devais faire sans ça. Junior ne comprend pas, comme les autres enfants d’ailleurs, que le monde ne tourne pas uniquement autour de lui et que je peux avoir autre chose à faire que d’aller le voir et le rassurer…

Quand Madame rentre, je n’ai toujours pas pu me coucher, malgré la fatigue, et continue à aller voir junior régulièrement jusqu’à 4h du matin, heure à laquelle je lui dis que je n’en peux plus et qu’il va se débrouiller tout seul quelques heures ! Je suis content, j’avais dit que j’allais me coucher à 22h45…

Le punk est joueur et titille le pédiatre depuis une décennie déjà ! Il a donc mis en place tout ce qu’il faut pour continuer à enrichir notre voisin et néanmoins pédiatre, tout en s’acharnant sur le maigre portefeuille du Père ! Je pense qu’il se fait bâtir tout au moins un château en Dordogne ou dans la Loire, pour que sa nouvelle richesse ne fasse pas trop mal au Père…

Après 3 jours de fièvre, visite en groupe chez le pédiatre pour 3 et 5. Les punks ont encore réussi un exploit : angine à streptocoques et staphylocoques, numéro 3, qui voulait faire mieux que les autres, ajoute aussi une stomatite aphteuse (les douleurs dans la bouche) et gingivite…

Numéro 4 commence la fièvre le lendemain et nous atteignons le seuil épidémie : 60 % des punks sont malades, il a fallu changer 2 fois numéro 5 et nous n’avons pas trop dormi… Tu noteras qu’il a attendu que Madame soit déjà allée chez le pédiatre et que l’on soit le weekend pour commencer à être malade, histoire de voir comment on allait réagir…

Madame passe par un médecin de garde… Pour rien ! Le médecin de garde, qui a normalement l’efficacité conjointe du marabout et d’un magazine de gonzesse (donc aucune utilité pour la première partie et des conseils à la con pour la seconde) fait le test pour les strepto, mais cela ne donne rien, car c’est trop tôt…

Quand tu sais ce que c’est à cause des deux autres et qu’ils sont tous les deux sous antibios, ça fatigue un peu, surtout au prix qu’on paie, de devoir attendre un jour de plus pour le mettre, lui aussi, sous les mêmes antibios, merde à la fin !

Le Père n’est donc pas mécontent d’aller risquer sa vie, une nouvelle fois, en prenant un vol bon marché pour l’Afrique pour échapper, lâchement certes, aux miasmes et râlements de punks.

De retour samedi, après une nuit de vols et d’attente interminable dans des aéroports pouilleux et 2h de mauvais sommeil, pour l’anniversaire de numéro 3, remis pour le moment de ses microbes et virus. Je suis content de profiter quelque temps de la présence du parrain de numéro 3 et de sa famille, parrain qui est aussi mon témoin de mariage et un très bon copain, accessoirement.

Pas de repos pour les braves : le lendemain ma belle-mère fête son anniversaire et nous sommes invités…

Une pièce est prévue pour les punks, dans une salle sise dans la pampa Broyeuse, car il y a des enfants en plus des nôtres, et ils disparaissent assez vite pour aller jouer…

Comme pas grand monde ne s’occupe d’eux, je jette de temps à autre un coup d’œil aux punks et donc mange à peine et passe mon temps à les surveiller… J’y suis contraint car, comme d’habitude, une salle a été prévue pour les punks avec l’arrière-pensée que, ainsi, ils seront calmes et joueront en écoutant de la musique classique ou du folklore moldave…

Beau-papa n’est pas très content quand 3 et 4 rentrent avec bottes et boue de leur visite à la place de jeux adjacente… Je branche un lecteur de DVD portatif pour qu’ils ne s’ennuient pas comme des ragondins décédés, puisque personne ne joue avec eux et qu’ils ne savent pas jouer ensemble… Enfin, pas sans lancer numéro 4, hurler, salir, casser ou se blesser…

La prochaine fois, je laisse Madame y aller toute seule et emmène les punks au ciné, au moins je peux essayer de roupiller un peu, ou pour le moins rester tranquille presque 2h ! Si j’avais fait des enfants pour m’en occuper, ça se saurait et personne ne s’occupe jamais des enfants dans ces cas-là, de toute façon !

La semaine reprend tranquillement… mais avant de repartir courir, la frontale au vent, dans la nuit froide et menaçante, repose-toi, hardi lecteur et jeune père innocent, car la vie de père de famille nombreuse te réserve encore moultes épreuves !

Geluk

Semaine de vacances de Noël avec des activités pour les punks : sport : à Urbakids, à Orbe, partenaire de Madame, pour les laisser courir, sauter, grimper et transpirer, culture : cinéma pour les 4 grands qui voient Vaiana à Nyon, re sport : balade de plus d’une heure dans la région (on ne sent plus les extrémités à la fin tellement ça caille, les 3/5ème des punks font la tête, le Père est gonflé, normal quoi !)…

Les vacances, c’est aussi le moment où les grands-parents en prennent parfois 1 ou 2… Un décès parmi les proches de mes parents font tomber à l’eau une opportunité de se débarrasser de punks… Le karma est vraiment contre nous !

Nous retrouvons mes parents, à la place, une nouvelle fois aux bains de Lavey. Eau chaude, champignons, verrues et dépense d’énergie au programme. Ça finit naturellement par des gaufres pour les punks (et le Père… Il faut quand même qu’il y ait quelques bénéfices à être le plus vieux !) à un prix qui me fait penser que le cuistot fait pousser le blé sur son balcon et l’écrase à la main pour faire de la farine bio… sachant que l’huile et le sucre (le peu qu’il en met le radin !) ne doivent pas non plus coûter une blinde !

Pour débuter le dernier weekend des vacances des punks, rien de tel qu’un peu de repos avant de reprendre l’école… Les punks sont presque tous guéris de la gastro… Oubliée l’angine à streptocoques et le staphylocoque de numéro 3, 4 et 5, les punks sont (enfin) en pleine forme !

Nous sommes délestés de numéro 1 et 2, par la grâce des grands-parents… Les vraies vacances débutent !

Eheheheheeeeeeeeeeee !!!

Je rigolais naturellement ! Tu l’auras compris, jeune père, c’est comme quand tu regardais l’Agence Tous Risques (ne fais pas le malin, jeune père malingre et chétif, bien que sympathique, même si tu n’étais pas né, tu devrais connaître, c’est de la culture avec un grand K !)… le plan ne se déroule jamais sans accrocs !!!

Le soir, nous constatons avec plaisir et bonheur que numéro 5 tape les 38C… En fin de soirée, il a atteint 39,4C d’un côté, 38,9C de l’autre… C’est vrai que ça faisait plus d’une semaine qu’il n’avait pas été malade ! La nuit et le weekend s’annoncent joyeux !

Tel l’amateur d’art moderne contemplant l’éclaboussure de vomi sur le mur en pensant qu’il s’agit de quelque performance de Moldévich ou le vomitophile moyen, tu te réjouis déjà de ce qui va venir et… tu as raison !

Le Père sort affronter le froid et la nuit à la frontale, la basket fugace et le morale haut… Je me dis que s’ils sont effectivement en train de tomber malades, mieux vaut prendre de l’avance dans mes sorties nocturnes… Rien de mieux que de perdre un orteil à cause du froid, sous une pluie fine et glacée, pour se divertir !

Ce n’est que vers 1h (oui, 13h du mat, en pleine nuit), Madame étant lâchement couchée, que j’entends la porte de numéro 3 s’ouvrir… Il va aux toilettes, avec la légèreté du T-Rex de Jurassic Parc : la télé vibre à l’étage du dessous et des cercles concentriques ondulent à la surface de mon coca zéro…

Je monte bêtement, en boitillant (je suis allé courir, tu te rappelles ?!) pour voir ce qui se passe et entends numéro 3 qui vomit !

Bon, à ce stade, est-il réellement encore nécessaire que je t’explique que, bien qu’aux toilettes, il n’est pas en train de vomir dans les toilettes, que nenni, mais simplement sur le carrelage, au milieu du chemin, devant et sur lui…

Junior a eu la classe d’éviter son lit, mais la présence d’esprit d’en mettre partout sur le palier et dans les toilettes (la pièce, pas la cuvette, te dis-je ! Reste concentré, lecteur avide !) pour m’occuper un peu, sentant que j’allais aller me coucher et étais fatigué… Délicate attention…

Je le nettoie un brin, il est transparent et ne bouge pas trop. Changement de pyj, nettoyage et ramassage de morceaux de vomi, histoire de te faire regretter si besoin était, d’avoir eu des enfants. Passage de serpillière et autre drôlerie sexy et amusante en pleine nuit.

Redescendu pour finir ma salade (c’est là que tu te dis que j’ai vraiment une vie de merde, aussi sexy que celle du Bernard l’Hermite à marée basse, lecteur attentif et à la vie trépidante… mais en fait j’aime la salade, ce n’est même pas un régime… Surtout que je vais finir mon repas par une demi plaque de chocolat, c’est te dire si le Père se soucie de sa ligne, enfin de sa courbe, comme d’une lingette sale (tu sais, le modèle employé pour torcher numéro 5, quand il chante « kikalecacacaki colléaucucu ! ») !), après 12 lavages de mains pour ôter cette délicieuse odeur et éviter les bactéries ou virus divers et variés…

Je profite, une nouvelle fois, de cet épisode culturel et poétique pour avoir une pensée émue – si ! si ! n’ayons pas peur des mots – pour notre sauveur à tous : Foulque-Kevin Sterilium pour son invention qui sauve des milliers de vies chaque jour et aide Le Père dans sa vie quotidienne et son combat contre les épidémies…

Naturellement, je ne finis pas mon film… Je me fais la réflexion que nous ne devons à Jean-Enguerrand Replay, l’inventeur de la fonction d’enregistrement éponyme que l’on trouve sur les box modernes (lui aussi père de famille nombreuse), son invention qu’à sa frustration de ne jamais pouvoir regarder un film ou une émission jusqu’à la fin… Qu’il soit remercié, où qu’il se trouve !

Bruits en haut, je ressors le seau et la serpillière et me tape un étage d’escalier pour la 8’000 fois de la journée, quasiment sans jurer… Je trouve junior sur les toilettes cette fois ! Toujours transparent, pas au top, bâillant et pleurant. Il a la courante et en a marre, voudrait dormir !

Changement de pantalon de pyjama (si, lecteur adoré et attentif, je me souviens bien que tu avais demandé à tout savoir, en détail, de la vie trépidante et glamour d’un père de famille nombreuse…), l’actuel étant décédé, et recouchage de numéro 3. Le Père se couche enfin, à 3h30 du mat, dormir c’est pour les faibles et les vieux !

Bon, les parents les moins naïfs l’ont déjà compris : nous avons un virus – il s’agit naturellement du « nous » royal, tu auras rectifié lecteur cultivé ! – et il est funestement probable que ça parte en vrille très vite…

Effectivement, numéro 5 redécore son lit 2 fois pour se calmer au moment où nous allions devoir devenir créatifs faute de draps… Ca ne sort plus par en haut… mais commence à sortir par en bas !

Alors je te fais grâce des MDDJD (Milieu Du Dos Jambe Droite) et autre NMDD (Nombril Milieu Du Dos), mais tu as l’image générale en tête : une douche par matin, avec junior qui montre du doigt les morceaux qui disparaissent dans le siphon en tremblant…

Inutile d’appeler le SPJ, que je salue, une fois encore pour son excellent travail, il ne tremble pas parce que je le douche à l’eau froide, nous ne sommes pas des bêtes tout de même !

Evidemment, comme tu te fais aussi gicler quand tu laves junior, futur père inexpérimenté, les douches froides ne t’amusent pas longtemps… Non, il tremble parce qu’il est malade, a de la fièvre et n’est pas motivé par les douches matinales…

Quand il ressent bon, et donc que tu l’aimes à nouveau – ne nous leurrons pas -, je l’habille et le redescends. Il a odeur humaine, à nouveau, mais fait peine à voir ! Effectivement, la température monte et il ne sourit plus.

Re-malades, les planètes semblent alignées pour un nouveau weekend de folie, nous sommes maudits des glandes… Que je te conterais bientôt, jeune lecteur impatient, dans une chronique splendide très prochainement à n’en pas douter !

Reposez-vous ! Si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour moi !