Amis des montagnes et de la détente, bonsoir !

Le soleil commence à baisser, dès que je rentre dans la forêt il commence à faire très sombre, vu le coteau sur lequel je me trouve, je ne croise plus de touristes ou de randonneurs… Je sais que je suis parti trop tard ce matin, sans argent (oublié au Bus)… Là, ça commence à sentir sérieusement le sapin… Non, pas parce que je cours dans la forêt, lecteur déconcentré mais fin observateur, c’est la fin des haricots !

J’écris un mot à Madame pour lui dire que je lui indiquerai mes coordonnées GPS avant que mon portable n’ait plus de batterie, pour qu’elle puisse retrouver mon cadavre, rongé par les insectes et autres animaux des forêts valaisannes, touristes agressifs ou carnivores… J’ai en effet la clé du Bus, ça pourrait lui servir ! Elle réagit assez bien en me disant que ça va aller, de faire attention à moi… et de ne pas rentrer trop tard…

Mais revenons en arrière de quelques jours : suite à ma tentative avortée de l’Ultra de l’Eiger (je te prie de bien vouloir cesser immédiatement ce petit gloussement nerveux à chaque évocation de cette course, jeune père innocent et primesautier, la blessure à l’ego est encore suffisamment vivace pour que tu prennes une tongue ou une pelle en tungstène en travers de la tronche si tu persistes à te moquer de moi !), je me remets en selle assez vite… Malgré la cheville, 30 km de vélo mardi et première course mercredi ou jeudi, mais tout doucement, pour faire bouger, et sur un sol plat et meuble.

Préparation, à la fin de la semaine nous partons pour une dizaine de jours en Savoie, pour que les punks profitent de l’air du large… Enfin de la montagne !

Jeudi, matinée tempête : nous préparons les bagages de chacun (quand je dis « nous », c’est le « nous » royal… Madame prépare les bagages des punks pendant que je me repose : lave-vaisselle, tondeuse et préparation de mes affaires, dont les affaires de course pour la sortie longue en communion avec la montagne que j’ai prévu sur place à la fin du séjour pour préparer l’Ultraks…), tentative désespérée de rangement du domicile et de faire ranger quelque chose aux punks, visite médicale…

Pendant que Madame va s’occuper avec ma fille des lapins (vérifier où il est le cu-cul et où elle est la têtête, savoir si c’est un ou une, toutes ces choses drôles qu’un lapiniste averti doit savoir… et que le lapinologue nous facture le prix d’une télé), je commence le tétris habituel : comment faire rentrer 12 mètres cube de bagages et sacs divers et variés dans un coffre qui peut en emporter le tiers… C’est un peu comme faire rentrer un sumo dans un string taille xs, ça demande un brin de pratique et il y a des risques de blessures…

Ayant empilé trottinettes (4 tout de même), poussette, sacs, valises, nourriture qui restait dans le frigo, vestes, pulls, chaussures et autres sacs de sport, le MPPT fait moins le malin, mais tient le choc… En même temps, il nous a déjà lâché mécaniquement sur quasiment tout, si en plus on ne pouvait rien mettre dedans…

Le plan était de partir à 14h-14h30 mais, comme je m’y attendais, nous partons passablement après. Pas spécialement important, mais cela nous permet de bénéficier de bouchons sur le contournement de Genève, avec les travaux dans un tunnel, avant la douane… Nous perdons une demi-heure, rythmée par les rixes et râlements divers et variés des punks, le tout bercé par les hurlements de numéro 5, crevé, mais pas vraiment décidé à dormir…

Douane passée, j’ai perdu 30 ans d’espérance de vie en m’énervant, je me demande si je ne devrais pas commencer à fumer 5-6 paquets de cigarettes par jour, au point où j’en suis… Numéro 2 a besoin d’aller aux toilettes ! Il y est allé avant de partir, mais a besoin d’y aller tous les quarts d’heure, grosso modo, nous nous arrêtons…

Les punks sortent tous en hurlant et prennent d’assaut la place de jeu de l’aire de repos… Numéro 2 a oublié son urgence pipi, je sens des envies de meurtre poindre ! Sortie du Bus, hurlements et noms d’animaux divers et variés, en grande partie ignorés, puis les choses rentrent dans l’ordre, sous le regard amusé d’un automobiliste qui fait une pause et profite de son choix judicieux de ne pas avoir de descendance…

Nous repartons, les punks sont calmes quelques secondes… Un peu normal, ils ont la bouche pleine ! Cela ne dure malheureusement pas longtemps… Ils se battent pour une raison ou une autre, un morceau de chips, un bras cassé ou une ânerie… Madame essaie de se reposer, je me décide à mettre mes bouchons d’oreilles ! C’est beaucoup mieux, j’ai moins de pulsions assassines et suis un peu plus détendu dans ma conduite !

Je me rappelle que, plus jeune, lorsque j’étais encore insouciant comme toi, jeune père, je sortais tous les weekends avec mon escort … Période d’insouciance et de bonheur…

Je parle de ma Ford Escort, lecteur lubrique à l’esprit mal tourné ! Tu pensais à quoi !? A cette époque, calme et musique étaient possible en voiture… Pas de Bus de la honte, une vraie 2 portes, presque sportive ! Bon ok, c’était une Ford, donc aussi un peu la honte, mais maintenant j’envierais presque les conducteurs de mon ancienne Ford !

Cris de ma fille pour attirer mon attention, c’est vrai qu’avec les bouchons et la rêverie je ne l’avais pas entendue… Je décrète que je leur parlerai à l’arrivée et me replonge dans un mutisme hédoniste des plus impolis.

Nous arrivons et avons tout de suite la confirmation d’une bonne nouvelle : l’ascenseur est toujours en panne ! il semble que la foudre soit tombée sur le bâtiment (!) et que l’isolation défectueuse ait entraîné le décès prématuré et fort regrettable du moteur de l’ascenseur !

Je ne prends pas le temps de discuter de la sécurité du bâtiment, s’il n’est pas isolé, trop fatigué et… nous sommes en France : un bâtiment bien fait n’existe pas encore et froisserait les croyances et us locaux…

Bon je sais, un vrai trailer ne prend jamais l’ascenseur, ça c’est pour les chochottes, les poussettes, les arthritiques et les touristes… Mais quand on doit se monter une tonne de bagages au 4e étage, qu’on est épuisé par le voyage, l’emballage des affaires et la gestion des punks, ça pique un peu !

Rapide passage dans une supérette pour acheter les 2-3 choses qui manquent, dont deux biberons pour numéro 5… Ok on a oublié un truc, ça va ! C’est pas comme si nous avions oublié un punk, non !?

Négociations et bagarres pour savoir qui dort où… Nous tranchons et tout le monde boude, ambiance normale mais plus bruyante que ce qu’il n’y paraît : le punk ne boude pas en silence, ce serait trop simple ! Numéro 5 sourit et hurle, lui s’en moque : il dort toujours au même endroit. Début des grandes manœuvres, nous commençons à préparer chacun pour la nuit.

Numéro 5 s’endort assez vite, après avoir hurlé son mécontentement de ne pas être dans sa chambre, numéro 4 et 3 sont couchés dans leur chambre respective (jamais deux punks ensemble sans que l’un des deux ne dorme, malheureux ! Tu veux mourir si jeune, père insouciant !?)… Je n’ai pas dit qu’ils dormaient, ils sont juste couchés.

Balade du soir avec numéro 2, notre petit moment seuls. Important de consacrer un peu de temps seul avec chacun, même si avec 5 punks ce n’est pas toujours très simple ! Discussion à bâtons rompus, junior laisse son esprit aller au fil des pensées, ça part dans tous les sens, mais c’est agréable et il n’y a pas de confrontations… ça change !

A mon retour, numéro 4 ne dort toujours pas. Nous couchons les deux grands et menaçons junior des pires foudres terrestres pour qu’il nous foute la paix enfin, il est 22h, merde à la fin ! Il ne s’exécute pas, naturellement (cet esprit de contradiction doit venir du côté de sa mère…)! Nous sommes fatigués, n’avons plus envie de jouer, j’hésite à sortir le taser et abréger la discussion, Madame tempère mes ardeurs, plus encline à la négociation et la pédagogie…

Quand Madame va se coucher, les punks ne sont toujours pas tous endormis… Un orage léger commence à arriver vers minuit, au moment où je pensais pouvoir aller me reposer…

Numéro 2 et 4, qui ne dorment toujours pas au deuxième coup de tonnerre (pas très proche, ni violent), se relèvent profitant du hurlement de numéro 5 qui s’est réveillé effrayé. Le bruit autorise aussi au passage numéro 1 à se joindre à une réunion de punks faussement effarouchés et heureux d’avoir un alibi pour ne pas dormir.

Tout le monde pleure, sauf numéro 3 qui dort à poings fermés, histoire qu’au moins un punk soit d’attaque pour nous réveiller le lendemain matin… Je fulmine et monte calmer ceux qui peuvent l’être et gueuler comme un putois sur les autres. Ca prend du temps, il faut rassurer tout le monde, les recoucher trois fois en leur expliquant que l’orage est passé… C’est la joie de dormir sous les toits !

Je re re prépare un biberon pour numéro 5 qui gazouille et appelle sa sœur quand elle essaie de se rendormir… Si on ne réagit pas à ses rires et petits appels, il finit par hurler de toute la puissance de ses aigus…

Je finis par aller le chercher, redis à ma fille de ne pas me parler avant le lendemain 8h30, et le descend dans la chambre du bas, à côté de celle dans laquelle Madame dort toujours.

Je fais ce que je peux pour qu’il ne fasse pas de bruit et me couche à ses côtés… Il est 4h30, je n’en peux plus. Numéro 5 me met le doigt dans l’œil, rigole, tente de m’attraper le nez ou de s’asseoir… Je le retourne et lui demande de se calmer. Passage de Madame, surprise de me voir là, je lui dis que je fais cette nuit et qu’on verra pour la prochaine !

Le lendemain matin, Madame me laisse dormir et ce ne sont que les cris des punks qui finissent par éveiller junior en fin de matinée qui me tirent, à regret, des bras de Morphée. Semblant de petit déj et courses, puis nous préparons un pique-nique pour aller à la base de loisir, histoire d’aérer les punks pour les user un peu en prévision d’une nouvelle nuit !

Préparations de 20kg de jouets et nourriture, chargement de tout le monde dans le Bus, hurlements, menaces, nous pouvons enfin partir, dans l’excitation des punks.

Nous mettons sous la poussette ce qui peut y tenir et je porte les sacs pendant que Madame conduit la poussette. Les punks ont déjà disparu, partis à l’attaque du plan d’eau pour les plus grands, à la plage surveillée pour 3 et 4…

PicsArt_1470085136944Nous trouvons une place pour nous installer, c’est blindé de monde du fait des vacances et du soleil. Il y a des mômes partout, pas mal de gens tentent de se brûler au soleil… Le romantique vieillissant pense tout de suite à Alerte à Malibu avec des bombes qui s’aèrent le bikini sur une plage de sable fin…

On est plus proche de l’échouage massif de cétacés sur les côtes Bretonnes, mais sur de l’herbe… Heureusement que ce n’est pas encore la préoccupation des punks mâles, sinon j’aurais peur qu’ils optent pour l’homosexualité…

Pique-nique et nous lâchons un petit moment numéro 5… Il part tout de suite manger de l’herbe, puis du sable, joue un peu, mais doit être surveillé comme le lait sur le feu : il s’approche toujours de l’eau et risque de se noyer ou de faire mal à d’autres enfants… Madame lui court après, il faut bien que quelqu’un se repose : je me sacrifie et la laisse courir !

Les 4 grands veulent faire du trampoline… Nous nous faisons racketter 24 EURO pour qu’ils puissent s’amuser un petit moment… Suivi, pour numéro 3 et 1 par une séance d’accrobranche, une première pour numéro 3. Pour suivre sa sœur sur le parcours moyen, il débute par le petit parcours, sans trop de souci. Après cet échauffement, le parcours moyen le fait évoluer souvent à plus de 3m du sol…

A un moment il a un peu peur, se crispe et panique un peu. Je lui parle doucement et le calme, il continue. Sa grande sœur lui vient en aide et l’encourage, il prend de l’assurance et adore les tyroliennes. Parcours fini, il veut passer sur le plus grand pour lequel je devrais l’accompagner… Vu ce qu’on a déjà payé (j’ai dû hypothéquer un organe…), je refuse et les raccompagne à la plage.

Madame, qui commence à en avoir marre de lui courir après, me confie numéro 5. Je le mets dans la poussette et pars me balader avec lui et marche jusqu’à Aime, village suivant et départ/arrivée de la 6000D couru l’année dernière. L’aller-retour, interrompu par une averse, occupe bien junior qui passe son temps à faire « kiki » (coucou) ou « tataow » (ciao-ciao) aux personnes croisées en chemin, en faisant un signe de la main pour accompagner. Grand succès, surtout auprès des femmes âgées !

Nous revenons au point de départ près de 1h15 plus tard et 8km après… Junior a fini par s’endormir, peu de temps avant que je ne revienne à la base de loisir. Je le pose à côté de Madame et repars avec numéro 4 à la place de jeu pour les plus petits.

La journée décline et les gens commencent à partir, nous plions, courons après tout le monde et partons pour le Bus qui attend sagement sur le parking qui commence à se vider… Je retourne chercher numéro 2 qui, absorbé par ses jeux avec ses copains ou par défiance envers l’autorité, n’a pas voulu réaliser qu’il était temps de partir…

Pour faire plaisir aux punks, nous avons élu de changer l’organisation des chambrées… Naturellement cela ne plaît pas à tout le monde et il y a râleries et bouderies au dessert… Nous couchons : numéro 5 dans la chambre de droite (il n’y en a pas d’autre dans laquelle son lit tienne et je n’ai pas l’intention de démonter le lit Ikea pour le déplacer, juste pour une nuit ou deux !), qui s’endort assez vite, numéro 4 dans la chambre de gauche. Pour la suite, il est prévu de faire dormir 3 et 2 dans la même chambre que 5 et ma fille avec numéro 4… Rien de très compliqué !

Numéro 4, bien que crevé, lutte et fait le couillon… Numéro 3 semblant fatigué, nous l’envoyons se coucher avec numéro 2. Ma grande attend encore un peu, en lisant un livre et en râlant, que numéro 4 dorme. Numéro 3 et 2 font les andouilles. Menaces et insultes n’y faisant rien, nous descendons numéro 3 qui va dormir tout seul dans le bureau, chambre dans laquelle j’ai dormi la nuit précédente…

Je fais une rapide sortie de 4-5km en chaussures minimalistes Five Fingers, de nuit, sans frontale, après avoir plus ou moins couché les punks, les deux grands encore debout quand je pars… ça fait du bien de se dégourdir et de profiter du calme de la ville endormie…

Oui, vendredi soir, au fin fond de la Savoie, c’est comme une vraie ville à 5h du mat pendant les vacances en semaine : c’est animé, mais je ne dois pas forcément me frayer un chemin dans la foule !

Quand Madame va se coucher, à plus de 23h, numéro 2 ne dort toujours pas, numéro 4 a enfin lâché prise, sans que je n’aie eu besoin de l’assommer avec un bottin ou un ordinateur portable (il n’y a plus de bottin depuis un moment, trop jeune père nostalgique ! Evolue avec ton temps… Sans bottin, un ordio ou un manche de pelle fait aussi bien l’affaire… Attention de ne pas trop doser le somnifère, tout de même, la protection de l’enfance te surveille ! Si tu avais l’outrecuidance de ne pas savoir ce qu’est un bottin, je te déteste, mais tu peux googler pour apprendre, saleté de jeune !).

Afin d’éviter une énième visite du service de protection de la jeunesse, que je profite de saluer ici, je rappelle que ceci est un texte humoristique et que, quelle qu’en soit l’envie, je n’ai jamais endormi un punk quelconque au bottin… Ceux-ci ayant disparu ! De plus les faits susmentionnés étant intervenus en France, nous sommes en dehors de votre juridiction !

Samedi, sortie matinale pour aller compléter ce qu’il faut pour le pique-nique… J’emporte un punk, histoire de soulager Madame… et éviter d’être tranquille : ce serait dommage ! Courses rapides, réclamation de jouets et refus net du Père, boudage et retour au bercail. Comme il fait moins beau, nous restons calmes et allons dans l’après-midi à la place de jeu du skate parc.

Dimanche, je décide par charité et humanisme exubérant, d’épargner Madame et d’emmener les 4 grands au cinéma… Vue que la météo n’est pas top et que je dois me balader avec eux pour que Madame et numéro 5 puissent se reposer la moindre, dans le calme… Nous allons voir Nos Amis les Bêtes, après une balade pour atteindre le cinéma à l’autre bout du village. Long moment de souffrance pour le Père, mais les punks sont contents et ont bien rigolé, ce qui était le but… Ca râle pour rentrer, car il faut aussi rentrer à pied (vu qu’on est venu sans Bus…).

Le Multiple Purpose Punk Transporter, MPPT pour les intimes, a une nouvelle fois besoin que nous passions voir un garagiste… C’est vrai que ça fait déjà plusieurs mois que nous n’y sommes pas allés… Sauf tous les 900-1’000 km pour remettre de l’huile… Changement de freins, rien d’important, et un témoin allumé…

Je pose le Bus mardi matin et reviens à pied avec un petit passage par des courses. La journée se passe avec une visite à la place de jeu/skate parc… Petits bobos et course après numéro 5 sont au programme de l’après-midi. J’embarque numéro 2 et 3 pour aller rechercher le MPPT… Grave erreur : numéro 2 râle et traîne la patte tout le long… Le garagiste me rackette, comme d’habitude (mais 1/3 du montant que m’aurait demandé son homologue helvète) et me dit que pour le voyant lumineux ça va être plus compliqué…

Donc je vais me faire exploser cette fois… Pas du petit racket de quartier, non, là on va tomber dans le grand banditisme… Il faut changer le radiateur du catalyseur… La pièce seule coûte EUR 1’000 et il faut ajouter la main d’œuvre… Il faut commander et elle peut être là dans 3 jours. Je décline poliment…

Quand je rentre de chez le garagiste, Madame est très énervée… Mais je n’ai rien fait il me semble !?

Numéro 4, qui n’en rate par une en ce moment, est monté sur la barrière de la terrasse… Pas debout dessus, heureusement, mais il a mis les pieds sur la partie basse de la barrière (non sécurisée et qui n’est pas faite pour les enfants) et avait tout le torse au-dessus de la rambarde… Il n’a plus le droit d’aller sur la terrasse et nous décidons de rentrer le lendemain…

Ca peut sembler soudain, mais entre les nuits folkloriques, les punks qui n’arrêtent pas de se mettre dessus ou de faire des âneries, notre patience a des limites, qui viennent d’être atteintes… Nous avions plusieurs fois prévenu, la sentence tombe.

Naturellement, lecteur avide et perspicace, tu me diras : et ta sortie longue en montagne de la fin de la semaine ? Tu ne vas pas aller faire l’amour avec la montagne, communier avec la nature ?

Et bien justement, nous rentrons, après les habituelles lessives, courses, démontages des draps et réfections des lits, vidage de frigo et autre nettoyages et Tetris dans le coffre du MPPT. Comme je dois courir en fin de semaine pour préparer l’Ultraks (chronique captivante et comique à suivre prochainement !), je dis à Madame que dimanche sera le jour (c’est le seul dispo dans l’agenda familiale…).

Cherchant une petite sortie tranquille d’une quarantaine de km avec des bosses, un parrain d’un punk et néanmoins ami, valaisan de son état, me conseille le tour des Dents du Midi… J’essaie de télécharger les cartes pour ma montre, mais après 12 tentatives et 7 ans d’espérance de vie perdue en jurons et énervements, je décide de me coucher et d’y aller à la fraîche, sans rien…

Bien que levé à 5h45, je pars tard, me gare à Champéry à près de 9h et commence mon tour vers 10h… Prévoyant, je suis naturellement parti sans lampe frontale, on est le matin, ça a du sens, et sans argent, mon portefeuille étant imprudemment resté au Bus…

Je pars et entre les pauses pour boire, faire des photos, manger un peu et autre, je m’aperçois assez vite que cela ne va pas passer : je vais me retrouver en fin de journée sur le versant sans soleil de la montagne (que je ne connais pas du tout), sans lampe et dans une forêt assez dense (il y faisait déjà presque nuit à 17h !). D’où mon message à Madame du début de cette chronique…

Finalement, je tombe sur un autochtone qui sort une carte papier (il y en a encore, oui jeune père insouciant, et ne fait pas ton malin ou tu chopes un blâme !) et m’indique un raccourci… J’ai de la chance de l’avoir croisé, il n’y a vraiment plus grand monde dans la montagne depuis quelques heures…

Donc je monte, coupe, redescends, force, combats des crampes qui me surprennent : je n’ai pas fait une distance de folie et ai déjà fait bien plus violent… Je finis par arriver sur une route. De l’autre côté de la vallée, je vois la route de Champéry, avec pas mal de circulation… Pas de voiture sur ma route, je prends la direction de Champéry, étant sorti au niveau de Val D’Illiez, mais de l’autre côté de la vallée, je me dis que ça ne doit pas être loin. Il est 19h, Madame va me découper si je rentre trop tard…

Après un kilomètre de course / marche alterné, ponctuée de crampes, j’entends une voiture arriver… Je tends le pouce timidement (Le Père n’a plus vraiment l’âge de faire du stop et ne souhaite pas s’habituer aux pratiques du peuple, il a normalement un véhicule ou, au moins, un chauffeur !) et les jeunes qui sont dans la Honda Civic Vtech mettent 50m pour freiner, compte-tenu de leur vitesse ! J’explique mon problème et où je veux aller. Ils me disent que c’est très loin et qu’ils vont me ramener à mon MPPT…

Le jeune démarre genre rallye, les roues avant ont perdu l’équivalent de 6 mois de gomme. Je suis un brin plié en 8 à l’arrière et les suspensions sont un peu dures. Au bout de 10 minutes, le jeune qui partage la banquette arrière avec moi me demande, l’air goguenard, si je n’ai pas peur…

J’hésite à lui dire la vérité (si, j’ai peur que ton copain ne maîtrise pas autant qu’il pense et que je finisse en viande hachée dans une petite boîte de conserve Honda incrustée dans un mélèze valaisan) et réponds simplement que mon pote pilote de rallye m’a immunisé… Ce qui n’est pas faux ! J’aurais aussi pu lui dire que, comparé au quotidien avec 5 punks, un petit trajet romantique sur les routes valaisannes semblait reposant et de toute façon plus rien ne me fait peur !

Il faut bien 17 minutes, malgré le rythme soutenu, pour rejoindre le Bus. En courant et avec les crampes, j’aurais mis un sacré bout de temps à parcourir cette route qui rejoint Champéry en passant par le fond de la vallée… Je repars, après une pause pour acheter du pain : ne jamais laisser les punks le ventre vide le matin !

Reposez-vous, les enfants ont une énergie extraterrestre… L’accepter ou le savoir ne vous sera malheureusement d’aucune aide !