Amis des baskets et de la fondue, bonsoir !

Le Pater Courensis est de retour… La basket molle et la résolution ferme, Le Père fend la nuit vaudoise, dans le froid et la solitude. Sois content, coureur de tout poil ou simple père indigne en devenir : les saloperies volantes ont quasiment toutes disparu !!!

Ok, elles ont raison : il fait trop froid pour sortir un orignal ou un pingouin, les bestioles restent donc planquées, bien au chaud chez elles et on ne peut pas leur en vouloir ! Elles ont de l’instinct, elles ! Donc, lorsque tu cours, que le froid rend le décor plus précis et clair dans le halo de ta frontale, si tu vois venir vers toi une saloperie volante, deux possibilités s’offrent à toi…

Si la saloperie volante, qui te fonce dessus rappelons-le, clignote, c’est qu’il s’agit d’un avion qui a pris ta frontale de compétition pour les lumières de Cointrin et que tu n’as que quelques secondes pour réaliser le sprint de ta vie et sauver ton short sale et humide d’un atterrissage sur ta face dégoulinante…

Si elle ne clignote pas, mais s’approche à vive allure et possède un panache de feu et de fumée, c’est une météorite et il ne te reste que quelques secondes pour envoyer ton SMS d’adieu aux punks et à Madame, tu t’apprêtes à rencontrer le créateur, après une rencontre extraterrestre brève mais fort intense, quelle perte pour l’humanité, la course à pied, la punkitude et la littérature !

Comme tu n’as – hélàs ! – pas le privilège de me lire chaque semaine, lecteur passionné, assidu et néanmoins sympathique, je vais te faire un résumé des choses importantes que ton absence – ou la mienne, suivant à qui tu veux faire porter la casquette… – t’a fait manquer…

Il y a tout d’abord eu Morat-Fribourg… Tu te souviens que Le Père a conservé, de ses jeunes années d’étudiant insouciant et jovial, la nationalité Fribourgeoise. Cette nationalité s’accompagne de 2-3 obligations parmi lesquelles la présence imposée à quelques manifestations : la Bénichon, risque hépatique et choléstérique majeur, la Saint-Nicolas, risque de blessure grave par biscôme ou mandarine gelée (méfie-toi du petit vieux barbu à dos d’âne, il est fourbe !) et Morat-Fribourg, risque de cloque, de honte, de claquage, de transpiration et d’occlusion intestinale par suite de fondue et meringue double crème pour la récup…

Nous montons à Fribourg la veille, pour que numéro 2 puisse prendre part à la course des juniors… Le parcours a changé, il fait froid, la pluie rend le parcours casse-gueule, c’est deux fois plus long que l’année dernière, mais junior est motivé comme à son habitude. Le départ est donné et je me dirige tout de suite vers l’ère d’arrivée… Mais ce n’est pas simple car le parcours est bouclé dès que les jeunes courent et l’arrivée a lieu à l’intérieur de la boucle autour de laquelle ils courent ! Une planification brillante !

Donc junior ne m’attend pas, comme à son habitude, part et se fond dans la foule. On pourrait penser que le fait d’avoir un punk de moins à charge empli Le Père d’allégresse, il n’en est rien… Au contraire, il se sent presque inquiet par cette perte ballotte ! Non, pas d’avoir perdu numéro 2, juste de devoir perdre du temps à le chercher au risque de se faire tancer par Madame pour étourderie…

Les saletés de jeunes suivants partent en courant et Le Père reste coincé au centre du parcours… Un grand bravo aux organisateurs pour ce trait de génie !

Numéro 2 ayant fait de l’œil à une policière, il est ramené à sa mère et tout espoir de diminuer le nombre de punks s’envole ! Je le vois rejoindre Madame et sa grand-mère depuis l’autre côté de la course ou je suis toujours coincé… Nous saluons les grands-parents maternels, passés soutenir junior malgré le temps, avant qu’ils ne repartent. J’envoie des sms aux copains que j’avais charger de retrouver junior et nous regagnons le Bus ou je prends congé des punks et de Madame.

Madame repart en passant par chez les parents du Père, pour profiter de quelques remarques taquines et sympathiques de ma famille qui a un peu gardé la nouvelle en travers de la gorge…

Je ne vous ai pas raconté ?!

Oh !!!

Mes parents ayant accueilli avec un enthousiasme restreint (euphémisme du millénaire !) l’annonce de l’arrivée de numéro 4, nous avions élu d’employer un e-mail pour annoncer l’arrivée de numéro 5, histoire qu’ils aient le temps de tuer la personne qu’ils avaient sous la main au moment de l’annonce et qu’ils aient le temps de réfléchir avant de nous répondre…

J’ai donc, cette fois, pris la liberté d’appeler Le Père² (Le Père du Père !) – la mère du Père étant sur un lit d’hôpital, je ne souhaitais pas l’achever – pour annoncer l’arrivée en 2017 de numéro 6 !!!!

Au moment de rigoler, futur père ou jeune lecteur téméraire, songe que j’ai commencé le tir à 16 ans, pèse toujours dans les environs de 100kg et collectionne les Morgenstern chromés ou dorés, en plus des tasers et flashball Hello Kitty (malheureusement, à l’époque du Morgenstern, ils n’avaient pas encore notre goût certain pour les couleurs roses et les minous japonais, mais on peut toujours les repeindre par après !)…

Oui, nous allons très probablement, sauf abandon ou perte fortuite d’ici-là, avoir 6 punks à la fin février… Tu me diras : ça ne fait que 20% d’emm… nuis, euh de bonheur, en plus ! Certes, mais tout de même !

Donc Madame n’est pas très loin de Fribourg lorsque je lui envoie un message pour lui indiquer que j’ai naturellement oublié un sac dans le Bus… Rien d’important, mais merde, à la fin, avec le temps que j’ai passé à tout préparer… Par dépit familial, elle repasse par Fribourg et me laisse pour repartir en terres vaudoises, alors que je pars manger avec quelques collègues coureurs. Madame en a gros sur la patate, les punks hurlent et se battent dans le MPPT sur le trajet du retour pour la réconforter.

Le matin, je rentre dans l’habituel train blindé de monde sapé en habits technique avec quelque sacs poubelle apparents pour les plus frileux et moins sensibles au goût ou à la classe – en même temps, sac poubelle ou habits techniques, la frontière est parfois fort ténue. Dans ce train, quelqu’un habillé normalement paraiî autant à sa place qu’un homme en smoking avec une coupe de cheveux fraîche dans une rave à dreadlocks ou un concert de métal à chevelus en cuir…

Je tombe tout de suite sur des copains et nous tuons le temps en causeries diverses et intellectuelles (Kant ou le dernier Picketty très probablement). Ils partent dans un bloc plus rapide que le mien et, malgré un ego napoléonesque, je n’ai aucune prétention de les rattraper, je décéderai dans les montagnes une autre fois !

J’avais élu de faire la course en Fivefingers, mes gants pour pieds… Il s’agit des chaussures, qui font rire les punks car les orteils sont séparés, qui n’ont pas d’amorti du tout. Des douleurs sous la plante des pieds lorsque je dépasse 14-15km, ainsi que quelques cloques, m’ont convaincu de ne pas les employer cette fois, décision prise à l’unanimité le matin même en consultant les oracles, ma tronche du matin dans le miroir et mes pieds.

Passage au toilettes (30′ d’attente, comme d’hab), je rejoins la ligne de départ, pas échauffé, à la bourre… Décompte et hurlements dans les hauts-parleurs… Coup de feu en l’air.

Je pars et ne suis pas terrible… Mais ça ne se passe pas si mal grâce à une météo pluvieuse et fraîche qui me favorise. Je finis en moins d’une heure et demi, réalisant mon deuxième meilleur temps sur ce parcours… Ok, le premier doit avoir mis 30 minutes de moins que moi, sans transpirer, est déjà à la maison après avoir mangé une carotte et bu un thé, mais je n’arrive quasiment pas à le détester vu le prix ridicule que gagne le plus rapide…

Fondue habituelle avec meringues double crème pour refaire le plein de vitamines et je repars pour la pampa vaudoise retrouver les punks.

Numéro 2 et 3 reprennent, après les vacances, le rugby. Il y a de temps à autre des tournois. Un week-end durant lequel je dois amener ma fille vers Vevey (weekend avec ses grands-parents paternels pour ses 10 ans, avec son cousin du même âge), je dois repartir à l’autre bout de Genève (plus loin tu es quasiment à la méditerranée !), pour le tournoi de numéros 2 et 3….

Je retrouve le parrain de ma fille au bord du terrain… Son fils joue aussi et il est venu depuis l’entrée du Valais pour ce tournoi… la ligue est petite et les clubs organisent des tournois pour compenser le manque de championnat !

Numéro 3 me dit avec un grand sourire : tu as manqué l’hélicoptère pour une jambe cassée et l’ambulance ! Je me félicite que Madame n’ait pas jugé bon de venir, elle aurait probablement bêtement voulu protéger ses petits en les retirant de ce beau sport empreint de grâce, de légèreté et de camaraderie…

Nouveau voyage en Afrique… C’est la période la moins bonne : pas trop de risque de malaria, mais un ciel gris et très chaud (35°C) : un véritable bonheur quand on doit attendre plus de 4 heures chez un client… pour rien !

Nous repartons après un lunch de dernière minute avec un prospect. Nous sommes dans un bon restaurant selon notre prospect et là, je ne sais pas, c’est sûrement la fatigue et le fait que nous ayons mangé tard… Nous commettons une gigantesque erreur, le drame, la faute conne de débutant néophyte…

Nous prenons chacun une salade !!!

Près de 15 heures de voyage après, nous voilà rentrés en Suisse… Crevés : pas trop pu dormir à Madrid et les vols d’Ibéria sont confortables comme les prisons de droit commun de Kigali – bien que nous ayons pu avoir pour les deux vols les sorties de secours nous laissant pour une fois de la place pour les petites jambes du Père…

Le lendemain, nous partons pour le Valais où nous devons retrouver le parrain de ma fille pour fêter son anniversaire… Peu avant le relais qui surplombe le Lavaux, ma princesse se plaint de maux de ventre…

Contrairement à la plupart des parents, le parent de famille nombreuse est prêt, toujours, quoi qu’il arrive… Nous faisons passer rapidement un sac à Mademoiselle, le pragmatisme et l’expérience l’emportant très largement sur l’espoir et l’optimisme béat !

Pose pour finir de vomir. Mention distinguée pour ma fille qui, bien que détestant vomir et pas spécialement en bon état, n’a sali ni le MPPT (Bus), ni ses propres habits ! Le sac est abandonné dans une poubelle de l’aire d’autoroute.

Après un appel au parrain pour vérifier qu’ils n’ont pas besoin de perdre un peu de poids ou particulièrement un fantasme du vomi, nous prenons le chemin, enfin l’autoroute, inverse et rentrons.

Ma princesse est transparente, n’en mène pas large, râle pour l’événement abandonné dont elle se réjouissait, mais n’insiste pas trop : le rendez-vous dans une pizzeria suivi de 2h de train dans les mines des Salines de Bex lui paraissent moins attrayants tout d’un coup !

Nous rentrons après lui avoir fourni un autre sac, pour le cas où (toujours tout prévoir, famille nombreuse, tu te souviens, lecteur attendri et toujours insouciant ?)… Qui sera dûment rempli dans le garage sous-terrain de notre quartier ! Judicieux choix dont nous nous félicitons une fois de plus!

Ma nana est un peu mieux, elle récupère des couleurs allongée sur le canapé, les autres mangent. La journée se passe. Numéro 5 étant un peu malade du bide, nous pensons que la gastro commencée un peu avant mon voyage se poursuit. Je ne suis donc pas surpris outre mesure d’avoir mal au ventre et de passer beaucoup de temps à méditer sur la philosophie ou à chercher une description de la gravitation qui soit compatible avec le modèle standard de la physique des particules, sur les toilettes…

Jusqu’au message de mon associé qui, du fond de ses propres cabinets, m’envoie un message me demandant s’il est le seul !? Je le rassure et nous cherchons la source de cette intoxication. Nous concluons rapidement que les salades du jour du départ n’étaient pas le choix le plus malin en tant que voyageurs de l’extrême !

Nous promettons d’envoyer des extrémistes Tchétchène lâcher quelques rafales sur la devanture de restaurant-hôtel qui a tenté d’anéantir, en une fois, toute notre société ainsi que notre élan créatif… Il y a des limites à ne pas franchir !

Bon, lecteur fidèle, il est 2h40 du matin, la nuit règne sur Abidjan… Je dois te laisser pour aller prendre mon avion pour revenir voir les punks… Revenir pour te conter de nouvelles semaines, journées, heures de la folle vie d’une famille nombreuse… A cette heure, dans cette nuit calme, bercée par le ronronnement de la clim et mon associé endormi, l’esprit fatigué du Père lyrise un brin… Deux passages me viennent :

« Le jour décroît; la nuit augmente, souvient-toi ! Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide. »

« C’est la nuit qu’il est beau de croire en la lumière »

C’est donc avec Baudelaire et Edmond Rostand que je te quitte, fidèle parmi les fidèles, et te souhaite un très bon week-end… Je vais faire de mon mieux pour revenir au plus vite ! Essaie de dormir, même si la fin de l’année approche, tu as une sale tête !