Ami de la classe et des odeurs nauséabondes, bonsoir !

Alors qu’il prend no 6 dans ses bras musclés, à la suite de plaintes réitérées de ses frères et sœur quant à l’odeur peu amène qui émanait de junior, Le Père réalise assez vite qu’il y a quelque chose de pourri au royaume de Danemark… enfin de Vaud… enfin… junior est moisi du bas, ou tout au moins de la couche, laissons-lui le bénéfice du doute !

Pourtant, dans l’élan du moment, il n’y prête pas trop attention… Manque de vigilance qui peut vite coûter cher avec des punks, quel qu’en soit le nombre… Donc Le Père monte changer no 6 dans la joie et la légèreté…

Enfin surtout dans la joie, no 6 pèse déjà 15 kg et le porter fait de plus en plus penser à un déménagement, lorsqu’il faut porter le sèche-linge millésime 1980, l’époque où l’on procédait encore en prenant un cube d’acier et en extrudant quelques grammes de matière de-ci de-là pour sculpter un presque cylindre, ou le gros frigo américain, de ceux dans lesquels on peut aisément faire tenir 2 rugbymen sans les plier, les fâcher ou avoir besoin d’en couper des bouts…

Les 5 autres punks sont occupés temporairement par un film pour une soirée pyjama, pas calmes ou au repos, tu l’auras compris, futur jeune père, ce genre de miracle n’arrive simplement pas, mais l’état le plus proche. Le Père, en montant, réalise soudain que le pantalon de no 6 présente une sorte d’humidité… Il commence à se demander s’il n’y a pas eu bavure. 

Et effectivement, le démoulage est à la hauteur des attentes les plus folles de mes innombrables lecteurs scatos – que je profite pour saluer une nouvelle fois ! – : spectaculaire ! Le Père n’a pas la présence d’esprit de faire une photo ou trop peur que junior n’aggrave encore la désolation qu’il contemple en gigotant ou étalant sa fécalité en fuite avec ses petites mains potelées mais fort rapides…

La couche n’a pas tenu: les attaches, sorte de scotch ridicules et inspirant peu confiance quant à leur solidité, ont lâché. Lorsque Le Père enlève le pantalon, la couche se déroule et une partie de son contenu peu ragoutant s’échappe sur la table à langer… La situation sanitaire, de précaire, devient désespérée… Junior en a jusqu’au pied d’un côté, jusqu’à mi-cuisse de l’autre et gigote joyeusement, tendant les mains vers la couche pour voir s’il n’y a pas moyen de mettre Le Père plus profondément dans l’embarras, histoire d’ajouter à la profonde détresse odorifique ou respiratoire…

Après quelques lingettes humides (oui, futur jeune père, Le Père n’est pas 100% écolo à chaque seconde de sa vie ! En même temps, face à une couche dévastée, à un épandage sur la table à langer à faire vomir un putois SDF qui a des problèmes d’hygiène depuis 1 ou 2 trimestres, même quelqu’un d’aguerri comme Le Père, qui a quasiment tout vu en terme de “dommages couchesques, vomiaques” et de maladies enfantines, peut apprécier un brin de confort et de répit et se laisse tenter par la facilité de la lingette humide… Honte à lui ! Mais à la fin, merde !), junior est apte au transport et est envoyé fesses à l’air pour l’étage du dessus et la baignoire.

Le Père passe poser les vêtements souillés dans le lavabo de la salle de douche qui jouxte la chambre de junior et court après les petites fesses, potelées comme la majeure surface de no 6, qui se dandinent.

Après quelques litres d’eau, de bain moussant et une séance éponge verte, pour décaper les casseroles en inox, fixée à la ponceuse, le petit gros a retrouvé apparence humaine, derrière propre (ainsi que le devant, les jambes et le bas du dos, soyons exhaustif !) et s’ébat dans le liquide chaud… Comme tout enfant sensé, en tenant l’hélicoptère playmobil par la queue (arrête de ricaner niaisement comme un ado boutonneux, cher lecteur amateur d’art et de culture, c’est comme ça que ça s’appelle aussi !), il boit l’eau mousseuse du bain qu’il a récoltée dans la cabine dudit appareil, donnant au Père l’image d’une sorte de King Kong glabre, rose et bedonnant.

Tu noteras, cher lecteur délicat, que Le Père n’a fait nulle mimique de dégoût, nulle grimace ou haut le cœur, poker face parfaite en souriant à no 6 en train de boire de l’eau sale, savonneuse et dans laquelle il a fini de nettoyer son postérieur qu’on ne pensait plus pouvoir ravoir !?

No 3 débarque dans la salle de bain pour se plaindre, comme à son habitude, qu’il s’ennuie (devant un film qu’il a déjà vu, on ne saurait trop lui en tenir rigueur !) et veut la tablette (l’écran, futur jeune père non connecté – apprends à vivre avec ton temps, que diable ! – est la plaie de notre époque !)… Le Père négocie et profite de sa venue pour le faire tremper avec son petit (mais large et dense !) frère. Il lui confie no 6, seul qu’il est pour gérer les 6 punks, Madame étant de sortie, et descend voir si la maison n’a pas encore brûlé, si les plus jeunes sont encore entiers (le manque de hurlements et bruits horribles pourrait m’en faire douter) et préparer le biberon de junior.

Lorsque tout est prêt et qu’il regagne la salle de bain, il s’attend, comme tout père réaliste, à des dégâts. Force est de le constater, futur jeune père, tu vas apprendre à prévoir les calamités et fléaux habituels : inondations dans la salle de bain, jambe, bras ou dent cassé, meuble en feu, mur avec une émouvante fresque néo-classique influence punk 5 (au stylo indélébile, hein, sinon c’est moins prégnant…), hurlements dès que tu quittes une pièce, rideau déchiré (pour ceux qui seraient suffisamment téméraires pour avoir des punks ET des rideaux – quelle folie !?), voiture en feu… Sans vouloir te stresser ou t’effrayer, futur père béat, là où le punk passe, plus rien ne repousse, pas même le carrelage !

Mais, pour une fois, et là Le Père songe à se rendre à Rome pour aller brûler quelques caisses de cierges et se recueillir en latin ou araméen, il n’y a pas 2 centimètres d’eau sur toute la surface de la salle de bain ni un torrent tiède qui dévale les escaliers en bois… Ok, ce n’est pas totalement propre et sec, ce que tu as accepté d’ores et déjà en te reproduisant, inconscient, mais tolérable, ce qui est déjà un exploit !

Le Père lave no 6 et supervise no 3 dans ses ablutions (la confiance est basée sur une saine application du principe de contrôle, futur jeune père, l’espoir c’est bien, mais on ne peut pas se fier qu’à ça non plus…), puis sort no 6 qu’il emballe dans un linge avant de descendre le préparer pour la nuit : séchage, crémage, massage des papattes arrière et avant, gros prout sur le ventre et éclat de rire raffiné, enfilage de couche, de pyjama et de surpyjama et posage au lit avec biberon…

Je sais, futur jeune père docte, attentif aux prescriptions les plus récentes et encore idéalistes, le pédiatre a dit de ne jamais lui donner son biberon dans le lit et surtout de ne jamais, jamais, jamais lui donner un biberon couché, ce à quoi je réponds, avec tact et un certain recul basé sur une longue expérience : merde à la fin !

La semaine avait pourtant été fort simple : entre les précipitations (tantôt pluie, parfois mêlée de neige, tantôt neige pure et simple), les déplacements pour le boulot, les activités diverses et variées, le passage de no 2 à la télé dans une émission sur les HP (ils sont allés filmer à son école et dans sa classe. Junior n’est pas interviewé, mais on le voit plusieurs fois et, fait bizarre, il ne fait rien de grave ou de répréhensible), activités diverses et variées, un poil plus de sommeil que les autres semaines – quel luxe !

Le weekend est toujours un peu plus chargé, lorsque tu as bêtement choisi d’avoir plus de punks : Le Père s’est levé à 8h pour amener no 4 aux échecs, balade pour aller chercher du lait (pas dans un supermarché, si possible, Madame ayant décrété un février sans supermarché !?!?), mais à CHF 1.90 ou 2.00 le litre, Le Père trouve que, lubie Madamesque ou pas, il ne faut pas abuser quand même, il favorisera le petit commerçant quand il en aura les moyens, ce qui n’est pas pour demain ! Donc il achète du fromage et repart assez vite pour récupérer no 4… Qui ne veut plus partir !? Quand il l’a posé, Le Père était étonné qu’il n’y ait pas d’autre enfant. No 4 bénéfice donc d’une quasi leçon privée avec le prof d’échecs ou sa femme et apprécie l’attention et l’enseignement…

Le Père négocie et renonce à simplement prendre no 4 sous le bras pour le mettre dans le coffre, ce qui est rapide, pratique, mais quelque peu bruyant en plus d’être douloureux pour le dos (no 4 est loin d’être le plus baraqué des punks, mais a pas mal poussé tout de même et, à 6 ans et demi, s’est un tantinet densifié). Retour à la maison après 7 minutes de trajet / râlements.

Le Père n’a pas encore vraiment déjeuné mais, après quelques activités drôles et à fortes valeurs ajoutées, il faut déjà repartir amener no 2… aux échecs aussi, donc au même endroit qu’il a quitté il y a une heure à peine ! Oui, les 2 punks ne peuvent pas avoir échecs en même temps, ce serait trop facile ! Reretour à la maison pour aider au repas des fauves…

Dans le but de ne pas entraîner de suicides, dépressions et tics nerveux auprès des futurs jeunes pères ou des parents existants, je vais éviter de décrire l’habituel capharnaüm du repas et te laisse, à la place, lecteur chéri, écouter un morceau de musique… Tu peux prendre le temps d’écouter Is there anybody out there de Pink Floyd de ma part, par exemple !

Si on veut être précis, ce n’est pas juste un petit moment de désordre, mais un infâme bordel indéfinissable ! Il y a un punk de moins, mais les 5 qui restent savent compenser ce triste manque en bonne humeur, calme et volupté… Comment ces mêmes punks, qui s’approchent plus du diable de Tasmanie ou du démon moyen à XXXL dès qu’ils sont à table (comme le reste du temps lorsqu’ils sont à la maison, maintenant que j’y pense !?), peuvent-ils se comporter calmement à table lorsqu’ils ne sont pas avec leurs parents, au point d’appeler des compliments de ceux qui les gardent, reste l’une des grandes énigmes de ce monde encore en souffrance d’explications, à côté de la raison de la chute des tartines du côté beurré et de ce qu’il advient lorsque l’on franchit la singularité d’un trou noir hyper massif…

@tiniletters pour familles-nombreuses.ch

Le Père, qui avait pourtant juré de ne jamais, jamais, jamais faire comme ses propres parents, doit concéder une écrasante défaite… Et fait comme ses ascendants ! Comme à l’époque, déjà fort lointaine, lorsqu’un compliment sur son rejeton parvenait à sa propre mère et qu’elle répondait : Euh, vous êtes sûr que c’est bien du mien dont vous parlez ?! C’est bien le grand brun, vous ne confondez pas avec un autre enfant ?!

(Encore une fois : avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants !)

Madame est donc de sortie ce soir-là… Comme maigre compensation et pour être d’une zénitude de bonze à poil ras pour garder les punks, Le Père était donc sorti se dégourdir les papattes sur les routes locales avec ses gants de pied, vite une petite sortie en vitesse, rien de long, max 10-12km… Il revient donc après 19,5km, heureux d’avoir en plus fait un peu de dénivelé, suant tel le goret mou lors d’une vigilance canicule et sentant le renard.

Cette semaine, nous avons encore pu apprécier la richesse des fratries ! Les grands aident les plus jeunes à évoluer plus vite, les tirant en avant dans un développement et un enrichissement constant… No 5 s’écrie donc : « J’ai un crut cointé lààààà ! » en montrant ses dents. C’est mignon ce langage, mais cela ne dure malheureusement pas longtemps, car c’est le même qui vient nous dire peu après : « Ils ne m’attendent pas, ces gros couillons !!! » en parlant de ses frères et de sa sœur au skate parc ou crie « Gros cul de cheval ! », au fils d’un voisin, et autre vocable coloré et gracieux. Mélange d’influence des films, copains du quartier et des frères et sœur qui, au contact magique de l’école et du système scolaire, développent les mauvaises habitudes que leurs parents pourraient avoir inopinément omises. 

Le weekend est plus simple que souvent : pas de match de handball cette fois, pas de tournoi d’échecs, pas de scout pour no 1 ou 3, pas de match de basket pour no 4 et pas d’anniversaire ! Le weekend est déjà bientôt là, mais semble toujours à des années lumières, il fait froid et nuit, va vite te coucher lecteur adoré !