Ami de la nouveauté et des années : bonne année !!!

5… 4… 3… 2… 1… BONNE ANNEE 2019 !!!!

Bon, en même temps, il n’y a pas de quoi faire la fête, c’est juste une année de plus… Et toi tu ne dois pas te lever demain à l’aube pour t’occuper des punks ! Alors laisse-moi aller me coucher !

Mais revenons un brin en arrière… Fin novembre…

Voyage du Père. Pendant son absence, son collègue de course lui envoie une proposition malhonnête : pour jeudi, une sortie en amoureux : 2 paires de godasses de trail cramponnées, 2 tenues chaudes et des frontales en lieu et place des bougies, slip polaire recommandé ! Comme il revient ce même jeudi et qu’il n’aura pas ou peu dormi, Le Père suggère de repousser au vendredi soir cette délicieuse sortie. Le jeudi, de retour en Helvétie, il est évident que le temps sera un problème… Le Père demande à surseoir sa peine au dimanche matin…

Un pique-nique de l’ASEHP ce même dimanche oblige Le Père à ajouter une légère contrainte : retour au domicile avant 10h pour partir avec les punks et Madame… Le collègue, décidément fort accommodant et aussi taré que Le Père, propose donc – naturellement – de passer le prendre à 3h40… du matin, enfin de la nuit ! Le Père accepte – naturellement – avec joie !

Quand il a regardé, d’un demi-œil torve, le tracé, vouant, comme à son habitude, une confiance aveugle à son coureur d’ami, Le Père n’avait pas totalement percuté que le départ de Veytaux était, à peu de chose près, à l’altitude du lac, en fait 10m à côté de celui-ci pour être exact… Il pensait naïvement que le départ serait de Cau ou quelque part au moins 500m plus haut…

Donc à 4h40, après un passage surprenant dans Montreux – mais que font ces gens en habits de soirée et robes ?! Ah… Ils sont en boîte et vont d’une boîte à l’autre ! – la voiture est garée. On s’équipe et on a une petite déception : la personne qui s’est annoncé par internet n’est pas là ! Compte-tenu de la température et de ce que nous allons affronter, je ne peux pas forcément lui en vouloir, mais Le Père est presque déçu !

Alors, nous partons à la lumière de nos frontales et montons tout de suite à flanc de montagne, délaissant la ville et le lac. Il fait froid, mais la montée réchauffe. Je n’ai pas chargé l’itinéraire sur ma montre, trop habitué à ce que mon binôme le fasse (et bien mieux que moi !) et me laisse guider. Le chemin étant couvert de feuilles, nous manquons un tournant et nous retrouvons sur un parcours plus direct que prévu pour atteindre le sommet, ce qui correspond à notre itinéraire de descente… Qu’importe, nous ne prenons pas le temps de corriger le tir, nous reviendrons pour nous entraîner pour le Montreux Trail d’autres fois !

Vu la température, je me demande toujours quand nous allons rencontrer la neige, ce que je redoute car cela pourrait être dangereux ou, beaucoup plus grave, nous empêcher d’atteindre le sommet !!! Mon coreligionnaire étant naturellement plus léger, mieux entraîné, plus jeune (euh, non en fait, je n’ai même pas cette excuse) et surtout plus habitué au dénivelé, je traîne un peu derrière et me plains tel le blessé de guerre qui a perdu tous ses membres et rampe sur ses moignons en agonisant dans un râle d’outre-tombe… Et me dis que nos projets communs de 2019 risquent me faire mal au derrière, ou à défaut aux jambes, genoux, pieds, épaules, hanches, orteils et cloques !

Rochers de Naye au matin, @familles-nombreuses.ch

Nous trouvons finalement la neige quasiment au sommet des Rochers-de-Naye. Nous n’avons croisé, étonnamment, personne lors de cette montée. Le jour se lève et le soleil devrait bientôt poindre. Nous expédions quelques photos rapidement, non par lassitude pour ce panorama splendide, mais du fait du ressenti à -258°C et de la difficulté grandissante de bouger nos petits doigts potelés sur nos écrans de smartphones !

La descente débute. Le premier bout se fait un peu sur la retenue, du fait de la neige et du sol glissant (et parce qu’il faut réapprendre aux jambes congelées à bouger rapidement !). Nous marquons une pause pour photographier un troupeau de chamois qui nous regardent interloqués (oui, même selon leurs critères, il faut vraiment être pas bien frais pour aller courir à une heure pareille en partant de tout en bas de la montagne… pour faire pire, il faudrait se jeter dans le lac une fois redescendu ou quelque chose dans le genre !?).

Les douleurs aux genoux sont mises de côté : la souffrance c’est pour les faibles (je n’ai pas dit qu’elles avaient disparu, j’essaie juste de ne pas y penser) et Le Père se dit que, comme le suggérait son client qui avait été en équipe suisse de course de montagne : « C’est lors de ces sorties d’entraînement qu’il faut tester les technique et le matériel !» J’essaie de corriger ma posture lors des parties roulantes et accélère pour garder le rythme de mon collègue de course. Il faut dire que c’est très valorisant : ça accélère et on se sent bien !

 

A moins de 3 kilomètres de la voiture, nous croisons les premières âmes qui vivent depuis que nous avons garé la voiture : 2 cyclistes, puis 1 trailer… Courir dans les montagnes : quelle idée !!!

Vue sur le Léman @Familles-nombreuses.ch

Nous sommes de retour à la maison presque dans les temps pour repartir, après une bonne douche très chaude… Le Père se demande une nouvelle fois à cette occasion s’il ne court pas juste pour la douche d’après la course ! Et il se re re re re demande pourquoi il court en général !!!

A la suite de son changement d’école pour aller à Etoy, numéro 2 est à nouveau plus en forme… La fin du harcèlement et des cours qui l’intéressent un peu plus sans doute ou des classes de moins de 12 élèves… Naturellement, junior ne travaille pas au début, ses notes dans certaines branches sont assez sévères, au grand bonheur du Père qui a dû hypothéquer 2 punks et vendre les organes d’un 3ème pour payer la scolarité du 2e… Madame, qui est du métier malgré tout, le contraint à quelques révisions et devoirs et ses moyennes remontent.

Il a montré une forte capacité d’adaptation à un nouveau monde scolaire ainsi qu’à un autre système, cette école offrant (hélas) un enseignement basé sur le système français… No 2 est à nouveau plus souriant et a l’air bien dans ses baskets, ce qui est fort sympathique. Le Père a aussi le privilège de passer un peu plus de temps avec lui en l’emmenant le matin avec lui en train jusqu’à Allaman où une navette vient le chercher.

Autre surprise, il se fait 1-2 nouveaux copains et apprécie les arts, ce qui n’avait jamais été son fort !

Pour les autres punks, la vie est belle et un long fleuve tranquille ! No 1 se bat toujours avec la fin de sa dyslexie, no 3 est en traitement contre sa dyslexie et veut apprendre l’allemand, no 4 se fait remarquer par son indiscipline, ce qui n’est pas des plus agréables et no 5 se plait à la petite école avec no 6. Bref tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, sauf qu’en cette fin d’année, le punk est fatigué, donc beaucoup, beaucoup, beaucoup plus irritable !

Tu vas me dire, lecteur perspicace et empathique, et les parents ?! Ta naïveté t’honore… ou tu n’as vraiment pas compris : Madame et Le Père ont 6 punks !

Toujours pas ?! Jusqu’à 2 enfants (c’est comme un punk, mais ça fait marginalement moins de bruit et ça peut paraître civilisé à un observateur qui serait assez loin et de nuit), tu peux éventuellement sauver des bribes de sommeil et de vie en société… Mais à 6 punks, une fois que tes propres parents t’ont renié (normalement vers la naissance de no 4 ou 5), ont déménagé (dès no 4 s’ils sont normalement constitués et pas totalement endettés ou grabataires) ou choisi Exit ou Dignitas pour éviter d’avoir à garder tes enfants une fois de plus… On ne demande plus à des parents s’ils sont fatigués… On leur demande à quel point il sont épuisés et comment ils tiennent !?

Heureusement, les vacances arrivent… Et, naturellement, les punks qu’il fallait sortir du lit en lâchant les chiens ou au gaz anti gilets jaunes, ceux-là même qui descendaient avec des petits yeux pour te culpabiliser et une humeur massacrante, se réveillent comme par miracle beaucoup plus tôt…

  • – Maman, il fait jour !
  • – Non, pas encore assez… va voir les autres et ferme la porte en sortant !

La porte claque, avec la légèreté du Baluchithérium au miocène… Le Père a la tête au fin fond du bas de son anatomie et essaie de rassembler assez de neurones pour parler ou bouger afin de regarder l’heure, espérant qu’il ne soit pas encore 8h… Junior reste léger et jovial, parfaitement conscient que le tuer, à mains nues ou non, n’est pas concevable à une heure pareil et dans cet état… Le sommeil et le réveil trop lent des parents a déjà sauvé des millions d’enfants dans le monde !

Donc, il y a fin d’année, vacances (aïe ! les punks toute la semaine à la maison !!!), 2 Noëls (remise de peine, nous avons encore pu grouper ceux de ma belle-famille en un seul, quelques jours de congés (2, toujours mieux que rien !) gracieusement offerts par mon patron, tout est pour le mieux… Vu comme la période est casse-couille, je trouve qu’ils devraient espacer un peu et faire ça tous les 3-4 ans, ça m’arrangerait…

Le Père a élu de mettre a profit ces quelques jours de congé et la disponibilité de beau-papa, pour re-remplir ses réserves bûchesques ou boitesques, avant que le froid ne devienne vraiment piquant… Beau-papa, ayant récupéré un stock, avait proposé de le lui donner s’il passait le couper avec lui; une date est arrêtée.

Le Père débarque, accompagné de numéros 3, 4 et 5 qui sont chauds patate après un trajet relativement calme entre Vaud et la Broye. Beau-papa annonce alors que la tronçonneuse ne souhaite pas coopérer… Plusieurs tentatives s’annoncent infructueuses : la machine continuer à récalcitrer, bien qu’elle ait condescendu à couper quelques bûches avant l’arrivée du Père !

Comme il n’est pas monté pour beurrer les toasts, Le Père propose que l’on revienne à des méthodes plus traditionnelles, voire basiques, et qu’on remplisse quand même le Bus… C’est avec les meilleures intentions qu’on fait, assez souvent, les pires conneries possibles et imaginables…

Une scie, qui ne fonctionne qu’avec la force des bras, rien de numérique, même pas un petit écran (rends-toi compte de l’étendue de l’horreur, lecteur peu enclin aux activités physiques ou manuelles !), est sortie. On commence, avec beau-papa, à s’agiter et couper.

J’aimerais te dire qu’avec sa condition physique hors norme et ses compétences bucheronesques acquises en caleçon de bain lors d’un camp de survie dans le Grand Nord canadien en plein hiver, Le Père a débité le bois aussi vite que la tronçonneuse… Mais je suis un immense mytho, pas un menteur !

Donc Le Père et beau-papa transpirent, coupent, remplissent des caisses et des caisses de bois, et finissent par remplir le Bus comme prévu… Le Père imagine qu’il va perdre un bras dans les jours qui suivent cette démonstration de force, mais à sa grande surprise il n’a aucune douleur les jours suivants !

Noël est fêté chez les parents du Père, avec ses sœurs et leurs enfants, puis dans la belle-famille. Les punks sont assez calmes et se comportent de manière quasi civilisée avec leurs cousins et grands-parents, ce qui est une délicieuse surprise. Rendez-vous est repris chez beau-papa pour achever le tas de bois qui agonise lentement, attendant la rémission de la tronçonneuse capricieuse. Beau-papa no 2, bricoleur d’exception et équipé comme une entreprise de la construction, se propose pour apporter sa tronçonneuse et prêter main forte, il semblerait que la chance du bois s’apprête à tourner !

Le Père monte avec 2 punks, no 3 et 4, et le coffre plein de caisses vides… Oui, jeune lecteur et néanmoins ami, Le Père a dû remplir le MPPT de bois et le vider (du garage sous-terrain à sa terrasse, le tout à dos de Père… enfin à bras, quand tu fais tout seul c’est plus rapide que de mettre sur le dos !?) chez lui et re-préparer le Bus (ôter les sièges de la dernière rangée pour pouvoir la rabattre, en évitant de coincer un punk sous un siège, Madame n’aime pas quand ils ont des bosses ou plis…).

Juste avant d’arriver chez belle-maman, il aperçoit beau-papa no 2 qui est en train d’aller chez beau-papa. Petite pause au milieu de la route pour des raisons organisatoires et il va poser 2 punks chez belle-maman qui a déjà les 2 grands en caution depuis quelques jours… Les déposer chez belle-maman quand tu vas employer la tronçonneuse est un gage de paix des ménages, jeune futur père ! En effet, si ta dulcinée, comme Madame, n’a pas un humour illimité lorsque tu rapportes 1 ou 2 punks avec des doigts ou extrémités raccourcis, il est préférable de les éloigner lorsque la tronçonneuse effectue sa tâche de destruction !

Un volume de bois conséquent est abattu, enfin débité, en peu de temps. Le coffre est re-re-rempli, ainsi que deux immenses caisses vertes posées sur une remorque et une partie du garage. Beau-papa no2 remporte sa tronçonneuse pendant que Le Père finit de ranger ce qui doit l’être avec beau-papa. Discussion sans personne avec beau-papa qu’il apprécie beaucoup, moments trop rares et tellement importants… Il est décidé que Madame le rejoindra vers Pâques, quelque part en France, pour marcher un peu. Le Père remercie mille fois beau-papa pour tout ce qu’il fait et doit déjà repartir récupérer les 4 punks restés chez belle-maman.

Naturellement, il fait froid et nuit tôt, mais la neige, venue nous narguer sur les montagnes environnantes, n’a toujours pas condescendu à venir poser ses miches froides dans le jardin… Ce n’est pas les fêtes de Noël blanches et joviales, mais ça a un bon côté… ON PEUT ENCORE COURIR !!!!!

Suite à un énième échange d’idées tordues du Père et de son acolyte coureur, invitation internet est envoyé et on commence à se préparer… Quand Le Père arrive à Givrins, presque à l’heure pour une fois, 2 coureurs sont déjà au second passage de l’échauffement… Oui, nous avons trouvé un taré de plus capable de sortir et de se joindre à un départ de nuit pour 3h dans le froid et le vent !!!

Le départ est assez rapide, par habitude et par manque patent de condition physique, Le Père reste un peu derrière. La neige apparaît un peu en dessous de la Barillette, une neige dure, glacée par la pluie qui est tombée depuis jusqu’à 2’000 mètres. La descente commence, Le Père est partagé : il n’arrive pas à enfoncer tout le temps, pour trouver de la stabilité et la croûte rend la descente assez sportive !

Un peu plus loin, alors qu’il est un peu plus loin devant, mon acolyte tombe, glissant sur la glace. Il a le nez en sang, on prend 5 minutes pour regarder si ce n’est pas cassé, ça a l’air de tenir et ne saigne presque plus. Des parties sont en glace ou avec une petite couche, on avance en faisant gaffe. Le Père est régulièrement un peu derrière, ce genre de sol ne lui étant pas propice… Et sur une partie de chemin sans difficulté particulière, il se tord la cheville.

Il sent tout de suite que ce n’est pas juste une petite torsion, mais il faut essayer de rattraper les autres et de toute façon, il faut regagner la voiture ! Les autres l’attendent de temps à autre, histoire qu’il ne se perde pas, mais son entorse – car s’en est bien une…oui, oui, tu as bien compté, lecteur attentif et fidèle, c’est la dix-neuvième ! – le ralenti passablement quand le terrain est accidenté… Donc tout le temps, ou presque, en trail !

On rejoint la voiture, le retour se fait après avoir viré les chaussures. La cheville est effectivement assez gonflée, mais Le Père sait que, chez lui, ça va passer assez vite !

L’année se finit donc sur un bilan mitigé…

Kilomètres courus    :        1’469

Dénivelé +                :        45’590

Kilomètres vélo        :         226

Poids au début de l’année : 105kg

Poids au 31.12.2018 :          95kg (4kg de plus qu’à la fin de la dernière course !?)

Oui, alors j’entends déjà les habituels critiqueurs anonymes : Dhaene, lui a couru plus de 4’000 km et 200’000m de D+ ! Merde à la fin ! Viens courir avec moi, futur jeune père, mais supporte aussi mon rythme 2 ou 3 semaines, pour que nous soyons vraiment sur un semblant d’égalité… Et n’oublie pas : 2018 fut une grande année : Le Père a dépassé les 15 nuits à plus de 8h pour la première fois depuis longtemps !

Le weekend est déjà bientôt là, les vacances sont encore loin, il fait froid et nuit, va vite te coucher lecteur fidèle et adoré ! Si tu n’es pas trop impatient, et qu’il trouve le temps nécessaire, 2019 pourrait être une année surprenante !!!