Ce terme affectueux, que nous rêvons toutes d’entendre depuis le moment où nous avons fait pipi sur notre test de grossesse, est imaginé murmuré, susurré avec émotion et adoration, avec la bouche en coeur.

Ce terme affectueux, que nous rêvons toutes d’entendre depuis le moment où nous avons fait pipi sur notre test de grossesse, est imaginé murmuré, susurré avec émotion et adoration, avec la bouche en coeur.

Après ce fameux test, nous pouvons le dire: je suis une “future” maman. Je vais devenir maman… Et nous (nous) répétons ce mot, afin de nous aider à réaliser et à l’apprivoiser. Techniquement, du moment où un bébé (ou plus) se niche dans notre ventre, je trouve que nous sommes déjà maman. Nous protégeons notre enfant, le nourrissons, nous faisons du souci, nous faisons passer ses besoins avant les nôtres (c’est le bébé qui a envie de cornichons, de tartes de Linz, de potage^s aigre-doux du petit Chinois du coin et de kebabs au milieu de la nuit (le tout ensemble, bien sûr), pas nous…) bref… nous avons les mêmes préoccupations qu’une maman avec un nouveau-né.

Rencontre…

Un beau jour, la rencontre tant attendue a lieu! Nous sommes réellement, aux yeux de la société, une maman…

Quelques mois plus tard, votre enfant balbutie des syllabes se terminant par “a”, et vous pensez entendre ce fameux mot, qui va vous tirer les larmes: “ma-ma”. Si vous avez de la chance… Parce que mes enfants ont toujours dit “papa” en premier… Frustration suprême… Enfin, un jour, votre rejeton vous regarde dans les yeux et vous appelle : “Maman”. Là, honnêtement, vous pleurez d’émotion, de joie… Vous appelez vos parents, vos copines, vous avertissez le monde entier via les réseaux sociaux et vous écrivez quelque part dans un cahier: il parle et son premier (deuxième ^^) mot, c’est “maman”.

Puis, l’enfant continue à grandir. “Maman” devient un mot utile; “maman”, ça signifie aussi bien “faut changer ma couche”, que “j’ai faim”, “j’ai sommeil”, “viens m’aider à attraper le chat”, “j’arrive pas à me déshabiller”, “j’ai mal” ou “il est où papa?”.

Parfois, vous avez la chance d’être plusieurs fois maman. Ce qui, par la force des choses, multiplie le nombre d’appels par jour. Ou par minute, devrais-je dire. Alors bien sûr, les enfants plus grands savent mieux s’exprimer, mais ils commencent quand même toujours leurs phrases par le mot désignant cette personne ayant le don d’ubiquité: “Maman, il est où mon T-shirt?”, “Maman, tu peux m’aider pour les devoirs?”, “Maman, je peux manger (s’il te plaît, je ne te l’ai pas assez répété??)?”, “Maman, c’est trop tôt, je veux pas aller me coucher”, “Maman, laisse-moi tranquille!”, “Maman, tu peux venir nettoyer mon vomi?”, “Maman, je suis triste”, “Maman, il m’a piqué mon jouet, je le déteste!”, “Maman, il fait jour, faut te réveiller! (oh punaise… j’aime vraiment trop l’hiver!!!), “Maman, j’ai mal…” et… “Maman, il est où papa?”. Quand au volume sonore, il n’y a pas de demi-mesure… C’est au maximum. La nuit, le jour, le matin, au magasin, chez la voisine, à la bibliothèque, dans le bain… Histoire de ne pas pouvoir vous soustraire à votre responsabilité. Parce que si par hasard vous ne répondez pas à la première sollicitation, il peut y en avoir un certain nombre après (j’ai arrêté l’expérience après 18… mais vous vous lasserez avant lui…).

Ce doux mot que vous aviez rêvé d’entendre, vous ne le supportez plus. Vous l’entendez quand vous êtes aux toilettes (forcément, c’est le grand classique) ou au téléphone (2e grand classique), quand vous êtes vous au fond du lit, quand vous cuisinez, quand vous conduisez (“Maman, regarde, je vais coller ma crotte de nez sur la fenêtre, pour faire un joli dessin!”)… Il vous réveille même parfois (souvent? toujours?) la nuit… Il vous arrive même de l’entendre en rêve!

Et puis, à ce moment-là, votre enfant vous dit: ” Je t’aime Maman. Jusqu’à la lune”. “Tu es la plus parfaite des mamans du monde.” Eh bien, croyez-moi, même à 4h du matin, alors que c’est la 3e fois que le punk vient vous réveiller, que vous ne savez même plus comment vous vous appelez (enfin si… “maman”… je voulais dire… que vous ne connaissez même plus votre prénom), vous vous laissez attendrir par cette douce phrase.

Mais, parfois, vous n’en pouvez plus d’être une maman. Juste une maman. Rien qu’une maman. Rien d’autre (entendons-nous, mis à part infirmière, assistante sociale, cuisinière, taxi, psychologue, maîtresse d’école, …). Alors, si vous avez de la chance, vous appelez… votre maman.

“Maman? Ecoute, c’est moi… J’en peux plus…”

Finalement, réjouissons-nous de pouvoir entendre ces deux syllabes: tout le monde n’a pas cette chance…

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.