9 octobre 2013

 

Mon métier offre maintes joies : un interminable meeting une fois par mois avec tous les vendeurs, des horaires parfois plutôt longs et une probabilité de promotion équivalente au QI d’un pangolin pré-pubère…

J’ai aussi la chance de voyager pour aller prêter main forte à quelques vendeurs lors des road-shows (des journées de présentation dans différents pays).

Cette semaine, j’ai appris dimanche soir que ma collègue directe ne viendrait pas pour la réunion mensuelle, du fait d’un arrêt maladie d’une semaine… Du coup, plus de boulot. Je devais aller à Paris mardi, et elle à Bruxelles mercredi (en même temps, elle habite la Belgique, c’est moins loin pour elle…) et dois la remplacer au pied levé…

La finance, suite aux abus de certains haut placés durant les dernières années, est en phase constante de réduction des coûts (enfin à mon niveau… tout le monde n’est pas obligé de faire des efforts!) et la réception me propose un vol avec boarding à 5h50 pour Bruxelles. Il faut être à l’aéroport avant 5H30 et je me lève donc à 3H45 pour aller prendre le train… pour économiser EUR 200… En sachant que le retour de Paris de la veille était prévu à 19H40…

Numéro quatre commence les hostilités dès la nuit de lundi à mardi… il se réveille 3-4 fois jusqu’à minuit et demi : loupé je n’étais pas couché!!!! Ahahah même pas mal!

Donc pour partir à Paris, il faut que je me lève à 5H15 pour prendre le train de 6H18, ce qui me laisse un peu de marge en cas de retard de train ou autre problème… Numéro deux (yeux du père, dents de la mère… et voix aussi!) se réveille (et donc réveille tout le monde au passage) du fait d’un cauchemar à 1H30… Couché depuis une heure, je suis dévasté… Ma femme préférée va le voir une fois ou deux, mais il n’est toujours pas calmé. Cela réveille naturellement numéro trois et quatre, ma fille, bien qu’il ait débarqué dans sa chambre, n’a pas bronché (elle manque d’humour au sujet du sommeil, comme du chocolat).

Nous nous recouchons, mais pas pour longtemps… Junior a toujours eu le sommeil léger, là il a peur, et quand il a peur, il hurle! Bien que d’une patience infinie, je suis à deux doigts de monter lui mettre une main sur la tronche pour lui faire comprendre que merde il y en a qui bossent et qui doivent se lever bientôt et que ce serait fort urbain d’arrêter de nous casser les rustines en pleine nuit!

Mais c’est là que l’on s’aperçoit du chemin parcouru depuis que j’ai quatre enfants… Je reste calme, monte, essaie de le raisonner et le recouche. Je redescends coucher aussi numéro 3 qui se lève dès qu’il entend du bruit et lui dis que, avec l’alarme et tous ceux qui ne dorment pas dans cette foutue baraque, aucun méchant ou voleur sensé n’oserait rentrer et qu’il peut donc se reposer et, lui aussi arrêter de nous les briser menu!

Je passe recoucher numéro 4 qui trouve que le niveau sonore n’est pas encore suffisant et en rajoute un peu. Il boit et se met en position d’attaque – c’est là la force des morveux: pendant que je passe d’une chambre à l’autre et monte et descends des escaliers, ils se reposent tranquillement – laissant présager que nous pourrions dormir un peu…

Jusqu’à ce que numéro 2 re-braille… J’hésite à régler ça à l’ancienne au club de golf mais opte, par altruisme, éducation ou peur de la justice, pour la discussion (saloperie de pédopsychiatre!).

Je finis par me rendormir à 3H45, alors qu’eux se rendorment tout de suite quand ils ont décidé… et mon réveil sonne à 5H18. Je l’éteins et me rendors…

6H52, la neurone qui essayait désespérément de trouver une copine pour me ressusciter finit par aboutir! Je pars en courant, me douche en jurant et me rase en maudissant mes garçons, et pars au sprint pour le train (comme Usain Bolt, mais décalqué, avec des chaussures de ville, en costume, manquant de sommeil, et qui dirait « tetschütetschütetschü » dans les rues heureusement quasiment désertes (banlieue genevoise tôt le matin).

Le train est en gare quand j’arrive en haletant (contrairement à Bolt, je ne suis pas né pour courir… ou en tous cas pas le matin) et appuie sur le bouton pour ouvrir la porte. Rien. Je rappuie 14 fois en jurant et il part!!!!

Je vais faire une importante aparté pour tous ceux qui travaillent au CFF… A la seconde où je deviens dictateur suprême en Suisse, ça va masser!!! Et je ne parle pas cette fois des personnes qui s’occupent des prévisions météos… j’y reviendrai…

Après un bref monologue inarticulé et empli de borborygmes et interjections fleuries, un de mes cerveaux m’apporte les deux ou trois alternatives à mon dilemme. Je me fais donc voler plus de CHF 100 par un chauffeur de taxi, au moins sympathique, et choppe mon avion pour Paris. Journée sans histoire et retour à la maison vers 20H40.

Couché naturellement vers minuit et demi, réveil à 3H45, avec les cheveux qui poussent et des difficultés à croire que j’ai vraiment dormi… Je m’envole avec 5 minutes d’avance pour Bruxelles, où tout se déroule pour le mieux (il manquait les présentation et un pupitre pour le conférencier, mais rien de grave). Au moment de repartir, Easyjet a du retard, je rate la réunion pour le catéchisme de ma fille… il faudra aller demain à la séance de rattrapage…

Il est 23H30, je vais aller me coucher. Quoi que fassent les punks, je ne les entendrai pas : trop fatigué!

 

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