1er octobre 2013

 

Ma femme se réjouissait de partir faire l’accompagnatrice à un camp de marche en Valais avec des élèves des classes de la marraine de numéro deux. J’avais proposé – quel bon mari! – de prendre mon mardi et mon mercredi pour compléter le jeûne fédéral (celui de Genève, pas le vrai…) jeudi, le lundi les punks étant gardés par ma mère et vendredi par ma belle-mère. Les punks, c’est ainsi que l’on surnomme nos quatre fabuleux enfants.

Vendredi matin, je me lève pour aller travailler et intercepte numéro trois qui sort de sa chambre en râlant… Je lui demande s’il a encore inondé son lit, mais à sa réaction, je comprends vite qu’il y a quelque chose de pourri au royaume de Danemark et le traîne aux toilettes où il vomit… Je pars au travail après l’avoir recouché. Il ne vomit pas plus et n’a pas de fièvre, nous nous croyons tirés d’affaire…

Samedi matin c’est notre première qui vomit, mais elle a de la fièvre… Ma fille supporte très bien la fièvre jusqu’à 36.5 C; là, à plus de 38 C, elle est à l’article de la mort… Un bonheur n’arrivant jamais seul, nous constatons que la piqûre de tique de numéro deux datant de deux semaines commence à réagir! Il a la maladie de Lyme, ou boréliose…

Je me résigne à annuler le lunch prévu depuis longtemps avec un collègue devant venir à la maison avec sa chère et tendre, et envoie courageusement ma femme voir le pédiatre avec les trois grands. Numéro deux choppe 14 jours d’antibiotiques et notre aînée 10 jours pour son angine à streptocoques… Tout va bien, ma fille ne sera plus contagieuse lundi et pourra aller à l’école et junior ne risque pas de tomber malade sous antibiotiques. Les vomissements peuvent être un des symptômes du début de l’angine à streptocoques, nous sommes rassurés et pensons – naïvement – que nous avons échappé à la gastro… C’est marrant cette tendance qu’ont les parents à croire à un dénouement heureux, malgré le recul de l’expérience et de la réalité quotidienne…

Dimanche, ma mère devait arriver en fin de journée pour être sur place le lendemain matin pour garder les punks en mon absence. Situation un peu stressante : elle va s’occuper de lever les deux grands pour les envoyer à l’école et s’occuper des deux plus petits… Je m’attends à un déluge de remarques plus ou moins drôles – voire franchement désagréables – sur mon inaptitude à les élever, le fait que nous fassions tout faux, que nous n’aurions pas dû en faire quatre, …

Dans la matinée, numéro quatre vomit. Ma femme tombe malade par solidarité : une gastro ça se partage, sinon ça perd son charme! Arrivée de la reine Mère chez nous et soirée sans accrocs, ma femme n’étant toujours pas très bien se couche vite, évitant les soucis…

Le lendemain matin, je renonce judicieusement à quitter la maison, numéro quatre ayant passé le plus clair du dimanche à hurler et ne voulant pas quitter les bras de sa mère. Je perds quatre kilos dans la matinée par solidarité avec mes enfants… avant d’être appelé par la maîtresse de ma fille : elle pleure et se plaint du ventre. Décidément, pas de répit ! Je pars la chercher.

Je la trouve sortant des toilettes. Alors que je parle cinq minutes avec sa maîtresse, elle part vomir. J’en déduis qu’elle ne fait pas de pipeau et la ramène au bercail. Je ne peux pas aider tellement ma mère, passant la journée entre les toilettes et mon lit.

Ma mère devait rentrer lundi soir, pour ménager mes nerfs ainsi que la bonne ambiance familiale… mais comme mon père doit partir pour l’Afrique et l’ascension du Kilimandjaro vendredi, elle ne veut pas risquer de le contaminer et me dit qu’elle va rester encore mardi pour s’assurer qu’elle ne soit pas contagieuse… Je me dis que c’est un moindre mal et patiente.

Elle est malade mardi matin dès le réveil et là je me dis que la semaine va être longue… J’explique à ma fille, qui a passé la journée de la veille à courir dans le jardin qu’elle va retourner à l’école. Elle m’annonce avoir mal au ventre. Comme tout papa gâteux, je lui dis très calmement que l’école n’est pas facultative, qu’elle ne peut pas rester à la maison jusqu’à 20 ans et qu’elle va y aller merde à la fin!

Comme tout papa gâteux, je l’accompagne jusque dans sa classe et parle à sa maîtresse pour lui expliquer que sa mère est partie pour la semaine, elle a beaucoup changé de maîtresses depuis son début de scolarité et aimait beaucoup la dernière… Elle semble comprendre et a l’air très sympathique. Mon aînée daigne rester en classe.

Le reste de la semaine s’est passé sans incidents notables: je n’ai tué aucun punk, pas si évident sur la quantité, ni ma mère, pourtant très tentant (il faut dire pour sa défense qu’elle a été plutôt sur la retenue, comparée à d’habitude… pour bien se représenter le sujet, elle a normalement la délicatesse d’un légionnaire est-allemand de 180kg dans un magasin d’origami, donc moins pire reste relatif, mais … j’ai grandi avec, ça aide)!

Numéro trois, marchant sur les cailloux du bord du lac à Rolle, a freiné avec la tempe (il est spécialiste des chutes, bleus et blessures diverses, mais celle-là force l’admiration, ex-æquo avec numéro deux qui a glissé sur les mêmes cailloux quelques semaines avant en s’éraflant la jambe, mais moins bien que ma fille qui, la semaine suivante, a elle freiné avec le nez et les dents au même endroit… je vais demander à la ville de mettre une plaque à cet endroit au nom de mes petits!), la routine!

Finalement j’étais quand même content que ma femme rentre de camp, même si j’adore passer du temps avec les punks…

 

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3 thoughts on “01 – Une semaine seul avec les punks…

  1. J’avais déjà eu presque tous les détails… Mais j’ai adoré lire cette histoire…
    Ta femme et moi avons bien bronzé cette semaine là, piqué quelques bons fous rire qui ont fait du bien. Perso, j’ai passé un excellent moment avec elle et je crois que c’était pas mal réciproque, même si certains lui ont manqué un peu… ; ) !

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