Amis des bactéries et des microbes, bonsoir !

Du fait des milliers de manifestants à travers la France scandant : « Le Père ! Le Père ! », je me suis décidé à sortir de ma flemme hebdomadaire pour arracher une chronique de ma magnanimité malade… Madame essaie de tempérer mes ardeurs toutes naturelles devant une telle manifestation de mon lectorat : ils crient : Uber ! Uber !

Oui, en même temps Uber ne veut pas dire grand-chose et ma version est beaucoup plus probable…

Les semaines s’enchaînent et ne se ressemblent, fort heureusement, pas toujours… sinon à quoi bon s’entêter !

Grâce au Père, le site de Madame est en train de connaître une belle popularité, une renommée internationale et des millions de fans, et c’est bien naturel. Notre statut de « famille star » nous vaut, une vénération sans borne de nombreuses personnes, des interviews et pas mal d’attention… C’est donc tout naturellement à nous que s’adresse Migros Magazine pour illustrer une famille nombreuse pour son numéro consacré à la natalité… Ce qui implique un petit article et une photo.

Et une photo.

UNE PHOTO !!!!!!!!

Je revois encore la dernière photo de famille : tout le monde assis sur les escaliers, mais un ou deux punks qui font la gueule (ou pleurent), malgré les menaces diverses et variées… Madame se veut rassurante : ce sera dans un studio, avec un photographe professionnel, ça va aller ! En plus ça nous fera une belle photo avec tout le monde (sous-entendu : toi tu ne fais que des photos de merde, au moins là ce sera cadré ! Le Père est vexé…).

Je dis oui, oui, imaginant déjà : numéro 2 poursuivi par un assistant photographe qui veut l’assommer à coup de trépied, ma fille insultant un de ses frères, numéro 3 et 4 en train de faire les cons pendant que numéro 5 s’est éloigné pour machouiller le décor… Comment ça pourrait ne pas bien se passer, et tout ce qui pourrait merder en beauté… Je suis assez confiant aussi !

Hors donc, vendredi (séance de photo -1 jour) soir, dans un élan d’altruisme et de sympathie pour Madame, je la laisse sortir … Normal, j’ai du boulot : ma fille réclame des tresses depuis une semaine (ma princesse est trop délicate pour le pain…) et comme nous sommes sur Neuchâtel le lendemain je vais aussi faire une soupe.

Mais procédons dans l’ordre… Je me suis couché trop tôt, non trop tard (enfin si trop tôt, on était déjà techniquement le matin depuis longtemps !), jeudi soir/vendredi matin. Vers 6h20, numéro 4 débarque en pleurant et se plaint du ventre, de la tête ou que sais-je. Pour éviter un drame (réveil de 2-3 autres punks, hurlements, pleurs, râles et autres drôleries, Madame embarque numéro 4 dans le lit et se lève lâchement pour aller se préparer pour travailler…

Junior tousse, se tortille, est bouillant… A un moment il commence à tousser trop à mon goût… Bien que mal réveillé, j’essaie de l’éloigner rapidement de : a. notre lit, merde à la fin, il y a des choses à respecter !, et b. notre parquet, qui n’est pas un parquet synthétique comme dans sa chambre à lui…

Naturellement numéro 4 vomit à 10 centimètres du bol de sangria : encore sur le parquet, mais près de la porte (effort louable !). Pyjama et parquet décèdent dans un déluge de pleurs et vomi liquide, le père râle (déjà, la journée est mal barrée…) et emmène numéro 4 dans la salle de bain pour le nettoyer et finir de vomir, si besoin est, dans un univers plus adapté à ce genre d’activité ludique…

Junior retourne au lit, avec un peu d’Algifor histoire de calmer la fièvre et les maux de tête… J’essaie de redormir avant d’aller lever les autres pour l’école, j’ai la tête trop au fond du derrière pour déjà me réjouir pour la séance de photo avec numéro 4 vomissant partout et faisant la gueule du fait de la fièvre… Si on ajoute numéro 3, qui s’est lancé dans une retouche créatrice de sa tronche en s’éclatant sur la rampe – fort rugueuse – du garage, et dont le nez et la lèvre supérieure sont encore un brin sanguinolents… Ca m’aurait peut-être remis de bonne humeur !

Journée sympa et sans histoire : numéro 4 est fatigué, a mal à la tête, a soif mais vomit s’il boit plus d’une gorgée d’eau toute les 5 minutes, a de la fièvre.

Comme toute personne souffrant d’un Munchhausen par procuration, Le Père adore rendre ses enfants malades pour pouvoir les soigner… Là c’est du pain béni : je n’ai rien eu à faire ! Note pour le jeune et, malheureusement, inexpérimenté père novice et innocent : non, malade ton môme n’est pas plus calme… Il fait des bruits moins puissants, mais tout aussi insupportable : il geint tout le temps, comme s’il était le centre du monde et de toute la misère de celui-ci… L’enfant ne pense pas trop aux autres et ne sait pas prendre sur lui et c’est fort incommodant !

Bien qu’impatient, Le Père se change en infirmière, même si la tenue d’infirmière est plus seyante sur Madame… J’encourage les autres punks à se désinfecter les mains au Sterilium, expliquant que vomir les amuse habituellement peu… Pour une fois ils m’écoutent et s’exécutent sans râler !

Nouvelle note pour le jeune père novice : le sterilium liquide, que tu peux te procurer dans n’importe quelle bonne pharmacie digne de ce nom est une sorte de bouffée d’oxygène dans la puanteur toxique de ce monde cruel et froid… Grâce à Heinz-Gunther Sterilium, il existe aujourd’hui une façon simple et rapide de tuer beaucoup de microbes, où que tu te trouves ! Tu l’auras compris, quelque fort que soit son élixir miracle, ça ne te débarrasse malheureusement pas des plus encombrants, les punks sont toujours là…

Autre parenthèse drôle : un copain qui me voyait me laver les mains avec un petit flacon bleuté me signalait y être accro… Comme il me dit qu’il en a des bidons à la maison, je lui dis que nous achetons le produit par bidon industriel de 5 litres… Il a beaucoup rigolé, croyant que je bluffais… C’est presque triste de se dire qu’en fait, ce n’était pas de l’humour de ma part ! Nous avons toujours un bidon de 5 litres en cours à la maison et rechargeons les différents bidons de la maison ainsi… La réalité est moins sexy quand on a 5 enfants ! Si c’est une lubie de sa part – il n’a pas d’enfants ! – il s’agit bien de survie pour nous…

Mais cessons de diverger, nous nous égarons dangereusement…

Fin de journée, numéro 4 a râlé toute la journée sans accepter de se coucher ou presque. Il mange un petit peu et décrète soudain qu’il veut aller se coucher. Je pense qu’il va monter et jouer, mais il m’appelle rapidement et je dois le coucher à 19H !

Fin de repas pour les 3 grands et numéro 5. Numéro 2 fait le singe et me provoque. Je le punis encore en le privant de tablette pour quelques mois de plus – il en est à 2017… – numéro 2 se fâche : « t’as pas le droit, je vais le dire aux journaux !!! » Le Père réagit très mal : j’éclate de rire ! Naturellement il me menaçait de dire au journaliste du Migros Magazine à quel point je suis un sadique détraqué de le priver de ses droits civiques fondamentaux à une tablette, mais c’est partit tout seul, j’ai rigolé ! Comme il sait que je vais mettre un film après le repas, il finit par se calmer…

Je mets les 3 autres grands devant « Maman j’ai raté l’avion », un documentaire culturel sur la manière de réagir vis-à-vis de cambrioleurs, puis couche numéro 5 et vaque à mes loisirs, parmi les éclats de rires des punks… Lave-vaisselle, tresse, soupe et autres hobbies sont effectués à grande vitesse, sans personne dans les pattes !

Je couche tout le monde et, force m’est de le reconnaître, pour une fois, ils ne font pas trop les fous !

Madame rentre tard et nous nous couchons vite, la nuit pourrait être compliquée et la journée risque être drôle !

Nous partons pour Neuchâtel, avec deux véhicules, histoire que Le Père puisse vaquer à ses occupations après la séance de shooting… Plus d’une heure de poses diverses et variées, avec les punks qui participent plus ou moins, se plient plus ou moins et obéissent plus ou moins. Le miracle a eu lieu : numéro 4 est en pleine forme, n’a plus de fièvre, ne vomit plus, mais a des plaques de boutons un peu partout sur le corps… Les photos ont une bonne chance d’être réussies…

Le photographe fait de son mieux pour avoir une belle photo de notre famille, il doit probablement avoir fait prendre 20 ans à son appareil photo numérique, à force de mitrailler (mitrailletter, comme dit numéro 3), a eu peur de perdre des morceaux de son précieux matériel lorsque les punks se sont courus après autour de l’atelier, atelier pas vraiment équipé pour résister aux punks plus de quelques minutes (ce qui est déjà un tour de force en soit !), a craint la déchirure du fonds vert, la chute d’un escabeau, ou la chute de la table…

Nous repartons sains et presque saufs, ma fille fait la gueule, je ne sais plus pourquoi, mes fils courent jusqu’au bus, je transporte 5 tonnes de matos et me sens pas top, mais pas le temps d’y penser. J’abandonne Madame lâchement, elle repart pour le canton de Vaud, je vais vers Fribourg…

Repas de midi sain et équilibré : Snickers et coca achetés dans une station-service, journée raccourcie par un Père qui se sent de plus en plus mal… Maux de tête, fièvre, toux qui revient : la fin du monde revient !!!!

Retour à la maison plus tôt que prévu. Railleries de Madame, assez moqueuse (forcément, il ne fallait pas se marier, elle se croit en terrain conquis maintenant !), mais je pressens que cela ne va pas durer… la justice la plus simple voudrait qu’elle tombe aussi malade !

En effet, j’ai cette fois plus de 38C, elle ne peut plus ignorer la sévérité de mon état physique… Je me couche un moment pour la peine !

Dimanche, journée Familles-nombreuses.ch ! Trop malade pour se lever, Le Père se fait porter pâle, sans trop de regret : une journée dans une immense salle de jeu pour enfants en semi-liberté, avec ce que cela implique de cris, d’odeurs désagréables, de blessures potentielles, … : ça ne correspond pas vraiment à ma définition de la journée de folie !

topsante.com

topsante.com

Je passe la journée effondré, au lit, avec 39C de fièvre, frôlant la mort plusieurs fois… Trop mal en point pour tenter d’aller défier les petits vieux du home pour personnes âgées local au concours de crachats de petits glaviaux tout verts, je reporte cette journée culturelle à une date ultérieure, à regrets !

Au retour des punks, tous fâchés pour des raisons diverses et variées, je sais que la période de quiétude est passée et ne reviendra pas avant 18 ou 20 ans… C’est pourtant sans une larme que Le Père fait une croix sur le calme et aide les punks à manger, gueule 2-3 fois, histoire que la maison ne s’endorme pas trop ou ne tombe dans le silence… Eheheh, le silence… C’est comment déjà quand il n’y a pas de bruit ? Même pendant la nuit, les punks font du bruit !

Les punks sont très tendus, comme s’ils sentaient que quelque chose se prépare…

Ca ne manque pas, l’instinct du punk est vraiment incroyable ! Lundi en fin de journée, numéro 2 est malade avec fièvre (plus de 38C) et tête de déterré ! Pour éviter qu’on s’en débarrasse à la petite école, numéro 4 aussi à la tête des grands jours, fièvre, cernes, râle douloureux, maux de tête.

SMS à la maîtresse, préparation et envoi des survivants sur le chemin de l’école avec Madame qui souhaite faire de l’exercice.

Le Père a profité de sa maladie pour se péter le dos, histoire de ne plus pouvoir bouger ou porter junior pendant quelques jours, pour bien profiter aussi des quintes de toux… La vie est faite de tout petits plaisirs… C’est un peu comme la gastro, la douleur dans le dos : ça te fait passer assez vite l’envie de tousser quand ça pique !

Naturellement Le Père a adopté les habitudes alimentaires du Dermanyssus Gallinae, appelé avec raison pou de gallinacé… Donc hormis un Snickers et un coca, samedi, j’ai mangé une boîte de foie de morue, deux toasts et deux cocas dimanche, un emballage de viande séchée et 1.5 coca lundi… N’ayant pas couru depuis plus d’un mois, Le Père avait pris du poids… Le poids est reparti tout seul, comme il était venu ! Seul point positif d’être malade depuis près d’un mois entier (saloperie de mômes !).

Mardi, tout va bien : numéro 2 fait une pointe à 40,5C, nous faisons rapidement baisser la fièvre avec un Doliprane. Numéro 4 est toujours au plus mal, râle toute la journée pour le bonheur de son père, et numéro 3 commence à être chaud et amorphe en fin de journée… Madame commence à montrer de sérieux signes de faiblesse, elle a d’ailleurs plus de 36,8 de fièvre, ce qui correspond à 38,9 en équivalent humain ou pour les animaux à sang chaud… Seule ma nana défie les statistiques et peut encore se plaindre de devoir aller à l’école !

J’entends d’ici d’aucun se gausser : elle a le caractère du Père, même les virus n’osent pas la toucher ! Je ne prendrais même pas la peine de relever, tant ce genre de remarque est puérile et dénuée de tout fondement… Le caractère de princesse provient probablement du côté de sa mère !

La semaine se poursuit en mode survie : celui qui est en état fait à manger, range un lave-vaisselle ou aide les punks. Celui qui a la patience s’occupe de ma nana pour ses devoirs, emmène princesse au basket, numéro 3 qui s’est remis dès le lendemain, au judo,…

Deux passages chez le pédiatre (encore une grippe qui pourrait lui permettre de se payer un chalet pour les sports d’hiver), avec frottis et prise de sang pour numéro 4 (là on parle plutôt d’un village que d’un simple chalet…) qui, définitivement, n’apprécie pas trop le traitement et finit la visite dans les bras du Père, pleurant et se plaignant d’avoir eu mal…

La semaine se termine. Nous avons eu jusqu’à 6 malades sur 7. Madame est toujours fatiguée et victime de céphalées… Numéro 5 a toujours de la fièvre, tousse, renifle et semble absent assis sur sa chaise. Numéro 2 est sur pied et a repris l’école vendredi matin (Papa, je crois que je tousse encore trop pour y aller ! Eh, va vite t’habiller, vite ! Rrrrrrrrrr). Numéro 3 ne semble pas avoir été malade, tellement il a la forme ! Ma fille va bien. Numéro 4 semble toujours malade, tousse encore, n’a plus de fièvre mais dort beaucoup et a mal à la tête… Le Père est à -3.5kg, ayant déjà repris un peu, tousse toujours et a plus ou moins retrouvé l’usage de son dos.

Le weekend va être chargé, nous avons du monde qui vient dimanche, Madame sort samedi soir : reposez-vous bien et profitez vite de votre weekend ! Chez nous ça va continuer à masser encore un peu… probablement 18-20 ans !