Amis des punks et du quotidien, bonsoir !

Je vous ai manqué ? C’est normal ! Non je rigole, c’est réciproque !

Une connaissance m’a demandé comment ça se passe, 5 punks au quotidien… Vous voulez vraiment savoir ? Ok, vous l’aurez voulu… on y va…

Réveil à la James Bond : immense chambre immaculée, plancher incroyable, classe et épuré, tout est rangé, Le Père arbore une très légère barbe de 2 jours qui le rend sexy, un peu ténébreux et sérieux à la fois, une bombe est encore étendue dans le lit, il traverse la chambre en calebute classe (plutôt à la Brosnan qu’à la Daniel Craig… si on veut être précis), naturellement il ne se gratte pas le paquet (On parle de James Bond, merde, un peu de respect ! Et de toute façon n’étant habillé que d’un caleçon, donc il y a forcément caché son Walter PPK (le flingue du James) et se gratter risquerait de prétériter sérieusement l’avenir de sa descendance, déjà certes fournie et assurée) et va juste se doucher.

La bombe le rejoint sous la douche et, beaucoup, beaucoup plus tard, il part éclater des méchants, le tout en smoking avec nœud pap, sans se salir, ni se blesser au-delà d’une ou deux égratignures qui le rendent d’autant plus classe… que le monde est simple et bien fait !

Ok, fini de rire James, back to normal life!

Ce n’est pas le weekend, c’est donc à mon réveil et non à un cri de junior qu’incombe le bonheur, non le privilège, de me réveiller… Je laisse la bombe qui dormait à côté de moi et quitte le lit à tâtons, dans une chambre plus ou moins rangée et encombrée de livres… Je me sors la tête que j’ai au fin fond du c… (forcément, je me suis couché trop tard, pour une raison idiote : des payements à faire, une tresse (de renommée internationale, dois-je le rappeler ?), un pain ou n’importe quelle excuse me permettant de larver à l’état végétatif devant la télé et mon portable (à priori pas en faisant une chronique, compte-tenu du retard de la présente…) où elle ne demandait qu’à rester, m’habille et fonce réveiller les punks…

Râles, crises et premières insultes fraternelles, tout le monde descend en râlant, plus ou moins habillé, avec les pulls plus ou moins dans le bon sens, pas forcément ce que nous avions préparé pour eux, mais c’est secondaire.

Petit déjeuner conjugaison : je te provoque, tu m’insultes, il fait une crise, nous hurlons, vous boudez, ils quittent la table forcément fâchés, le rituel du matin, quoi. Un pain ou une tresse est décédé, dans l’indifférence, triste sort boulangique prévisible. Si numéro 2 et 3 n’ont pas de céréales, les bonnes, pleines de sucre et de conservateurs, la journée part encore plus mal et l’humeur passe d’exécrable à dévastatrice, mes talents boulangiaux sont totalement ignorés, pour ça aussi je serai probablement reconnu à titre posthume !

Numéro 2 et 3 montent faire semblant de se laver les dents en hurlant dans les escaliers – pour le cas, fort peu probable, où numéro 4 et 5 seraient restés sourds aux premiers cris et piétinements de troupeaux de pachydermes, lors de la descente…

Après 10 minutes et alors qu’il est déjà largement temps de se préparer pour partir, Le Père gueule un coup dans les escaliers pour les faire redescendre, merde à la fin (pour être totalement certain que plus personne ne dort et que numéro 4 et 5 manqueront de sommeil et seront grincheux toute la journée)!

Réponse de numéro 2 : quoi papa ?

Je respire un bon coup, afin d’éviter de hurler une fois de plus et d’invectiver junior, et réussis à remettre à plus tard mon idée de recruter un mercenaire kirghize pour aller lui tanner la peau du siège à coup de bottines en poils de yak, histoire de lui apprendre à vivre, le sens des réalités et aussi lui rappeler que mon humour et ma jovialité ne sont qu’apparents et feints, comme ma patience !

Départ plus ou moins couverts, plus ou moins avec des chaussettes sous les chaussures, plus ou moins assorties (les chaussettes), plus ou moins avec les sacs et affaires pour l’école, soit en bus (fainéant !), soit à pieds (bien !) (Oui ben merde, il y a des fois où ils sont trop en retard, il fait froid, il fait tout pourri, numéro 5 dort, par miracle, encore et je ne veux pas le réveiller et ou je n’ai pas envie de supporter 10 minutes de râlements et affrontements interpunkaux !).

Dropage des 3 grands à l’école. Ils partent en courant (à part dans les cas d’hyperactifs, je trouve fatiguant cette coutume des enfants de tout le temps courir partout… Je vais voir avec Novartis s’ils n’ont pas un produit contre ça…).

Retour à la maison, numéro 4 couine qu’il ne sait pas quoi faire avant de demander, que dis-je, d’exiger un DVD !

Je l’envoie paître vertement et vaque à mes loisirs : ranger la table (on parle plutôt d’hécatombe que de table à manger à ce niveau-là !), vider le lave-vaisselle (en tenant numéro 5 à distance ! Depuis qu’il rampe, morveux fait des dents dans les tibias paternels et maternels en ouvrant les tiroirs de la cuisine de toutes ses forces dans les jambes, nous regardant niaisement quand on jure, des suites d’une douleur aiguë, fonce à quatre pattes vers le lave-vaisselle dès qu’il est ouvert, qu’il essaie d’escalader…) et autre aspirateur ou drôlerie.

Fatigué par une heure de râlements et jérémiades, je finis par mettre un DVD à numéro 4 et coucher 5 qui n’en peut plus (tiennent pas longtemps les piles à cet âge-là…). Je vais lâchement essayer de me coucher après avoir donné 2-3 coups de fils pour le boulot.

Il faut attendre normalement 10-12 minutes après que je sois couché, pour que numéro 5 se décide à se réveiller… Et hurler pour se rappeler à mon bon souvenir. Normalement ce réveil sonore s’accompagne d’un subtil bouquet, senteur bouze de sanglier laineux malade du transit intestinale… Enfin un gros sanglier, vu l’intensité de l’odeur.

Je me rhabille laissant derrière moi toute illusion de parvenir à plus de 6 heures de sommeil en 24h, vais récupérer le brailleur qui cesse son vacarme, miraculeusement, dès qu’il est dans mes bras musclés (si, si) et me sourit, tout rose… Junior ne parle pas, ne marche pas, sert à peu de chose hormis flinguer ses couches, bouffer plus salement qu’un troupeau de phacochères affamés et en manque d’éducation, dormir, brailler, dévaster tout ce qui a le malheur de se trouver à portée de mimine (ce qui fait pas mal de chose) et mettre à la bouche le reste (incluant du papier, des billes de verre et de fer, des bouchons, néocolores, petites voitures, légos, cendres, télécommandes et autres…), renifler, se moucher sur ma chemise ou mon pull propre, MAIS il sait se faire apprécier en souriant à des moments clé ! Probablement le charme paternel !

Je descends avec numéro 5, le pose dans son parc. Il hurle et pleure, mais je tiens bon. Je commence à re-vaquer à mes occupations : préparation du repas pour un bataillon ou deux.

Je libère junior après 3 minutes de fermeté et le coince lâchement dans la cuisine pour qu’il évite de tout toucher et de tester les escaliers (en plus d’être joueur et assez vif, junior n’a peur de rien ni de personne !). Je vais tenir près de 5 minutes avant d’en avoir marre de me battre pour garder les tiroirs fermés et mes tibias intacts et le remets dans son parc où il entreprend de démonter un jouet électronique en appuyant 600 fois sur la même touche en la regardant béatement…

Repas équilibré prêt : 1kg de pates et des légumes (la sauce tomate), le menu me semble idéal, je pars en courant avec la poussette, numéro 5 installé et habillé comme s’il faisait -45 C et numéro 4, qui râle sur sa trot en essayant de me suivre, tâche rendue spécialement ardue par son observation constante des camions et trains de la région au dépend d’une surveillance de ce qui se passe devant sa roue, au milieu d’un déferlement de questions auxquelles je n’ai plus la patience de répondre…

Nous croisons de nombreuses mamans et quelques papas en train de rentrer de l’école avec leurs rejetons respectifs, vu qu’elles/ils étaient à l’heure, eux ! Je cours, numéro 4 couine et râle, mais avance à bon rythme sur sa trottinette et reste devant moi. Numéro 5 reste indifférent à ces problèmes, se contentant de regarder autour de lui.

J’essaie d’attirer l’attention des 3 plus grands en train de jouer ou se battre sur la place de jeu de l’école. Ils me remarquent, mais ne viennent pas vers moi pour autant… Numéro 3 est en effet fâché de devoir rentrer en marchant. Ma fille vient vers moi pour me donner son sac d’école, imitée par numéro 2, puis ils partent en direction de la maison sans se retourner. Je cours un peu après numéro 4 qui, toujours sur sa trot, se balade et observe les enfants qui jouent, je finis par convaincre numéro 3 de rentrer manger et pars à la poursuite des deux grands.

Retour à la maison sans encombre. Hurlement et menaces pour que les punks se lavent les mains et mettent le couvert, comme à chaque repas. Numéro 2 lit une BD en feignant de n’avoir pas entendu, numéro 1 joue avec numéro 5, numéro 3 et 4 se courent après en hurlant… L’autorité du Père est impressionnante…

Suite à un deuxième hurlement, tout le monde s’est remis à râler et s’est lavé les mains, la table semble même être mise… Numéro 5 profite de cette accalmie pour faire une bouze, dégât total et odeur fort incapacitante. Je dois laisser les 4 grands à table pour aller le changer.

Naturellement à peine monté, j’entends les hurlements qui proviennent de la dispute qui se déroule déjà à table. Numéro 3 hurle et monte dans sa chambre en pleurant, le père gueule, numéro 5 le regarde un tantinet dubitatif, oui et bien merde ! la pédagogie n’ayant pas fonctionné, on revient aux fondamentaux et on verra quand tu auras 5 enfants aussi…

Numéro 5 a retrouvé une odeur acceptable, mais est fatigué… Les grands sont calmés pour le moment et commencent à se réconcilier en chahutant à table… Le Père laisse couler un peu, tout en gardant le contrôle : avec 5 punks, la situation peut dégénérer à tout instant !

pierce-brosnanA la troisième cuillère de purée, numéro 5 émet un sonore : pffffff !!!! la bouche pleine… Pantalon moucheté, table crépite, sol maculé, Le Père en a gros sur la patate, mais n’aplatit pas le merdeux pour autant : la maitrise paternelle lui fait honneur ! Numéro 5 sourit en plissant le nez, il ne réalise même pas qu’il vient de passer à un demi pampers d’une mort violente… Les punks sont hilares, toute une éducation qui fout le camp, la vie est une lutte solitaire et cruelle ! Malgré ce revers, Le Père n’abandonne pas les punks à leur triste sort ! Qui futuri sunt moliti !

Les punks, ayant senti un risque potentiel, sont montés faire du bruit dans les étages, Le Père essuie de la purée et sermonne junior qui ne semble pas en prendre ombrage, mâchouillant un jouet en regardant dehors…

Rangement de la table et préparation d’un lave-vaisselle, pendant que numéro 5 se balade en semi-liberté, bloqué dans la cuisine. Suite à 18 tentatives d’ouverture de tiroirs dans les tibias paternels et à 21 tentative d’escalade du lave-vaisselle dès qu’il est ouvert, junior est consigné dans ses quartiers et regarde Le Père avec un air réprobateur depuis son parc, deux doigts dans la bouche.

Hurlement pour informer les punks concernés qu’il est temps de reprendre le chemin de l’école. Hurlements des punks qui se battent, se poussent, s’injurient en se préparant et mettant leurs chaussures et manteaux, après un bruit d’avalanche de bovin dans la cage d’escalier. 13h10, ils sont partis, il n’en reste que deux à la maison : quel bonheur !

Répit de courte durée… Je monte coucher numéro 5 qui baille, râle et se gratte l’oreille. Biberon et doudous, petit musique de la veilleuse, dont le bruit indique le décès prochain des piles, tout va bien.

Le Père sort de la chambre de junior pour tomber sur numéro 4. « E suis tite ! Sai pa quoi fêêêêê, tu mets les croutes ? (il est triste, ne sait pas quoi faire, malgré 894 kilos de jouets divers et variés qui feraient pâlir certains magasins de jouets, et veut que je lui mette le DVD des Croods…). Refus tout net et catégorique paternel.

Numéro 4 est finalement devant son DVD, Le Père en profite pour appeler 2-3 clients et chercher quelques nouveaux partenaires pour le site de Madame. Répit de courte durée : il faut déjà bientôt partir chercher les grands à l’école !

Je tire numéro 4 de son film, à la 4ème tentative l’habille (il a naturellement enlevé ses chaussettes et ne se souvient plus d’où il les a mises. Le Père se fâche, court dans les étages pour finir par retrouver les chaussettes sous la table du salon) pour aller dehors. Junior est habillé, numéro 5 dort depuis peu, il reste seul dans son lit. Départ en courant derrière numéro 4 qui, malgré ses petites pattes et son bide en avant, bombarde sur le chemin de l’école.

Nous arrivons presque à l’heure, les punks sont sur la place de jeu, une nouvelle fois. Le Père récupère tout le monde et nous rentrons parmi un concert de râlement et jérémiades désormais coutumiers.

Les deux grands font leurs devoirs après un bref goûter agrémenté de provocation et de petites crises diverses et variées. Le bruit finit par avoir raison du sommeil de numéro 5 que je vais chercher, tout rose, souriant… Ca fait plaisir de voir qu’à cet âge-là, au moins, il y en a un qui est content de voir Le Père !

Les punks montent se mettre devant un DVD pendant que Le Père emmène numéro 3 chez le pédopsy, à pieds… Pendant ce temps, numéro 1 part avec sa mère, juste rentrée, pour la logopédie. Il règne à mon retour, pendant quelques minutes, un calme surnaturel sur la maison. Le Père réprime une larme de reconnaissance et remercie la destinée pour cette trop brève trève…

Madame, de retour de la logo, profite du répit pour se caféiner un minimum. Elle va aller chercher numéro 1 dans moins de 30 minutes, ayant récupéré numéro 3 auparavant. Numéro 1 partira ensuite au basket, emmenée par la mère d’une copine, puis il faut emmener numéro 2 au judo et aller rechercher tout le monde.

En attendant les retours, nous préparons un repas rapide, profitant de discuter un brin… Pas toujours facile d’aborder tous les sujets important avant le soir, il faut exploiter chaque instant !

Les punks mangent le repas dans un calme très relatif. Une ou deux douches s’imposent, ce qui est rendu un peu compliqué par numéro 3 qui fait une crise : il voulait un bain. Numéro 2 rentre et mange. Le Père a fini de baigner numéro 3 et 4 qui sont déjà en pyjama et courent dans toute la maison.

Arrive l’heure fatidique : 19h30, nous lançons une opération grandes manœuvres ! Je monte avec numéro 5 (dont se détache comme une sorte d’odeur persistante…) sous le bras et deux biberons dans les poches de mon pantalon.

Le Père convoque numéro 4 qui descend tout transpirant d’avoir tant couru et hurlé avec son grand frère, non sans râler encore un peu pour la route… Je le consigne dans ses quartiers et lui dis d’y jouer en m’attendant. Il part naturellement en courant au toilette, annonçant, comme s’il s’agissait des résultats de son doctorat aux EPFL : « le caca il arrrrrri’e !!!! »…

Pendant que Le Père chatouille et change, tant bien que mal, numéro 5 qui s’entête à essayer de mettre les deux mains dans le contenu nauséabond de sa couche, numéro 4 crie : « Paaaaaapaaaaaaaaa ! Tu viens m’efffouillller ???? »…

Vous vous souvenez de l’image du début de cette merveilleuse chronique : James Bond au réveil, une chambre somptueuse, la bombe dans le lit… Essayez de garder cette image en tête, soudain interrompue par ce cri de numéro 4… Vous êtes d’accord que, quel que soit l’interprète, c’est compliqué de garder le même air classe et sexy du James !?

Numéro 5 est couché, je passe mettre numéro 4 en pyjama, faisant un brin d’humour : je feins de lui piquer son biberon, me couche dans son lit, le chatouille… Il se fâche, rigole, me demande de sortir de sa chambre… Je le laisse à Madame qui le calme et lui lit une histoire de cet impertinent de Tchoupi (encore un sale môme qui a manqué de coup de pied au… mais c’est une autre histoire !).

Comme le niveau sonore du dernier étage n’est pas acceptable, je monte calmer les esprits, redemande à numéro 3 de se mettre en pyjama, merde à la fin et les force tous à se laver les dents.

Quand tout le monde est prêt, je lis un ou deux chapitre d’une histoire aux grands… ils se sont naturellement au préalable battus pour savoir qui serait à quelle place ou pour savoir quelle histoire allait être lue, avant que je les place et choisisse l’histoire tout seul : trop de démocratie tue les décisions !

Le calme est revenu, il va juste falloir encore les recoucher 5-30 fois, mais rien d’anormal…

Dormez bien et bon courage, préparez-vous car les vacances des enfants approchent à grands pas !