Amis des vacances et des hémorragies, bonsoir !

Nuit noire, pas de lune, les étoiles sont couchées depuis longtemps, ou pas assez connes pour être dehors à 22h avec un vent à décorner les bœufs… Une lumière puissante – merci St-John Petzl (c’est moi qui écris, je peux me permettre les jeux de mots que je veux, pourris ou non… Je suis quasiment aussi nombreux que mes lecteurs, de toute façon !) pour ta gamme de lampes frontales qui permet à tout un chacun d’économiser une cheville, un coude, un genou, de se sentir un peu moins seul dans la nuit noire, ou marginalement moins taré de courir seul dans le noir et si tard – fend la nuit rollienne. Vent à décorner les bœufs, certes, mais Le Père n’en a cure : il n’en a pas !

Je parle naturellement des cornes, pour mes lecteurs les moins vifs, pour ce qui est des bœufs, chacun son élevage, Le Père est dans l’élevage de punks… Proche, mais sensiblement plus bruyant, aussi malodorant, plus difficile pour les nerfs, moins utile et ça ne se mange généralement pas…

L’invention des vacances a semblé, sur le moment, une belle et grande idée… Des congés payés !? Quel progrès social et quel confort de vie pour des millions de travailleurs…

Pour les parents, dignes ou non, il faut reconnaître que ça a marqué le début des emmerdes !

Plusieurs jours, des semaines, avec les punks à la maison tout le temps ! Pas d’école pour s’en débarrasser, les user, même un petit moment, la catastrophe ! Pour ceux qui n’ont pas d’emploi, ou travaillent depuis la maison, c’est une période sombre et difficile qui commence. Madame, dans son infinie mansuétude, vient en aide des parents dans l’adversité par le biais de son site, proposant idées, agendas et partenariats pour occuper les terreurs à moindre coût… Mais quoi qu’il arrive, vous allez prendre, et plutôt cher !

Heureusement, à peu près à la même époque, Marie-Jacqueline inventa les grands-parents !!! Les grands-parents ont deux fonctions principales : vous pourrir de reproches, divers et variés, souligner tout ce que vous pouvez faire de faux, de pas juste et de pas bien, surtout en matière d’éducation, principalement lorsqu’il s’agit concomitamment de vos propres parents, mais aussi, et c’est pour ça qu’on les aime ou les tolère (suivant les familles), vous débarrassent efficacement des punks pendant une période plus ou moins longue…

Il faut le dire ici, cher père ou chère mère, la vie est une jungle mortelle et dévastée, une immense guérilla urbaine dans laquelle tu n’as pas d’amis, aucune aide et est livré à toi-même, sans arme, tout nu, tout nu, comme dit numéro 4 ! La situation est tendue, désespérée, et tu apprécierais d’avoir Bruce, Jason ou Chuck à tes côtés pour flinguer tout le monde et sauver l’univers, enfin surtout ton derrière et toi… Mais que nenni, tu es seul, chaque homme dans sa nuit, et tu rames… Mais perdu dans cette noirceur, cette vision apocalyptique, un maigre filet de lumière effleure ton visage de son doigt blafard : les grands-parents !

Contrairement à tes amis, ou ceux que tu pensais avoir avant que tes punks naissent, les grands-parents ont plus de peine à t’abandonner, te renier, t’ignorer, au premier signe de grossesse… Je n’ai jamais vraiment bien compris cet entêtement qui nous rattache bêtement à notre descendance, mais force est de constater que rares sont les parents qui ont le courage de braver l’interdit social et renient leurs rejeton (toi), juste parce qu’il a fait un enfant, ou trop d’enfants… Et ce n’est pas l’envie qui manque !

Première semaine de vacances guérilla : tout le monde est à la maison, nous avons raté la date de l’inscription au camp polysport, autre riche invention qui nous aurait occasionné une remise de peine, donc Madame occupe les punks autant qu’elle le peut, histoire qu’ils ne se tapent dessus que les soirs et matins, profitant du calme trop brièvement revenu après la tempête des activités du jour ou après la quiétude nocturne…

Notre fille part pour un weekend chez son parrain, s’entendant à merveille avec sa fille et sa mère qui stimule sa fibre artistique. Je passe la récupérer dimanche, accompagné des numéros 2, 3 et 4. L’idée est de profiter du voyage pour passer au Swiss vapeur parc, au Bouveret, au retour… Nous pensons avec Madame que numéros 3 et 4, passionnés de trains, seront contents et que tout se passera dans le calme, la bonne humeur, la camaraderie et la joie…

Eh eh eh eeeeeeeh !!! Oui, je sais aussi être drôle…

Comme le ciel menaçait depuis un moment, Le Père, peu joueur avec les météorologues, on le sait, a appelé au préalable pour savoir si le parc était ouvert et la météo attendue… La standardiste rigole, disant qu’ils sont naturellement ouverts et que la pluie ne viendra pas avant 20h-21h.

Nous nous garons (enfin surtout moi, j’interdis aux punks de conduire, liberticide que je suis, pour éviter qu’ils ne se battent pour savoir qui conduira… Seuls les parents peuvent vraiment comprendre !), le temps de mettre une bordée aux punks pour qu’ils arrêtent de se chauffer et nous entrons dans le parc. Nous arrivons juste à temps pour nous asseoir dans un train, genoux sous le menton, ciel menaçant…

Il pleut une partie du premier tour, les punks, bien qu’équipés en vestes diverses et variées semblent avoir froid, mais ne le disent pas. Nous finissons le premier tour et manquons, c’est balaud, le seul train équipé d’un toit… Nous montons à bord d’un train à vapeur, toujours aussi petit et étroit. Il fait toujours mauvais, la pluie tombe par intermittence, il fait froid, nous faisons une pause pour des crêpes.

Le parent jeune et innocent – donc sans enfant – qui tomberait, par mégarde, sur cette chronique pourrait penser, quel idéaliste, que les crêpes ont calmé les punks et qu’elles sont, telles la fondue, une manière de ressouder les troupes… C’est touchant !

C’est une véritable hécatombe, enfin un crêpicide ! Entre deux provocations et quelques cris, les crêpes disparaissent, englouties à jamais. Nous passons aux toilettes pour éviter une humidité locale au niveau du futal de numéro 4… Je ressors et… numéro 1 et 2 sont prisonniers du mauvais côté de la porte de sortie ! Numéro 3 hilare m’explique qu’ils ont voulu voir comment la porte tournait et qu’ils n’ont pas fait exprès…

Récupération de numéro 1 et 2 (ils sont malins, pas moyen de les laisser sur le parking… ils ont retrouvé l’entrée eux-mêmes et le système de tampons interdit de les empêcher de revenir) et nous attendons 15 min pour prendre le train bleu et doré, avec un toit cette fois…

Naturellement, et cela n’a rien à voir avec mon statut de Père ou d’indigne, mon format me contraint à une très confortable position tête de travers, sur un banc un peu bas pour mon grand âge… Le tour se finit et, passé une crise relativement bénigne, je range les punks dans Le Bus, avec force cris, menaces et jurons, pour entamer le retour.

De retour à la maison, l’ambiance reste tendue et nous avons pas mal de difficultés à calmer tout le monde.

Le Père, bien qu’indigne, est crépi de principes, règles et codes… L’un de ces principes, que dis-je, l’un des principaux axiômes régissant la vie du Père est relativement simple : Le Père ne se coupe pas, accidentellement, avec un couteau…

chèvre

The chèvre de Jurassic Park

Fin de journée, il se fait tard. Les punks sont de mauvaise humeur, comme d’habitude, affamés, comme d’habitude, mais cela les rend extrêmement dangereux, et fatigués, ce qui décuple le danger… Vous vous souvenez de la scène de Jurassic Park, avec la chèvre… Bon ben là s’est pas un simple T-Rex, mais 5 raptors affamés et fâchés ! Et le raptor n’est pas réputé pour bien gérer la colère…

Afin d’éviter de subir le destin de la chèvre, nous nous dépêchons. Préparation d’une SDD (Soupe De Détresse) en vitesse. Madame est affairée à quelques épluchages, je me charge des potimarrons.

Sous ses airs sympas, le potimarron, bien qu’orange et d’un goût très doux, est réputé pour sa fourberie. Un cœur tendre, certes, mais sous une carapace solide et vicieuse, prête à défendre chèrement sa vie. Alors qu’il coupe la seconde, sur une partie particulièrement dure, avec un entrain tout naturel, et mettant beaucoup de cœur à l’ouvrage, Le Père, ou plutôt le couteau japonais très affûté qu’il emploie, ripe… Sans doute étourdi par le bruit ambiant ou quelque rixe ayant éclaté non loin…

Heureusement, le couteau s’arrête assez vite, dans l’index de la main gauche du Père… Il y a finalement, bien une raison pour que nous ayons des os de partout… Je ne sais pas bien si c’est la naissance de l’ongle ou simplement l’os qui a arrêté le couteau, un peu occupé à arrêter le saignement, mais dans les deux cas je lui en sais gré, avec le recul. Jurons (léger compte-tenu de la gravité de la blessure, la plaie, que dis-je, le gouffre !), madame me donne un tissu et un pansement compressif est improvisé.

Pragmatique, rapidement le tour des options qui s’offrent au Père sont faites : abandonner Madame pour aller à l’hôpital se faire recoudre, avec le risque qu’elle change lâchement les serrures en son absence, par vengeance de l’avoir abandonné au moment du repas et du coucher des punks, ou le risque de retourner aux urgences en croisant Madame et son rouleau à pâte en marbre, cautériser la blessure au briquet (avec cette saloperie d’induction, on ne peut plus faire ça sur la cuisinière, à l’ancienne), se recoudre le doigt lui-même (malheureusement Le Père est plus intellectuel que manuel, comme tu l’as déjà remarqué, lecteur adoré, et, même avec la machine à coudre, risque de décéder, vidé de son sang avant que la plaie ne soit suturée…), reste la Cyanolite… Mais avec le sang, j’ai peur que cela ne tienne pas et que ce soit un peu salissant…

Donc Le Père opte pour un pansement hemostop solidement compressifié par du spadada (comme dit numéro 4, encore une fois). Si vous croisez Le Père, évitez de lui demander de montrer son membre, pour contempler sa blessure, le sujet est encore sensible… Et cessez d’avoir l’esprit si mal tourné, c’est une chronique sérieuse !

Plus tard, alors que les punks sont couchés (nota bene : je n’ai pas dit qu’ils dormaient, j’ai juste dit couchés)… Pour faire voir que c’est un homme, un vrai, Le Père lance nonchalamment à Madame : je vais aller courir ! S’attendant à de la compassion ou de l’inquiétude de l’intéressée… OK, bonne course mon chéri !

Que les punks n’aiment pas Le Père, c’est humain, c’est la moindre des choses, mais que Madame ne s’inquiète pas qu’il parte courir, dans le nuit et le froid, au péril de sa vie et avec un risque bien présent de se vider de son sang, à quelques kilomètre de la maison, ça fait mal… Pour ceux qui s’attendaient à ce que Madame revête sa tenue d’infirmière, la déception est grande ! Mais Le Père en a vu d’autre et finalement ravale sa fierté pour rester au chaud à gémir de sa blessure qui saigne encore… Incommoder les autres est la moindre des choses quand on a une blessure !

La semaine repart : numéro 1 et 2 sont apportés, par mes soins, chez ma sœur… Nous y retrouvons leurs cousins, ainsi que mes parents. Je donne mômes et voiture (celle de ma mère, que j’avais depuis une semaine en prêt…) contre bon soin et me fais déposer à Morat, pour aller voir un client. En montant, j’avais déposé numéro 3 chez ses grands-parents maternels.

Le retour en train, le cœur léger (plus que 2 punks sur 5 !!! 60% de punks en moins, c’est les soldes !), est occupé par les loisirs habituels du Père Indigne : rédaction d’une exceptionnelle chronique pour toi lecteur (si, si, inutile de me féliciter, c’est tout naturel…), lectures diverses et variées, ronflement en bavant contre la vitre, avec une bulle dans le nez…

Le programme de cette semaine est relativement simple : Numéro 1 et 2 vont chez mes parents, avec leurs cousins, près de Fribourg. Numéro 3 est chez son grand-père maternel, puis va chez sa grand-mère maternelle où il est rejoint par numéro 4 pour 2 jours. Numéro 1 va chez son autre grand-père (le maternel, restez concentré, ça va devenir technique…), alors que numéro 2 reste chez mes parents. Nous récupérons numéros 3 et 4 vendredi, puis numéro 2 (fin de journée) avant de retrouver ma fille dimanche au festival de la Salamandre à Morges…

Samedi, salon du jeu à Lausanne… Le père sans enfant se réjouirait en pensant qu’il va pouvoir jouer à des tas de choses… Le père avec enfant, sorte de pléonasme ambulant, a déjà perdu toute idée de s’amuser ou d’être joyeux, au moins pour les 25 ans qui suivent la naissance de son dernier punk… Nous arrivons à Beaulieu dans une salle remplie de mômes de tout âge, du sol au plafond, en train de jouer à des tas de jeux, allant de s’asseoir sur son petit copain à jouer à la Wii dernière génération… Nous inscrivons numéro 2 pour un concours de petits génies et vaquons.

Après 5 tours de salle à envisager les manières les plus efficientes pour mettre fin à nos jours rapidement, nous sommes attirés par le coin FormaCube, un casse-tête ludique et éducatif. Ce passage sur leur stand me convainc de faire patienter mon décès encore quelques minutes. Les gens sont enthousiastes et j’adore les casse-tête (je suis d’ailleurs toujours preneur, lecteur adoré, de casse-têtes divers et variés, énigmes, ou toutes les saletés en bois et autres matériaux qui demandent de se triturer les méninges… Si tu as des sources, ou souhaite faire un don, merci de te manifester soit par le site de Madame, soit par l’entremise de mon blog : lepereindigne.blogspot.com).

Nous sommes accostés par une connaissance, rencontrée lors du pique-nique de l’ASEP, ce qui contribue à tuer l’ennui et nous permet de décoller numéro 2, drogué d’écran comme tout jeune qui se respecte, de la Wii qu’il squatte dès que nous avons le dos tourné pour se consacrer au fils, haut potentiel, de l’amie… Ils s’entendent tout de suite et partent jouer.

Nous mangeons… Enfin je paie une fortune pour de la nourriture basique que les punks répartissent principalement sur leurs vêtements et autour d’eux, le tout bruyamment et en se chamaillant pour nous causer le plus de honte possible. Nous mangeons à peine et repartons, qui essayer des Segway ou autres drôleries gyroscopiques, qui des cubes en plastique casse-tête, il faut bien s’amuser de temps à autre dans ce monde de brutes !

Concours de génies que le Père ne suit pas : il participe au concours FormaCube… Des 8 participants, Le Père sort premier ex-aequo… Finale à deux, re ex-aequo… Finale de la finale, à la mort subite : le père se fait lamentablement battre par un sale jeune qui connaissait déjà le jeu avant (ce n’est pas une excuse, mais ça me permet de relativiser cette cuisante défaite)… Bon joueur, je lui sers la main et le félicite. Je paierai un drogué en manque pour aller lui faire revenir les genoux au chalumeau, après un léger ramollisage au Morgenstern… Il y a quand-même des principes de base à respecter !

Pour clore ce weekend dépression, nous allons au festival de la Salamandre, à Morges, le dimanche… Quand on a déjà 5 enfants, aller dans des endroits pleins d’enfants, faut vraiment être pas bien ! Nous devons y retrouver mon beau-père et sa femme qui nous rapportent ma fille préférée…

Plein de monde, dont pas mal d’enfants (beaucoup trop, vous imaginez la quantité de virus et microbes véhiculés !), pour ce festival écologique ou durable très cohérent (tous les services sont recyclables, assiettes comprises, par exemple), avec plein d’attraction pour les punks. Suite à notre passage de l’année dernière, durant lequel nous avions perdu (mais bien entendu retrouvé, pas facile de les semer, ils sont vifs…) un ou deux enfants, nous nous promettons que, cette fois, ils vont filer droit et rester près de nous…

Naturellement notre éducation bien trop laxiste (manque de coups de fouet ou de coup de pied au c…), celle-là même qui, selon mes parents, devrait mener les punks tout droit au trafic de drogue, à la prison ou pire… (En même temps, vu comment mes anciens collègues employés de banques sont heureux et comment la majorité craint pour son job ou se fait virer… C’est peut-être mieux de tout de suite les préparer à voler ou trafiquer : au moins ils auront un boulot d’avenir! Je me dis que c’est un argument adulte qui devrait plaire à mon paternel, à placer lors du repas de Noël ou d’un anniversaire pour améliorer l’ambiance !), est suivie des conséquences habituelles: perte de numéro 1 et 4 pendant un moment, puis 2 disparaît… Nous mettons du temps, mais retrouvons tout le monde.

Parmi une chorale de râlements et froncements de sourcils fâchés, nous rentrons à la maison. Nouvelle crise générale quand nous demandons, naïvement, que chacun range ses affaires (chaussures et vestes) ailleurs qu’en tas dans l’entrée et que tout le monde se lave les mains pour manger. Décidément, nous faisons tout pour ruiner la vie des punks !

Hurlements, plaintes diverses et variées, suite à notre demande qu’ils mettent la table. Une semaine se termine et vu la fatigue des punks, la prochaine, avec reprise de l’école, s’annonce musclée !

Dormez bien et bon courage pour ceux dont les enfants sont encore en vacances !

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