Amis de la reprise et du week-end, bonsoir !

Les punks sont des artistes, comme je l’ai déjà dit une fois ou deux (oui, je me répète, c’est normal à mon âge, passé 40 ans, on n’a plus toutes ses capacités, on n’est plus au zénith de son moi… mais il y a naturellement quelques exceptions !) et il ne m’appartient pas de brider cette créativité naissante : qui sait, je pourrais peut-être revendre un des punks plus cher s’il est artiste ou vivre à son crochet dès qu’il sera devenu riche ou célèbre… Belle perspective !

En revanche, je ne pense pas les brider en : insultant numéro 3 pour ses tampons sur mon mur blanc (oui ça décore, mais en même temps si nous avions souhaité y mettre de la couleur, il est probable que nous l’eussions fait dès le début, non ?!) ou punissant numéro 4 pour sa participation aux gribouillages (nan, je veux bien que l’on s’extasie sur un pathétique vomi de couleurs inassorties et de formes improbables lorsqu’il s’agit d’encourager junior, bien que je me demande s’il faille vraiment encourager un début aussi peu significatif… mais là, on ne peut pas parler de dessin, faut rester réaliste et un minimum impartial ! C’est pas grave, je paierai le pédopsy s’il faut, mais on ne peut décemment pas lui mentir à ce point…) des coussins du canapé.

Petit rappel, le père à une conception de l’art qui veut que cela soit beau et représentatif ou proche de quelque chose de compréhensible… Donc les punks sont encouragés à éviter les taches et autres croûtes le plus possible. Madame est capable de s’ébahir au sujet d’une bouse en rouleau de PQ rapportée par sa progéniture, j’ai plus de mal à feindre… ou suis plus réaliste.

Ils sont encouragés à demeurer sur des supports acceptés et traditionnels : papier, carton et toiles (non vestimentaires, murales ou mobilières) diverses. Même si numéro 4 était assez surprenant, lorsque numéro 3 l’avait décoré avec ses feutres (pyjama compris, il faut une certaine unité à l’œuvre), et pas moche en soi… Il a fallu rappeler la règle au Van Gogh en herbe : pas de support humain ou animal avant 18 ans !

L’énorme avantage lorsque l’on a un élevage de punks, c’est la diversité des blessures, nuisances et bêtises qu’ils peuvent générer en un temps relativement restreint… Illustration : hier je reçois une photo de Madame, un doigt en agrandi avec un peu de sang au bout… Commentaire : il s’est coupé le bout du doigt avec un ciseau, quelque chose à faire ? Réponse habituelle emplie de bon sens du père : lui enlever le ciseau ! Puis : rien, trop petit bout pour recoudre !

Bilan de la journée : Madame s’est planté un couteau dans le doigt (ça arrive !), a coupé numéro 3 à un doigt (pourquoi tu crois que je dis de ne pas mettre les mains dans l’assiette quand on coupe la nourriture ?!). Numéro 4 a coupé, tout seul (aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années !), un bout de son doigt avec un ciseau, et ma nana est rentrée de l’école avec une belle cloque sur un doigt : brûlée au pistolet à colle… (Ca fait très mal… aux oreilles dès qu’elle a la moindre blessure, on morfle en général pendant 2-3 jours…)

Mention spéciale pour numéro 2 qui, cette fois, ne participe pas au bilan de la journée : comme Le Père, il réserve son corps d’albâtre pour les grandes occasions, ne souhaitant pas avoir un simple petit bobo noyé dans la masse des turpitudes de la journée !

Fin de journée avec retour de Zürich tardif. Comme d’habitude, numéro 2 et 3 sont debout, ont mis leur chambre sens dessus dessous, ont la lumière allumée, de la musique et ne sont pas couchés… Pour une fois, numéro 2 évite sa remarque habituelle : « quoi ? », ou ma préférée : « j’ai pas fait exprès ! C’est numéro 3 qui a voulu ! ». Remontrances et menaces, les choses rentrent rapidement dans l’ordre.

Hier, Madame me WhatsApp pour m’annoncer une nouvelle terrible: numéro 2 a annoncé vouloir arrêter le foot…

YYYYYYEEEEEEEEEEEEESSSSSSSSSS !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

On vous a prévenus, je ne suis pas un mauvais père, je suis un père indigne… c’est écrit dessus ! Non, mais sérieux, je veux bien être sympa et prendre du temps pour aller voir mes enfants faire du sport, mais le foot c’est pas un vrai sport, si ?! Je veux bien aller voir les punks écorcher les règles des sports que j’apprécie, pas de n’importe quel sport… Si numéro 3 décidait de se mettre au lancer de la pierre d’Unsprunnen, je ne prévois pas d’aller le voir, à moins qu’il ne signe un contrat de CHF 93 millions… Idem pour le foot d’ailleurs, sauf si, comme les autres, il a une coupe de cheveux de merde, là il faut plus d’argent !

Je prends ma plus sérieuse poker face pour lui demander la raison de son abandon, sans trop insister pour éviter qu’il ne change d’avis. Il parle de douleurs au mollet, puis du coût des entrainements… Je lui dis que je veux la vraie raison et il m’annonce que son copain, avec lequel il avait commencé, n’en fait plus… Je jubile intérieurement et lui dis que s’il prend cette décision, il ne pourra pas revenir en arrière plus tard dans la saison… Il a l’air sérieux, nous sommes libérés !

Je ne désespère pas de lui faire pratiquer un vrai sport : tennis, basket, golf ou bowling… quoi que pour le bowling j’hésite, je ne crois pas qu’il y ait des bowleurs (on dit quand même pas de bowlingueurs ?!) millionnaires ! Nous allons vite nous renseigner avec Madame pour voir ce qui est gérable et qui pourrait le tenter.

Toujours pas facile à faire comprendre à numéro 4 que les feuilles de papier toilette sont toutes identiques, du début du rouleau à la fin… Il n’est donc pas nécessaire de toutes les dérouler pour vérifier. Je demande aussi à Madame s’il n’est pas possible de commencer à l’habituer, enfin le réhabituer, au risque de brider son moi ou sa sexualité (CHF 27’000 en psy ou pédopsy dans le meilleur des cas…), à vivre habillé… Il était tout nu lorsque je suis rentré ce soir et dort encore tout nu, enfin tout nu, tout nu, comme il dit. On n’est pas chez les sauvages ou les nudistes, que je sache !

21h35, numéro 2 ne dort toujours pas… Après avoir annoncé un hoquet, puis s’être plaint que les trucs (éprouvés !) proposés par ses parents ne portaient pas leurs fruits… Au bout d’un moment nous lui redisons que nous sommes descendus et que nous lui parlerons demain matin, pas avant 8h.

Malgré cela, je monte m’assurer qu’il est au lit et arrête de faire l’andouille, merde à la fin ! Ma fille n’est pas encore endormie, le week-end va être agité ! Numéro 3 étant fatigué est déjà endormi, c’est plutôt bon signe mais laisse présager un réveil matinal pour les autres.

Pour continuer à être publié par Madame, seul éditeur ayant bien voulu de moi, je dois constamment faire des concessions : être moins méchant, enlever une ou deux références, éviter un tacle… Pour lui faire plaisir et fêter nos 11 ans de mariage (oui, je souffre, je prends sur moi, mais je suis probablement né pour l’abnégation, il semble : j’ai accepté 5 punks… CQFD !), j’ai décidé de ne pas parler de course ce soir… Vous trouverez donc le célèbre compte-rendu de l’Ultraks 2015 sur mon blog internationalement connu…

Ce samedi soir, une scène bucolique, désormais habituelle pour la région de Gland : la lune splendide baigne la région de ses rondeur et reflète sa pâleur orangée dans le lac calme et endormi. Dans la campagne, peu de vent et un silence rempli des bruits de la nuit. La lune cherche à jouer avec les trop rares nuages et le bord du lac reçoit cette douce lueur apaisante.

Soudain un vif éclair balaie ce tableau idyllique d’une lumière brutale et crue. Le romantisme de la scène se vaporise le temps du passage d’un coureur. Ok, les genoux ne sont pas remis, mais ce n’est pas une raison pour se laisser aller ! Les punks sont couchés, certains dorment peut-être même, et Le Père a renfilé ses godasses de course !

L’un des gros risques de la course nocturne, lecteur avide et constamment en quête de savoirs nouveaux, provient de la lumière justement… Le Père, en digne lecteur de la revue Science et vie, en scientifique cartésien, s’est créée sa propre catégorisation du règne animal… Les noms latins, réservés aux scientifiques qui se la pètent, n’y trouvent pas grâce, et son esprit très supérieur lui a permis d’aboutir à simplifier le tout en trois catégories principales : les saloperies qui volent, les saloperies à pattes et les saloperies mouillées.

Bon, la première catégorie est relativement simple, les saloperies qui volent sont toutes les bestioles qui volent, du chrysomèle de l’asclépiade (je vous promets, ça existe !) au hibou en passant par l’hélicoptère et l’A380 et dont je ne suis pas forcément fan, suivant l’humeur et la taille de la bête…

La seconde, plus technique, va de l’araignée (j’aime pas les araignées : trop de yeux, de pattes ou de poils à mon goût, aversion proportionnelle à la taille de l’individu et de la tache qu’il va invariablement faire sur mon mur ou mon sol – eh oui, jusqu’à maintenant, nulle araignée n’a été à même de foutre sur la gueule au père… pourvu que ça dure !) à l’adolescent, en passant par l’okapi, l’oryx ou le fennec… Subdivision dans cette catégorie : l’adolescent, l’adulte ou le môme, peut être transféré dans la catégorie « casse-couille », s’il est connu du Père ou a été en contact prolongé avec lui.

La dernière regroupe tout ce qui se trouve dans l’eau ou mouillé. Cela englobe, têtard, hydre, cachalot, super tanker, porte-avions et autres touristes à la plage, coureur dégoulinant et collègue libidineux transpirant abondamment.

Vous noterez que les catégories ne sont pas imperméables et il n’est pas rare de passer de l’une à l’autre. Si j’étais cynique, ce qui est loin d’être mon cas – tu me connais lecteur adoré ! – je dirais qu’un quidam qui se jette d’un pont pour mettre fin à sa misérable existence, réalisant qu’il ne serait jamais à l’image de son idole, Le Père indigne, beau, intelligent et modeste, passe de saloperie à pattes à saloperie qui vole pour finir en saloperie mouillée.

Donc divergé-je, le problème quand on court avec sur la tête un projecteur digne de la DCA allemande en fin de seconde guerre mondiale, c’est que la lumière attire les saloperies qui volent… Il faut donc veiller à ne point les ingérer (c’est pas super bon) et ne pas en choper dans les yeux (ça pique, et courir sans les yeux ôte un peu de son utilité à la lampe frontale, il faut bien le reconnaître…).

La triste réalité, cher lecteur, chère lectrice, (si, si, je crois qu’au moins deux personnes me lisent !) est que la saloperie qui vole la plus fréquente la nuit, le papillon, est un être fourbe et vicieux, dont il faut se méfier. Illustration…

Je cours et suis en train de rentrer. Personne dehors, naturellement, sauf la lune (elle n’a pas le choix, elle, ça lui fait une excuse, moi personne ne m’y oblige!) et les papillons. La plupart sont petits, jusqu’à quelques centimètres tout au plus, et sont balayés par la vitesse de passage du père, déstabilisés temporairement par le souffle de ce passage rapide et puissant…

Soudain, un frémissement à la limite de la lumière de ma frontale… Compte-tenu de sa taille, il doit s’agir d’un Saturnia pyri (une grande saloperie qui vole, très grande même!). Celui-là est si gros que les chauves-souris n’arrivent pas à le manger : bouche trop petite ou peur de se faire étaler par l’énergumène. Il semble ne pas vouloir s’approcher de moi, quand soudain, il me fonce dessus et essaie de me donner un coup de tête (je le répète, contrairement à une idée préconçue, le papillon est loin d’être aussi sympa et inoffensif qu’il y paraît… Comme avec l’hippopotame: on ne se méfie pas, comme il a l’air débonnaire et paf c’est l’accident… Le prochain papillon que tu croises, regarde-le avec défiance, il est aussi fourbe que le météorologue)! Ce qui va suivre n’est pas beau… Le Père, ayant donné à l’humanité 5 punks (en plus de tout le reste dont une œuvre littéraire qui a changée la surface de l’univers et des environs, tu fais bien de le rappeler lecteur adoré!), possédant une formation commando/Navy Seals poussée, ayant survécu à 2 Ultraks, est redoutable lui aussi, sous ses airs sympathiques et nonchalants. Je baisse la tête, pour contrer le coup de boule, simultanément lui lance deux coups de genou aux parties et attrape son aile gauche. Projection au sol après torsion et deux coups de plus, la saloperie qui vole est transformée en saloperie à pattes, et n’en mène pas très large… Le Père, magnanime, lui saute dessus 4-5 fois, mais prends le soin de lui laisser un souffle de vie, pour être sûr qu’il puisse raconter à ses copains à quel point il faut éviter de gonfler Le Père !

Lundi prochain, Madame m’abandonne, lâchement, seul avec les punks… Mon genou n’est toujours pas guéri, les punks ont repris l’école et ne semblent pas encore malades… Promis, je vous raconterai !

Finissez bien ce week-end, reposez-vous bien, d’ici une semaine je risque revenir avec du lourd !

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