Amis de la météo et du weekend, bonsoir !

Le weekend moment de repos, havre de paix et de détente, c’est LE moment pour se ressourcer, profiter de sa famille ou de ses loisirs…

Samedi a été consacré aux habituelles courses, nettoyages divers et variés, puis, lâchement, Le Père est parti. Ça arrive, même aux meilleurs ! Abandonnant Madame aux punks et au chaos pour une soirée et une journée, Le Père prend le MPPT pour se rendre au Paccots afin d’y récupérer son dossard pour le trail des… des… Paccots ! Il n’y a personne qui suit, une fois de plus, ça fait plaisir !

Pour se coucher tôt, enfin moins tard que d’habitude, il a décidé – et il a bien raison ! – de dormir près de Fribourg, pour être un brin plus proche de la ligne de départ et passer une nuit décente… D’autre part, son réveil ayant la fâcheuse tendance de réveiller aussi numéro 3, qui est alors d’humeur hulkesque (plutôt les moments où il est tout vert et moins timide/sympa), le choix de l’exile chez les parents s’imposait.

5h de sommeil donc, ce qui est plutôt bien, en comparaison d’autres courses que j’ai pu faire ou d’autres nuits… j’arrive même à manger au petit matin, autre amélioration majeure et très bon départ pour cette nouvelle aventure !

Derniers préparatifs pour la course. Avec mes parents, c’est forcément plus compliqué que d’habitude et je pars beaucoup plus tard que prévu… Mon père m’a prévenu plusieurs fois que c’était une distance trop longue (venant de quelqu’un qui faisait un ou deux marathons par an… Je ne relève pas… je suis la zénitude incarnée… Buddha à côté de moi c’est De Funès sous amphétamine…), que c’est trop dur et que je ne devrais pas imposer ça à mon corps…

Guidé par les bénévoles, je rejoins le parking aux Paccots : à droite, puis en haut, puis tout droit, puis plus haut, loin, plus loin, encore plus loin, tout là-bas… On se gare quasiment dans un autre canton !!!! Le parking est en haut d’une montée assez sévère, à plus d’un kilomètre du départ, et donc de l’arrivée, sachant qu’en plus, les douches sont en bas du bled et dans l’autre direction… je jure et peste contre l’organisateur, mais me dépêche de rallier le départ (forcément un peu juste, compte-tenu de mon temps de parcours jusqu’au dit départ… Merde j’ai payé pour 42km, par pour 45 !).

Le Père est un demi-Dieu vivant, que dis-je, trois-quarts de Dieu – au moins ! -, mais il ne faut pas déconner et regarder la triste réalité en face (je ne peux me résoudre à détourner la réalité face à mon lectorat innombrable): trop grand et trop lourd pour courir, Le Père ne joue pas la gagne, c’est un triste fait ! Donc comme pas mal de monde, le but est simplement de finir sans se faire ridiculiser par une disqualification pour cause de barrière horaire.

Parti assez vite – erreur de débutant – parce qu’avec un copain (ce qui confirme qu’il ne faut pas avoir d’ami, ça n’apporte que des problèmes finalement), je ralentis dans la deuxième montée sérieuse et laisse filer mon pote pour survivre un peu plus longtemps. Bon là faut déjà être clair, j’aurais pas pu continuer à le suivre sans assistance médicale d’urgence…

trails-endurance.com

trails-endurance.com

Je passe le ravitaillement au km 21 avec plus d’une demi-heure de marge sur la barrière horaire, malgré des crampes et autres drôleries classiques de ce genre d’événement. Je suis content à double titre : je ne serai pas le premier à abandonner : un gars s’est tordu la cheville dans les 2 premiers kilomètres et a dû abandonner, et au ravitaillement que je viens d’atteindre, un mec donne son dossard à son tour et laisse tomber.

Je regarde vers le chemin que nous allons suivre et sens que les choses sérieuses vont débuter brutalement… Nous partons direction le Moléson, montant quasiment tout droit sur certains tronçons, il fait 78°C à l’ombre et il n’y en a pas trop à cette heure-là, ça pique ! Deux trois gars redescendent (et on ne peut pas leur en vouloir, mais lors d’un trail, il est important de bien choisir le lieu de sa mort : abandonner signifier redescendre à pied la plupart du temps !).

J’atteins la deuxième barrière horaire, toujours avec plus d’une demi-heure d’avance, content, jusqu’à ce que je constate que là nous attaquons la vraie montée. Nous en sommes à plus de 25 km, je suis quasiment seul, plein soleil mais décor splendide et toujours pas de traces de la pluie annoncée… Gros avantage du trail : trop fatigué pour invectiver efficacement la météo et ses apostats, je garde ça pour une future chronique !

Moins de 200m sous le sommet, je rentre dans un épais brouillard, il fait quasiment nuit et la température est tombée de plus de 15 degrés. Le tonnerre gronde et je me dis que, finalement, être grand n’a pas que des inconvénients dans ces courses à la con : ça peut aussi être très dangereux !

J’entends les radios des bénévoles avant de les voir, ils sont paniqués… J’atteins la télécabine et un bénévole me dit sans ménagement que la course est annulée, que la météo s’est trompée et que l’orage attendu pour après 17h est arrivé finalement avant 15h… autre particularité imprévue (saleté de météo), la grêle s’est invitée !

Avoir couru/marché plus de 30,5km, fait quasiment toute la montée, pour se faire bloquer à moins de 100m (à plat !) du sommet physique, et avant une partie qui descend majoritairement jusqu’à l’arrivée, avec largement le temps de finir, par un gnome en kway, il faut dire que le moral morfle salement et qu’il faut mobiliser toute la maitrise et la bonne humeur du père pour qu’il n’y ait pas bavure !

Encore déçu d’avoir été éliminé à deux mètres du bol de sangria, je redescends avec des bénévoles et d’autres coureurs, trouvant un peu de réconfort à me retrouver avec quelqu’un venu d’Israel pour faire cette course et se faire éliminer aussi ! Dura lex sed lex !

Et les punks là-dedans ?

Bon ils ont survécu au weekend seuls avec leur mère. La semaine est courte : le weekend suivant nous avons anniversaire du père au carré (ça s’écrit : père2)!

Ok le père du père, pour ceux qui n’aiment pas les maths ou qui n’ont pas suivi en cours… et je sais qu’il y en a!

Donc la théorie : nous nous retrouvons tous (parents du Père, deux sœurs et familles du Père et Père avec famille au grand complet) vendredi en fin de journée dans un chalet loué à cet effet. Repas en famille. Lendemain matin, départ pour une légère rando dans la joie et la bonne humeur générale, pique-nique traditionnel sur son lit de coups de soleil, puis retour au chalet avec les punks qui râlent. Nounou et les adultes partent tous pour le restaurant pour un repas de gala (donc pas simplement des cornettes et pas de punks qui hurlent). Bonne nuit de sommeil encore une fois et activités diverses ou marche, suivi de repas de midi en famille au grand complet et préparatif de départ…

C’est beau la théorie ! Mais bon, si tout se passait suivant la théorie, serions-nous véritablement là, vous en train de lire cette chronique en pouffant lamentablement (triste spectacle pour les autres usagers des CFF qui, eux, font la gueule, probablement lassés par les retards à répétition ou fatigués par leurs enfants – si, si, il y en a aussi – ou lassés de jouer à un jeu ridicule sur leur Ipad (acheté pour lire ses e-mails ou travailler, cela va sans dire), ou pour vos collègues du bureau qui se disent que, cette fois, vous avez fini en burn out, cela devait arriver !) et moi à écrire au lieu de dormir ? Que nenni !

Madame me joint au bureau l’après-midi du vendredi : numéro 4 a marché sur une planche dont un clou dépassait… Elle l’a naturellement décroché de la planche (le punk, pas le clou, restez concentré, c’est après que ça devient technique…). Je lui suggère un appel au vétérinaire pour vérifier qu’un shot anti titanique n’est pas de rigueur, ou de l’abattre froidement s’il souffre trop…

Rien à faire à part surveiller la plaie, ça valait la peine d’appeler le pédiatre – nouvelle preuve de l’utilité des médecins (encore un corps de métier qui eût mieux dépensé son temps en essayant de trouver une solution à l’épineux problème du manque de fiabilité de la météo par exemple, plutôt que de gaspiller des deniers publiques pour des études trop longues et inutiles…) – mais il ne peut pas trop poser le pied par terre et pleure tout le temps… (Merci à mes amis médecins d’éviter de m’écrire des lettres d’insultes : compte-tenu de l’écriture des docteurs, je ne peux pas lire ce qu’ils m’écrivent, de toute façon !).

Nous partons donc en retard (entre Madame et les punks, difficile d’être à l’heure – c’est une blague! C’est plus le Père qui sait se faire désirer, et c’est bien justifié vu que c’est quasiment lui qui fait tout !), comme d’habitude, avec numéro 4 qui pleure – mal au pied -, ma fille qui râle – pré adolescence mélangée avec ses frères qui l’insupportent -, numéro 2 qui hurle et râle – envers sa sœur qui le provoque et par principe – et numéro 3 qui pleure – par peur que l’ambiance soit trop feutrée, ce qui est contraire à son goût de l’esthétique et son penchant naturel… nous sommes prêts pour un weekend de détente !

2 heures plus tard, nous arrivons au chalet, déjà épuisé par la route et par le déchargement : quand on part à 7, on a un peu l’impression de partir à 38 pour deux semaines… Malheureusement, et bien que j’adore jouer à Tetris, le coffre du MPPT est tellement grand qu’il n’y a pas vraiment de difficulté à stocker trop de choses et on se trimballe toujours des tonnes de choses inutiles !

J’ai déchargé 6 mètres cube du coffre, on fait le tour du chalet et choisi les chambre de chacun, je monte les 6 mètres cube et commence à enfiler les housses de couettes pour les enfants… En avoir 5, ça se paie au quotidien !

Repas des fauves, coucher des fauves et les adultes redescendent manger presque tranquillement. Presque ? Ben repas de famille, sujets sensibles à éviter, comme la politique, les élections, l’art, la course à pied, les enfants, l’éducation, le rangement et tous les sujets que j’oublie… et dont on écoute de toute façon pas toujours la réponse…

Les punks et leurs cousins font les andouilles jusqu’à 22h (et probablement plus). Les parents vont se coucher à leur tour.

Le timing. Le timing c’est ce qui différencie une victoire d’une lourde défaite, la fortune de l’oubli… Imaginez un grand sec binoclard en col roulé noir qui sorte l’ipod aujourd’hui… Col roulé ou pas, en parlerait-on ?

Le punks ont un don pour le timing parfait. C’est un peu les Napoléon du piège à sommeil, du traquenard et du coup fourré… C’est donc tout naturellement que numéro 5 choisit ce weekend, et pas un autre, pour sortir sa première dent, moins bien manger et pleurer deux fois plus qu’à l’accoutumée… Tout naturellement numéro 4 choisit aussi cette nuit pour tomber de son lit 2x, finissant par passer la nuit entre sa mère et son père… Non par empathie ou sympathie, mais juste pour pouvoir dormir un peu! Nuit en morse donc, j’ai les cheveux qui poussent et Madame n’en mène pas large.

La météo étant annoncée orageuse dès le début d’après-midi, nous partons pour une rando en famille avec son cortège de réjouissances : numéro 3 veut éclater son cousin qui, bien que de 4 ans son ainé, intelligemment se met à courir après l’avoir provoqué suffisamment (et qui finit par éclater son bras en chutant – une journée sans bosse ou sans plaie, c’est une mauvaise journée pour numéro 3), numéro 4 (qui a toujours mal au pied du fait de sa rencontre avec le clou) résiste et râle avant de condescendre à monter dans mon sac à dos prévu à cet effet (17kg de junior et plus de 4kg de sac, quel bonheur !), numéro 1 et 2 se chamaillent, ma fille secondée par sa cousine, mon fils par son cousin, bref tout va bien. Pique-nique sympa, juste interrompu par un fort saignement de nez de ma fille, ça change des bleus et autres éraflures.

Il va sans dire que la météo s’est trompée (je ne vais pas ajouter l’habituel : encore !?, tout le monde a compris maintenant que la météo se trompe systématiquement !) et qu’il ne pleut qu’en milieu de soirée, alors que nous sommes au resto.

Afin que tout le monde puisse profiter de notre présence, nous avons confié les punks et leurs deux cousins à une nounou… Je ne suis pas du tout inquiet, ni parano, mais m’attends à la retrouver ligotée sur le canapé, mes fils en train de regarder un film pour adulte en vidant une bouteille de rouge et mangeant des chips, mais il n’en est rien. Il y a juste un petit appel vers 21h30 avec numéro 4 qui n’arrive plus à arrêter de sangloter au téléphone et qui a peur (pas à la maison et dans une chambre sans nous, on pouvait s’y attendre…).

Finalement sa sœur le rejoindra et le calmera suffisamment pour qu’il s’endorme : c’est beau quand ils s’entraident (beaucoup de choses rares sont belles : le pangolin dansant pour attirer sa compagne, la tarentule s’épilant les jambes et le maillot avant l’été,…).

Le lendemain, et bien que la météo se soit une nouvelle fois trompée, nous allons malgré tout au musée des trains miniatures, uniquement avec les garçons. Beau succès, même si la partie « ne pas toucher ! » semble légèrement échapper aux punks mâles et à leur cousin…

Dernier repas, remplissage de voitures, Tetris pour les plus chargés, nous reprenons la route pour le canton de Vaud : le weekend se termine et il faut donner quelques bains.

Une nouvelle semaine a recommencé, vous allez pouvoir souffler et vous reposer… ou pas!

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