Amis de la médecine urgentiste et de la météo (si tant est qu’il y en ait encore malgré le manque patent de résultat de cette discipline que je ne peux me contraindre à appeler science…), bonsoir !

Nous sommes repassés en Defcon 1…

Defcon 1 quoi ! La guerre froide, les Ricains ?!?!

OK Defcon 1 c’est un peu comme le plan vigipirate en France, mais pour les adultes… C’est quand les Américains remplissent les réservoirs des missiles balistiques nucléaires dans les silos et qu’ils ont le doigt sur le bouton, prêts à nous réduire tous à l’état de bacon trop grillé ou de bouillie radioactive…

Bon ok, je dramatise un tantinet… Pour nous ça se cantonne à avoir le bus dans le garage, la clé dans la poche et laisser la porte de numéro 3 ouverte pendant la nuit pour partir plus vite en cas de détresse respiratoire bis…

Je ne sais pas si vous avez déjà remarqué, mais le numéro bis ou deuxième volet d’un film n’est jamais aussi bien, aussi drôle, aussi surprenant que le premier… Pour la détresse respiratoire, la deuxième fois fait tout aussi peur que la première, sauf si on a 5 enfants… Ben jusqu’à 2-3 on fait vraiment attention, au-delà il faut dire que l’on se détache un peu… enfin on est trop fatigué pour vraiment en avoir encore autant à faire qu’avec les premiers, c’est plutôt ça !

Il n’est pas trop bien, ça re-siffle, tousse rauque et fait moins le malin… un père moins indigne aurait de la peine pour lui ! Le pédiatre nous a laissé des consignes rassurantes : dès qu’il tousse, Algifor, et si ça se gâte : urgence ! J’en viens à me demander si le pédiatre n’a pas bossé à la météo avant de vouloir gagner de l’argent grâce à ma famille… Faut dire qu’on doit être parmi les plus gros contributeurs pour sa maison et qu’à chaque nouvelle visite je me demande quand il va commencer les travaux pour une piscine olympique avec toboggan depuis sa salle de bain!

Sinon pour me faire payer une sortie pendant l’après-midi, Madame sort au restaurant avec la Blonde samedi soir… Numéro 5, qui est en général assez facile, commence à hurler avant que Madame ne parte, laissant entrevoir une délicieuse soirée… Comme elle a dit qu’il avait bien mangé deux heures avant et que nulle odeur suspecte ne s’échappe de son petit corps plissé, je pense qu’il faut juste attendre que ça passe et qu’il s’endorme.

Les punks ont mangé, numéro 4, que j’ai envoyé dans sa chambre pour aller le préparer, n’y est naturellement pas, ça hurle et est occupé, comme à l’accoutumé, à consciencieusement détruire/salir/déranger la maison (en fonction de l’âge, la destruction n’est pas à la portée de tous dès le début !)… Je mets le taser à charger, chauffe le bib de numéro 4 et monte le préparer.

Pour le cas où vous auriez un doute : un silence apaisant règne sur la maison paisible, seulement égayé par la suite pour violoncelle No1 en sol majeur de Jean-Sébastien Bach…

Ok, les trois grands hurlent comme des putois en haut, à intervalles réguliers, ce qui se fait étonnamment moins remarquer que les vagissements de numéro 5, qui semble définitivement fâché et parviens à un volume sonore assez honorable compte-tenu de sa taille…

Je prépare un bib de 120ml pour numéro 5, remonte apporter son deuxième bib à numéro 4… Trop tard, il dort déjà, définitivement un signe qu’il y a quelque chose de pourri au royaume vaudois (j’aime la littérature, mais on n’est pas tous au Danemark, merde à la fin !), soit il couve soit il est vraiment malade !

Bout de bib à numéro 5, j’ai entretemps couché les grands après les deux ou trois hurlements habituels de préparation au sommeil. Pour que numéro 5 cesse de boire comme un orignal (je ne sais pas si vous avez remarquez à quel point l’orignal boit comme un cochon !? Ok il est tout seul dans sa foret et personne ne lui fait remontrance à propos de son manque de manières, mais il y a des limites tout de même, merde !), je me résous à monter le changer.

Je n’ai jamais compris cette fascination de Dieu pour l’homme… laisser naître des enfants, déjà totalement finis ou presque, mais inaptes à marcher ou à simplement aller aux toilettes seuls ou manger décemment, c’est quand même faire montre au minimum d’une grande naïveté, au pire d’un coupable laisser-faire ! C’est pas lui qui nettoie ou torche numéro 5, à la fin !

Comme j’ai eu 5 enfants et suis donc aguerri et vif comme l’éclair, j’évite de me faire uriner dessus, tradition infantile assez pénible de junior, qui cherche à assoir sa domination sur ses parents et s’imposer comme étant le nouveau caïd (prononcer quaide, c’est plus classe)… C’est le premier signe indiquant que le commandement a changé de mains à la maison et que rien ne sera plus pareil : destruction systématique de votre habitat, voiture ruinée, sale (c’est quoi la couleur de ton cuir??? Vomi, en plus si tu humidifies, tu as l’odeur !), jardin dévasté, je ne te cache pas, aspirant père indigne ou aspirante mère indigne, que ce qui t’attend n’a rien d’une réjouissance ou d’une sinécure… c’est pas le weekend au SPA, la journée shopping ou le match de rugby ! Tu penses que je fais de l’humour ou dramatise ? Tu verras que tu regretteras bientôt le sort de Khodorkovski dans son goulag russe ou de Mandela dans sa prison… mais toi, ça risque de durer beaucoup plus longtemps, surtout si tu as été suffisamment fou pour te laisser corrompre et en as fait plusieurs !!!

Enfin bon, le lendemain, pour laisser Madame souffler un peu, je prends les 3 plus grands et les emmène à Urba Kids à Orbe : entre le trajet et plus de 2h sur place, elle pourra peut-être se reposer ou se détendre (vaisselle, ranger, nettoyer,…), c’est aussi le weekend pour elle !

Je suis assis au milieu des hurlements de monstres presque aussi effrayants que les punks. Mon téléphone sonne, enfin je le sens vibrer (Urba Kids, un dimanche pluvieux, c’est un peu comme les urgences d’un hôpital New Yorkais un weekend de pleine lune… en plus agité et plus bruyant!). Madame m’envoie une photo…

Nous avons un passe-temps (histoire de ne pas verser dans l’oisiveté la plus totale), avec Madame, qui consiste à envoyer une photo à l’autre qui doit deviner à qui est la bosse, qu’est-ce qui flotte dans la flaque de vomi ou quelle est cette matière informe sous la table… Je gagne en reconnaissant une quinzaine de spaghettis, probablement mâchés par numéro 4… c’était un coup facile ! Pour les bosses et bleus, il s’agit généralement de numéro 3 !

Dimanche soir, quelque part dans une petite ville vaudoise… Il est près de 23 heures, la pluie battante a fait rapidement baisser la température, le vent transperce tout. On distingue un bruit de succion et de couinement qui semble se rapprocher. Une pâle lueur grandit, zébrée et rendue diffuse par la pluie battante. Un autre bruit grandit, une sorte de râle, un halètement, comme le rauque déchirement d’un vieillard cacochyme cancéreux, en fin de vie, qui respire par sa trachéotomie… Le père est tellement humide, qu’il n’en est quasiment plus indigne… On a vu des poissons plus secs. J’ai couru 1h30, rien de ce que je porte n’est sec, chaque pas me coûte et je n’arrête pas de me répéter : t’es vraiment con, tu pourrais pas faire du golf, du booling ou un sport un peu moins con ?! Personne n’est dehors à une heure pareille, encore moins par une météo pareille…

Vraiment, c’est un hobby idéal pour un père indigne : un hobby parfois si pourri que l’on finit par apprécier la pire journée avec les punks !

Le constat reste le même : la journée fut agréable, jusqu’au moment de la course. Une bonne journée avec les punks, pourrie une fois de plus par la météo… OK, pour cette fois, la météo avait fait des prévisions plus ou moins justes… mais je déteste toujours la météo !

Trop tard pour aller courir, même pour moi, dormir vous fera le plus grand bien !

 

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