Ami du réveillon et de la Saint-Sylvestre, bonsoir !

Bonne année !!!!

Bon, au risque de répéter des banalités, ça devait arriver… C’est vrai que j’ai déjà l’expérience, après déjà 4 enfants, et donc 4 grossesses, contrairement à certains, je sais… Après quelques mois de grossesse, junior doit sortir un jour ou l’autre… et comme on dit dans le Valais : par où il est rentré ! (pour les jeunes, les Amish ou ceux qui sont moins portés sur la biologie, l’éclaircissement est important…)

2014 restera l’année du changement (dans l’ordre d’importance): nouveau job pour le père, nouveaux pneus neige, 25% de punk en plus et surtout : nouvel hôpital pour l’accouchement de Madame !

Nous partons pour Nyon pour une nouvelle naissance, équipé, comme tout père expérimenté (boisson, un peu de bouffe et surtout de quoi lire pendant 72 heures – on ne sait jamais, même pour un cinquième, la gynécologie n’est pas une science (pas plus que la météorologie ou l’orthodontie…– et on ne peut pas prédire le temps qu’il faudra attendre avant de pouvoir couper le cordon et faire une ou deux photos), avec Madame (ne pas oublier Madame lors du départ, même en cas de départ très précipité ou en pleine nuit, elle pourrait se sentir mise de côté et a, elle, pensé à prendre le livret de famille, ses certificats d’assurance et tous ces détails sans importance mais qui vous pourriront la vie si vous ne les avez pas à la maternité), la Blonde à la maison pour garder les punks (encore une fois, organisé par Madame… c’est normal qu’elle pense à tout, elle a le temps, elle, elle ne fait rien !).

Ça change ! Les hôpitaux ne font rien pour nous mettre à l’aise : rien n’est identique à celui de Morges que nous avons déjà fréquenté 4 fois, étages différents, architecture différente, autres infirmières et sages-femmes, seule la gynéco demeure la même (en même temps c’est un peu à cause d’elle que nous allons à Nyon… Non, elle n’est en rien responsable de la grossesse, tas d’ignares, c’est juste qu’elle n’officie plus à Morges mais à Nyon !)… Mais il faut reconnaître que malgré mes a priori, Madame a survécu et junior s’en sort quasiment aussi bien que ses frères et sa sœur : 2 bras, 2 jambes, il me semble avoir compté 10 doigts, et tout le reste semble à la bonne place aussi et en quantité adéquate! J’ai décidé à la suite de cette expérience concluante de détruire la carte que je porte sur moi depuis des mois : » Ne m’emmenez pas à l’hôpital de Nyon !!! Achevez-moi, je préfère mourir dignement ! »

201101120047_nuemero5

Je repars à la maison, malgré le 10cm de neige tombés pendant que nous attendions patiemment que Madame se décide à pondre, récupérer les punks pour leurs présenter numéro 5, né à 5h45, après une nuit de lecture (je veux dire: passée à soutenir Madame !). Quel bonheur d’avoir à déneiger le toit de la voiture après une nuit blanche… je n’ai même pas la force de jurer ou de maudire (une fois de plus) les météorologues!

Voyant numéro 5, ma fille renonce à l’échanger contre la petite du voisin (ou une petite nana de la pouponnière, comme aimablement suggéré par une sage-femme), ce dont elle parlait depuis un moment, je suis soulagé. Tout le monde veut le porter, bouge quand j’essaie de faire des photos, malgré mes insultes et hurlements, Madame se porte plutôt bien, ce qui confirme que ce ne sont que les 14 ou 15 premiers qui sont difficiles, les suivants passent tout seuls… Confirmant que c’est bien Monsieur qui fait le plus dur, et non Madame, à part peut-être pour le premier…

Retour à la maison. Comme tout bon mari, j’ai prévu de prendre quelques vacances pour aider Madame et garder les punks en attendant son retour à la maison… mais aussi pour l’aider après son retour, histoire d’amortir le choc !

Repas, sms à toute la terre et aux environs, puis nous retournons rendre visite à Madame à la maternité. Belle-maman me soulage de deux punks – et pas des moindres ! – repartant de la mat avec 2 et 3.

Compte-tenu de l’état de notre maison ces derniers temps, Madame étant un brin ralentie par sa grossesse et les punks étant plus turbulents que jamais grâce à la fin d’année qui approche, je commence à parer au plus urgent : punk food !

Préparation d’une quiche et de tresses (de renommée mondiale, toujours !), pâtes et tout ce qui peut se faire en quantité et se réchauffer pour un repas fukushima… enfin un repas en catastrophe apocalyptique avec présence de zombies… Aspirateur, lave-vaisselle, lave-linge, je sais où trouver chaque jouet de Madame, et passe du temps avec numéro 1 et 4. Ce dernier me surprend : il réagit beaucoup mieux que ce que j’aurais craint et était très fier de porter son petit frère (assis sur le lit, naturellement)… Soit il n’a pas réalisé qu’il s’agit de la concurrence et qu’il n’est plus le petit dernier, soit il est vraiment trop bon avec son petit frère (ce qui me paraît louche)!

Il s’améliore chaque jour d’ailleurs, a pas mal de répartie, même quand il ne peut pas trop se le permettre (moins de la moitié de la taille du père, aucune expérience de lutte anti-punk et 14% du poids du père… même avec sa couche, on ne peut pas dire qu’il ait l’air très effrayant…), et est très très très attachant (ça doit venir du côté du père…). Quelques mots de vocabulaire: « bo tapin », se réfère naturellement à l’arbre décoré, et non à du plaisir tarifé… Mon éducation n’est pas totalement ratée, à ce stade (il n’a pas trois ans !) ! Noël ne lui a pas fait peur (« Peu couillonne ! » C’est qui qu’il traite de couillonne, à cet âge-là ?! Ah oui, avec le geste, tout devient clair ! La couronne de l’avent, mais ça c’est une peur qui peut toucher tout le monde… ce rouge et ce vert, disposés en cercle, je peux comprendre que cela stresse…), il adore les décorations illuminant les rues la nuit, s’est assez vite accoutumé à recevoir des cadeaux et à bien réagi vis-à-vis de toute la famille. A la question « c’est qui la petite fripouille ? », il répond naturellement « e papa tipouille ! », le petit arrogant, je suis sûr que c’est déjà la mauvaise influence de ces grands frères… mais, hormis quand il décide de désobéir ou de piquer une crise, on lui pardonne tout !

Il faut dire que le langage punkesque est toujours intéressant, numéro 2 se réjouit ainsi que nous fassions à nouveau du « cathéchips »… Je suppose qu’il parle de sa foi naissante et non des pique-niques de l’été…

Madame rentre après deux jours, épuisée par les visites régulières du personnel soignant, qui vient voir si elle se repose bien et si numéro 5 arrête de perdre du poids…, et lassée de la nourriture (à sa place, j’aurais fait la célèbre blague à l’occasion d’un repas : infirmière? vous pourriez m’apporter une autre assiette? Je crois qu’il y a quelqu’un qui a vomi dans la mienne…) très… enfin disons que cela ne ressemble pas toujours à l’intérieur de la couche de numéro 4 quand il a la gastro, mais le goût est assez proche !

Retour à la maison en mode survie : Madame gère numéro 5 et essaie de réapprendre à vivre sans sommeil… Je reste consciencieux, m’occupe des punks le matin pour qu’elle puisse compléter ses 3-4 heures de sommeil de la nuit, en tentant de faire jouer 4 punks calmement, sans me mettre moi-même à hurler (et en évitant le flash-ball, Madame a l’ouïe fine !)… Je les amène en retard à l’école, vais voir passer des dizaines de trains avec numéro 4 qui, contrairement à moi, ne s’en lasse pas, malgré le froid et le vent, vais rechercher les punks à l’école (toujours en retard, mais là c’est pas grave, ils trainent de toute façon pour sortir), ramasse numéro 4 qui s’est étalé de tout son long dans une flaque de boue, rentre pour essayer de les faire manger vite… enfin les vacances, quoi !

Course tranquille (vers 21h, personne, ciel étoilé, entre 2 et 6 degrés – quand j’ai de la chance), quand un soir, une blonde pulpeuse, 1 mètre 85 (1 mètre de haut et 85 cm de large), m’interrompt à moins de 3 km de chez moi : excusez-moi, me lance-t-elle descendant de son ridicule SUV allemand, vous n’auriez pas vu un chien ? Je cherche mon chien…

Euh, non (bon, je ne lui fais pas remarquer qu’il fait nuit depuis 4h et, malgré une frontale de l’espace, ben à moins qu’il ne me saute dessus, sapé en rose ou mieux, en tutu phosphorescent, je ne l’aurais pas trop remarqué…), c’est quelle espèce de chien ?

Elle fait signe de la main pour montrer une hauteur proche de ses côtes en disant : un Rottweiler… mais il est gentil !

Malgré 12km de course, j’ai des sueurs froides… Je vois distinctement Fifi, Adolf, Beria ou Pol Pot, quel que soit le nom qu’elle a donné à son caniche (vu le geste qu’elle fait pour montrer la taille du Chihuahua, ça doit être déjà du Yorkshire de compète, nourri aux hormones et qui a passé sa jeunesse près de Tchernobyl !?), rentrant dans la cage, à l’arrière de son SUV, mâchouillant un mollet (très chouette mollet, je dois dire, style le mollet de beau gosse, malgré ses 40 ans – qu’il ne fait pas d’ailleurs !) sanguinolent, dont le fémur s’ajoutera bientôt à sa collection, ainsi qu’une Asics de couleur pourrie (faut pas se leurrer, c’est le cas de tout l’équipement sportif de nos jours…) et un bout de chaussette (au prix de mes chaussettes, merde!), pendant que j’agonise en me vidant de mon sang, ayant rampé jusqu’à 6 mètres de l’autoroute, sans parvenir à  l’atteindre… Une triste fin, seul, oublié de tous, malgré la qualité de mes écrits ! Deux jours de deuil national, au bas mot, entrée au Panthéon, normal pour tout génie reconnu malheureusement à titre posthume!

Donc je me fais une note mentalement de faire une demande de port d’arme et de commander un HK G36C, avec harnais et bretelles pour la course, parce qu’entre les chiens en liberté et les extrémistes qui prévoyaient après Paris, à n’en pas douter, de faire un crochet par le canton de Vaud pour mettre un terme à la brillante, mais trop brève carrière d’écrivain raté de votre serviteur, merde, ça devient chaud la région !!!

Vu comme l’année a débuté, je n’ai pas repris le slogan : Je suis Charlie, ni sombré dans le goût douteux (Je suis le Père, je suis Indigne,…). Il eut été facile d’y recourir, j’ai choisi de passer… Non par bon goût, tu me connais trop bien, ami lecteur, avide, espiègle et fidèle, pour que je te mente ! Mais pour éviter que je doive me retrouver sous protection des témoins, surveillé par des agents du FBI avec oreillette ridicule – à moins que, compte tenu de mon importance pour le monde culturel et littéraire, ils ne m’envoient un bataillon de Navy Seals ou du Raid (ce serait la moindre des choses!) – partout où je vais, qui sortiraient un flingue à chaque fois que je hurlerais, que ce soit sur numéro 3 ou pour exprimer mon ire vis-à-vis d’un chauffard forcément genevois… Très pratique dans le train ou pour luncher dans un restaurant bondé…

Autre détail, et non des moindre : vous m’imaginez surveillé par des gorilles ? Sarko qui fait son footing avec 4 malabars… Bon, il fait un mètre 17 Sarko, c’est facile de trouver des gardes du corps plus imposants… Pour mes 2.01m, je suis un peu plus dubitatif !

J’espère que vous avez bien profité des vacances pour vous reposer et que vous allez cesser de croire au Père Noël : ça n’ira pas mieux cette année !

 

 

Laisser un commentaire