Ami du froid et du poisson mariné, bonsoir !

Le père est calme, cosmopolite et polyglotte… ou presque. Les punks sont de plus en plus excités avec la fin de l’année scolaire qui approche, le besoin de vacances qui augmente, Noël qui pointe son nez au coin du tournant, la neige qui ne vient pas et surtout l’arrivée prochaine de numéro 5!

Les punks tiennent toujours la forme et c’est bien dommage ! Nous avions eu un fugace mais réel espoir, il y a quelque temps, lorsque numéro 2 et 3 ont commencé à perdre la voix, mais cette muétitude ne s’est malheureusement pas installée totalement, ni durablement… Hélas !

J’entends déjà les plus sensibles pousser des cris d’orfraie : « là il est gonflé, tout de même ! »… Ne jugez pas trop vite, ce n’est pas vous qui devez subir ces cris stridents, aigus et répétés à longueur de journée !

Oui, remarquez, ce n’est pas moi non plus… Mais par solidarité avec Madame, j’essaie de rouler fenêtres ouvertes avec le bus en hiver… Dans l’espoir qu’ils perdent la voix ou soient malades… C’est plus calme, un punk malade… Parfois ça dort même un peu plus ! Si vous voyez passer un MPPT (Mutliple Purpose Punk Transporter) les fenêtres ouvertes, dont le conducteur à l’air de se les peler menues (bien qu’étant beau gosse malgré la situation, cela va de soi), avec des punks qui hurlent en se foutant dessus à l’arrière, vous saurez de qui il s’agit !

Numéro 4, qui sent que ces jours de petit dernier sont comptés, a recommencé à tousser de plus belle ! Ce qui implique naturellement un ou deux vomissements par nuit, juste pour attirer un peu l’attention sur lui… Quel bonheur ! Au moment où ma moyenne de sommeil hebdomadaire allait passer au-dessus de 4h28, j’apprécie ses efforts pour éviter que je ne me relâche ou dorme trop… Brave petit ! Ca tombe bien, j’ai pas mal de déplacements ces temps-ci… Madame va être heureuse !

Il existe une vieille coutume du monde du travail. Une coutume ancestrale, immuable, tenace, bien qu’elle pourrisse la fin d’année de tout un chacun : la fête de fin d’année ! Pourquoi cela pourrit-il la fin d’année ? Je ne bois, pas affinité, ne danse pas, pour des raisons religieuses, et quoi qu’il en soit, se mettre minable devant son chef ou son CEO, ce n’est pas une super idée si l’on reste dans la même société… Quant au déguisement, qui risque de finir pour les 3 siècles à venir sur internet, dois-je vraiment commenter ?

Faisant parti des privilégiés de la finance (privilégié car : j’ai encore un job, je suis payé, je fais pas mal d’heures, mais je ne suis pas trop mal payé, je n’ai pas de collègues en Suisse, mais je suis payé, j’ai moins de vacances et d’aides financières qu’avant, mais j’ai un travail… et je suis payé !), je prends l’avion mercredi pour Stockholm, siège de la société qui a la chance (que dis-je, le privilège !) de m’employer.

Stockholm, ses grandes blondes aux yeux bleus, ses vikings blonds aux yeux bleus, ses harengs marinés… L’avion se pose à 15h et il fait déjà quasiment nuit… ça commence bien !

Après un moment dans le train, puis dans un taxi, j’arrive au bureau. Au programme : serrage de main et évaluation de fin d’année… Comme il y a deux ou trois autres personnes avant moi, mon évaluation se fait dans le lobby de l’hôtel, à 20h… Lorsque je quitte mon chef vénéré, il est déjà quasiment 21h. Je passe dans ma chambre poser mon portable et sort en quête d’un souper amplement mérité…

Le premier restaurant qui m’inspire me ferme la porte au nez, au sens propre, une employée fermant la porte à clé au moment où j’arrivais… Je consulte les horaires : Ô rage ! Ô désespoir! Ô vieillesse ennemie, que n’ai-je tant vécu pour vivre cette infamie ! Pardon de digresser…

Donc dans ce charmant pays si accueillant, non seulement ils parlent une langue incompréhensible et il fait nuit à 15h15, mais en plus, et bien que les magasins restent ouverts tard (certains jusqu’à 23h), les restos sont fermés à 21h ! Je me console en cherchant une valeur sûre, de la gastronomie de qualité et locale : McDonald… qui est aussi fermé !? C’est quoi ce pays ???

Le lendemain, journée de rendez-vous… en fin de journée, mes collègues parisiens nous rejoignent et, après un bref apéro au bureau, nous rejoignons la cave du musée des armées transformée en restaurant pour notre soirée annuelle. Au programme : quiz, élection du meilleur déguisement (aucun espoir de me voir outrageusement déguisé en sapin de Noël, comme un collègue, fidèles lectrices et lecteurs, je n’ai été prévenu qu’il y avait un thème de déguisement qu’une fois en Suède… quelle tristesse !) et fort heureusement, beaucoup de conversations passionnantes avec mes collègues, entrecoupées de Skol! (santé pour les moins polyglottes de mes lecteurs – et qui pourrait leur tenir rigueur de ne pas parler suédois?!).

Couché tôt (donc après 1h du matin), le réveil à 6h30 pique un peu, mais je me reposerais quand je serais mort, ou un peu dans l’avion !

Passage au bureau, chez l’osthéo (vous avez noté que tous les noms en « pathe » désignent quelqu’un qui aime vous faire mal ??? Sociopathe, psychopathe, naturopathe (celui qui en veut à la nature ?!) et ostéopathe. Bon comme contre-exemple, il y a toujours les météorologues et les dentistes, qui, eux aussi, vous en veulent personnellement… On devrait parler de dentistopathes et de météopathes) pour une douleur au genou… Fait pas bon vieillir !

Retour au bercail, sapin de Noël installé et décoré (malgré 4 punks, il n’a pas encore perdu de boule ou pris feu, Madame maîtrise !). Interpellation de numéro 4 : « Pe couillonne ! » (Peur de la couillonne ?!) Deux ans d’éducation pour rien… Mais de qui il parle ? Je passe mentalement en revue ses réactions au contact des tantes, grand-mères et autres amies, mais rien ne semble justifier… Il pointe du doigt la porte… Ah ah, voilà !

Mon fils est atteint de couronneophobie ! Ne rigolez pas, c’est très sérieux comme peur et peut toucher tout le monde… C’est vrai qu’une couronne de l’Avent, avec son sapin et ses rubans rouges, ça semble agressif !

On devrait enregistrer junior, pour le faire chanter plus tard pour financer notre retraite ! Il faut que j’en parle à Madame, elle saura apprécier cette idée novatrice.

Autre moment sympa durant mes voyages : numéro 3 éclate de rire et hurle de plaisir, Madame pressent une énième couillonnade et monte rapidement… Numéro 4 a retourné la petite baignoire en plastique et est monté dessus pour accéder à la grande baignoire, dans laquelle il est en train de faire couler l’eau en pataugeant dans l’eau froide… Il n’a naturellement pas jugé bon d’ôter ses habits ou sa couche…

Profitez des vacances pour vous reposer et cessez de croire au Père Noël : ça n’ira pas mieux l’année prochaine !

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