Ami du voyage et de l’égalité, bonsoir !

Paris me voilà! Back to the capitale!

Première surprise – et de taille! – pas de grève, ni de pluie, ni de retard de TGV… Inquiétant, que se passe-t-il, la météo n’a pas été informée de mon voyage ? Il n’y a plus de grévistes en France, Hollande les a trop déprimés, ils se sont mis au travail pour se distraire ?!

Non, plus pragmatique : le pays est sous le choc… Il tente de se relever, mais le coup a été terrible. En d’autres circonstances, par empathie, j’observerais une ou deux pages de silence…

Mais comme c’est la Suisse qui a gagné la coupe Davis, je vais, dans la dignité, les laisser se remettre, sans en rajouter…

AHAHAHAHAHAHHAHAHAHAHAHAHAH !!!!!!!

Je sais, c’est moche, mais je suis réellement content pour le Stan et le Rodg… Nous avons d’ailleurs décidé que numéro 5 s’appellerait Stanidgeur ou Rodgislas (on hésite encore un peu…) ! Ça va, ce n’est pas pire que s’appeler Srinivasa-Kevin ou Oussama-Adolf.

Semaine normale : Madame est fatiguée (on est quand même à J-30, selon les prévisions gynécologuesques (quasiment aussi fiables que les spéculations météorologiques (on ne peut pas réellement parler de prévision, ce serait du foutage…), à deux ou trois mois près)), ça masse avec les punks qui sont aussi obéissants et calmes qu’à leur habitude, le père est reposé et très présent, l’ordre et la propreté règnent dans notre maison…

Samedi je suis en train de superviser le bain de numéro 2 lorsque numéro 3 s’écrie : « Papa ! Numéro 4, y fait une grosse bêtise !!! ». Je laisse tremper junior, dans une eau qui refroidie, et cours un étage plus bas…

Numéro 4 a fermé la bonde et le lavabo est plein d’eau qu’il asperge dans toute la salle de douche déjà inondée… Il est naturellement très au-delà d’humide (des cheveux aux pieds) et sourit béatement, jusqu’à ce que je le gronde (sans hurlement, ni postillons… un exploit) et lui donne une serpillère… Un pédopsychiatre aurait dit : « je comprends ton besoin d’exprimer ta créativité, mais il ne sied pas de mouiller la salle de bain, je suis fâché, merci de bien vouloir passer la serpillère céans ! »…

La réalité, c’est que je ne suis pas juste fâché, je suis furibard et le pédopsychiatre me les brise menu, surtout que ce n’est pas sa salle de bain à lui, merde à la fin ! Numéro 4, toujours, décidément très en forme cette semaine… Je suis à la cave quand il éclate de rire en courant (léger comme un éléphant adulte) partout en hurlant « boubou ! boubou ! Lè ou boubou ? boubou ! ».

Comme toute personne exigeante (oui, d’aucuns disent casse-couille…), j’emploie du matériel de pointe pour une partie de mes loisirs… Un observateur peu averti pourrait me considérer comme pointilleux, maniaque, voire un tantinet psychotique, pour certaines choses qui peuvent sembler anodines pour certains, mais ont leur importance… Donc ayant une inimitié prononcée pour certains rongeurs, je n’ai pas de souris pour mes ordinateurs, mais des trackball… Pour les moins geek ou branchés, merci de vous référer à google pour la description du trackball…

Dans trackball, il y a ball… que junior traduit par boubou… qui rebondit bien, fait beaucoup de bruit et finit un étage plus bas, malgré junior à ses trousses, à quatre pattes et mort de rire, en passant par quasiment toutes les marches d’escalier. Junior rigole, puis demande 48 fois de suite : « lè ou boubou ? » (comme s’il ne savait pas où elle était après l’avoir lancée… franchement les enfants sont un peu niais ou se foutent souvent de nous !) Naturellement sa quête ne le pousse pas le moins du monde à aller chercher la boule… Junior est en plus totalement irresponsable et ne range rien !

Le lendemain, numéro 4 nous fait la salle de bain cette fois – c’est important de varier le plaisir ! Même conséquence : se fait choper, essuie, va dans sa chambre où il pleure, mécontent… Je passe 5 minutes à récupérer le bouchon du dentifrice qui obstrue le conduit du lavabo (sale môme !!!) et descend lui dire qu’il vaudrait mieux qu’il se fasse oublier s’il veut éviter de se ramasser un pied là où le dos change de nom… La semaine s’annonce joyeuse !

On me reproche souvent ma légèreté, ma classe, ma modestie et surtout ma totale imperméabilité à tout sujet important… Pour remédier à ces travers – supposés -, et pour éviter de parler de guerre ou de maladie, je vais donc parler d’égalité…

L’homme est égal… C’est ce qu’on veut nous faire croire depuis notre tendre enfance… Nous devons tous faire des études, les mêmes ou presque, apprendre des leçons, que l’on soit prédisposé à cela ou non… Et ça marche, c’est bien connu : nous avons tous des postes de chef d’entreprise, ou de chef tout court, de CEO ou sommes tous des stars de sport, et ce après avoir fait des super notes dans toutes les branches de nos études brillantes !

Ben, en fait… pas tout à fait… On dirait même qu’il y a des branches pour lesquelles nous sommes meilleurs, enfin non, comme nous sommes tous égaux, nous ne sommes pas meilleurs… Des branches où nous sommes plus motivés que les autres ? Non plus… Des branches pour lesquelles certains travaillent moins ? Ca doit être ça…

On force des femmes à faire de la politique, au nom de l’égalité, à faire comme les hommes… J’ai compris très jeune que nous étions tous égaux : tout le monde peut devenir astrophysicien ou star de la chanson (force m’est de constater qu’il ne pleut pas systématiquement quand je chante sous la douche (quoi que), mais je ne suis pas certain que l’on peut en déduire que je suis un chanteur… bien que, au vu de certains tubes et clips vus à la télé, on peut se demander légitimement si tout le monde ne peut pas faire aussi médiocre…), je peux courir le 100 mètres comme Usain Bolt (à 2-3 minutes près), et un nain peut smasher à deux mains sans élan contre Tony Parker, star de NBA…

En fait, lorsqu’on voit certaines femmes politiciennes, on se dit que la politique est peut-être un des rares bastions de l’égalité : hommes ou femmes me paraissent souvent également minables lorsqu’ils sont entrés en politique…

En même temps, si Madame préfère rester à la maison se consacrer à ses loisirs et à l’oisiveté qui la caractérise (elle doit avoir énormément de loisirs : hormis 4 punks, elle n’a quand même pas grand-chose à faire, à part s’occuper de la maison, cuisiner et faire un peu – si peu – de ménage… il faut dire que nos enfants rangent les jouets au fur et à mesure, ne salissent jamais rien et sont calmes, sans jamais hausser le ton et aident leur mère ! Ce n’est pas comme ça chez vous ?!), je ne vois pas de quel droit j’irais la forcer à travailler ! Il y a des limites à la cruauté!

C’est pareil pour le salaire… A job égal, une femme gagne moins qu’un homme. Comme elle aurait tendance à acheter n’importe quoi et à tout dépenser, c’est pour son bien qu’elle est moins payée, il faut arrêter de voir le mal partout à la fin !

C’est d’ailleurs source de tension : on m’a toujours dit que nous étions égaux, alors lorsqu’un Kenyan franchit la ligne d’arrivée d’une course qu’il a survolé à plus de 20 km / heure, et qu’il est encore en état pour une dizaine d’interview après cet effort, alors que j’arrive péniblement au milieu du parcours, en me demandant à quel moment il va falloir appeler la cardio-mobile pour que je finisse cette saleté de course sur une civière… Je les déteste cordialement…

Il faut dire que ce n’est pas une question de couleur ou de pays… je déteste aussi tous ceux qui courent plus vite que moi, finissent avant moi, peuvent s’entraîner plus que moi, sont plus léger que moi, plus petits, souffrent moins ou peuvent parler en courant… et ça fait du monde, mine de rien, détestés au nom de l’égalité, ce mensonge qui mine la société !

Il fallait que cela soit dit, que l’hypocrisie cesse ! Nous sommes égaux ?

Ok, démonstration : public adoré et innombrable, nous allons nous prêter à une petite expérience, si tu le veux bien… Cette semaine, tu vas t’inscrire à un cours de spinning, de pilates ou à un marathon (je te laisse le choix, je suis polyglotte). Tu as le droit de t’équiper : malgré des couleurs de merde, un bon équipement fait croire que l’on est meilleur, c’est l’effet placebo de l’équipement… Tu verras dans ce cours, ou après, ou pendant le marathon, que l’on n’est pas tous égaux partout ni tout le temps !

Encore ? Ok, facile…

Gunthardt* Federer (* prénom d’emprunt, destiné à préserver l’anonymat de la personne concernée) souhaite rencontrer une de ses idoles de jeunesse : Michael Jordan (qui, contrairement à ce que l’on pourrait penser, n’a jamais joué au BBC Gland…). La rencontre a lieu, ils parlent et échangent, c’est super, c’est beau et émouvant… Mes lettres et emails à Jordan sont restés, pour le moment, sans réponses et il est malheureusement peu probable que cela change. Suis-je égal à ce bon vieux Gunthardt ? Probablement pas.

Il se fait tard, et les sujets sérieux ennuient certains de mes lecteurs adorés… Je vais donc vous laisser aller vous reposer : vous en avez bien besoin !

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