Amis de la goutte au nez et de la gorge qui pique, bonsoir!

Vendredi je dois rentrer plus tôt du travail: Madame est de sortie! (Encore!? Monsieur est trop bon! Certes, certes… mais modeste aussi…) Comme elle n’a pas daigné nourrir les punks, et qu’ils sont déjà passablement agités, je me lance, hop, à l’improvisade, dans la confection d’un plat régional typique et traditionnel, sain mais riche en vitamines.

Trois boîtes de raviolis (430g pièce), je me dis qu’il faut voir large pour ne pas avoir besoin de cuisiner pour moi plus tard… Perdu! Dégât total pour les raviolis dont pas un ne réchappe… Je préfère ne pas me lancer dans une description avec force métaphore, pour que mes lecteurs (-trices) puissent dormir paisiblement… Mais ce fut affreux (et pourtant, j’en ai vu d’autres!), un carnage, enfin un raviolage… ou un patage, quoi!

Le weekend est lancé… Je fais deux tresses pour toutes ces petites bouches.

En l’absence des punks, nous avions procédé à quelques aménagements: Madame a peint, j’ai monté les lits et déménagé 2-3 trucs avec un pote… Il a fallu moins de 5 minutes pour que le mur fraichement peint en prenne pour son grade… Madame hurle que, merde à la fin, elle a bossé 3 heures sur ce mur et qu’il est déjà sale! Les trois plus grands punks pointent courageusement vers leur petit frère, à qui il manque 40 cm pour pouvoir faire des marques aussi haut… Evacuation de la chambre, hurlements maternels (tradition sur les îles Moluques ainsi qu’à Niuatoputapu (pour les moins cultivés de mes millions de fans et néanmoins lecteurs, ça existe: Google))!

Jeudi soir, première nuit avec les deux garçons dans la même chambre… Ça se passe malgré tout pas trop mal: pendant que je sors courir au clair de la frontale avec un pote par 7 degré, Madame gère… Je remets une couche en rentrant, vu qu’il reste des survivants, pour qu’ils arrêtent de faire les andouilles et se décident enfin à dormir, merde à la fin!

Samedi, festival de la Salamandre. En tant que salaud de capitaliste (je travaille tout de même dans la finance), j’y vais avec l’angoisse qu’on me reconnaisse et qu’un attroupement d’altermondialistes décide de me flageller à coup de dreadlocks… Étonnamment, l’ambiance bon enfant n’est perturbée par aucune flagellation et nous passons un bon moment.

A l’heure du repas, les trois grands s’amusent avec une machine à presser les pommes, pendant que je fais la queue pour commander des pizzas (fort convenables), deux brochettes de chips (j’étais curieux de la manière de mettre les chips sur un bâton, sans les casser…) et quatre crêpes. Les victuailles disparaissent à la même vitesse affolante que l’innocent bovidé qui traverse l’Amazone, oubliant – l’étourdi – le fourbe piranha qui guette, et disparaît dans un jaillissement effervescent de sang et de bulles… enfin ça, sans la poésie et avec beaucoup plus de bruits, de dents, de cruauté et de chocolat (mauvaise journée pour les pauvres crêpes…).

Numéro 3 vient à table, repart jouer en faisant du bruit, court, saute, refait du bruit… et disparaît. Nous le cherchons, d’abord gentiment, puis avec de plus en plus d’inquiétude. Madame finit par le retrouver (on finit souvent par les retrouver, c’est ça aussi le problème…) sur le stand de l’Eca où il fait un jeu… Ce qui est sympa avec les enfants, c’est qu’ils n’ont absolument pas conscience du stress qu’ils engendrent en disparaissant à l’improviste!  Après d’intenses négociations (et pour une fois sans menace), nous nous dirigeons vers la sortie…

Sur des peaux de bêtes, Srinivasa Ramanujan (ce n’est pas son vrai nom, mais j’ai toujours eu du mal avec les noms de toute façon) est assis en tailleur… Etant souple comme une barre à mine, je maudis intérieurement l’effronté. Démonstration intéressante des différentes méthodes ancestrales pour faire du feu. Impressionnant, passionnant, cela cloue les punks pendant une demi-heure… Pas en silence, mais ils sont assis et plus ou moins calmes.

Retour à la maison, sieste pour numéro 4 et ses parents, réveil avec les cheveux qui poussent pour tous les trois, la tête au fin fonds du trou du c… enfin vous voyez l’idée! Bain, préparation de repas, hurlements divers et variés, tout le monde finit au lit, plus ou moins tard. Numéro 4 est presque guéri, Madame ne se sent pas au top, numéro 2 tousse, tout va bien!

Dimanche, programme libre: je prends les trois plus jeunes et le train, direction Fribourg! Plus d’une heure de train, sachant qu’avant de partir j’ai déjà dû hurler contre numéro 3 qui n’arrête pas de faire des crises ou des bêtises, le trajet risque être long! Pendant que je m’amuse dans le train, Madame part avec Mademoiselle pour faire de l’accrobranche (Mademoiselle, Madame est enceinte, je vous rappelle…), et est convenu qu’elles nous rejoignent à Fribourg pour la balade en ville, après le repas.

J’arrive sans encombre, sans trop hurler et sans tuer un punk (quelle maitrise de soi !) chez mes parents. Repas sans histoire, mon père nous emmène au lieu de rendez-vous où nous retrouvons le parrain de numéro 4. Nous descendons en basse-ville, retrouvons les nanas et passons un bon moment à travers la vieille ville de Fribourg, parcourant les rues et nous arrêtant pour lire les panneaux de l’histoire.

Arrivé au terme de la balade, je laisse les punks avec le parrain et Madame, donc en de très bonnes mains, pour aller rechercher le MPPT, garé à l’autre bout de la basse-ville. Je fais une courte pause en route pour m’assurer que numéro 4 aura bien un biberon ce soir : 3 litres de lait et 4 brioches aux pépites de chocolat plus tard, j’arrive au bus et rejoins le parking à côté de la fin du parcours. Je WhatsApp Madame (oui, je sais, je suis un Dieu de la modernité et des télécoms…) pour lui dire : – suis sur le parking mais pas de place…

Madame répond : – Ben moi je ne trouve pas mon c.. de fils (Madame a l’air plus qu’énervée!)

– Lequel ?

– Celui qui se tire tout le tps

Madame abuse un peu, il y en a deux qui se barrent tout le temps, numéro 3 est aussi très doué (comme il l’a montré la veille), mais c’est de numéro 2 qu’il s’agit cette fois ! Pragmatique, je réponds:

– Tant pis on en fera un autre…

Comme elle ne rigole pas, je gare le bus avec classe (place jaune, interdiction de stationner) et pars en courant dans sa direction… Quand Madame n’a plus d’humour, il faut savoir que l’heure est grave…

Je croise Madame qui a fait trois fois le tour du mini village, sans succès. Je lui dis d’aller à la voiture et fais une fois de plus le tour du village en essayant de me mettre dans la tête de numéro 2… que je finis par retrouver, jouant avec des copains nouvellement trouvés. Nous partons en courant vers le bus où l’embarquement a commencé. Nous laissons le parrain et repartons rapidos : Madame devait être à la piscine pour une cession baleine (gym aquatique pour les grosses… Oui, les femmes enceintes, si vous préférez…).

Retour de weekend, retour de vacances et embouteillages, nous arrivons beaucoup trop tard pour qu’elle puisse partir tremper… Son portable sonne, finalement toutes les autres grosses avaient aussi annulé, le cours n’aurait pas été passionnant !

Nous couchons tout le monde, le weekend finit comme il a commencé : cuisine pour un gratin de potimarron, ranger ce qui peut l’être (Madame ayant un remplacement lundi, mes parents viennent garder les punks), nettoyer les casseroles,… couché après 2h du mat, la semaine démarre en folie, les punks se sont couchés trop tard, mais sont tous propres… on ne peut pas tout avoir !

Les vacances sont se terminées, en tous cas pour nous, alors reposez-vous, la semaine risque être encore longue et probablement agitée!

 

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