Amis de la météo et de la course à pied, bonsoir!

Le weekend dernier, nous sommes montés à Fribourg pour ce qui devient une tradition familiale: la course de Morat-Fribourg. A la demande de ma fille, je ne l’ai pas inscrite cette année, il y a donc numéro 2 qui court tout seul et numéro 3 avec son papa… dans les deux cas, 700m. Toujours drôle de les voir courir, et de constater que d’autres pères sont bien plus cintrés que moi: vêtement technique pour le père et le fils, entraînement régulier tout au long de l’année et regard de tueur… tout ça pour courir 700m en rigolant avec junior! On se croirait, du point de vue de la névrose, dans un concours américain de mini miss!

Les punks et leur mère repartent pour goûter chez leur grand-père, je reste seul à Fribourg: demain je cours les 17km…

N’y voyez pas une obsession de ma part ou un complot, mais là vraiment, la météo a déconné gravement! Bien qu’un temps frais et couvert, avec de la pluie dans l’après-midi soit annoncé, il fait très chaud et nous courrons en plein soleil… Je ne dis pas que le mauvais temps m’aurait permis de finir premier [c’est assez humiliant, au moment où l’on arrive très péniblement à la moitié de la course, à Courtepin, d’entendre dans les haut-parleurs, que l’anorexique de petite taille (un nain quoi!) qui va gagner cette année, entre déjà dans Fribourg… lui. Certes, il est parti avant les bouchons, donc 6-10 minutes avant moi, il demeure: je le déteste de toutes les maigres forces qu’il me reste à ce moment-là!], mais j’en eu peut-être moins chié bavé !

Pour rester au top de la condition physique, nous avons rendez-vous après la course (pour les moins sportifs: une collation, même légère comme ce repas traditionnel, durant une course est propre à péjorer, de manière plus ou moins grave, les performances du coureur…), comme chaque année, dans un restaurant pour manger une fondue (il y a même des cornichons, pour les vitamines, et des patates comme légume…). Ma petite forme me fait renoncer à prendre le menu: j’ai peur que les meringues double crème ne restent pas très longtemps à leur place… Et je ne suis pas pressé de tenter, pour la première fois, de vomir de la fondue (amis de la grâce et de la culture, bonsoir)!

Je prends le train et rentre en terres Vaudoises… juste à temps pour que l’orage qui avait été annoncé plus tôt me choppe à la tombée du train, probable ultime vengeance des personnes de la météo, qui comme tout le monde, lisent ma rubrique et m’ont déjà maintes fois menacé de mort (le météorologue est fourbe mais aussi lâche: il menace tapi dans l’ombre…). Je me mets sous un abri à vélos en attendant que ça se tasse un peu… J’arrive naturellement à la maison humide (et il ne faut jamais parler sèchement à un humide…), les punks sont contents de me voir, Madame soulagée, je suis toujours humide.

La semaine reprend déjà, avec son lot de devoirs, répétitions de poésies et exercices de calcul… Il faut dire que c’est la semaine de tous les dangers: à la fin de la semaine les punks sont en vacances!!!! Ils sont donc crevés, irritables, irascibles, au bord de la crise et de tomber malade… Tout va bien!

Numéro 3 s’énerve à chaque fois qu’on lui demande ou dit quelque chose, ou quand on ne dit rien, ainsi que le reste du temps. Ce n’est pas pour cela qu’il va dormir plus longtemps le lendemain matin; naturellement, il est de bon ton d’entretenir sa mauvaise humeur!

Je retrouve souvent le soir en rentrant Madame un brin tendue, stressée et épuisée, regrettant que je n’ai pas lancé ma célèbre application pour smart phone: ManLoc l’application qui localise le camp de manouches le plus proche pour ceux qui souhaitent abandonner leurs rejetons dans les meilleures conditions… Il y a toujours la Ribambelle à Nyon, mais on est obligé d’aller les reprendre après, c’est moins utile…

Ma fille rapporte quelques très bonnes évaluations, numéro 2 aussi (test de maths pour voir s’ils reconnaissent les nombres jusqu’à 12… heureusement qu’à la maison, nous en sommes à la table de 11, sinon il s’ennuierait vraiment, le pauvre), les punks sont plutôt bons à l’école. Bon il faut reconnaître à numéro 2 un certain talent pour les hiéroglyphes… Je n’ai pas dit que c’était beau ou lisible, mais il sera probablement reconnu, comme moi, à titre posthume!

Numéro 4 est dans une grande phase de découverte du langage. Lorsqu’on lui demande: « il est où le babyspeckr ? », il montre son ventre en répétant « pek » (ce qui prouve que le « krrrraa » Suisse-Allemand n’a rien d’inné ou de naturel pour le enfants non plus!). Il sait aussi chanter deux couplets de « kika le kakakaki kollé au kuku » et répond « Krrrk » quand on lui dit « qu’est-ce qu’on va faire au petites pattes arrières? »… Il ne doit pas comprendre ce que cela sous-tend ou n’a pas assez peur du père indigne: il dit ça avec un grand sourire. Il est encore dans la phase adorable où il répond « oui » à tout, sauf quand on lui dit: « on va faire do… do…! » et qu’il répond :  » non… non! ». Ou, de la même manière, lorsqu’on lui dit: « On va sortir du bain !? », la réponse fuse: « NON! », tendant les bras 2 minutes plus tard. Il y a naturellement quelques bavures… Le père indigne remonte pour la 138ème fois voir numéro 4 qui ne dort toujours pas, pleure, chante et s’adonne à maintes activités irritantes pour ses parents (ça s’est passé juste au retour de vacances, quand il avait décidé qu’il était plus confortable de dormir avec ses parents que tout seul comme un c…), irruption dans la chambre, allumage de lumière et regard foudroyant… junior est assis dans son lit, il n’en mène pas large. Le père lui sort la phrase célèbre : « dehors t’es p’têtre un caïd (prononcer : quède), mais ici t’es rien! Alors arrête de nous gonfler et dors! Tu te fous de moi? »… Réponse de l’effronté : « oui »… Malgré une forte et légitime envie de l’envoyer chez le voisin par la fenêtre, je vois bien à sa petite mine qu’il est au bord des larmes et ne va pas poursuivre son acte de bravoure. Grand seigneur, je l’épargne pour cette fois!

Nous avons des copains qui viennent manger ce weekend… Pour simplifier les manœuvres, et parce qu’un soufflé avec 4 punks ressemblerait à une vieille semelle froide au fond du plat avant que tout le monde soit assis, calmé et prêt, nous optons pour une fondue chinoise. Ayant tout prévu, à l’avance, je sms un pote vendredi matin: « Hello, elle s’appelle comment déjà ta boucherie, au Molard? » Il me répond : « la boucherie du Molard? »… Si même mes potes se mettent à être insolents et désagréables, où va-t-on!?

Je raconterai le weekend dans la prochaine rubrique…

Demain débutent les vacances des punks… Je commence la semaine en me couchant une fois encore après 3h du matin, pour toi, lecteur adoré! Soyez détendus durant les vacances, et dormez pour moi!

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