Amis de la plage et de la route, bonsoir!

A la fin de la semaine, je suis en vacances!!!!

Cela coïncide traditionnellement avec une maladie soudaine ou, plus fréquemment, mon dos qui se rappelle à mon bon souvenir. Je passe donc les 2 semaines de vacances coincé (du dos, dois-je le préciser?!) et suis à nouveau prêt à servir au moment de reprendre le travail…

L’année dernière, pour la première fois, j’ai demandé une attestation médicale et me suis fait rembourser mes vacances par mon employeur… Pour le principe : j’avais commencé l’année avec 18 jours de congé de l’année précédente et n’ai naturellement pas tout employé!

Donc arrive le vendredi, je rentre à la maison primesautier et jovial, comme tout père de famille nombreuses, en fin de journée… vers 21h20 (oui, comme je suis le seul employé en Suisse, il y a parfois bavure au travail, et je ne peux espérer que quelqu’un finisse à ma place…). Mon dos semble intact pour le moment, je suis à la veille de 3 semaines de vacances!!! Je ne me souviens plus avoir pris autant de vacances en une fois, c’est presque trop… non je déconne, les vacances, ce n’est jamais trop!

Donc départ pour 3 jours en Savoie, pour une fête familiale… Nous fêtons tous les anniversaires ronds de la famille. Mes 40 ans récemment acquis me qualifient d’office et j’ai bêtement dit oui quand on m’a demandé si j’étais libre…

Première nuit assez pénible: numéro 4 n’est pas habitué au lit et nous réveille 2-3 fois, dont une heure de fiesta entre 2h30 et 3h30 du mat, un peu dur! Éviter de s’en plaindre ou de le mentionner devant mes parents, pour éviter le délicieux: « fallait pas en faire 4 si vous ne les supportez pas! » ou « tu vois, avec 4 vous ne pouvez jamais vous reposer »…

Bon j’évite de dire que la période où nous avons le moins dormi correspond à la période où nous n’en avions que deux; je ne suis pas d’humeur à débattre et il n’y a de toute façon pas manière de convaincre mes parents sur le sujet, on ne peut pas gagner ce genre de débat! Ma grande soeur, qui n’en a « que » 2, n’a pas trop dormi avec son deuxième, mais là aussi, j’évite le sujet.

Finalement, une soirée et une journée passées avec mes cousines et cousins ainsi que leurs rejetons nous ont donné beaucoup de bons moments. Ma famille a comme tradition de faire une chanson pour les anniversaires ronds, chacun des fêtés y a droit, même celle qui fête ses 90 ans, et moi!

Sympa de revoir mes cousins et cousines que je ne vois que rarement, et surtout de voir leurs petits: oh, c’est toi! Ca te fait quel âge? 20 ans????? (oui, je suis encore un frais et pimpant jeune homme, mais quand le dernier souvenir que l’on a de la grande saucisse qui vous donne son âge en souriant, est la fois où vous l’aviez gardée alors qu’elle marchait à peine, il y a quoi accuser un léger coup de vieux!).

Etant prévoyant, malin et subtil (si, si), j’ai pris mon matos pour courir… Je pars pour 10 jours en Bretagne, belle région certes, mais qui a le profil d’une anorexique allongée sur la plage, et il me faut courir en montagne pour mes courses à venir! Donc je guette cette foutue météo (encore elle, ça montre bien que le complot est mondial: elle m’emmerde même à l’étranger!) pour voir si ce sera sous la pluie, dans le brouillard, ou pire si affinités…

Petit aparté pour détendre… Bien que Madame ne skie pas, je m’entête chaque année à acheter un abonnement pour 5 journées de ski en Savoie, dans la région qui a eu le privilège de me voir naître… Je garde le secret espoir que l’un ou l’autre des punks se mette à skier et qu’il puisse me fournir un prétexte pour y aller avec lui… Chaque année, ou presque, je paie plus de EUR 200 pour les 5 forfaits, la carte neige et pour que les punks restent dans les papiers de la station de ski, car nous disposons d’un tarif imbattable, tant que nous l’utilisons… Sauf que, quasiment chaque année, soit je suis sous l’eau, blessé, en voyage pour le travail ou en train de changer de travail et je n’emploie pas mes forfaits…

Cette année j’ai le sourire: je n’ai pas fait une seule journée de ski, mais je vais employer, pour une fois, mon forfait pour monter courir depuis 1600 mètres d’altitude. Donc si on fait le calcul, j’ai l’occasion de me payer un aller-retour aux Arcs, gratuit… Le tout m’aura coûté plus de EUR 200, pour économiser EUR 13, si j’avais simplement pris un aller-retour en funiculaire… Une super affaire!

Donc au matin, la vallée est recouverte d’une belle couche de brume, mais je me dis qu’au-dessus il peut faire beau… enfin j’essaie d’y croire. Je prépare mon matos sorti dans le couloir la veille pour ne pas réveiller les 3 qui partagent la chambre avec moi (Madame, numéro 3 et 4). Je me prépare et j’ai tout, ne me manque que… le forfait! Je cherche, fais un bref passage dans la chambre où junior dort encore (donc dans le noir et à tâtons), mais ne parviens pas à mettre la main dessus! Je mets mes chaussures (toujours recouvertes d’une croûte de boue datant d’Aletsch) et pars en courant pour le funi (j’aurais bien pris un peu plus de temps pour me préparer convenablement, mais compte-tenu du regard noir que me jette Madame, pressée de repartir et pas fan de course, je réalise que mon créneau de départ rétrécit à vue d’oeil).

13 Euros plus tard, je suis assis dans le funiculaire qui monte vers la station de ski, il ne fait pas trop chaud et je me souviens où j’ai rangé les forfaits… et mes lunettes de soleil, oubliées à l’appartement sur le comptoir de la cuisine… Ca part bien.

Je laisse les Espagnols et leurs VTT quitter le funi et commence à courir en direction des pistes. 700m de dénivelé en 3.5km, ça monte fort et en plein soleil… On voit bien que je ne suis plus dans le jura, c’est pas des bosses, ici, mais des vraies montagnes! Je jure un peu d’avoir oublié mes lunettes de soleil, vu qu’il fait grand bleu pour le moment, mais c’est les vacances, je reste de bonne humeur.

2300m, première étape, je mets un coupe-vent (ça s’est re-couvert, et il y a un vent à décorner les boeufs), et commence une brève (mais pentue) descente, avant un plat montant. J’enlève le coupe-vent, même les descentes font transpirer en montagne. Je me retrouve vite sur les pistes et constate que c’est nettement plus facile en ski! Passage à 2400m à nouveau, dans la brume, à nouveau, et début de descente douce sur 2000m. Je monte ensuite sur 2500m, avec une pause sandwich dans la montée, et m’arrête un peu au-dessus de 2500m les pieds dans la neige, avec une fine pluie qui commence.

Je repars dans l’autre sens, et réalise que la descente est suffisamment violente pour que je sois contraint de ralentir… Note pour plus tard: ne pas manger un sandwich entier en une fois, la digestion provoque des points de côté à l’estomac, un véritable bonheur!

Retour en plaine par le funiculaire, rapide douche et emballage des affaires qui restent (toujours sous le regard noir de Madame) et chargement du MPPT. Nous quittons la Savoie, au soulagement de mes parents (nous faisons trop de bruit ou n’éduquons pas nos enfants comme il le faudrait, il semble; ils sont d’ailleurs sur la bonne voie pour finir délinquants – dans le meilleur des cas! – ou drogués – voire les deux).

Un jour de repos, en Suisse, et le soir du deuxième jour, nous repartons, avec Le Bus, pour la Bretagne! 10 jours de balades, de crêpes, de punks qui courent sur la plage (Mets ta casquette, numéro 3! Arrête de recouvrir ton petit frère de sable! Recrache cette méduse! Ne jette pas des cailloux sur les gens qui nagent! Ni sur ton frère! – ah la plage, quelle joie!)… Et surtout, plus de 1’050km, de nuit, avec le MPPT (Multiple Purpose Punk Transporter) avec 4 punks qui dorment, et Madame qui me relaie quand je suis fatigué de conduire… Eheheheh! Bon sérieusement, on y croyait un peu quand même…

Madame avait prévu: valises et punks prêts à 15h, pelouse tondue, alarme mise, plantes arrosées, chargement du MPPT et départ vers 16h, afin d’éviter les bouchons de la douane via Genève…

Un peu après 19h, je demande aux punks d’aller dans Le Bus, avec doudous et tout ce qu’il faut, et de s’installer en enlevant leurs chaussures. Le coffre est presque prêt, ne restent que quelques sacs à prendre et nous partons. Je m’assois dans Le Bus, installe le sac pour le pique-nique (nous mangerons après 1h30 de route), et… Une odeur saisissante règne dans l’habitacle! Les yeux m’en piquent, la tête m’en tourne, et pourtant il en faut pas mal pour me déstabiliser (pour ceux qui ont oublié, j’ai 4 punks – à vendre suivant les jours, d’ailleurs)!!! Je me dis qu’un animal de taille moyenne a dû décéder dans le MPPT pendant que je le vidais et le préparais au voyage… Mais ne parviens pas à localiser la source de l’infection puante qui se repend dans l’habitacle… Ca semble provenir des pieds de numéro 3, et non de la couche de numéro 4, pour une fois!?

Madame, qui m’a rejoint dans Le Bus, semble aussi incommodée que moi, nauséeuse, au bord de l’apoplexie. Très pragmatique, elle me lance : « Vivement qu’il y en ait un qui vomisse, pour faire passer l’odeur! ». Je l’ai choisie en grande partie pour sa classe et sa grâce toute féminine… Mais aussi pour son humour. Elle essaie d’apprendre à respirer autrement, sans trop y parvenir, et commence à préparer une lingette de nettoyage pour essayer de dépolluer junior lors de la pause diner prévue après 1h-1h30 de voyage… Ouvrir la fenêtre ne sert à rien, nous sommes condamnés…

Naturellement nous ne tenons qu’une heure et quelques minutes aux râles de numéro 3: « Maman, j’ai faim! », « Papa, c’est quand qu’on mange? », « on est bientôt arrivé? Je veux manger… », « j’ai mal au ventre, on peut manger? »… J’hésite à l’abandonner simplement sur une aire d’autoroute, mais Madame semble y être encore attachée… Pause casse-croute +12 pipis sous la pluie, sur une aire d’autoroute miteuse comme il y en a tant. Une heure plus tard, nous quittons ce havre de pluie, sans oublier personne – ce qui aurait pu nous arranger, mais avec les techniques modernes et des caméras partout, on nous aurait probablement rapporté l’enfant oublié… Les punks sont en place, repus et ont tout pour dormir…

En théorie, ou chez les autres, les enfants dorment très vite en voiture… Les nôtres jamais facilement: il faut qu’ils soient épuisés, se soient beaucoup dépensés ou aient peu dormi pendant plusieurs nuit, sinon ils résistent bien. Ma fille ne dort quasiment jamais dans Le Bus, numéro 2 et 3 un peu plus facilement, numéro 4 rarement plus d’une demi-heure.

Numéro 2 s’endort effectivement au bout d’un moment, vers 22h40 tout de même. Numéro 3 se calme, après deux ou trois hurlements de son paternel, mais ne s’endort pas pour autant. Ma fille se fait oublier, mais ne cède pas non plus. Numéro 4 couvre les bruits de tout le monde en criant « mamaaaaa! » dès qu’il voit: un camion, un lampadaire, un péage, un avion, un oiseau, un nuage ou une voiture… J’ai mentionné plus tôt que Madame devait dormir pour pouvoir me relayer au guidon en fin de nuit, quand je serai fatigué… Or, numéro 4 rend toute velléité d’endormissement improbable.

Plus de deux heures du matin, l’état des punks demeure stable. Numéro 4 épuisé finit par s’endormir… Mais le répit est de courte durée: toutes les 10-20 minutes, il se réveille et hurle, frustré de ne pouvoir dormir et trop fatigué pour avoir de l’humour… Numéro 1 et 3 ne montrent toujours pas de signes de fatigue…

Numéro 3 abandonne finalement. Il faut dire que nous sommes plus de 6 heures après son heure de coucher habituelle!

3h30, je commence à sentir la fatigue, et Madame essaie de profiter de quelques minutes de sommeil… Ma fille annonce qu’elle n’est pas bien, elle a mal au ventre… Je cherche des yeux une aire d’arrêt, qui ne vient pas… Je lui demande si elle peut tenir et elle me dit qu’elle ne va pas vomir… Nous nous arrêtons 2 minutes plus tard pour nettoyer ce qui peut l’être et calmer ma nana qui est au plus mal… Normal, elle n’a toujours pas dormi et n’a jamais été au top en voiture… Cet arrêt permet à Numéro 4 de se re-réveiller…

Nous repartons dans des effluves qui annulent partiellement les odeurs de pieds du début du voyage. Petite pause après la sortie d’autoroute, nous ne sommes plus très loin du but, mais je n’en peux plus! Madame prend le volant et je m’assoupis une demi-heure.

Je suis réveillé par les râles de numéro 3 qui se plaint aussi du ventre. Nouvelle pause, pour aérer tout le monde et je reprends le volant, Madame, n’ayant pas trop dormi non plus, est en difficulté!

Nous arrivons tous fatigués, sans plus d’encombres, au bout du monde, ou du Finistère Nord en tous cas. Nous trouvons assez vite la maison louée, mais comme nous avons quelques heures d’avance, nous repartons au village le plus proche pour un petit déjeuner… Ma fille, l’estomac encore dans les chaussettes, décide intelligemment de passer, elle est transparente et fait peine à voir.

Seul points positifs: nous sommes arrivés et l’acharnement de la météo a cessé près de 3 heures avant l’arrivée, le temps est couvert, mais il ne pleut plus!

Profitez des vacances pour ceux qui en ont et reposez-vous, c’est les vacances!!!!

 

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