Amis de la brume et de la boue, bonsoir!

J’ai une vie difficile: 4 punks à la maison, une femme irascible, un loisir permettant de se blesser régulièrement, et un travail pas facile… Donc pour le travail, en plus d’horaires parfois long, j’ai dû aller à Monaco pour trois jours, la vie est faite de souffrances et de moments d’une incroyable difficulté…

Un bref rappel s’impose: lors de mon voyage à Barcelone, les contrôleurs aériens français faisaient grève, occasionnant une heure d’attente dans l’avion, sur le tarmac de Cointrin, alors que j’avais dû me lever vers 4h30 pour me rendre à l’aéroport. Lorsque je suis allé à Paris la dernière fois, il y a deux semaines, une grève de la SNCF avait failli me coincer dans la capitale pour quelques jours de plus que prévu… La météo s’était aussi chargée de me souhaiter la bienvenue, histoire de me faire regretter la Suisse plus vite et de flinguer un costard.

C’est avec bonheur que j’apprends donc que la grève des contrôleurs est de retour… J’ai une brève pensée pour qu’ils meurent tous dans d’atroces souffrances! Mais je me calme: pas de violence, c’est les vacances! Je mets la tête contre le hublot et tente de choper quelques minutes de sommeil.

Aimant les défis, j’ai pris mon portable (que je n’emploierai naturellement pas pendant tout le séjour… donc un kilo de trop et de la place pour rien d’autre), un parapluie (ça c’était utile, bien qu’il fasse normalement toujours beau à Monaco, nous avons eu un peu de pluie deux jours sur trois – une vengeance des gens de la météo, à coup sûr!) et la poudre qui me permet de préparer mon malto, une boisson qui m’évite d’avoir à manger des pâtes matin, midi et soir les trois jours avant une course…

Me méfiant des douaniers, j’ai mis la poudre dans un sac en plastique transparent, comme les liquides de ma trousse de toilette (deo, mousse à raser, dentifrice,…), et la met sur le chariot pour être scannée comme tout le reste. Un douanier regarde ce sac d’un air suspicieux et me pose 2-3 questions. Satisfait, il prend mes affaires et les pousse vers moi, en continuant à me regarder d’un air suspicieux…

Je me dis qu’il doit probablement rencontrer chaque jour des trafiquants de drogue qui essaient de passer un demi-kilo de cocaïne pure dans un sac transparent, en bagage à main, et qu’il faut rester calme… Alors qu’il pousse ma valise et les différents bacs moches en plastique gris qui contiennent mes effets, j’entends un subtil « pfffffffrrrrrrrrrr » et n’y prête pas trop attention sur le moment…

Ma société étant consciencieusement économe, je voyage donc en chicken classe… Nous avons par contre un pass pour accéder aux salons VIP/Business lounge des différents aéroports. Je m’y rends pour patienter un peu, lire mes emails (j’ai quand même quitté mon bureau depuis presque 40 minutes) et boire un coup. En cherchant mon chargeur dans ma valise, je réalise que le sac contenant mes liquides n’est plus transparent et semble blanc… Le douanier en agitant mon sac a ôté le capuchon de ma mousse à raser, qui s’est répandu dans le sac (le « pfffffffrrrrrrrrrr » de toute à l’heure, vous vous souvenez?) quand il a poussé mes affaires… Je dois tout sortir et essuyer, tout remballer puis aller vers ma porte d’embarquement.

Malgré une demi-heure de retard, j’arrive à Nice et trouve le bus pour aller à Monaco. Nous allons manger entre collègues. La ville, à défaut d’être belle, impressionne avec ses immeubles collés les uns sur les autres et ses voitures de sport à tous les coins de rue. Pas sûr que je voudrais y habiter… Surtout avec 4 punks: la ville est trop petite pour autant de malheur ou d’énergie…

Deux jours de Fund Forum, dont la partie la plus distrayante consiste à chercher des cadeaux, sur chaque stand… mais quatre fois chacun, pour les punks. Quelques rencontres pour le boulot, mais rien de passionnant.

Il pleut le deuxième jour. La météo annonçait du beau temps, je ne vois même pas pourquoi je prends encore la peine de la consulter… La météo c’est le degré zéro pour moi… Au moins les étudiants en histoire de l’art sont convaincus par ce qu’ils font (c’est une private joke, juste pour irriter une connaissance!). Les gens qui travaillent à la météo savent qu’ils ne disent pas la vérité. Je suis d’ailleurs persuadé qu’ils se baladent tous avec un parapluie et des lunettes de soleil, vu qu’ils savent qu’ils ne peuvent pas prédire le temps! Ils sont conscients de leur propre fraude…

Retour en Suisse, une nouvelle fois avec une demi-heure de retard. Pas eu trop le temps de voir les punks, qui protestent, naturellement.

La semaine se termine, au programme: semi marathon d’Aletsch… La météo (encore elle!) annonce un temps de merde, avec de la grêle et 8°C. Pour les raisons indiquées ci-dessus, je n’y prête pas attention. J’arrive en Valais, après un lever à 5h30 et départ à 6h, et le temps se couvre. La température chute et il se met à pleuvoir. Plus je m’approche, plus il fait mauvais!

Arrivé en téléphérique à Bettmeralp, il fait 7°C et les organisateurs annoncent que la course est raccourcie en raison de la neige sur le haut du parcours et de la météo pourrie. La course s’appelle « le plus beau semi marathon d’Europe »… A un moment, nous avons presque vu jusqu’à 5 mètres, à travers la brume qui coiffe le parcours… Nous courons dans plus de 5cm de boue (je n’ai pas encore pu ravoir mes chaussures…), ça patine à la montée et glisse à la descente, des gens tombent, j’essaie de sauver ma cheville (protégée par une atèle) et de ne pas me péter l’autre… Crépi de boue et un peu refroidi, je finis pas trop mal pour moi.

Au moment où je quitte le Valais, la pluie cesse… Il fait presque beau quand j’arrive sur le canton de Vaud… Encore un coup des gens de la météo qui ne renonceront à rien pour me ruiner un weekend!

Si la météo cesse de s’acharner contre moi, je vous ferais bientôt une nouvelle rubrique… Sinon j’achèterais un ordinateur étanche pour continuer à lutter contre cette parodie de science! A mort la météo!!!

Dormez bien et ne sortez pas sans votre parapluie! Bonne semaine quand même!

aletch

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