Amis du gras et des lapins, bonsoir!

La semaine est plus courte, donc meilleure que les autres! Les punks sont en vacances, je décide de ne pas prendre de congés, ayant commencé mon nouveau job il y a de cela un peu plus de deux mois, je voudrais éviter de me faire remarquer trop vite… et comme dit le proverbe : punks à la maison : tensions !

Pour cette semaine, ma fille est inscrite à un camp multi-sport à Nyon, avec sa meilleure copine. Organisation chronométrée : ma pétole doit prendre le train de 8h18, dernier wagon pour retrouver sa copine accompagnée de sa maman. Je dois naturellement emmener mademoiselle deux matins de la semaine (Madame s’en occupe habituellement entre 7h30 et 19h30 du mat, et je fais une bonne partie du reste de la journée… c’est déjà généreux de ma part !?), ce qui me fait arriver un peu tard au bureau.

Chaque soir, elle me montre sa dernière éraflure de la journée… Elle se débrouille pas mal, mais ne boxe vraiment pas dans la même catégorie que numéro 3… moins de pratique sans doute!

Je reçois une brève vidéo montrant numéro 3 en train de faire du vélo sans les petites roues… Je suis ému : il va enfin pouvoir se faire de vraies blessures! J’en discutais à Pâques avec mon beau-frère : si nous allons voir le pédiatre, il va appeler la protection de l’enfance en croyant que c’est de notre faute s’ils sont couverts de bleus… Je recommande à mon beau-frère l’usage de l’annuaire pour taper ses enfants, ça laisse moins de trace, à défaut d’équipement adéquat…

Vendredi, nous allons en terres fribourgeoises pour fêter Pâques chez ma belle-mère. Comme il y a leurs cousins, les punks sont assez agités et il n’y a vraisemblablement pas assez de jouets pour les distraire suffisamment: hurlements et bagarres, tout est normal. A leur table, les punks sont bruyants – normal – mais ne mangent pas mal, avec les répartitions habituelles : numéro 1 et 2 mangent le corps des asperges, numéro 3 mange les siennes et les têtes de tous les autres, ainsi qu’un deuxième service! Idem au moment du dessert, ma fille se « dévoue » pour manger les assiettes de numéro 3 (absolument pas intéressé par les desserts, sauf le chocolat brut et les pains au sucre) et numéro 2 pas fan de sucré (sauf chocolat et pain au sucre…). L’un dans l’autre, ils pourraient passer pour bien éduqués, si l’on ne connaissait pas leurs parents (d’après mes parents, nous ne sommes pas assez…  ou trop… enfin s’ils sont bien élevés de temps à autre, ce ne peut être que le fruit d’un heureux et temporaire hasard, en attendant qu’ils deviennent délinquants ou se droguent…)!

Qui dit Pâques, dit chasse aux œufs pour les plus jeunes…joyeuses-paques et là, c’est le drame! 4 punks plus deux cousins qui courent dans le jardin pour chercher des œufs, ça ne peut statistiquement pas bien se passer… Dans ma jeunesse (oui dans les années trente, très drôle), mes parents cachaient uniquement des œufs et bestioles en chocolat. Il faisait naturellement toujours chaud et le temps de cacher tout et de faire sortir les monstres, la moitié du chocolat avait fondu, et nous ne retrouvions pas toujours tout ce qui avait été caché! Ma belle-mère se donne plus de peine et, chaque année, décore des œufs avant de les faire cuir dans des pelures d’oignons, leur donnant une belle couleur sur laquelle se détache les motifs de ce qu’elle avait mis avec… cuits durs donc les œufs. Les punks sont donc lâchés, il fait assez froid, mais ne pleut pas pour le moment. En quelques secondes, les premiers œufs sont trouvés. Je ne sais pas qui des cousins ou des punks a cassé le premier œuf; ce qui est certain, c’est que la moitié n’a pas survécu aux trois chasses organisées. Nous calmons les déçus (numéro 3 qui en a trouvé un de moins que numéro 2, alors que numéro 4 jette l’œuf dont on lui a montré la cachette dans les escalier où il s’écrase comme… un œuf cuit dur!) et tentons une photo de groupe avec tous les enfants.

Je crois avoir près de 20 photos, une sacrée rafale… pas une seule photo avec tout le monde tranquille, les yeux ouverts. Je ne demandais même pas un sourire, je suis père depuis assez longtemps pour savoir qu’il y a des limites à ce que l’on peut attendre des casse-pieds, mais là, entre la crise de la cousine, numéro 4 qui se baisse, puis se tourne, puis vient vers moi pour voir la photo… Un père moins zen, ou plus indigne, aurait sorti le tromblon (pour les moins cultivés, un tromblon n’est pas une voisine très moche, mais une arme proche du fusil, à un seul coup, rendu célèbre par la bande dessinée Léonard Génie…) chargé avec du gros sel et des œufs cuits durs et menacé tout le monde en hurlant, pour un résultat identique : larmes et expressions peu photogéniques. Non, les enfants ne sont pas conçus pour être pris en photo, sauf quand ils dorment, mais l’éclairage n’est alors souvent pas idéal…

Samedi Madame va faire quelques courses avec numéro 2. Je laisse les trois jouer et commence un repas gastronomique: décongélation des petits pois (5 minutes de crise de numéro 4 qui peine à comprendre que le petit pois cru et surgelé ne se mange pas), aller à la cave pour chercher du riz et le faire cuire (je n’ai ni brûlé l’eau, ni raté quoi que ce soit !), casser les œufs (sans laisser trop de coquilles) et faire une omelette : mon riz cantonais est prêt! Plus technique, j’ai épluché et râpé des carottes blanches et oranges pour une salade (sans que cela ne coûte trop cher en doigts paternels, un exploit… quel est le con qui a inventé une râpe à légumes aussi peu pratique et avec tellement de possibilité de se blesser !? C’est encore un de ces trucs qu’un designer à 2 ringits (monnaie de Malaisie, pour les rares personnes parmi mes innombrables lecteurs n’étant ni numismates, ni spécialistes du Forex, ni cultivés) a fait en sachant qu’il ne l’emploierait jamais!).

Numéro 4 a déjà mangé deux bols de petits pois et me rapporte son bol pour que je lui mette du riz, je lui dis qu’il doit attendre le retour de sa mère pour manger… re-crise.

Dimanche, nous décidons de faire plaisir aux punks et les emmenons à Urba Kids à Orbes. Au programme : châteaux gonflables à gogo, voitures électriques, toboggans, trampolines et hurlements… Nous mangeons tous des crêpes sur place (comme d’habitude les punks, probablement par crainte de la malbouffe, cuisinent la jeune cuisinière pour savoir comment se préparent les crêpes, tout en surveillant le processus d’un œil suspect, avant de souhaiter bon appétit assez poliment je dois dire). Re jeux divers et varié, puis course après les punks pendant un quart d’heure pour les remettre dans le MPPT pour les ramener à la maison où finale de tennis 100% et quelques bains s’imposent. Naturellement, hormis ma fille qui – une fois de plus – fait étalage de sa pugnacité, le retour se fait dans le calme et parmi les ronflements, numéro 3 ayant interrompu son flot traditionnel de questions assez rapidement : il en faut de l’énergie pour être un punk!

Bon retour de vacances, pour ceux qui ont eu la chance d’en avoir… Et pour les pères indignes qui rentrent de vacances épuisés, fourbus, l’œil torve et la lèvre tremblante : rassurez-vous, le travail reprend lundi, ça va aller, vous allez pouvoir vous reposer au bureau!

Dormez bien et bonne semaine!

 

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