Amis de la journée ou de la femme, bonsoir!

Jeudi de la semaine dernière, en fin d’après-midi, je reçois un WhatsApp de Madame ne comportant que trois photos de numéro quatre. Ce dernier sourit fièrement, avec un petit pli sur son nez, tout ce qui est au sud de sa lèvre supérieure est bleu pétant, assorti à ses mains…

Madame est adepte de la méthode Match : une photo vaut mieux qu’un long discours… Je suis sensé deviner ce que je dois dire ou faire simplement à partir des photos… En sachant qu’il y a rarement une bonne réponse, comme quand elle vous dit : « Tu me trouves belle avec cette robe? » ou « Elle est belle la femme de Pierre, tu ne trouves pas ? »

Là je dois faire une petite parenthèse pour préciser un mode de fonctionnement qui a traversé les siècles : journée de la femme ou pas, je prie les femmes de cesser de penser que les hommes vont deviner ce que vous souhaitez (ou ce que vous voulez dire), et ce malgré des années d’expérience prouvant que tel n’est pas le cas… Nous sommes des surhommes, certes, mais il y a des limites !

Je m’aventure et lui réponds – comme tout père responsable, mais pragmatique : dois-je racheter du bleu WC ?

– Non, tampon encreur… comment on peut enlever le bleu ?

Là je dois reconnaître que le père indigne que je suis hésite à lui répondre : machine, programme délicat (il est tout petit, il doit bien encore pouvoir rentrer dans le  tambour sans abimer le lave-linge)… Mais comme nous venons de passer nos 10 ans de mariage, que Madame est assez romantique et très susceptible, et n’étant pas très motivé à dormir le reste de la semaine dans le garage ou dans le jardin compte tenu de la météo (même si j’ai cessé de croire en la météo depuis longtemps), je réponds : faut le laver plusieurs fois et ça finira par partir…

Nous passons un très bon weekend (oui, malgré quatre enfants) : samedi, des copains passent nous voir avec leurs quatre enfants. Pour mes amis surdoués ou mathématiciens, ça fait effectivement huit enfants en bas âge, en même temps, chez nous… Nous mangeons et allons à la patinoire pour en profiter une dernière fois avant la fermeture pour cette année. Après une belle frayeur, pensant en avoir perdu un, et pas des nôtres pour une fois (suis assez surpris que malgré le nombre d’enfants qu’ils ont, ils y soient toujours attachés à ce point, je ne sais pas si nous aurions cherché les nôtres aussi lontemps…), nos copains repartent.

Dimanche, nous avions choisi d’aller au Carnaval des Bolzes (pour les étrangers ou ceux qui quittent trop rarement le canton de Vaud, c’est à Fribourg), avec tout le monde. Nous mangeons chez mes parents et partons pour le carnaval. Les punks n’y sont jamais allés et se prennent vite au jeu, jetant des confetti sur tous ceux qui passent à leur portée (il doit toujours y en avoir dans le MPPT – que nous évitons de trop laver : la propreté dérange le punk, lui semble louche, pas naturelle – et la poussette). Avec l’aide de mes parents, nous repartons avec autant d’enfants qu’à notre arrivée (un miracle compte tenu de la foule) et avons passé un bon dimanche.

Lundi, numéro 4 a la gastro. Il a les fesses écarlates et se met à hurler dès qu’il flingue une couche… j’en ai des larmes aux yeux !

Mes lecteurs les plus assidus (si, si, il y en a !) l’auront compris, je n’ai pas les larmes aux yeux par empathie pour junior qui souffre le martyre (je vous rappelle que cette rubrique est celle du père indigne, ça devrait vous éclairer quant à ce qui vient !) mais parce que nous allons très certainement passer une nuit de merde, alors que je dois partir demain pour Paris… Tant pis, je dormirais dans le TGV… ou pas !

Le TGV c’est Paris en trois heures, c’est un concentré de la technologie française, assez beau de dehors (pour les amateurs de trains), deux à trois fois plus rapide qu’un train Suisse, mais… français : (j’y suis né, je peux en parler) la première classe ne ressemble à rien, on n’y est moins bien assis que dans un siège de troisième classe du Tadjikistan (pour ceux qui ont essayé), ou presque, et je n’ai pas pu dormir longtemps… Surtout que mon wagon de TGV du retour est équipé, comme souvent, d’un complément local, accessoire classique : une connasse de Parisienne, qui rit comme une dinde et fait du bruit avec ses copains avocats qui partent au ski… Ok, je suis né en Savoie et ai depuis un préavis négatif sur les Parisiens…

A l’aller, un bonheur ne venant jamais seul, et alors que je songe assez sérieusement à m’endormir le plus vite possible, sans complexe, en bavant contre la vitre, avec une bulle dans le nez, en ronflant suffisamment fort pour couvrir la musique de mon walkman (c’est juste un clin d’œil pour les rares lecteurs qui auraient connu de cette époque et serait encore vivant – c’est comme les Poilus de la première guerre mondiale : il y en a de moins en moins…), trois pintades, ex-collègues de leur état, s’assoient pas seulement dans mon wagon, mais aux 4 sièges d’à côté (comme je réserve moi mes voyages, je suis à une place tout seul) et comme le train est français, je sens chaque coup de pied du jeune con qui s’est assis derrière moi. Heureusement, les pintades ne semblent pas me reconnaître (elles travaillaient dans d’autres services et c’est vrai que j’ai beaucoup changé en un mois) et ne m’adressent pas la parole…

De retour jeudi soir, après un rapide passage par une boutique de souvenir pour acheter quatre tee-shirts pour les punks… Même de simples souvenirs coûtent cher, lorsqu’on a quatre punks.

Vendredi sans histoire; numéro 4 se remet gentiment de ses problèmes de ventre, les autres vont pas mal.

Et samedi : journée de la femme ! Je pensais que cela voulait dire que ma femme allait tout faire et que je pourrais me reposer un peu… Mais la journée de la femme est une fourberie, comme le premier mai, la fête du travail : pour fêter, on ne bosse pas…

Bon je suis libéral, mais il ne faut pas déconner, je suis un père indigne et marié il y a plus de 10 ans, donc Madame reste avec nous et fait aussi sa part, jusqu’à 18h30… Je sais, je suis trop bon, mais c’est comme ça ! Donc Madame est de sortie. Elle va manger avec des copines du temps de son école. J’écope d’un repas seul avec les punks et du coucher… Et là c’est le drame !

Bon sérieux, je suis père depuis longtemps, plus de sept ans, et n’ai pas peur des punks, ni de quiconque qui pèse moins d’un quart de mon poids ! Donc diner sans trop d’histoire. Il faut dire que quand on donne des saucisses et des pâtes aux punks, il n’y a normalement pas trop besoin de les menacer pour qu’ils mangent… Je les couche du plus petit au plus grand, sans lire d’histoire, en faisant jouer les deux grands sur nos tablettes pour les occuper pendant que je gère – d’une main de maitre ! – le coucher des plus jeunes.

A 21h, les punks sont rangés dans leurs chambres, normalement dans leur lit respectifs… Aucun bruit, s’en est presque louche ! Je commence mes tresses habituelles et finis par me coucher à plus de deux heures du matin… Ma sieste du jour est oubliée et il va falloir tenir tout dimanche…

Dormez bien, la semaine pourrait être longue !

 

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