Amis de la médecine et des infections fongiques bonsoir !

Le père de famille nombreuse, bien qu’indigne, possède une résistance à toute épreuve ! Nulle maladie, nulle sensiblerie (pas même de sa fille), rien ne peut l’atteindre ou le faire dévier de sa trajectoire… Un mâle, un vrai, pas une lopette inconsistante qui faiblit pour un oui ou un non ! C’est un roc, c’est un cap, que dis-je c’est une péninsule ! (je m’égare…)

Difficile à dire s’il s’agit d’un cadeau suédois (je salue au passage les éventuels lecteurs suédois qui auraient été assez pugnaces pour trouver, je ne sais comment, votre serviteur) ou d’une des innombrables infections et bactéries diverses et variées véhiculées par les punks en temps normal. J’ai perdu cinq kilos depuis jeudi, je ne peux quasiment plus manger, ne peux quasiment plus parler, ni téléphoner donc, mais bien plus grave encore, je ne peux plus hurler contre les punks ! Note pour plus tard : mettre à charger le taser et réarmer le flashball !

Mercredi matin, je contacte mon médecin traitant… enfin j’essaie de contacter mon médecin qui, comme tout médecin qui se respecte, est surbooké (comme me l’apprend La Revêche, sa secrétaire qui semble détester tout le monde et surtout moi, d’une voix condescendante) et ne peut pas me recevoir rapidement. Je fais donc appel à la loterie, enfin je veux dire au médecin de garde… Pire : celui de Genève ! J’aime vivre dangereusement… Bon là, je ne vais pas faire durer le suspens : on ne gagne jamais à la loterie… Cette fois, je ne gagne pas non plus !

Je n’ai pas de fièvre, ne tousse pas, juste une cinquantaine d’aphtes dans la bouche, sur et sous la langue, au fond de la gorge, partout. Donc on me prend ma tension, ma température, me pose les questions habituelles et me fait un prélèvement buccal et sanguin. Une ordonnance et je passe à la pharmacie avant de partir pour un voyage pour le travail à Neuchâtel. Je n’ai pu manger ce matin qu’un toast, suivi de deux pauvres sandwiches au pain mou à midi, et je pense encore, naïvement, que mes médocs vont rapidement faire effet et que j’irais mieux dans un jour ou deux…

Je ne sais pas comment ça se passe pour vous mais, sans vouloir les dénigrer, je n’ai pas souvent été positivement surpris par la médecine… Vous connaissez des gens qui ont été guéri plus vite que prévu ??? Moi j’en connais des milliers pour lesquels ça a pris beaucoup plus de temps… dont certains qui ne se sont jamais remis ! Ca fait plaisir que des gens puissent jouer avec notre santé en toute impunité et sans vraiment savoir ce qu’ils font…

Autre point habituel : la pharmacie m’a remis mon traitement, une sorte de gel dégueu à avaler 4X par jour pendant 14 jours. Après deux prises de gel, il n’en reste pas la moitié… Ca promet… Toutes ces longues études de pharmacopée pour ne pas savoir compter, ça me fait un peu de peine quand même…

Jeudi : voyage à Zürich avec une journée assez chargée. J’ai de plus en plus de mal à parler au fur et à mesure que la journée avance. Je n’ai rien mangé le matin et que péniblement une entrée à midi. J’ai pu dormir un peu à l’aller dans le train et compte sur le retour pour me retaper encore un peu…

Ou pas ! Un ancien collègue de collège s’assoit en face de moi dans le train. Je ne l’ai quasiment pas revu depuis notre maturité, il y a 10 ans… enfin plus ou moins (diantre que le temps file !!!). J’essaie de manger une sorte de hot-dog à pain et saucisse mous que l’on ne trouve qu’en gare de Zürich, à ma connaissance (pour mes lecteurs Zürichois, je n’ai pas insinué que les Zurichois avaient la saucisse molle, c’est juste un constat culinaire !).

Vendredi, mon chef de passage en Suisse est au bureau. Bien que pas au top, je vais au bureau. Petit dej liquide. Au lunch avec mon chef, je mange 4 cannellonis en une heure… tout va bien ! En fin d’après midi, je repasse voir le médecin de garde qui change ma prescription, refait des photos de ma langue et de ma gorge et me dit qu’il m’a eu un rendez-vous avec un confrère pour vérifier que ce n’est pas descendu dans la gorge et le système digestif. Bien que restant zen en apparence, je commence à fatiguer assez gravement, mais pas de violence, c’est les vacances (si, si, sur Vaud) ! Re-passage à la pharmacie pour acheter le nouveau médicament, dont il faut commander une grande boite, vu que c’est à nouveau pour 14 jours.

Amis de l’assurance maladie et du système social Suisse, je fais là une petite parenthèse salvatrice : comme tout un chacun, j’ai choisi la franchise à 9’853.-, pour baisser le prix de la prime mensuelle, déjà exorbitante, dont je dois m’acquitter… ok 2’500.-, ça revient au même : je paie une assurance maladie la peau des parties basses et dois payer moi-même mes une à deux consultations chez le doc par an ainsi que mes médicaments… De toute façon, c’était pareil avec la franchise à 300.-… Je ne regrette pas la France, certes, mais je pense que ces quelques jours vont me faire mal au portefeuille, si ce n’est au c… très probablement les deux.

Bonne nuit : réveillé toutes les trois heures environ par la douleur… Avec les punks qui nous laissent dormir, pour une fois, et qui ne sont quasiment plus malades, ce serait pas mal de profiter pour se reposer mais, comme pour tous les pères, il y a un complot mondial contre mon sommeil, il faut s’y résigner !

Samedi mon médecin de garde m’appelle sur mon portable… Il ne faudrait pas que nous devenions intimes, ça va finir par faire jaser ! Il a parlé à un collègue et finalement il me faut un troisième médoc, il a faxé l’ordonnance à la pharmacie de garde à Crans. Je le remercie (des années d’éducation stricte pour en arriver là… j’aurais mieux fait de l’insulter, ça m’aurait au moins soulagé un peu !) et, après avoir fini ma pâte à tresse, prends le MPPT pour aller chercher ma nouvelle prescription.

Samedi soir donc, je n’en mène pas large… On est loin des régimes gastro (un grand merci aux punks pour l’apport des souches virales…) en terme d’efficacité : je suis à – 6 kg, dommage que l’époque du speedo soit si lointaine : je suis proche de ma silhouette Alerte à Malibu !

Dimanche passé en grande partie au lit, malgré les punks qui hurlent régulièrement jusqu’à ce que Madame ait pitié du mourant et les emmène en balade. Compte tenu de mon état en fin de journée, je me résigne à reprendre contact le lendemain avec mon médecin traitant. Qui est naturellement en vacances ! Bon là il faut dire que dans les grandes lois de la nature, la loi de l’emmerdement maximum s’applique un peu au père : je suis toujours malade pendant les vacances… ou quand mon docteur ne peut pas me prendre…

Mon assurance maladie (je suis sensé les appeler avant d’aller voir un médecin, pour garder une prime pas trop élevé) pense qu’il faut arrêter de se tripoter et aller aux urgences, seul moyen d’avoir un avis d’un ORL rapidement.

J’adore ma région mais, comme tout un chacun, je porte sur moi une carte plastifiée en cas d’urgence, d’accident ou de malaise. J’ai mis en gros « achevez-moi mais ne m’emmenez pas à l’hôpital de Nyon ! ». Ok c’est un peu brutal, et je n’ai pas de preuve de malfaçon ou de mauvais diagnostique… Mais je n’ai jamais été super bien servi (pas plus dans les autres hôpitaux, il faut le reconnaître, j’avais la même carte à Fribourg…) à Nyon et y vais à reculons.

Note pour les jeunes et les néophytes : il y a une chose à ne jamais, jamais, jamais oublier en partant aux urgences, surtout pendant la journée… Non pas la carte de l’assurance maladie, non pas votre carnet de vaccination,… De quoi lire pendant 17 heures !!!!! Je pars avec le premier volume de la biographie de Victor Hugo par Max Gallo… C’est un assez bon choix, malgré le poids du tome, car j’attends, j’attends, j’attends… Les gens défilent et j’attends toujours et encore. Je suis arrivé à 10H15 et on finit par m’appeler à 14H45… Et ça s’appelle urgence… C’est comme si vous arriviez au McDonald et qu’on vous servait 3h après la commande de votre menu !

Après les préliminaires habituels : questionnaire basique par un infirmier ou un stagiaire, remplir un formulaire aux admissions (qui impriment ensuite l’équivalent d’un arbre adulte – entier – en étiquettes diverses et variées) et attendre, attendre, attendre…

4h30 après, ils ne m’ont finalement pas oublié. On me conduit dans une salle de consultation. J’y attends encore un peu, le temps de lire une dizaine de pages, et une future médecin vient s’occuper de moi. Je lui re-répète mon histoire (pour quelqu’un qui ne peut pas trop parler, je trouve que je dois beaucoup raconter ma vie !) et elle doit aller consulter son chef (vu qu’elle n’est pas vraiment médecin…). Elle me dit que malheureusement ils n’ont pas d’ORL à l’hôpital, mais qu’elle va causer avec le médecin pour voir ce qu’il faut faire !

Là je respire calmement, essaie de ne pas me mettre à hurler des insanités en bavant… Je rappelle à mes aimables lecteurs que je viens à l’hôpital, et ai attendu plus de 4h45 à ce moment-là, UNIQUEMENT pour voir un ORL… Je reste d’une zénitude total, tel le yoggi en position du lotus. Elle quitte la salle de consultation et, comme je ne suis pas dupe, je me remets à lire… Après un chapitre ou deux, je m’allonge et fais une sieste d’un quart d’heure à 25 minutes. Elle revient et ils ne semblent pas savoir beaucoup plus que le médecin de garde… Perdu plus de 5h40 pour obtenir, finalement, un bain de bouche anesthésiant qui me soulage temporairement et me permet presque de manger.

Tout le monde semble convaincu que j’ai une ou deux maladies graves non détectées et qu’il faudra que je fasse des tests complémentaires au retour de mon médecin, si elle daigne revenir et à du temps pour moi un jour ! Mardi, après une journée de boulot, je me rends chez l’ORL, rendez-vous pris par le médecin de garde. Il regarde ma gorge, écoute mon histoire et me dit que c’est viral, n’a rien à voir avec ce que ses collègues pensaient… En gros c’est comme un bon rhume : soit on ne fait rien et ça dure deux semaines, soit on prend des médicaments et ça dure 15 jours !

Mercredi matin, le niveau de mon bain de bouche anesthésiant commençant à diminuer dangereusement, je passe dans une pharmacie pour m’en faire re-préparer… A la grande pharmacie de la gare, une vendeuse (je ne peux me résigner à appeler pharmacienne une gamine de 16 à 17 ans, au grand maximum, et qui semble avoir autant de connaissance que moi en pharmacopée…) regarde avec quelqu’un qui est tout juste en âge de se raser, et qui n’a pas l’air plus pharmacien qu’elle d’ailleurs, pour savoir ce qu’elle doit me dire. Elle revient et me dit que ça va prendre un peu de temps… A ma question : ce sera prêt quand ? elle me répond : milieu de la semaine prochaine… Donc après ma guérison si l’ORL ne se trompe pas.

Je remercie et vais voir un autre pharmacien. Il m’explique que les pharmaciens sont payés seulement 25.- de l’heure pour faire ce genre de mélange, d’où le peu d’enthousiasme de la pharmacie de la gare, plus intéressée par ses marges que par ses clients… Je viens de changer de pharmacien !

Mes médicaments sont arrivés trop tard pour vraiment servir à quelque chose, il faut prendre mes bains de bouche et patienter, ce sera fini dans une semaine normalement.

Donc deux semaines de régime juste pour le fun… et une semaine de retard pour cette rubrique, en sollicitant ta clémence, cher lecteur ! Pour rire, les aphtes sont très photogéniques, souvent assez mal placés, douloureux, gênants et ne permettent pas trop les familiarités… ce qui est ballot : nous fêtons aujourd’hui nos 10 ans de mariage !

Dormez bien, mais pas trop !

Chronique du père indigne