Amis du voyage et de la puériculture, bonsoir !

Quatre jours de formation en Suède, au siège, à Stockholm… Pour les quelques mâles parmi mes rares lecteurs, je m’attendais aussi à voir de grandes blondes, à forte poitrine, au teint clair et aux yeux bleus (ce que Madame appelle normalement des pouffiasses ou des pintades… suivant l’humeur), de la neige et des gens qui se baladent en skis de fond dans les rues… La réalité est qu’en arrivant au bureau à 8h30 et en repartant, parmi les derniers, entre 18h et 19h30, alors qu’il fait nuit vers 16h et que les magasins sont fermés à 18h (la majorité, il y a des magasins ouverts toute la nuit), je n’ai pas vu grand chose de la ville et, hormis des collègues, aucune femme ne me laissant un souvenir quelconque…

Pour ce qui est de la neige, il faisait plus chaud qu’en Suisse, sauf un soir; le temps était couvert tout le temps avec une légère pluie de temps à autre, mais pas de neige.

Donc Stockholm a l’air sympathique, mais il faudrait que j’y retourne pour que les punks ruinent cette ville, jolie au demeurant, dont la langue ne ressemble vraiment à rien, et dont la gastronomie a peiné à me convaincre (et ça c’est l’euphémisme du siècle, destiné à rester poli avec nos amis Suédois, et accessoirement mes collègues et patrons. La Suisse s’est déjà distinguée lors des récentes votations, je ne voudrais pas qu’une simple rubrique nous mette à l’index du reste des nations ! OK, le Raggmunk ne m’a pas tué, même si cela ne ressemble à rien et n’atteint pas des sommets en terme de goût ou de présentation (comme dit l’autre, j’ai hésité à demander au serveur une nouvelle assiette, convaincu que quelqu’un avait vomi dans la mienne…), mais ma bonne éducation a failli me faire défaut au moment où l’on m’a servi mon steak tartare violet foncé, étonnamment mangeable malgré son apparence).

Donc absent pendant quatre jours, avec mes parents qui passent deux jours à la maison pour garder les punks pendant que Madame vaque à ses loisirs, une fois de plus… (cette fois pour deux jours de remplacement dans une école de la région). Vendredi j’ai pris congé, pour que Madame finisse son loisir : un dernier jour de remplacement… Une journée seul avec les punks, je me réjouissais !

Rappel : en fin de semaine dernière numéro 2 était malade, toussait et avait de la fièvre… Ca va beaucoup mieux : il a dépassé 40°C jeudi, tousse toujours, vomit régulièrement à force de tousser, mais ne déborde pas trop du seau laissé dans son lit à cet effet… C’est normal, je ne suis pas à la maison pour mettre les pieds nus dedans (sinon ce ne serait pas drôle). Ce qui est nouveau, c’est que les autres, probablement par solidarité enfantine ou pour me faire payer mon absence, toussent aussi !

Seule ma fille va à l’école, numéro 2 ayant toussé et eu de la fièvre toute la nuit; donc je vais réveiller mon aînée beaucoup trop tôt à son goût. Elle part et me voilà seul avec un malade et numéro 4 qui commence à tousser de plus en plus et a déjà vomi une fois ou deux dans la semaine. Numéro 3 est au sommet de sa discipline : crise, beaucoup de bruit, et il passe son temps à embêter son petit frère qui, malade, manque cruellement d’humour, ce qui s’avère bruyant.

D’une zénitude absolue, probablement inspirée des méthode suédoises, j’envoie numéro 3 plusieurs fois dans sa chambre. Je prépare les trois et nous partons à pied direction cabinet du pédiatre pour récupérer une ordonnance pour commencer à soigner les punks. Il faut plus d’une heure pour aller chercher l’ordonnance, passer à la pharmacie et rentrer.

Je m’amuse un peu (finir de préparer ce que Madame n’a pas préparé à l’avance pour le repas des fauves : cuire une ou deux saucisses, couvrir numéro 2 qui est à deux doigts de s’endormir sur le canapé, négocier avec numéro 3 qui ne veut pas aller chercher sa sœur à l’école à pied…) et pars avec numéro 4 seulement. Numéro 2 est dans sa chambre et numéro 3 s’occupe. Je pars confiant et très légèrement en retard, donc en courant une bonne partie du chemin.

Heureusement ma fille sort toujours parmi les derniers de sa classe… mais naturellement pas cette fois ! Comme elle m’attend sous l’arbre, comme d’habitude, et que je l’attends à l’entrée de la cour de l’école, on met un moment pour se trouver. Nous rentrons pour trouver numéro 3 assis sur le granit de la cuisine (donc à 1.05m du sol), en train de finir des chocolats qu’il fait descendre avec des flips… Toujours avec un contrôle total, je hurle, le punis et tout le monde met la table.

Je vais jeter un coup d’œil sur numéro 2 qui dort et ne souhaite pas descendre. Il se rendort avant que j’ai quitté sa chambre. Repas avec trois punks, mais pas forcément beaucoup plus facile qu’avec quatre. Ma fille repart pour l’école. Je me dis que ça va être simple, il suffit de coucher numéro 4 qui va dormir pendant deux ou trois heures et coller numéro 3 devant un DVD pour faire une petite sieste…

Ahahahah ! Le père, quel que soit son âge, garde beaucoup d’humour et d’espoir, c’est ce qui le rend si drôle…

Donc 4 est au lit et je finis de ranger la table, puis négocie avec 3 pour trouver un DVD qui l’occupe assez longtemps pour que je puisse dormir. Je monte me coucher.

Numéro 4 n’a pas dormi une heure, mais attend exactement 3 minutes après que je me suis couché pour se mettre à pleurer… Ce qu’il n’arrêtera que vers 17h30, à l’arrivée de sa maman. J’ai essayé de le recoucher, il a pleuré 45 minutes, bien que crevé, sans s’endormir pour autant. Il a un peu plus de fièvre, est épuisé. Nous les laissons jouer en haut tous ensemble.

Je prépare les traditionnelles tresses du weekend, mais peut-être à cause du décalage horaire avec la Suède, ou parce que 1, 2 et 3 essaient constamment de se mettre sur la tronche ou s’insultent, je la loupe un peu : trop de farine ! Elles seront plus sèches que d’habitude… ma réputation va en prendre un coup !

Numéro 4 descend, inaugurant sa deuxième bosse de la journée (la première datait du matin quand il s’est mis debout sur une chaise en s’appuyant sur la nappe… qui a lâchement bougé, sous le poids de la bête…), assez belle d’ailleurs, même pour lui ! Madame finit sa soupe (nouvelle formule : avec de la betterave rouge… résultat très drôle dans les couches de numéro 4 !)

A la deuxième blessure grave de junior de la soirée, je suggère qu’on lui fasse manger tout le tube d’homéopathie, pour gagner du temps et qu’on commence les manœuvres de coucher… Madame me jette un regard noir, il faut éviter de faire de l’humour avec numéro 4 !

Nous couchons assez vite les punks, qui sont tous à bout. Je pars faire du sport.

Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas fais une entorse à un doigt ! Plusieurs années probablement… je baisse ! Ma cheville n’est pas touchée mais fait juste un peu mal, ce n’est que la douleur résiduelle d’une de mes entorses liées au basket… Histoire de me rappeler que je vieillis probablement.

Nous nous couchons trop tard, comme d’habitude, et sommes réveillés vers 7h20 par numéro 4, suivit de près par numéro 2 (qui va mieux le matin, comme d’habitude) et 3 qui se fâche déjà avec ses frères. Comme Madame ouvre un peu les stores, numéro 2 fond en larmes, fâché (!?!?!). Nous calmons un peu le jeu et déjeunons presque sans hurler, rejoints rapidement par ma fille.

Matinée sans histoire. Repas toujours tendu. Sieste des parents et départ pour les courses avec numéro 3. Nous passons chez le fromager local, ce qui prend plus de 20 minutes, vu qu’il parle toujours beaucoup, et nous repartons avec la raclette du soir… Je renonce donc à aller courir ce soir, je ne serai pas en état après la raclette. Je vais donc commencer ma rubrique à la place.

Je me couche tôt, après 3h du matin, sans avoir fini mon compte-rendu de la semaine… Le réveil à 8h pique un peu. Je fais une sieste pointillée : je me couche et me réveille trois fois grâce aux hurlements des punks, pas trop reposé. Après le repas, nous couchons numéro 4, je demande aux trois grands de se préparer et d’essayer de faire moins de bruit, vu que Madame voudrait essayer de dormir… Conciliant, toujours empreint de zénitude suédoise, je mets même les JO à la télé pour que les monstres laissent à Madame le temps de s’endormir.

Deux baffes et quatre hurlements plus tard, Madame va voir numéro 4 qui pleure, ayant déjà fini sa sieste. Elle se recouche, mais il continue à pleurer et finit par l’avoir à l’usure.

J’embarque les grands et nous partons pour Vernier où a lieu une exposition de bestioles : phasmes, pythons et poissons. Les trois punks sont courageux, mais pas au point de porter les phasmes. Ma fille demande à porter le python (nettement plus petit que le boa de plus de 2 m du parrain de numéro 3…), mais ce n’est pas prévu par l’autorisation du vétérinaire cantonal (quel gâche plaisir !). Je croise un copain qui a amené 50% de ses troupes, donc 2 punks.

Les punks sont calmes, hormis numéro 2 qui essaie une ou deux fois de couper l’alimentation des terrariums. Ils mangent un peu sur place, font quelques dessins (avec plus ou moins de qualité au niveau des dessins) et nous repartons.

Comme l’ambiance demeure électrique, nous les collons devant un DVD, pour souffler  un peu (moi) et préparer le repas (Madame… en plus d’être père indigne, je suis aussi mari indigne !). Il faut que je me calme : j’ai deux ou trois bains à donner (à moins que je ne parvienne à refiler ça à Madame ?!) avant de me débarrasser des merdeux et d’aller courir… Demain une nouvelle semaine commence déjà !

Soyez sages et dormez : la semaine pourrait être longue !

A bientôt !

 

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