Amis de la finance et de l’enfance, bonsoir !

Nouveau job lundi, je commence dans une structure où tout est à faire, pas de timbres, pas d’enveloppes, pas de cartouches d’imprimante, rien…  Quand j’ai besoin d’une assistante à forte poitrine et mini-jupe, pour m’apporter mon coca, je dois me laisser pousser la poitrine (au lieu du ventre pour une fois…), m’épiler les jambes et aller le chercher moi-même (si j’ai pensé à en mettre au frigo) ! … Mais je suis très content du changement !

Mardi soir, je rentre vers 19h30. La Ministre m’a informé par WhatsApp que numéro 3 a refait la déco du MPPT (Multiple Purpose Punk Transporter) qui est méconnaissable… sachant que d’habitude le compartiment arrière (tout ce qui se trouve derrière le siège des parents, derrière l’endroit où l’on rêverait d’avoir une séparation escamotable insonorisée à commande électrique) ressemble à la benne d’un camion poubelles qui aurait fait des tonneaux à pleine charge, je n’ose imaginer le carnage…

Donc, le cœur primesautier et jovial, je rentre et trouve la maison relativement calme et presque dans l’état dans lequel je l’avais quitté le matin. Pour ceux qui n’ont pas d’enfant, ou moins de 3, une maison avec des enfants est rangée avant qu’on l’achète, ou après le déménagement, lorsqu’on fait le nettoyage et l’état des lieux de départ… Sauf incendie et autre sinistres, moins fréquents et moins efficaces que les enfants pour effondrer un bâtiment, notre maison n’est jamais rangée totalement lorsque les punks sont en état de nuire – du réveil au moment (béni et pas assez fréquent !) où ils dorment.

Numéro 3, un peu pâle, redescend pour manger… Nous dissimulons notre enthousiasme et le laissons manger de la quiche verte (aux épinards, mais il ne faut pas prononcer de nom de légume devant les punks, pour éviter de les faire râler ou fuir). Mon imagination, qui m’épargne rarement, me fait naturellement entrevoir son tapis de jeu, moucheté de vert, avec un ou deux lardons qui flottent dans les plus grosses flaques accompagnés de ses petites voitures…

21H25, je suis en train de remplir le lave-vaisselle avec des jouets en plastique et en bois couverts de vomi. Non, pas de quiche verte, c’est numéro 4 qui vient de refaire la déco de sa chambre. Tapis, jouet, chancelière, tout y est passé (sauf le lit que madame a épargné, en enlevant junior d’un geste ample, rapide et précis… d’où l’étendue des dégâts : junior n’aurait pas pu atteindre autant de parties de sa chambre en un seul jet de vomi…). Junior n’en mène pas large. Nous le nettoyons, changeons ce qui doit l’être, je le garde dans mes bras pendant que Madame essaie d’effacer les dégâts. Nettoyé et recouché, junior est calme, parmi les effluves de vomi qui embaument sa chambre. Nous redescendons vaquer à nos loisirs.

15 minutes plus tard je remonte, allume la lumière dans la chambre de numéro 4 qui est en train de faire le clown… Regarde-moi junior ! Il baisse la tête et se frotte les yeux… Regarde-moi numéro 4, je te dis ! Il fait mine de m’ignorer… Quel culot ce petit ! 90 kilos de moins que moi, et il ose me défier… Plus de respect ! Bon je laisse passer son effronterie et le rallonge, lui redonne un peu de biberon (je sais, c’est contraire aux recommandations des pédiatres et pédopsychiatres, mais je m’en tape, je veux pouvoir dormir peinard et veux éviter le réveil à 5h… et ce n’est ni le pédiatre, ni le pédopsy qui vont se lever quand il pleure, merde à la fin !) et il se fait oublier.

Deux jours plus tard, Madame atteint les toilettes, évitant que junior n’ait le temps de repeindre sa chambre une nouvelle fois… L’entraînement du début de semaine et les années de pratique ont fini par payer !

Je fais une parenthèse pour ceux qui, comme moi, ont subi l’intégrale du cours de préparation à l’accouchement… Bon il y a des choses qui servent : savoir comment respirer (je fais parti des chanceux qui avaient réussi à se débrouiller pour respirer jusque-là, comme ma femme, mais ce n’est peut-être pas le cas pour tout le monde…), fumer n’est pas bon pour la femme enceinte (ni celle qui ne l’est pas d’ailleurs, ni pour les enfants, les petits animaux…), boire non plus (idem que ma remarque précédente), accoucher sans péridurale pique un peu (alors on ne plante pas une aiguille de 20 cm dans le dos de Madame que pour le plaisir ?!), les couches se mettent du côté « qui sent pas bon » et pas du côté « qui hurle » de bébé ?

En revanche, nulle réponse aux questions essentielles, vitales même, que sont : junior tousse à 4 heure du matin, il s’étouffe, hurle et sa toux ressemble à un aboiement de chien, il peine à respirer, que faire, et surtout combien de temps attendre avant de partir pour les urgences ? Junior vient d’éternuer dans la cuiller remplie de purée de carotte que vous lui tendiez, vous et votre nouveau polo blanc êtes mouchetés de grumeaux oranges, faut-il : a- hurler en postillonnant, b- rigoler au risque de se faire repeindre à la cuiller suivante c- taper sur le morveux et le passer à sa mère ? Comment nettoyer un siège enfant quand du vomi a coulé dans tous les interstices, atteignant naturellement le siège en cuir situé dessous, et surtout comment remettre la housse dudit siège après lavage, sans perdre de doigt (ni trop jurer devant junior ou ses voisins) !?!?! (je pense que je parlerai dans une prochaine rubrique des constructeurs de sièges pour enfants et autres sadiques de profession…). Ou plus simplement, comment limiter la superficie du vomi de junior, quand on le soulève du lit pour courir vers une surface carrelée plus simple à nettoyer (salle d’eau, piscine, terrasse… Ouvrir la fenêtre est une alternative tentante, à laquelle j’avais naturellement songé, mais il faut considérer attentivement les quelques petits inconvénients liés à cette option sur lesquels j’attire votre attention : besoin d’ouvrir les stores ou les volets durant la nuit avec junior sous le bras et en bloquant le vomi (avec le pied ?), plaintes du voisin du dessous dans un immeuble, hurlement du Pinsher nain du voisin qui s’est fait doucher de manière impromptue, terrasse du voisin ou manque de motivation à ramasser le vomi froid le lendemain dans le jardin et sur le linge qui séchait…).

A ma connaissance, seule une rubrique comme celle-ci (bande de veinards !), un blog ou des années de pratique peuvent vous aider, chers parents, à faire face à toutes les situations du quotidien sans recourir à une nanny anglaise ayant 17 ans d’expérience, très encombrante, moche (British + 17 ans d’expérience… on s’approche plus du prince Charles que de Kate du point de vue physique… fini de rigoler à la maison !), sévère et chère…

Donc hormis pour vous rassurer ou rencontrer des grosses, à divers stades de pré-ponte (le cours de préparation à l’accouchement n’est, cependant, probablement pas le meilleur endroit pour draguer, à mon humble avis…), trouvez une excellente excuse pour éviter les cours de préparation à l’accouchement !

Je n’ai pas couru de la semaine, je devais y aller deux fois, mais suis un peu malade du ventre, grâce à  l’un des punks (je ne sais pas encore lequel, mais est-ce bien important ?), et il a fait un temps tout pourri les rares soirs où j’aurais pu y songer… Plein de bonnes excuses pour ne pas y aller !

Vendredi soir, numéro 2 semble plus irritable qu’à l’accoutumée… Manière poli de dire qu’il est chiant, hurle et pleure pour rien, ce qui ne présage rien de bon pour le weekend !

Samedi j’emmène numéro 3 en courses. Madame fait une liste de compétition avec toutes les offres et actions… Dans le magasin, et bien que les articles soient indiqués dans le journal de la marque, les articles sont soit épuisés, soit pas en action… Bien qu’ayant fait un effort sur les articles soldés, nous repartons avec un chariot qui dépasse le budget de fonctionnement de certains petits pays… La tentation est grande, dans ces temples de la consommation, de se mettre à hurler des insalubrités en bavant, mais les proprios sont rarement à la caisse… La journée se termine par l’habituelle confection de deux tresses dont la réputation n’est plus à faire !

Numéro 2 développe un peu sa fièvre pendant la journée de samedi et vient nous voir dimanche à 5h45 (oui, 5h45, pas 17H45 du mat…), se plaignant de maux de tête… il a un peu de fièvre. Algifor (bien qu’endormi, j’ai une pensée ému pour le chic type qui a eu l’idée d’inventer l’Algifor… à l’inverse des fabricants de sièges enfants, c’est un bienfaiteur de l’humanité !) et nous nous recouchons (Madame profite de ce réveil matinale pour prendre un peu de temps pour ses loisirs, s’occupant de la lessive pendant que, plus raisonnablement (l’homme a souvent tendance à plus de raison que la femme…) compte-tenu de l’horaire, je tente de me rendormir rapidos, avant que les punks ne frappent une nouvelle fois).

La matinée commence par un petit déjeuner avec numéros 1 et 3, 2 et 4 n’ayant pas encore émergé. On leur laisse regarder un peu les JO, et je pars avec les quatre profiter de la pluie et apporter nos bulletins de vote, pour laisser un peu de temps à Madame… Non pas pour ses loisirs, mais pour sa sieste… Ma bonté me perdra, je dormirai pour ma part en début d’après-midi… rien n’est gratuit !

Numéro 2 a descendu deux boites de mouchoirs, numéro 3 commence à tousser, j’ai toujours le bide à l’envers et ne suis, finalement, pas mécontent de m’envoler pour quatre jours à Stockholm demain matin : le père ne pense parfois qu’à lui !

Suite à un rangement – forcé naturellement, aucun enfant digne de ce nom ne range par plaisir, à l’exception de certains autistes – la chambre de numéro 3 est rangée, à tel point que Madame en publie la photo sur facebook, probablement pour garder une trace.

La semaine se termine comme elle a commencé : dans une maison rangée, dans un mobilier Louis XV, Marie-Bernard et Charles-Eusèbe sirotent une verveine, assis du bout des fesses, dans un calme olympien bercé par une sonate, la maison est immaculée, les chambres rangées, les enfants coiffés jouent dans leur chambre en chuchotant et se vouvoyant…

Bonne nuit, pour ma part, je dormirai dans l’avion… ou pas !

Bonne semaine !

 

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