Pour les moins perspicaces de mes rares lecteurs, c’est moi qui change de job, pas les punks…

Ma dernière semaine passa très vite, bien remplie avec tout ce que je devais transmettre à mes collègues et toutes les personnes avec lesquelles je devais prendre un café avant de partir… Emouvante aussi, avec de nombreux messages de soutien et d’amitié. Suis sorti du bureau après 19h30 vendredi soir, et je recommence demain, dans la joie et la bonne humeur !

Semaine calme pour les punks, ma fille reçoit un carnet avec des appréciations très bonnes, que des LA ou des AA…

Bon sérieusement, ça vous gonfle pas ces conneries, depuis le temps… Ridicule, encombrant et simplement pathétique ! Dès le début de ma dictature, je promets aussi quelques belles exécutions sommaires dans l’enseignement et en masse parmi les pédopsychiatres… Donc si on résume, afin d’éviter de traumatiser nos chères têtes blondes (chez nous c’est plutôt des têtes brunes que blondes, encore une expression à la con ! Je dois déjà faire dictateur du fait de la médiocrité de nos politiciens, je trouve que quelqu’un d’autre pourrait au moins se charger de mettre de l’ordre dans notre langue… je ne voudrais pas tout faire tout seul, pour une fois), on ne leur met plus de notes… Mais des appréciations style Aisément Acquis ou Atteint (je ne sais jamais lequel des deux…).

Ca part probablement d’une bonne intention (on voit que j’approche de la quarantaine, je commence à être moins teigneux et plus sympa… je baisse !) si nous n’avions pas l’équivalence en note, annulant par là même l’utilité des appréciations. Donc ça ne ressemble à rien et ne sert pas vraiment, si ce n’est à rassurer quelques enseignants frustrés et qui pensent faire la révolution en rendant l’enseignement égalitaire… A vouloir faire étudier tout le monde, on aura une maturité qui ne vaut plus rien, comme le bac français. Fin du couplet militant, mais j’ajoute les pédopsy et l’enseignement à ma liste, avec les météorologues et constructeurs d’électro ménager…

Donc ayant survécu à une semaine de plus, nous allons nous coucher vendredi soir, après minuit comme d’habitude. Avant d’aller nous coucher, nous allons voir les punks dormir, moment quotidien émouvant qui fait oublier les moments un peu plus tendus, compliqués, les crises et toutes les fois où l’on pense très sérieusement au taser ou au flashball… Ils sont beaux lorsqu’ils dorment, si calmes, si paisibles. On ne dirait pas qu’ils peuvent créer autant de catastrophes, tant de bruit et de désolation, en si peu de temps, lorsqu’on les voit ainsi.

3h10 numéro 2 déboule dans la suite parentale en pleurant et en disant qu’il a un peu vomi. Du fond des brumes du sommeil, et malgré des neurones qui cherchent encore une éventuelle connexion, je réalise que, comme pour être enceinte, il est relativement compliqué de vomir qu’ « un peu ». Je m’extirpe avec douleur du lit dans lequel je viens de passer un peu plus de deux heures, et que j’eûs souhaité ne pas quitter pour encore une année ou deux.

Madame change les draps, j’aide junior à quitter son pyjama et lave ce qui peut l’être. Il avait donc un peu totalement flingué son lit et un pyjama, ayant mangé un peu trop et trop vite après son judo. Je m’amuse un peu à ramasser des morceaux de pâtes, dont un entre mes orteils, toujours très classe d’être père de punks… Recouché en moins d’un quart d’heure (nous commençons, je dois malheureusement le reconnaître, à être rôdés), numéro 2 se rendort rapidement.

Pas moi ! Après avoir tourné dans le lit pendant une demi-heure, je me relève pour aller lire. Je finis par me recoucher à 5h15 et n’arrive pas tout de suite à dormir. Le weekend s’annonce primesautier, jovial et reposant, comme on les aime !

Samedi matin, Madame a pitié de moi et me laisse dormir jusqu’à 10h avant de lâcher les monstres : je me fais réveiller quand junior (2 ou 3, je ne suis pas assez clair à cette heure-là pour identifier mon agresseur, qui ne perd rien pour attendre, le petit morveux !) atterrit sur mon tibia. Pas assez réveillé non plus pour hurler sur mes deux garçons qui repartent en riant, laissant leur père soigner sa fracture ouverte, mais cette fois dans un calme relatif.

Je suis descendu 10 minutes après, j’ai toujours les cheveux qui poussent, mal au pantalon et au polo, ai retrouvé plus ou moins l’usage de la parole, sous forme de grognements, et ai eu le temps de soigner ma fracture. Les punks font du bruit dans les étages, je déjeune.

Départ avec numéro 3 pour quelques courses : c’est le weekend mais il ne faut pas oublier ses loisirs pour autant ! Je cours avec plus de 20kg dans le chariot (junior), puis cours après junior dans le parking du centre commercial et nous rentrons pour manger.

Madame a suggéré que j’emmène les 3 plus grands au cinéma et, faute d’idée brillante pour me défiler, je colle au plan. Le repas fini, je demande aux grands d’arrêter de se battre et de mettre des chaussettes pour partir pendant que j’achète et imprime le billet (à CHF 74.-, pour trois enfants et un adulte, je vérifie que le cinéma de Genève ne fait que cinéma… A ce prix, je crains que les filles soient inclues !!!). J’envoie tout ce petit monde dans le MPPT (Le Bus), ou ils m’attendent en s’insultant, et nous partons.

Numéro 4 à la sieste, Madame en profite pour aller faire une sieste, quand on a plusieurs enfants, on a forcément du sommeil en retard et on sait profiter de chaque occasion pour tenter de récupérer…

Nous arrivons dans un centre commercial genevois, bondé, avec 3 turbulents – dont deux enfants – et ma fille (plutôt calme pour une fois), et nous dépêchons d’aller vers la salle dans laquelle passe Minuscule. Comme je suis parti précipitamment, je dois faire un détour (non sans avoir juré copieusement) par le bar pour acheter des lunettes 3D pour tout le monde, ayant oublié les différentes paires que nous avions déjà acheté les deux ou trois dernières fois où j’avais aussi oublié d’en prendre (d’ailleurs j’en loue quelques paires pour qui veut… histoire d’amortir !), quasiment au prix d’une paire de Ray Ban. Après avoir déjà payé un surcoût parce que le film est en 3D, je trouve ça un peu raide… Et on accuse certains banquiers de vol !!!

Seul point positif, nous ne devons pas trop attendre avant le début de la séance. Les punks sont à peu près calmes pendant tout le film, en partie parce que je les gave de chocolat, et nous ressortons. Deux passages aux toilettes, numéro 3 ayant oublié que finalement il voulait aussi y aller, et nous repartons vers le parking… Là aussi, âge avancé ou habitude de père, je n’ai quasiment pas juré quand numéro 3 s’est manifesté.

Centre commercial, Genève, heure de pointe…

Il y a tellement de monde que je prépare déjà une explication pour Madame, persuadé que je suis que je ne rentrerais pas avec le même nombre de punks… Suis déjà père indigne, je pense ne pas avoir trop besoin de me fouler en excuses…

Puis je reprends le dessus : méthode du SWAT ou du Raid (groupes d’intervention de la police américaine et française) : à la queue leu leu, avec le père devant (ça c’est moi !), et les trois qui se tiennent à moi l’un derrière l’autre… Je n’ai naturellement pas mon bouclier blindé ou un casque kevlar, ce que je regrette, mais parviens à passer dans la foule et ils restent accrochés à moi pour rejoindre les escalators.

Retour au bercail. Pour éviter l’écran, nous pensons sortir… oui avec 4 enfants ! Dingue non !?

Finalement, je vais courir et abandonne (lâchement) ma femme avec les punks. Première course en journée depuis longtemps, mais je finis tout de même à la frontale, pour garder l’habitude. Jeudi j’ai tout de même fait une session à 21h15 le long de l’autoroute, même les animaux de la région n’étaient pas assez cons pour être dehors à cette heure-là et par 4 degrés…

Repas du soir tranquille, puis Madame sort (je sais, je suis trop bon avec elle) et me laisse à mes hobbies : faire un biberon, coucher les punks après avoir lu deux histoires et mis quelques pyjamas, faire les célèbres deux tresses du weekend, en rangeant le lave-vaisselle et la table, tout en écoutant d’une oreille un film d’auteur (James Bond sauve le monde une fois de plus, émouvant et profond, ma sœur qui est dans l’art contemporain est désolée et pense à nier son lien de parenté avec moi)…

Oui naturellement, je n’ai fait qu’écouter le film… Pendant que je remplissais des distributeurs, préparais la table pour le petit déj, remontais du bois, faisais un feu, retournais une troisième fois à la cave en jurant pour chercher ce que j’avais oublié les deux premières fois, je ne pouvais naturellement pas regarder…

Madame rentre et me demande, surprise, pourquoi je ne mange qu’à 22h30… J’hésite à hurler, l’invectiver en bavant ou à divorcer, mais n’ai plus de force pour l’une ou l’autre de ces options… Donc je me tais, tresse le futur petit déjeuner et mets tout dans le four.

Dimanche calme : les punks rangent un peu leur chambre, jouent un peu et se font aérer par leurs parents… Un bon weekend s’achève, sans histoire, comme d’habitude !

Bonne semaine et dormez, vous avez l’air fatigués…

Pour ma part c’est sûr, je dormirai quand je serais grand !

 

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