Amis de la culture et de la musique classique, bonsoir !

Dans les familles nombreuses, en tous cas dans la nôtre, le calme et la rigueur règnent en maîtres… Chaque jour se passe dans un silence feutré, avec des enfants qui se respectent, nous vouvoient, obéissent sans discussion, rangent chaque pièce avant de la quitter, et ne salissent jamais rien, ôtant leurs chaussures sur le paillasson pour évoluer à l’intérieur avec des patins feutrés pour ménager les parquets, n’élèvent jamais la voix et sourient à longueur de journée, au son de musique classique…

Ok, la réalité diffère un tantinet… Dès le matin numéro 3 se fâche contre tout et rien, râle et fait une crise par 10 minutes, vitesse de croisière. L’ainée, qui apprécie peu d’avoir été réveillée par ses frères ou sa mère pour aller à l’école, est d’humeur massacrante, ne veut pas se lever ou aller à l’école, et d’abord on la réveille beaucoup trop tôt…

Nous maintenons un calme olympien, naturellement : la tête dans le c.., j’essaie de hurler (je ne parviens à parler autrement que par borborygmes qu’à partir d’une trentaine de minutes après le réveil. Madame ne commence à aimer ses enfants qu’après un ou deux cafés… clairement les punks savent qu’il faut éviter les blagues trop tôt le matin…), madame punit et me reproche de m’exprimer sans verbe (Serviette ! Tes coudes ! Les coudes !!! …) ce qui est un peu exagéré, j’emploie aussi : ne parlez pas ! arrêtez de vous battre ! et autres « vous avez fini tas de punaises ?! »

Notre maison, bien qu’ayant été nettoyée la veille, ressemble à un squat dans lequel une bombe intelligente aurait frappé un container de jouet. Seul avantage, il n’y a pas de rats… trop dangereux, ils pourraient se faire mordre par les punks… Même les rats connaissent leurs limites.

La semaine s’est écoulée sans événement notable. Nous sommes arrivés au weekend sur les rotules, suite à un ou deux réveils dus à numéro 4 qui tousse et a un peu de faux-croup…

Samedi matin, ça chauffe un peu, comme un matin. Dès que nous avons fini de nourrir les fauves, de les gronder pour qu’ils arrêtent de se provoquer, de ranger les restes du repas ayant échappé aux punks, nous leurs demandons de se préparer pour une surprise. Nous les emmenons à Urba Kids à Orbe.

Le lieu est sympathique et nous lâchons les fauves qui courent s’ébattre dans les châteaux gonflables, grimpent, glissent, sautent, se battent, halètent, réclament des jetons pour les voitures électriques, profitent hébétés de quelques tours de petites voitures, courent sur le circuit des petites voitures, squattent des voitures d’autres enfants quand on leur refuse des jetons supplémentaires, transpirent, courent encore, se poussent, hurlent…

Nous optons pour les crêpes à la cafeteria… toujours mieux que les frites, et comme ils ont dépensé 17’000 calories, les punks sont relativement calmes. La pauvre cuisinière a été contrainte d’expliquer chaque geste et a été surveillée durant chaque étape de la préparation par deux ou trois punks… il ne fait pas bon plaisanter avec la nourriture des punks, surtout s’il s’agit de crêpes ou de chocolat !

La jeune qui prépare les crêpes a survécu; malgré quasiment 65.- de crêpes (8 crêpes dont 3 menus), je n’en ai mangé qu’une et madame pas tellement plus, les punks sont repartis de plus belle!

Je repars surveiller les monstres et suis en train de les chercher quand à ma gauche une voix étrangement familière dit : « EEEEEEEHHHHHHHHHHHH tu fous quoi là ??????? » Je tombe sur deux anciens basketteurs de la région de Fribourg. L’un habite Lausanne, l’autre toujours à côté de Fribourg… Leurs présence à Orbe est assez délirante. Nous attirons un peu les regards, je suis le plus petit des trois… Je réalise que nous avons pris un coup de vieux : ces petits jeunes (deux ans de moins que moi) ont des enfants, un travail et ne font quasiment plus de basket. Des play-grounds où nous nous croisions les weekend, nous avons bougé aux places de jeux et Urba Kids… qui l’eût cru !!!!

Reste de la journée traditionnel : courses, préparation de tresse et course de nuit à la frontale.

Dimanche matin, une des deux tresses subit une attaque et perd lamentablement : dégât total, il n’en reste plus rien ! Les punks (et nous, je concède avoir participé fort dignement, par solidarité familiale uniquement) le matin, ventre vide et de mauvaise humeur, rappelle étrangement le banc de piranhas qui dévore en moins de 5 minutes une vache traversant innocemment le courant amazonien.

Après avoir réexpliqué à numéro 3 que la tresse n’est pas un animal, ni le beurre, ni le lait, ni la confiture de framboises, ni le cacao, nous commençons la journée par habiller les troupes avant de regarder Stan (Maman on compte pour qui ? On ne dit pas compter, on dit supporter… On supporte qui ? Wawrinka. C’est lequel ?) gagner son premier titre du grand chelem, en ayant battu (d’après l’excité qui commentait, ce n’est jamais arrivé avant) Djokovic et Nadal durant le tournoi… L’ibère prétend être diminué par une blessure… Il demeure et Stan l’a bien mérité, surtout que malgré tout l’ibère est rude ! (Ca va, c’est pas parce que je ne me suis pas sur Facebook et que je ne suis pas abonné au site que je ne peux pas m’amuser aussi). Bien joué Stan.

Lave-vaisselle vidé et rerempli (pendant le match), gratin dauphinois au four (d’avance, pour  les mauvaises langues qui pourraient disserter sur ma capacité à employer un four, discerner une patate d’une carotte ou à cuire un gratin, je dis avec toute la classe, la délicatesse et le panache qui me caractérise : merde !), nous préparons le repas des fauves. Le gratin est naturellement gardé pour le début de semaine, il ne sait pas encore mais ses jours sont comptés !

DVD pour les trois plus grands et sieste pour les parents et numéro 4, l’après-midi de sport commence… Au réveil, après le goûter, je demande aux punks de se préparer pour une balade. C’est l’enthousiasme ! Numéro 2 demande un écran (tablette si possible), ma fille ne veut pas sortir et numéro 4 ne comprend pas, mais est toujours content, lui !

Nous partons en trottinette pour la tranche d’âge entre 2 et 28 ans, je pousse numéro 4. Comme je ne suis pas chaud pour la place de jeux, j’opte pour une balade le long de la voie ferrée, avec retour dans les champs. Ma fille proteste après 3 ou 4 kilomètres; numéro 4 ne marche quasiment pas, pour une fois; je raconte tout ce que je peux pour les distraire en marchant.

Vers la fin de la promenade, sentant la maison approcher et appâtés par la promesse d’écrans, ils accélèrent. Je me mets donc à courir à la hauteur de numéro 3 en poussant la poussette, sous l’œil amusé de quelques promeneurs… Pas le temps de les insulter, je repasserai plus tard ! Je suis assez fier de mes petits qui, bien que l’une d’entre eux se soit plaint pendant plus de la moitié de la promenade, ont fait de la trott sur plus de 6 kilomètres !

Nous rentrons, donnons les écrans et monnayons deux douches : les punks s’entrainent à négocier, ça devient fatiguant. Repas, shampoings, douches, tout le monde regagne ses quartier en ordre plus ou moins dispersé, pyjamas et histoires… ce soir ils se sont endormis assez vite !

Minuit passé, nous sommes théoriquement déjà lundi, une nouvelle semaine commence par une nuit trop courte… Napoléon ne dormait pas (en fait si, mais très peu…) considérant que c’était une perte de temps.

Nous c’est pareil, nos loisirs (ranger la table, nettoyer un peu, lave-vaisselle et lave linge, payer des factures, écrire sur un site gratuit, repasser une chemise…) et rares moments de quiétude nous empêchent de nous coucher avant minuit… C’est tellement mieux d’être responsable, adulte, de se coucher tôt, quand on sait qu’on doit se lever à 6h45 pour bien profiter de sa semaine !

De toute façon, je n’aime pas dormir !

Soyez forts !

 

Retour à Chronique d’un père indigne