Vendredi au petit déjeuner, ma fille est pâle, mais tient suffisamment debout pour aller à la patinoire et à la piscine. Elle ne mange pas, je suis donc inquiet, mais la laisse partir.

M’étant fait porter pâle en fin de nuit, nous nous relayons avec ma femme, pour nous occuper des punks et essayer de nous reposer, pendant une bonne partie de la journée. Après deux heures de siestes, je suis en meilleure forme, mais toujours pas revenu au sommet de la gloire… Il me manque toujours 16h de sommeil. Courses avec numéro 3, pour éviter d’y aller samedi, et passage tardif à la fromagerie pour la raclette de dimanche.

Samedi, j’espère me reposer le matin… Couché à 2h45 et grasse matinée jusqu’à 8h : les punks sont magnanimes et ont respecté – une fois n’est pas coutume – leur réveil… Ils veulent probablement maintenir l’ennemi vivant plus longtemps pour poursuivre le jeu…

Mais madame n’est toujours pas remise, bien au contraire et j’appelle le vétérinaire de garde pour lui imposer un rendez-vous – à ma femme, pas au vétérinaire… essayez de suivre, sinon on ne va pas s’en sortir…  (ma femme est solide et n’a pas besoin de médecin qui sont pour les mauviettes ou les faibles hommes, elle a eu 4 enfants et ce n’est pas un peu de fièvre qui va l’arrêter… pour ne pas avoir à l’assommer et la trainer par les cheveux à son rendez-vous, ce qui pourrait paraître rétrograde ou choquer les punks – qui sont encore très jeunes rappelons-le – je ruse et finis par lui passer le téléphone). Donc je ne peux pas dormir, vu qu’elle n’est pas là pour garder les punks et que numéro 4 renonce à son droit à la sieste en échange du privilège de me briser menu les parties basses…

Les punks sont au top de leur art : crises, bagarres, refus de ranger leur chambre, malgré mes menaces et hurlements. Je menace mille fois de supprimer la St-Nicolas, en désespoir de cause et obtiens péniblement le rangement du rez-de-chaussée… Dura punk, sed punk!

Nous partons, avec plus d’une heure de retard, les trois grands et moi, pour Fribourg. Un copain nous y attend pour une fondue, avec une douzaine de connaissances plus ou moins proches. Rendez-vous est fixé à 14h. J’envoie un WhatsApp à copain pour lui dire que nous partons avec 30 minutes de retard.

Arrivée à Fribourg : encore pire ! Comme disait Colluche : vous voyez pire ? et ben… encore pire ! Je prends la route la plus courte, par la porte de Morat… mais la route est fermée à la hauteur du musée d’histoire, et la seule autre route (le Varis) bloquée pour travaux.

Je repars en direction de l’autoroute, remonte pour essayer un autre chemin… et arrive devant le parking qui est naturellement plein comme un étudiant tessinois le weekend. Je fais le rapace (je passe et rapace dans le quartier où je veux me garer), puis finis par remettre de l’essence (3 punks, mais pour le moment ils ne servent à rien : trop petits pour tondre la pelouse, gagner de l’argent, nettoyer la voiture ou la pousser en cas de panne) et préviens copain que la situation ne s’améliore pas très vite… Il me fait remarquer que la tenancière se plaint de notre retard et menace de fermer la cuisine… il ne bosse pas dans une ambassade pour rien : il convainc la revêche de patienter.

Finis par me garer en basse ville de Fribourg. Je presse les punks qui, râlant et se plaignant, entament l’ascension la faim au ventre, n’ayant pas mangé depuis le petit-déjeuner.

Nous arrivons et commandons deux fondues au vacherin, sous le regard dubitatif de la morue (nous allons l’appeler « la morue »; dans « serveuse », il y a la notion de service, dont elle n’a aucun rudiment… comme elle n’est pas plus accueillante qu’une porte de grange – ou que le cul d’une vache comme dit un pote fribourgeois) qui sous-estime les punks. La morue râle quand je demande deux verre d’eau pour deux des punks qui ne veulent pas de jus de pomme et n’ont pas droit au coca… Elle commence tout de suite à me chauffer, ce qui est dangereux, compte-tenu de mon état de fatigue.

Un caquelon plus tard – je suis régulièrement surpris par la descente des punks – nous payons (intervention remarquée de la morue, qui ne réalise pas que je suis en retard de deux nuits de sommeil et pas super motivé pour la diplomatie, et me fait remarquer que CHF 62.- ce n’est pas assez pour payer par carte… je lui dis que c’est carte ou CHF 20.-, comme elle préfère… elle râle mais finit par accepter le paiement… si je deviens dictateur, elle sera préposée à nettoyer mes 500 voitures au coton-tige, surveillée par numéro 3 qui est amoureux des voitures et un peu maniaque…) et allons nous balader.

En fait, vu ma fatigue, et comme les punks sont assez motivés à me gonfler grave, il valait mieux que je quitte l’établissement, sinon j’aurais pris la morue pour taper sur les punks et je ne sais pas comment une journée festive aurait pu finir…

Les copains vont à la galerie d’un pote pour patienter au chaud… après un bref passage (Ne touche pas les toiles ! non, tu ne peux pas dessiner sur le tableau gris ! Ne frotte pas ton bonnet sur les peintures !!!…) je me décide à aller attendre au pied de la cathédrale, comme chaque année. Pour une raison que je ne comprends pas, ma fille tient à écouter tout le discours du St-Nicolas, jusqu’au bout !

Donc je les habille un peu plus, mets trois pairs de gants (quatre avec les miens), trois polaires, trois bonnets et remets toutes les vestes. Une vieille dame me regarde, avec les punks, d’un air attendri quand ma fille explique à une journaliste que le St-Nicolas va monter à la cathédrale et parler dans la langue qu’on parle et dans une autre que l’on ne comprend pas… Comme ils se poussent et que je dois les séparer cinquante fois, je lui dis : nous étions tellement plus calmes ! Elle me répond : ça m’étonnerait !

Les vieux ne sont plus ce qu’ils étaient !

Nous huons les pères fouettards, parvenons à recevoir des biscômes pour chaque punk (numéro 3 regarde l’objet d’un air dubitatif, avant de le donner à la petite fille derrière lui… s’il faisait pas si froid, j’en aurais la larme à l’œil, moi qui n’ai jamais aimé ces merdes à goût de pain d’épice).

Les Fribourgeois, ou en tous cas une bonne partie d’entre eux, me comprennent et compatissent : à chaque St-Nicolas c’est pareil : temps de merde, super froid quoi qu’il arrive, et St-Nicolas passe sur son âne (pauvre bête !) et balance dans la foule des biscômes et mandarines…

Vous avez déjà reçu une mandarine ou un morceau de biscôme congelé, lancé par un mec qui n’a que ce mouvement pour se réchauffer ??? Vous n’êtes pas obligés de répondre : je sais que cela à traumatisé des milliers de Fribourgeois(e) à travers le temps… et que les journaux taisent le nombre de blessés chaque année… j’hésite à créer un groupe de soutien pour les victimes des biscômes et mandarines surgelés !

Donc nous suivons le discours et parvenons à quitter la place de la cathédrale, sans que les punks se fassent écraser par la foule, prête à tuer père et mère pour arriver plus vite on ne sait où… Retour au MPPT (Le Bus), nous reprenons la route après une pause dans une station service pour permettre au punk un repas gastronomique : barre de chocolat et petite tresse… Autant pour mes principes d’éducation et d’alimentation saine…

Le lendemain, le weekend cholestérol se poursuit par une délicieuse raclette, préparée par Madame shootée aux médicaments. Famille, parrain et La Blonde, numéro 3 fête ses quatre ans dignement, est pourri gâté, comme il se doit et s’énerve pour garder, un moment encore, l’exclusivité de ses cadeaux. Peu de temps pour discuter, mais une journée très sympathique.

Que la belle-famille, ce qui n’est pas forcément plus mal, des amis proches, des punks et de la raclette… que demander de plus pour passer un bon anniversaire ?

Les invités repartent, le repas du soir est léger car on a beaucoup trop manger à midi, vient l’heure de coucher les punks. Tout le monde se couche plus ou moins vite, plus ou moins excité, les petits par la Saint-Nicolas, l’anniversaire et le weekend qui s’achève, moi par ma démission qui sera annoncée à mes collègues demain matin…

Désolé pour le retard de cette deuxième partie de chronique… la semaine a encore été compliquée…mais ça vous vous en doutiez ! La prochaine rubrique viendra probablement bientôt… ou pas !

Bonne semaine et profitez de vos nuits, pour ceux qui peuvent ! Pour les autres, soyez phisolophe : trop de sommeil tue le sommeil !

Retour à Chronique du père indigne

 

 

Laisser un commentaire