Amis des trente-cinq heures, bonsoir!

… enfin 32… 32 heures de sommeil de dimanche à samedi. Pour les moins matheux parmi mes rares lecteurs (et -trices), cela signifie qu’il me manque, grosso modo, deux nuits de sommeil de huit heures, en six nuits.

Donc après une rubrique tardive, coucher vers 1h30 (à ne pas confondre avec 13h30 du mat) et grasse matinée jusqu’à 6h45… Avec naturellement du mal à m’endormir! Pas super frais lundi au boulot, du coup. Je prends cela avec philosophie et reste courtois et jovial envers mes collègues (- Alors on a trop fait la fête ce weekend? – ta gueule !). Lundi soir je suis sensé rentrer tôt pour que madame puisse aller voir numéro 2 au judo… Je sors donc du travail tôt, enfin à 18h… Et arrivé à la gare, je réalise immédiatement qu’être à l’heure ne suffit pas à prendre un train dans ce pays ! Le train mesure la moitié de la longueur habituelle, et les gens se pressent aux portes qui ne peuvent fermer tant il y a du monde…

Je retrouve un voisin sur le quai qui reste de bonne humeur. Alors que je viens de WhatsApper ma chère et tendre pour lui dire que je vais arriver avec le train suivant… lorsque les CFF nous surprennent – positivement pour une fois – en apportant le reste du train. Nous entrons parmi les premiers dans ces wagons supplémentaires et partons avec plus de 10 minutes de retard… Je suis trop fatigué pour ajouter ce méfait sur la liste de mes doléances envers les CFF, mais les maudits tout de même !

Mardi soir, je sors du travail comme au bon vieux temps :  à 21h16, ratant de facto mon train. Je m’arrête pour manger un plat de pâtes, avec le serveur qui me jure que ce sera servi en 6 minutes maximum. J’engloutis mon plat, arrivé avec plus de 7 minutes de retard, et me dépêche pour choper (grâce à un nouveau retard des CFF, mais celui-ci m’étant favorable, je ne leur en tiendrai pas rigueur – pour cette fois) le train de 21h51. Retour au bercaille, 22h30, les punks sont calmes, normal, ils dorment (si, si, ça leur arrive !).

Le temps de préparer mon voyage du lendemain, je me couche une nouvelle fois à minuit et me retourne un moment, avant de trouver Morphée. Pas de punkade pendant la nuit, mais réveil à 4H30 pour aller prendre le train puis l’avion.

J’adore les avions, ce qui prouve que je ne suis pas rancunier… Quand on a ma taille, il faut avoir le bon goût d’avoir les moyens de se payer au moins la business class pour pouvoir dormir. Même si je voyage avec Swiss, qui est bien meilleure qu’EasyJet pour les grands (avec le low cost je ne peux m’assoir qu’aux sorties de secours, sinon je ne peux simplement pas m’assoir !), les voyages sont une véritable partie de plaisir : je cherche où et comment mettre mes jambes, qu’on ne peut malheureusement pas démonter naturellement et je suis trop vieux pour rapporter au fabriquant, qui de toute façon ne veut pas me reprendre…

Donc je n’ai pas vraiment pu me reposer, ni à l’aller (30 minutes de retard, tout fout le camp !), ni au retour. Je rentre un peu plus tôt que les autres soirs, et trouve la marraine d’un de mes fils (nous l’appelons très affectueusement « La Blonde »; nous tenons d’ailleurs à la remercier publiquement ici pour son aide !!! et pas pour ses blagues !) à la maison… Ma femme est au lit avec plus de 38C de fièvre et des douleurs au dos et à la tête… Sous ses airs de mère de quatre punks, qui ne craint rien et que rien n’atteint, elle est finalement humaine !

Une semaine mal barrée venait de se compliquer… Là je tiens à faire une parenthèse salvatrice : contrairement à ce que pense beaucoup de monde, dont ma femme, je ne prétends pas tout faire mieux que les femmes, de la même manière que l’inverse me semble évident. Dans le désordre : je ne cuisine quasiment pas le poisson (mot de madame: à part le saumon fumé!), change numéro 4 aussi bien que madame (mais en deux fois plus de temps), repasse mes chemises aussi bien (mais en douze fois plus de temps), bricole mieux, fais mieux le gratin, ou certains plats… en fait nous nous complétons pas mal…  Mais gérer les punks pendant la journée ou à l’heure du coucher n’est pas pareil… Je sais que ça va masser.

Je couche plus ou moins rapidement les quatre punks qui ont déjà mangé avec La Blonde. Naturellement ils font les zouaves (formule de politesse, ils ont fait les cons en fait…) jusqu’à 21h30… même numéro 4 s’y met, pour une fois, jusqu’à ce que sa mère ait pitié de moi et aille le voir, pour qu’il arrête de faire le clown dans son lit.

Mal dormi, ayant plus de choses à faire en l’absence de madame couchée, et me suis couché beaucoup trop tard… Donc pas une grosse nuit, encore. Dormir c’est pour les fiottes !

Jeudi en rentrant, je prends la relève de madame, en hurlant beaucoup trop, crevé (déjà) et avec un solide mal de cheveux ! Il ne faut jamais montrer aux punks ses faiblesses… s’ils me sentent fatigué et sont déstabilisés de ne pas avoir leur maman avec moi pour les coucher, et avec mon état de fatigue qui m’empêche de les rassurer et de trouver le moyen de les calmer sans hurler… ils vont me sauter dessus et aller à la gorge ! Je braille, gueule, menace… sympa de se sentir un père de merde !

Pour améliorer la semaine, ma nana nous réveille à 4h45, en pleurant après avoir vomi… (autant je rigolais quand elle disait « tu as mommi maman ? », autant à 4h45, je ne ris étonnamment pas…) Changement de drap (madame) et de doudou, changement de pyjama (monsieur) et rinçage de cheveu (monsieur), peignage des cheveux (madame) pendant que je ramasse des bouts de carotte dans le couloir et la salle de bain… ça fait rêver d’être papa ! J’attends encore de voir quelle tronche fait George Clooney en callebute et teeshirt, avec un morceau de papier toilette en train de ramasser les bouts de carottes vomies par sa fille dans le couloir et les toilettes, à 5h du mat… Carots? What else? Moins sexy sans doute !

Elle est recouchée, et nous aussi, à 5h20… pas facile de se rendormir tout de suite, mais madame, malade, y parvient ou est trop faible pour entendre notre ainée qui re-vomi une demi-heure après, mais dans les WC cette fois. Je monte, la calme et la recouche.

A peine rendormi, c’est une frappe coordonnée classique qui m’achève : numéro 4 pleure, il a faim et est en forme : il a bien dormi, lui, et depuis 19h45… il a même la pêche et gazouille… Naturellement il faut que je lui refasse un biberon, en pleine nuit. Je descends dans la cuisine et prépare le biberon que je mets au micro-onde… Je dois avouer une haine profonde du micro-onde…

S’ils étaient construits comme les smartphones, les micro-ondes ne seraient pas les sortes de grosses armoires Normandes basses de poitrines qui trônent dans nos cuisines, à choix en robe noire ou blanche… de la même manière, est il vraiment nécessaire qu’ils fassent autant de bruit qu’une cafetière Nespresso ??? (J’ai découvert que Nestlé fait une machine qui fait des biberons, sur le mode des capsules… mais si elle fait le bruit des cafetières… Ca vous gonfle pas ça ??? Comment on peut avoir bossé autant sur des machines à café aussi design, pensé chaque détail, la position de chaque bouton, au XXIème siècle… et accepter qu’elles fassent autant de bruit !?!?).

En plus, je ne sais pas le vôtre, mais chez nous il se sent obligé de sonner une fois que c’est terminé… et toutes les minutes jusqu’à ce que vous appuyez sur un bouton ou que vous le vidiez. Franchement, le réservoir de votre voiture, il sonne quand il est plein ? Tout fait du bruit dans une cuisine de nos jours. C’est pour les gens qui n’ont pas de punks et n’aiment pas le silence ? En plus en terme de sonnerie, on a le choix entre un beuglement de trois bips aigus et désagréables et… enfin on a pas d’autre choix, même pas un mode vibreur, ou un air de Mahler… les constructeurs d’électroménager manquent de goût ou de créativité.

Donc je recouche numéro 4 après une bonne partie du biberon… pour y retourner une demi-heure après encore, histoire d’éviter que je me rendorme trop ou ne me repose, ce serait dommage !

Puis c’est au tour de numéro trois de débarquer… je suis déchiré, j’ai la tête en skaï et rien ne va plus… à 5h ou 5h30, j’avoue ne plus très bien savoir, j’ai envoyé un email au bureau pour expliquer que ça allait être compliqué pour moi de venir compte-tenu de l’état sanitaire à la maison, avec madame et ma nana, et mes cheveux qui poussent.

Désolé de vous faire ça… mais la suite viendra très vite !

Bonne nuit et bon début de semaine !

Retour aux Chroniques du père indigne

 

 

 

Laisser un commentaire