Amis du sommeil et des sciences, bonsoir !

Semaine et weekend calme… enfin normal! J’ai toujours, quand je dis calme, l’image de Marie-Chantal (toute ressemblance avec la réalité ou une quelconque personne serait indépendante de ma volonté) assise du bout des fesses sur un canapé blanc cassé immaculé, sirotant du bout des lèvres une tisane insipide d’un air pincé, tandis que junior, vêtu de bleu clair, joue sans faire de bruit à côté d’elle, alors que Les Quatre Saisons de Vivaldi jouent doucement en arrière plan…

Bon sérieusement… calme ça veut dire : 15-20 bosses ou bleus (en même temps, répartis sur 4 enfants, ça fait tout de suite moins impressionnant…), deux malades (bon là, c’était la même qui a eu de la fièvre à deux jours d’intervalles), une quasi extinction de voix maternelle et 2-3 heures de hurlements paternels. Les hurlements des punks, on ne les compte plus : un punk hurle par plaisir, par dépit, par frustration, pour exprimer son bonheur, signifier son mécontentement, manifester sa présence, tester l’écho ou les nerfs de ses grands-parents,… 50 à 93 % du temps (en fonction de la patience paternelle) !

Donc deux pics de fièvre très au-delà de 38C, avec maux de tête. Ma fille semble fatiguée, mais va suffisamment bien pour passer une partie du weekend à provoquer ses deux frères. Le prix du casse-pied (doux euphémisme et c’est surtout pour être poli que je reste dans la partie très basse de l’anatomie !) revient cependant à numéro 3 pour son œuvre et son acharnement cette semaine et spécialement ce dimanche.

C’est peut-être en partie de ma faute, je n’ai pas beaucoup été présent cette semaine, donc moins de recadrages paternels… Soit ma femme à le taser moins facile, soit le fait qu’elle soit toujours présente diminue la peur des punks. Le punk oublie vite les hurlements de ses parents et ne connait pas la peur, jusqu’à ce que son père se rappelle à lui.

Je rentre jeudi soir et les trois plus grands punks sont en liberté, malgré l’heure tardive. Madame m’annonce que ça a chauffé et qu’elle ne veut plus s’occuper des monstres (elle parle de les donner et est en quête d’un camp de manouches proche de chez nous… Heureusement pour les punks, les Gitans ne sont pas ouverts tous les jours et ne sont pas pléthore dans notre belle région). Après topo et planification de la stratégie d’attaque, je monte coucher les récalcitrants. Je ne hurle pas et garde le flashball rangé, nous avons opté pour une stratégie plus pacifiste cette fois-ci. Mon mécontentement est tout de même transmis et bien compris par les punks : on ne touche pas à maman !

Samedi nous avions, à côté des loisirs habituels (courses, lave-vaisselle, rangement, courir après des punks, changer junior, hurler, baigner, essuyer la salle de bain en jurant…), prévu que 50% de la force irait à l’EPFL pour la visite des « pourquoi » (dès 6 ans), tandis que le reste de l’équipe irait à Nyon pour l’anniversaire de la ludothèque… Profitant de la sieste de numéro 4, nous mettons un DVD aux trois autres pour essayer de récupérer une heure de sommeil… Bien que cela ne se rattrape jamais, comme tout parent le sait très bien,  nous continuons d’essayer ! Les enfants croient au père Noël, les parents aux enfants sages et au sommeil récupéré… Naturellement nous sommes réveillés par les jeunes avant notre réveil, ce serait dommage de trop dormir…

Je pars donc en courses avec numéro 3 qui n’est pas de meilleure humeur… jusqu’à l’habituel sprint dans le parking du centre commercial qui le fait toujours éclater de rire (normalement avec hurlement, mais pas cette fois). Course avec 21 kg dans le chariot à vide, en courant dans les allées (d’où l’expression courses, c’est du sport et il faut courir pour dépenser trop d’argent !) parce qu’on est à la bourre, comme d’hab.

Ma femme, par ce site internet, rencontre des tas de gens sympathiques, qui fournissent des informations pour l’aider à savoir comment occuper des punks ou de quels bons plans les familles peuvent bénéficier. Nous allons retrouver une de ces familles justement, dont elle connait la maman et avec qui elle va à Nyon (pour la Ludothèque). Je rencontre Monsieur, qui semble avoir déjà lu une de mes rubriques et appelle les punks : 1, 2, 3 et 4, et nous emmène, avec sa fille et mes deux ainés, à l’EPFL.

J’allais à cette sortie en me disant que numéro 2, surdoué en calcul et curieux, apprécierait l’aspect scientifique, ma fille s’amuserait avec sa copine et que les deux papas s’ennuieraient comme des rats morts, comme à la place de jeux. Première bonne surprise, le papa est très sympathique et nous parlons un peu des thèmes habituels : job, famille (ils en ont aussi quatre, quasiment du même âge : c’est sûr que mes rubriques doivent leur parler un peu… sauf s’il n’y a que les punks qui sont casse-pieds !?). Deuxièmement, c’est l’EPFL, donc relativement intéressant (pour un enfant).

Il y a beaucoup de monde, et la visite commence par un premier drame : comme il y a plus d’enfants que prévu, la guide demande aux enfants de partager la boule de pâte à modeler qu’ils ont reçue avec d’autres enfants pour que tout le monde en ait une… Numéro 2 se vexe et pleure, je crois que c’est là que je l’ai perdu et qu’il a décidé que la visite ne l’intéresse pas… Donc la suite n’est pas très simple, surtout qu’il passe sont temps à courir vers l’avant du groupe. Je parviens à garder sa trace malgré tout.

Mes enfants font partie de ceux qui ne suivent pas lorsque la guide parle et jouent avec les tableaux interactifs (3 tableaux équipés de caméra et dont le personnage réplique les mouvements de la personne qui les regarde) ou les étudiants qui sont devant des écrans… Gad Elmaleh parle du blond et de ses enfants parfaits, j’ai une pensée pour lui à ce moment-là, ou à chaque fois qu’un enfant pose une question intelligente pendant que les miens se courent après ou font les singes. Heureusement, il y a aussi des questions nulles ou des questions du genre : « mon papa travaille ici ! »… Les miens savent au moins ce qu’est une question !

Nous buvons un coup au bar de l’EPFL, avec les petits qui en profitent pour manger du gras sucré et courir dans la bibliothèque dans laquelle le bruit est proscrit… c’est bien connu, les jeunes ne respectent rien ! Après s’être sévèrement pelés les parties basses, nous apprécions un peu de chaleur et la beauté du bâtiment Rolex. Retour pour un apéro improvisé chez les amis, ce que les enfants apprécient autant que nous. Drame au départ : j’ai convaincu numéro 3 que les 238 petites voitures de la maison sont suffisantes et que routudju il n’allait pas encore en piquer chez les copains pour rajouter du merdier qui règne déjà la plupart du temps dans sa chambre, mais ma fille voudrait dormir chez sa copine… dont les parents doivent sortir ce soir-là !

Négociations traditionnelles : on parle, puis on plaisante, on menace, et je finis naturellement par gueuler (merde aux pédopsychiatres et autres pédagogues !) et la trainer au Bus.

Dimanche c’est le jour du rangement… pendant la sieste matinale de numéro 4, je laisse madame dormir (quel bon mari ! Non, elle m’avait laissé dormir la dernière fois et je dormirai plus tard…) et me lance dans le rangement de notre maison (si tant est que l’on puisse appeler maison un espace qui ressemble à un magasin de jouet qui aurait pris une bombe américaine à guidage laser, de type frappe chirurgicale, sur le coin de la tronche, et dans lequel une trentaine d’animaux très sauvages (et pas très au fait des règles d’hygiène) auraient élu domicile). Cette fois la séance est plus houleuse que les autres fois… Numéro 3 et 2 sont assez chauds et très désobéissants… Hurlements, menaces, punitions et, malgré ces loisirs, la journée ne passe pas très vite. Numéro 4 se réveille après à peine une heure de sieste, ayant méchamment flingué une couche (toute mes pensées vont à monsieur Pampers et son invention qui ont sauvé un body, un pyjama et un père en détresse… je n’ose pas imaginer les étapes et tentatives infructueuses par lesquelles il a dû passer pour en arriver là !). Arrêt au stand et reprise des hostilités.

Je me repose en début d’après-midi, pendant que madame gère les punks. Je n’atteins naturellement pas mon réveil, les punks veillent au grain ! Le sommeil c’est pour les petits joueurs… ou les célibataires.

La semaine finit comme elle avait commencé : je vais aller me coucher beaucoup trop tard et j’ai toujours quatre punks!

Bonne fin de semaine et allez vite vous coucher!

 

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