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Cette semaine, Madame est réquisitionnée pour un remplacement. Comme tout bon remplacement, il est annoncé au dernier moment et laisse peu de marge de manœuvre quant à  l’organisation de la garde des punks… Le processus est rôdé : tournée des grands-parents, appel d’une amie, 50/50… ah non, ça ne marche qu’à la télé!

Dans l’urgence, je prends congé vendredi pour faire du punk-sitting. Un père de quatre enfants n’a pas peur de ce genre de défi : tel le commando marines américain, il part au combat le cœur léger, le menton haut et l’œil vif… bon il faut dire que les deux plus grands sont à l’école matin et après-midi et que ma femme revient vers 16h30…

Grasse matinée jusqu’à 7h30 et préparation des deux grands pour l’école. Petit déjeuner traditionnel (les parents savent ce que cela signifie… pour les autres, ce n’est pas un repas silencieux bercé de musique classique, avec des enfants qui vouvoient leurs parents, se tiennent droit et ne font pas de bruit en mangeant, mais plutôt un enchainement de provocations entre punks et de hurlements plus ou moins articulés du père – il est quand même encore un peu tôt, même pour moi). Les grands partent presque à l’heure, quasiment complètement habillés et récré en poche (mise par madame la veille par acquis de conscience).

Pour ceux qui me prendraient pour un surhomme, petite précision : malgré quelques années de pratique, ma femme a cru bon de me préparer une liste me rappelant à quelle heure ils devaient être où et quand aller les chercher… même si quand on en a quatre, on peut se permettre d’en perdre ou d’en oublier un ou deux… Elle m’envoie même un WhatsApp pour me rappeler d’aller les chercher. Je teste son humour en lui demandant « quelle école ??? » en réponse à sa question « dis-moi que tu es à l’école! »… je lui confirme 5 secondes plus tard que je plaisante, bien que nous en ayons quatre, elle s’y est beaucoup attachée… et n’a pas autant d’humour que ce que l’on pourrait croire!

Je suis quasiment à l’heure pour aller les chercher, avec les deux plus jeunes en balade. Repas traditionnel, encore une fois, avec ma fille qui traine, numéro 4 qui joue le clown pour faire rire ses frères et sœur et moi qui hurle régulièrement pour ramener le niveau sonore sous le seuil de la douleur auditive… Ils repartent quasiment à l’heure (deux fois le même jour, bel effort), entiers, pour retrouver leurs camarades de classe.

Deux bains pour les deux plus petits dans l’après-midi. Ca fait partie des bons moments, normalement, si l’on fait abstraction des tee-shirt, pantalon et caleçon mouillés (les miens naturellement) par numéro 3 qui n’a pas fait exprès, bien entendu ! Je rigole un peu avec numéro 4, en l’habillant après le crémage, mais reste aux aguets : j’ai un autre punk qui trempe et peut inonder la maison en moins de temps qu’il ne faut à  Rafael Nadal pour repositionner son slip avant un service… Etre père demande des sens affutés et une attention de chaque instant… seuls les meilleurs survivent et peuvent raconter leur expérience !

En fin de journée, je vais avec numéro 3 faire des courses… Avec lui l’expression prend tout son sens : dès que l’on repart vers la voiture, il court jusqu’à notre MPPT (Multiple Purpose Punks Transport), appelé Le Bus, en rigolant et/ou hurlant (dans un grand parking, succès garanti !). Je range les courses dans le coffre et nous repartons (naturellement en courant) poser le chariot. Retour au sprint au Bus, avec junior un peu fâché que, en coupant entre deux voitures, j’aie osé le dépasser. Je le laisse gagner pour éviter le drame (le père sait aussi effacer toute fierté pour le bien de sa progéniture)!

Samedi, j’ai des copains à voir vers Fribourg. La matinée passe vite, sans trop d’accrochage… là aussi, en langage « parents », cela signifie que nous avons dû gronder et punir après maintes menaces, mais rien de trop grave et pas de blessés… Passage nécessaire par le tri et collage des autocollants Coop, durant la sieste de numéro 4 – le veinard! Naturellement nous avons trois albums, et partageons en trois toutes les cartes que nous recevons, pour éviter émeute, arrachage de cheveux, coups de poing et lancer d’objets divers et variés qu’il faut invariablement ramasser après… Un collègue qui a deux enfants m’a passé un paquet d’autocollants, pour voir ce que nous pouvions échanger… Avec trois enfants nous n’avons pas tellement de doublons !

Je rentre après le repas, me sentant un peu coupable d’avoir abandonné lâchement madame à son triste sort : le repas du soir quand les punks sont fatigués, plus irritables et provocants. Je douche numéro 2 et nous couchons tout ce petit monde.

Dimanche journée à risque : repas en famille avec mes parents, mes sœurs et leurs maris, ainsi que deux cousins. Matinée sans trop d’histoires, mais les punks en attente de voir de la famille sont excités et difficiles à tenir (je regrette le prêt de mon Flashball à la police anti-émeute lausannoise : j’en ai plus besoin qu’eux!!). Nous partons en retard, mais arrivons les premiers – normal, c’est mon côté de la famille, les horaires sont pour nous tous uniquement indicatifs – et les enfants se comportent presque bien, je n’ai pas de reproche de mes parents, l’âge a dû les émousser, ils ne sont plus aussi incisifs qu’avant (à moins que l’âge calme, ce que l’on ne peut pas exclure !). Parmi les parents, le ton monte plus que pour les enfants, normal vu que, dès que l’on parle politique, l’ambiance se tend… Comme pour les 3/4 des autres sujets d’ailleurs, c’est bon d’être en famille !

Après-midi pour les punks et leurs cousins : nous nous rendons à Payerne Land, le paradis des jeux pour enfants. Les trois grands courent, sautent, glissent et se jettent dans « les boules »… Je surveille un moment numéro 4 qui finit sa sieste et parle un peu avec ma mère. C’est sympa d’avoir des nouvelles de toute la famille et de parler tranquillement avec elle, sans s’engueuler ou avoir des reproches ! Nous rejoignons les grands et leurs cousins, derniers tours en voitures électriques, toboggan avec numéro 3 et course pour récupérer et rhabiller tout le monde. Pour les non-parents : noter ou se trouve Payerne Land et n’y aller jamais, sous aucun prétexte!!! L’endroit grouille littéralement d’enfants, tous dans un état plus ou moins avancé de transe et d’excitation totale… Il est, de plus, fort à parier que toutes les souches connues des virus répertoriés soit contenues dans cette enceinte certes grande (oui, je pense qu’en cherchant un peu, on peut même trouver un peu d’Ebola!!!).

On dit au revoir aux cousins, tante et grands-parents et nous rentrons. Après tant de courses et autres débauches d’énergie, après un passage en station service pour un ou deux besoins urgents (bien que j’avais demandé à tout le monde d’y aller avant de partir), nous reprenons l’autoroute pour rentrer.

Bien qu’il y ait eu des siestes dans Le Bus (numéros 2 et 3), tout le monde se couche assez vite sans trop faire d’histoire… Numéro 4 n’a dormi que deux fois 30 minutes au lieu de sa sieste de deux heures durant la matinée, malgré cela, il tient tout le retour en gazouillant, hurlant (moins drôle) ou rigolant avec sa grande sœur.

Comme chaque dimanche, je vais me coucher après minuit et demi, la semaine débute fort… Je dormirai quand je serai mort !

P.S. : Le lecteur normal pense que la journée s’arrête là, après un peu d’écriture, en allant se coucher rapidement à 00H45… Les parents savent que cela se passe rarement ainsi. Nous effectuons comme chaque soir le punk tour (pour les moins perspicaces de nos lecteurs, je précise qu’il ne s’agit pas d’aller faire une tournée devant la maison d’anciennes stars au capillaire hirsute et coloré, mais bien d’aller voir et recouvrir nos petits…) qui suit habituellement un rituel immuable : numéro 3 puis 4 (premier étage) et numéro 2 et 1 (étage du dessus). Ce soir (enfin ce matin, il est bientôt une heure!), nous faisons 3, 2, 1 et allons voir 4 en dernier (oubli du biberon d’eau). En rentrant dans sa chambre, je comprends que Morphée devra attendre : l’odeur laisse peu de place à l’imagination, il y a eu bavure : junior a fait un NMD (nombril-milieu du dos) ! Changé de couche dans la chambre peu éclairée, exercice à risque qui nous fait perdre 10 minutes de sommeil (mais grandement mené et parfaitement exécuté par madame). Etonnamment, je ne m’endors pas très vite… pas de répit pour les papas !

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