Amis du sport et de la puériculture, bonsoir!

Hormis quatre punks, je fais parti des gens qui ont un passe-temps qui les fait suffisamment souffrir pour apprécier le retour au travail ou la semaine gastro des enfants… Dans mon cas, je cours!

Semaine calme: suite à un vaccin, numéro 4 a passé trois nuits difficiles, avec arrière-train rouge fluo, puis freinage de numéro 3 avec le front et un bout du nez sur une descente de garage (si, si, je vous assure, ce n’est pas le résultat d’un mauvais traitement de ma part, et oui, il a des bras, mais n’a pas jugé bon de les employer pour amortir la chute…). Ils continuent à se réveiller trop tôt à notre goût, mais nous atteignons vendredi soir quasiment indemnes.

Nous avions prévu une virée en bateau sur les lacs de Neuchâtel, Morat et Bienne (oui, être sur l’eau avec quatre punks requiert le flegme du Britannique ancestral, mais on part du principe que sur la quantité, il en restera toujours un ou deux…), suite à l’acquisition par votre serviteur de billets à prix réduits (69.- au lieu de 78.- selon le site choisi). Le site de la navigation Neuchâteloise ne fournissant pas les horaires, nous décidons d’aller voir sur place: valables jusqu’au 6 novembre, nos deux billets adultes ne nous laissent plus tellement de choix.

Nous allons à Estavayer pour prendre le bateau… mais il n’y en a pas avant l’après-midi… enfin entre avril et fin septembre! Nous repartons, non sans quelques protestations des punks, naturellement, pour Morat en espérant que, là-bas nous aurons plus de chance.

Eh bien non. Nous nous résignons à perdre nos deux billets et juste profiter d’une aire de jeux et manger des filets de perches avec les punks (oui, quatre enfants de moins de huit ans dans un restaurant, nous avons les nerfs solides… en même temps, nous préférons déranger des Suisses-allemands à table que des Fribourgeois ou des Vaudois que nous pourrions connaitre). Par acquis de conscience, j’appelle ma sœur pour voir si elle ne voudrait pas amener les deux cousins sur la même place de jeux, pour une fois que nous sommes à moins de 20km de chez elle…

Elle me propose que nous allions manger chez eux… (Non, Si, Non, Si je te dis, ça ne dérange pas!!!, mais je n’appelais pas pour ça, je t’assure!!!…)

Naturellement nous allons chez elle, après un bref passage dans une boulangerie histoire de faire comme si j’étais bien élevé.

Repas sympathique, les punks mangent à peine, trop pressés d’aller jouer avec les cousins. Numéro 4, toujours méfiant envers les inconnus, les hommes, les femmes qu’il n’a pas vu depuis plus de deux jours, les femmes qu’il ne voit pas plus de 10 jours par mois, enfin tout le monde sauf ses parents et nos très proches relations, n’est pas trop à l’aise avec ma sœur qui essaie de le porter. Il est aussi très fatigué, n’ayant pas dormi dans le MPPT (Multiple Purpose Punk Transporter), surnommé « Le Bus »… Je fais une courte pause ici pour expliquer à nos amis amateurs de belles voitures que, moi aussi j’adore les voitures, au point d’avoir eu honte d’acheter mon break, à l’époque. Pour moi un bus c’est un Touran de VW et tout ce qu’il y a de plus gros… et la honte est difficilement compensée par l’utilité et le confort des punks!

Contrairement à beaucoup d’enfants qui dorment dès qu’ils sont dans leur poussette ou dans un véhicule en mouvement, le punk est pugnace et  laisse rarement tomber sans un rude et long combat… Ca doit venir du côté de leur mère, sans aucun doute!

Passage à la place de jeux, sans blessé – ça arrive aussi, même aux meilleurs – et nous repartons, en laissant notre ainée chez sa cousine pour la nuit, avec promesse de ma sœur de me l’apporter à Berne… Dimanche je cours la Gurten Classic, course de 15km avec un peu de dénivelé et nous convenons donc d’un rendez-vous. Ma femme me pose dans la région fribourgeoise chez mes parents – pas là – et repart avec les trois enfants qui restent.

Je dors et me réveille sous une pluie battante. Bus puis train, puis tram, j’arrive (toujours sous la pluie) au pied du Gurten dont la brume cache le sommet. Il fait tellement froid que j’attends 10 minutes avant le départ pour quitter la chaleur du gymnase… Très belle course, malgré pluie (plus légère que ce que je craignais et qui s’arrête rapidement) et vent assez fort. Je sais que des collègues courent des marathons ou des trails sans broncher… pour ma part, et malgré un stoïcisme de mise (un truc d’homme), je marche pour le moment un peu comme si j’avais malencontreusement laissé choir mon savon dans les douches d’un pénitencier haute sécurité… Si cela ne s’accompagnait pas d’un chrono ridicule, cela pourrait passer pour de la bravoure ou la rançon de la performance, mais là c’est juste que la nature me signifie – une fois de plus et avec insistance – que l’homme n’est pas fait pour courir, en tous cas pas moi!

Je retrouve un copain bernois (là aussi ça arrive, même aux meilleurs!) et nous passons un peu de temps en attendant que ma sœur me ramène ma fille. Nous rentrons en train, ayant naturellement oublié l’abonnement spécial qui permet à princesse de voyager sans payer le train : pour ce weekend de merde d’un point de vue financier, nous faisons les choses à fond!

Bonne semaine et surtout : ne dormez pas trop!

 

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